Série Harry Potter : les réalisatrice Ally Pankiw et Kate Herron déclinent le projet
On parle parfois des acteurs et des actrices qui ont passé des auditions pour Harry Potter (films ou série) sans être retenus, mais on sait aussi que certains ont dit « non » à la saga. Ça a été le cas de Tilda Swindon, de Ian McKellen, ou encore de Rosamund Pike.
Récemment, deux réalisatrices ont publiquement annoncé qu’elles avaient décliné (parfois à plusieurs reprise) de travailler sur la série, et spécifiquement en raison du militantisme transphobe de J.K. Rowling.
Ally Pankiw (Black Mirror, The Great, I Used To Be Funny…), tout d’abord, a posté une conversation avec son agent, dans laquelle cette dernière lui demande si elle souhaite passer un entretien pour le projet de HBO. Sa réponse ne laisse aucun doute « Jamais de la vie ! » Sur Instagram, elle indique « C’est aussi simple que ça de refuser de financer la transphobie (It simply is this easy to say no to funding transphobia!) »
La réalisatrice Kate Herron (Loki, Sex Education) lui a alors répondu en commentaire : « Exactement ! [HBO] m’a demandé deux fois, et j’ai dû leur expliquer que ma réponse sera toujours NON.«
Tacle glissé aux acteurs et actrices de la série
Ces prises de positions publiques interviennent alors que plusieurs acteurs et actrices de la série ont affirmé être en désaccord avec le militantisme de Rowling. Après John Lithgow (Dumbledore) et Nick Frost (Hagrid), notamment, c’est Bel Powley (Pétunia) qui a récemment déclaré « être en désaccord profond avec les idées de J.K. Rowling sur l’identité de genre. » Le post de Pankiw rappelle donc par son post que participer au projet, c’est contribuer à financer le militantisme de l’autrice, quelle que soit l’opinion de chacun.e.
Récemment, J.K. Rowling a ainsi réaffirmé son souhait de soutenir les procès à l’encontre des hôpitaux publics britanniques (NHS) qui autoriseraient les personnes transgenres à utiliser leurs toilettes de préférence. Quoi de mieux que de contribuer au démantèlement d’un service public ?
Elle a aussi soutenu la démarche d’un basketteur masculin (Royce White) jugé pour violence sur son ex-femme et son enfant qui souhaite postuler dans des équipes féminines « pour lutter contre les femmes transgenres dans le sport féminin. » Quoi de plus féministe que de s’allier avec un homme condamné pour des violences conjugales ?
Sans parler du partage d’une image montrant le dessous de la jupe d’une femme transgenre, et justifiée par le classique « [elle] l’a cherché ; [elle] n’avait qu’à pas s’habiller ainsi. »
En cas de doute, vous pouvez relire notre article « Transphobie : qu’à réellement dit J.K. Rowling ?« ou notre liste non-exhaustive de ses prises de paroles en la matière sur Twitter.
Une volonté de transparence
Quoi qu’il en soit, la démarche de Pankiw et Herron intervient peu après l’annonce du casting de Nicholas Hoult dans le rôle de Gilderoy Lockhart pour la série, et un appel de nombreux internautes à connaître « celles et ceux qui ont dit non au projet plutôt que de renoncer à leurs principes pour l’argent. » Il ne fait aucune doute que certains ne déclineront pas par convictions, mais à cause d’un conflit d’agenda ou pour d’autres raisons qui leur sont propres. Cependant, d’autres pourrait emprunter le pas aux deux réalisatrices et prendre position.
L’actrice Nicola Coughlan (Bridgerton, Derry Girls, Thor, Barbie, Dr Who…) avait déjà affirmé : « Gardez votre nouvel Harry Potter. Je n’y toucherai pas, même avec un bâton de 3 mètres » en postant un article intitulé « J.K. Rowling s’enfonce et continue de creuser » (This Is a New Low for J.K. Rowling). Elle avait ensuite lancé une levée de fond pour une association soutenant les personnes transgenres.
On sait également que certains ne se verront jamais proposer de rôle, comme David Tenant (Barty Croupton Jr., Dr Who) qui s’est clairement positionné pour les droits des personnes transgenres au point d’être traité de « taliban du genre » par Rowling.
Et, comme ce qui va sans dire va mieux en le rappelant, les critiques concernant la participation projet de série visent toujours les adultes, dont la carrière est suffisamment établie pour trouver d’autres rôles. Les enfants sont beaucoup moins libres de choisir leurs opportunités.
