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L’hypothèse selon laquelle Rogue serait transgenre

AVERTISSEMENT : cette hypothèse a été proposée par des personnes directement concernées. Elle a également été ouvertement décriée par plusieurs personnes directement concernées, car elle repose sur des idées reçues et des clichés. Il appartient aux personnes concernées de juger de son caractère transphobe ou non. Nous souhaitons simplement donner une plateforme à celleux qui se reconnaissent dans cette idée. Il est important de lire ces lignes en gardant à l’esprit que chaque expérience de la transidentité est personnelle et différente.

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Les headcanons les plus fous, mais parfois aussi les plus abouties, naissent sur Tumblr. C’est le cas de cette analyse qui propose de concevoir le personnage de Rogue comme une femme transgenre. Cette hypothèse est célébrée une fois par an, la première semaine d’août, lors de ce que ses amateurs ont baptisé la Trans Snape Week (la semaine de Rogue transgenre).

L’hypothèse se base sur une grille de lecture hétéronormée, dans le but de démontrer la non-conformité de Rogue relative à des genres “traditionalistes”. Si elle perd tout sens dès le moment où on remet en question la définition même de ce qui est “féminin” ou “masculin”, et qu’on s’accorde sur le fait que les stéréotypes de genres sont toxiques, il demeurre intéressant de se pencher sur les éléments issus des livres qui la soutienne selon ses adeptes :

  • L’art des potions, que Rogue enseigne, est traditionnellement associé aux femmes (dans la littérature classique, le poison est l’arme d’une femme). Les potions sont également étroitement lié à la fluidité et, dans Harry Potter, à la possibilité de se transformer en quelqu’un d’autre.
  •  Lors d’un souvenir d’enfance de Rogue, on le voit porter une tenue de sa mère (ou du moins, qui pourrait lui appartenir selon Pétunia). Comme le signale Vowldanslanuit, il s’agit fort probablement d’une simple robe de sorcier. En anglais, Pétunia l’accuse de porter une “girl’s blouse” ce qui, en argot, décrit “un homme affichant des manières perçues comme féminines par ses actes, ce qui pousse ses pairs à le dénigrer.
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  •  Lors de son premier cours, Rogue annonce “ici, on ne s’amuse pas à agiter des baguettes magiques” ; hors, la baguette est un symbole phallique et de nombreux clins d’œil en ce sens apparaissent au fil de la saga. Cette déclaration est perçue comme un rejet symbolique de la masculinité. (Rappelons cependant que le sexe ne fait pas le genre et que toute personne transgenre ne rejette pas son corps.)
  • Le patronus de Rogue est une biche ; symbole de son amour pour Lily, il représenterai également sa nature profonde… féminine.
  •  Lors d’une scène emblématique, Rogue mène Harry à l’épée de Gryffondor au fond d’un lac, via son patronus biche. Dans ces circonstances, le professeur de potions prend le rôle de la Dame du Lac qui mène le chevalier et futur roi Arthur à l’épée mythique d’Excalibur. La comparaison prend une dimension encore plus percutante lorsqu’on resitue Dumbledore dans le rôle de Merlin.
  •  Rogue, en matière de développement psychologique de Harry, occuperait la position traditionnelle de la mère en lui apprenant à contrôler ses émotions et en l’invitant à percevoir le monde selon une perspective différente. Cette lecture est renforcée par la nature identique des patronus de Rogue et Lily, que Rogue “remplace” symboliquement dans son rôle formateur pour le héros.
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  •  De même, Rogue prend la place de Narcissa pour protéger Drago à sa demande, se substituant à elle par le serment inviolable lorsqu’elle ne peut pas assumer elle-même son rôle protecteur.
  •  Rogue aurait une “écriture féminine” ; c’est du moins ce que suggère Hermione lorsque Harry et elle s’interrogent sur l’identité du Prince de Sang-Mêlé.
  •  L’épouvantard-Rogue, qui sort littéralement d’un placard, est moqué pour sa tenue féminine (“empruntée” à la grand-mère de Neville), comme le serait une personne transgenre qui arriverait un premier jour à l’école vêtu/e d’une robe. Cette idée est d’ailleurs suggérée à Neville par Lupin, habitué à humilier Rogue durant son adolescence ; peut-être justement pour « dévoiler son identité » aux élèves, de la même manière que Rogue dévoile le secret de Lupin à ses élèves.
  • La scène, profondément transphobe dès le départ, servirait ici de révélateur à la situation autrement difficilement soupçonnable.

Il existerait encore d’autres éléments lorsqu’on cherche à explorer l’hypothèse plus en profondeur ; Maugrey-Croupton signale à Rogue que certaines marques ne s’effacent jamais. Il parle, bien entendu, littéralement, de la marque des ténèbres, mais cette affirmation peut-être lue comme une allusion au Péché Originel : causé par une femme et qui ne pourra jamais être effacé. La propension de Rogue a affirmer “ne pas être un lâche” montrerait aussi les difficultés qu’ielle rencontre à se positionner dans un rôle masculin.

Rogue, illustration de Pottermore

Au regard des ces nombreux éléments, l’analyse paraît cohérente et s’accorde parfaitement avec la place donnée à Rogue dans le récit : “c’est un personnage ambiguë, qui occupe un espace fluide dans l’histoire, toujours tiraillé entre deux mondes” rappelle Ensnapingthesenses, à l’origine de la Trans Snape Week.

Les personnes à l’origine de la théorie vont jusqu’à affirmer que Rogue se sent femme, nous serons plus prudents : cette grille de lecture souligne le fait que le personnage n’occupe pas un espace hétéronormé, mais il pourrait tout simplement exprimer sa masculinité d’une façon différente de celle voulue par le stéréotype.

Si vous voulez en lire plus, vous pouvez notamment consulter cet article intitulé Severus Snape as a representation of female heroism (Severus Rogue comme représentant de l’héroïsme féminin).

RAPPEL & ADDENDUM : cette analyse se base sur une grille de lecture hétéronormée, dans le but de démontrer la non-conformité de Rogue relative à des genres “traditionalistes”. Elle perd tout sens dès le moment où on remet en question la définition même de ce qui est “féminin” ou “masculin”, et qu’on s’accorde sur le fait que les stéréotypes de genres sont nocifs.
L’hypothèse devient d’autant plus problématique si elle sert a justifier le comportement abusif de Rogue envers ses élèves. La façon de lire le personnage aura ainsi un lourd impact sur les implications d’une telle idée. Celleux qui le perçoivent comme héroïque ne verront aucun problème à l’idée d’en faire une femme transgenre ou un personnage queer ; celleux qui considèrent sa nature manipulatrice et toxique refuseront, à raison, de laisser Rogue devenir un nouveau cliché de méchant.e.s queer animé.e.s par la frustration.

Source : Broadly.

P.S. :
Cela explique peut-être pourquoi les illustrateurs ne représentent plus Rogue avec une barbe.
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