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Le Yiddish, 83è traduction de Harry Potter

Plus de 20 ans après la publication du premier tome, on continue à traduire Harry Potter ! Après les récentes traductions en hawaïenmaori, écossais (lire notre interview du traducteur), c’est au tour du Yiddish d’avoir droit à sa traduction de Harry Potter à l’école des sorciers. Le yiddish est une langue germanique dérivée de l’allemand et de l’hébreu, principalement parlé par les communautés juives européennes.

Une publication rocambolesque

La publication de cette nouvelle traduction a connu de nombreux rebondissements. En octobre 2018, le traducteur Arun Schaechter Viswanath a contacté Neil Blair, l’agent de J.K. Rowling, afin d’obtenir les droits pour la traduction du premier tome de la saga en yiddish. La traduction était une idée de sa femme, qui refusait que leurs enfants « grandissent dans un monde où ils ne peuvent pas lire Harry Potter dans leur langue maternelle. »

Cependant, Neil Blair a constaté que les droits pour la traduction avaient déjà été achetés par une maison d’édition suédoise, Olniansky Tekst Farlag. Le yiddish est en effet reconnu comme langue officielle minoritaire en Suède depuis 1999, et le gouvernement suédois débloque donc régulièrement des fonds afin de permettre aux œuvres littéraires d’être accessibles dans toutes les langues officielles du pays. 

En contactant l’éditeur suédois, Neil Blair a découvert qu’ils avaient déjà commissionné un traducteur pour ce projet. Le travail des deux traducteurs ont donc été comparées par la maison d’édition, et c’est finalement celle de Viswanath qui a été retenue pour la publication.

Problématiques de traduction

Viswanath s’est confronté, comme les autres traducteurs de la saga avant lui, à la question des nombreux néologismes de J.K. Rowling. Certains noms ont été évidemment adaptés pour conserver les jeux de mots : Olivier Dubois (Wood dans la version originale) est devenu Oliver Holtz (qui signifie tout simplement « bois »), tandis que d’autres ont été conservés. C’est le cas de « Longbottom » (Londubat dans la version française), le traducteur ayant estimé que, le yiddish étant une langue germanique tout comme l’anglais, les sonorités sont similaires. Quant à La Chambre des Secrets sur lequel le traducteur travaille actuellement, Tom Marvolo Riddle est devenu Tom Vandrolo Riddle afin de conserver l’anagramme.

Mais au-delà des néologismes, la question des références culturelles était cruciale pour le traducteur. Il définit lui-même son dilemme de cette manière : « Comment fait-on pour transposer en yiddish une histoire aussi ancrée dans le folklore christiano-européen, la rendre crédible en yiddish, faire parler les personnages de manière naturelle en yiddish, sans pour autant en faire une oeuvre juive ? »

Contrairement à la démarche de la traductrice en hébreu, il a choisi de ne pas remplacer les éléments de tradition chrétienne par des équivalents juifs (We wish you a merry Christmas avait, par exemple, été remplacé par Mi yemalel, chant traditionnel de Hanukkah), mais plutôt d’expliciter ces éléments directement dans le texte. Mais cela ne l’a pas empêché de s’inspirer de références yiddish pour construire des néologismes ; ainsi, quidditch est devenu shees-bezem, inspiré de l’expression az got vil, sheest a bezem (« Si Dieu le veut, un balai peut tirer ») et vif d’or goldene flaterl, ou papillon doré, le papillon étant un motif important du folklore yiddish et juif.

Par ailleurs, le yiddish est doté de nombreuses formes dialectales, qui ont été utilisés dans la traduction. Ainsi, McGonagall, Rogue et Rusard parlent un dialecte principalement employé en Lituanie, tandis que Hagrid parle un dialecte plutôt associé à la campagne polonaise. Dumbledore, lui, parle comme un érudit juif, et emploie des termes d’hébreu. Comme l’explique le traducteur « le but n’est pas de les rendre juifs, mais de les faire parler comme le feraient leurs équivalents yiddishs ».

Après plus d’un an de travail sur la traduction et un an et demi de relecture, Harry Potter un der Filosofisher Shteyn a été publié le 6 février dernier. Les 1000 exemplaires du premier tirage ont été écoulés en moins de deux jours. Un deuxième tirage est disponible sur le site de l’éditeur ICI.

Si les questions de traduction de Harry Potter vous intéressent, nous vous invitons à écouter notre podcast sur le sujet :

Sources : TabletMag & The Jerusalem Post

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