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Ces personnages problématiques trop rapidement jugés dans Harry Potter

Il y a quelque temps nous vous proposions un article montrant sous un autre jour des personnages dont les mauvaises actions étaient facilement oubliées ou occultées par les fans. Cette fois ci, nous vous proposons l’inverse : prendre des personnages souvent vus d’un mauvais œil par les lecteurs, et leur donner des raisons légitimes sinon des excuses à leur comportement malveillant.

Dolores Ombrage

Un gros morceau, probablement le personnage le plus détesté de la saga (parfois plus que Voldemort, c’est dire !). Malgré tous ses méfaits, ses actes perfides et le fait qu’elle soit une raciste fanatique (malgré ses origines), il subsiste une question. Si elle était vraiment aussi adepte des idéaux des Mangemorts, pourquoi ne les a-t-elle pas rejoints ?

Plusieurs possibilités. Tout d’abord, il se peut qu’elle soit d’une telle loyauté envers le ministère qu’elle ne peut, par mauvaise foi ou déni de la réalité, accepter une autre vision des faits, quel que soit le gouvernement mis en place. On peut le constater dans le monde réel : n’avons-nous jamais vu un partisan de tel ou tel parti politique ou doctrine camper sur ses positions juste parce que c’était la ligne de conduite de son parti, et malgré des arguments construits ? Il semblerait que l’actrice d’Ombrage penche pour cette hypothèse.

Ainsi, si le ministre dit que Voldemort n’est pas de retour, elle s’aligne sur ses propos, et fait tout pour que cette version des faits règne et soit admise de tous. Si Fudge avait accepté le retour du Seigneur des Ténèbres, elle aurait été la première à vouloir punir ceux qui ne le croiraient pas.

Dolores Ombrage dans le film Harry Potter et l'Ordre du Phénix (Imelda Staunton)

Autre possibilité qui rejoint la première : à la chute de Scrimgeour, elle avait trop peur de perdre sa position, voire même sa vie, pour prendre parti, étant elle-même sang-mêlé. Et puis il est évident qu’elle prend trop de plaisir à torturer les nés-moldus pour se plaindre. La lâcheté étant une autre de ses caractéristiques, elle n’aurait jamais rejoint les rangs de Voldemort, au vu des risques que ça implique (y compris se faire Avada Kedavraquer par son propre patron), et ça lui a permis de rester en place jusqu’à la fin du tome VII.

Ces interprétations n’enlèvent en rien sa mesquinerie et sa grande méchanceté, mais permettent de les voir sous un autre jour. Nous pouvons imaginer qu’elle a tyrannisé les élèves de Poudlard non pas parce qu’elle en avait la possibilité, mais parce qu’elle estimait qu’ils le méritaient en tant que traîtres au ministère (ce qui n’en est pas moins terrifiant).

Salazar Serpentard

Salazar Serpentard

Le fondateur le plus sujet à controverse. Dépeint comme un sorcier maléfique qui aurait créé la Chambre des secrets et planqué un basilic pour faire sa petite purge ethnique, avec le recul, ses actions peuvent être vues d’une autre façon.

Une idée est ainsi assez répandue dans le fandom : si le fondateur était aussi raciste envers les sorciers nés-moldus, ce serait très probablement lié à la chasse aux sorcières. Il ne voulait pas prendre le risque qu’un sorcier ayant des contacts chez les moldus trahisse le secret et l’emplacement de l’école. Serpentard pensait donc que ses trois collègues commettaient une grave erreur en laissant n’importe qui entrer à Poudlard (bien que comme l’Histoire le montrera, il avait tort car dans les années 1990 l’école est toujours aussi bien tenue secrète).

Cependant cet argument est en partie contrebalancé par le fait qu’il est dit explicitement que les sorciers du Moyen-Age échappaient au bûcher en se lançant un sortilège juste avant d’être brûlés, et ne ressentaient « qu’une agréable sensation de chatouillis » au point qu’une sorcière célèbre se serait laissée capturer plusieurs fois volontairement. Néanmoins, le fait que l’école doive rester cachée a toujours semblé être une priorité absolue, et nul doute que pour Serpentard, laisser des personnes ayant des liens avec les moldus y venir étudier était très imprudent.

La création de la Chambre des Secrets peut aussi être interprétée comme une ultime protection de son école avant son départ. En effet, il n’y a pas vraiment de sources sûres concernant son but réel, la seule chose qui soit certaine est que seul un de ses héritiers pourra l’ouvrir et contrôler le Basilic, supposément pour purger l’école. Mais ne peut-on pas aussi penser que ce serait un stratagème de défense ultime ? Qu’en cas d’attaque de moldus ou de trahison, Poudlard ait une machine à tuer capable de terrasser ses assaillants d’un simple regard, au commande d’une personne que Serpentard estime digne de jugement ? Après tout, l’héritier de Serpentard a théoriquement le choix de faire ce qu’il veut du Basilic. Si c’était un anti sang-pur convaincu, il pourrait tout à fait l’utiliser pour purger les sorciers au sang pur !

Barty Croupton Sr.

Barty Croupton Sr

Un exemple inverse (qui aurait été plus à sa place dans le premier article mais j’avais envie d’en parler). Le zélé agent du ministère dont l’ambition de devenir ministre lui coûta son fils, puis sa femme, puis sa propre vie. Sa dévotion à traquer les mages noirs est-elle vraiment par désir de faire le bien, ou n’est-il finalement pas si différent des Mangemorts qu’il traque, voulant épurer le monde des sorciers de ceux qu’il estime être des indésirables en envoyant le plus d’individus suspects à Azkaban ? Surtout si cela peut lui permettre d’accéder au poste suprême du monde de la magie ? Sans parler du fait qu’il emploiera de façon chronique un sortilège impardonnable (ironie du sort) sur son fils et détraquera de façon permanente la mémoire de Bertha Jorkins.

Si ce n’est pas un méchant à proprement parler, c’est certainement un personnage antipathique, sinon désagréable (du moins dans les livres).

Percy Weasley

Un autre personnage souvent méprisé par les fans, considéré comme une tête à claques. Si son immense ambition faisait de lui un personnage plutôt comique jusqu’au tome IV, il devient parfaitement odieux les deux tomes suivants, et ne vient même pas au mariage de son frère dans le VII (mais a-t-il seulement été invité ?). Cependant, en y réfléchissant, on peut comprendre comment il a sombré pour devenir le lèche-botte du ministère.

Percy Weasley

Mettez-vous à sa place : son premier job, à 18 ans, se solde par un scandale énorme. Comment n’a-t-il pas vu que son patron était sous imperium ? Pour quelqu’un d’aussi rigoureux et attaché aux règles que Percy, sa vie est ruinée, à 18 ans seulement ! C’est alors que miraculeusement, Fudge lui propose un poste d’assistant personnel, avec le prestige et l’argent qui va avec.

En y repensant, sa lettre à Ron dans le tome V n’est pas si négative que ça. Pour Percy, Ron est la dernière personne de sa famille à qui il fasse confiance. Nous avons très peu d’éléments sur ses relations avec Bill et Charlie. Fred et George sont à couteaux-tirés avec lui, tout comme Ginny probablement. Quand Percy suggère à Ron de se confier à Ombrage, c’est compréhensible. Autant que Percy le sache, Dolores est une personne agréable, compte tenu du fait qu’il l’a sûrement côtoyé auprès de Fudge, où on imagine bien Ombrage être tout sucre tout miel.

Après la chute du gouvernement Fudge, trois hypothèses peuvent expliquer le fait qu’il ne retourne pas auprès des siens : une trop grande fierté personnelle, mais aussi la culpabilité de n’avoir pas fait confiance à ses proches alors qu’ils avaient raison, et enfin la peur que sa famille n’accepte pas ses excuses. C’est peut-être aussi un mélange des trois.

Comme pour Ombrage, cette explication n’excuse pas son comportement. Il aurait pu et aurait dû revenir vers sa famille dès le tome VI, mais a attendu la bataille finale pour se rendre compte de son erreur et les rejoindre.

Cornelius Fudge

Cornelius Fudge et Albus Dumbledore

Encore un gros morceau, mais je finirai par lui. Indéniablement le pire ministre de tous les temps (avec celui qui a autorisé Azkaban), avec une liste de défauts tellement longue que je ne me lancerai même pas dedans.

Pour comprendre un peu mieux sa progressive aversion pour Harry, il faut se mettre dans le contexte. À la fin du tome III, Harry et Hermione tentent un peu hystériquement de lui expliquer que Sirius Black est innocent, ce à quoi Rogue répond méchamment que Black a dû leur jeter un sortilège de confusion particulièrement puissant. On voit bien que si Fudge reste relativement bienveillant à l’égard d’Harry, on sent par la suite qu’il se méfie un peu.

S’il y a une chose qui semble assez constante dans le monde des sorciers, c’est la propension des magiciens à croire les ragots et autres choux-gras des magazines, en particulier de la Gazette du Sorcier et de Rita Skeeter. Il est difficile de déterminer si, après ses articles mensongers dans le tome IV, les autres élèves de Poudlard embêtent Harry par pure méchanceté ou parce qu’ils s’imaginent que ce qu’a raconté Skeeter dans son article est vrai. Il ne faut pas oublier que Molly Weasley qui est la première à critiquer les articles de la journaliste est aussi la première à avoir cru ses mensonges sur Hermione !

Dès lors il n’y a qu’un pas pour penser que Cornelius Fudge, le ministre qui a la mainmise sur le principal quotidien, a lu les articles et commence à penser lui aussi qu’Harry est un garçon détraqué, avide de publicité et de se faire remarquer.

Le point culminant est à la fin du tome IV lorsque le héros à lunettes ramène le corps de Cédric Diggory. Fudge a pu s’imaginer qu’Harry a vécu un tel traumatisme aux mains de mages noirs ou de Barty Croupton que la seule explication qu’il ait pu trouver soit que Voldemort soit de retour.

Ainsi, il serait possible d’imaginer que Fudge et Ombrage ne soient pas autant dans le déni que l’on pourrait l’imaginer. Cornelius voit Harry comme un fou réclamant de l’attention, soutenu par un Dumbledore qu’il imagine ambitieux et avide de prendre sa place.

L’un et l’autre se croient dans leur bon droit faute de preuve irréfutable. Si bien entendu leurs méthodes sont malhonnêtes, mesquines, et surtout dangereuses, je pense qu’il est possible de trouver une certaine rationalité à leurs actions. Après tout, les seules preuves du retour de Voldemort sont le témoignage d’un adolescent hypersensible et le jugement de Dumbledore, un sorcier considéré à moitié fou. Si, bien sûr, la campagne de propagande et de déni du ministère sont particulièrement graves, elles sont justifiables, sinon compréhensibles.

En conclusion, nous pouvons revenir sur la richesse et toutes les nuances qui font de la série littéraire une œuvre riche qui permet de se replonger dedans et d’y dénicher encore de nouvelles idées. D’autres personnages auraient pu figurer dans cet article, mais peut-être serait-il sage de les garder pour une prochaine fois !

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