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Vers une suppression de la répartition à Poudlard ?

14 avril 2014

Le Choixpeau au centre de la polémiqueNous avons tous connu ce moment : assis sur un tabouret, nous avons attendu avec appréhension que l’on dépose le choixpeau sur notre tête. Allait-il nous envoyer à Gryffondor, à Poufsouffle, à Serdaigle ou à Serpentard ? Allait-il révéler nos plus grandes qualités, souligner nos défauts ? Allions-nous rejoindre nos amis, nos frères et sœurs ? Nos parents allaient-ils nous renier parce que nous n’étions pas dans la maison qu’ils voulaient ?
Nous avons tous eu un sentiment de libération quand le verdict est tombé. Pour certains, cette répartition a été une profonde déception, pour d’autres une véritable révélation.

Mais il se pourrait que les futures générations ne connaissent pas cette expérience. En effet, les diverses associations de parents d’élèves se sont réunies à Poudlard le week-end dernier, pour dresser un bilan de ces deux dernières décennies en présence de la directrice de l’école, Mrs Minerva Mcgonagall. Le débat s’est rapidement concentré sur la question du Choixpeau magique et de la répartition à la demande d’Emily Whistle, secrétaire principale de la Fédération Centrale des Parents Enervés.

Depuis quelques années, des pédagogues, des professeurs et des parents se sont interrogés sur la validité de la cérémonie de répartition dès la première année à Poudlard, tradition spécifique à l’école, que l’on n’a jamais osé remettre en cause du temps de Dumbledore.
Pour comprendre cette nouvelle exigence des parents d’élèves, il faut prendre en compte les diverses questions qui ont été soulevées par différents polémistes et journalistes ces dix derniers après un procès retentissant.

En 2005, une plainte est posée auprès du Magenmagot par un ancien élève de Serpentard, Jonathan Fitzgerald Bennet. Ce dernier accuse la direction de Poudlard et le Choixpeau magique de l’avoir condamné à une vie précaire. Sorcier de sang mêlé, le petit John, enfant timide, « peut-être légèrement capricieux », est envoyé à Serpentard par le Choixpeau après « à peine quelques secondes de réflexion ». C’est une véritable douche froide pour ce jeune garçon, dont le père a été un brillant élève de Gryffondor. Soumis au quotidien aux quolibets de ses camarades de chambre, dans un climat d’avant-guerre, il ne peut se lier aux élèves des autres maisons qui l’assimilent à de nombreux préjugés. Désespéré, il envoie une lettre de détresse à Dumbledore pour changer de maison, mais ce dernier refuse au motif que la décision du Choixpeau est irrévocable. John doit se faire une raison et termine ses sept années à Poudlard en se destinant à une carrière d’apothicaire. Ses études brillantes sont toutefois interrompues lors de la prise de pouvoir de Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom. Il doit alors fuir avec sa famille à l’étranger pour protéger sa mère d’une éventuelle attaque des mangemorts. Après la chute du mage noir, il revient en Angleterre pour terminer son cursus, mais se heurte à des sorciers traumatisés par les récents événements et aux préjugés renforcés contre les élèves de Serpentard. Même s’il obtient avec brio son diplôme d’apothicaire, il ne peut installer sa boutique nulle part. Dans tous les lieux commerciaux du pays, les clients boycottent sa boutique par méfiance. Ne pouvant ni se tourner vers d’anciens camarades de Serpentard (Certains avaient disparu, d’autres ne voulaient pas entendre parler de lui) ni financer son commerce, John doit trouver des emplois sans rapport avec sa formation pour survivre. Même si de nombreux progrès ont été fait ces dernières années, à cette époque, les sorciers ne pouvaient accepter qu’un ancien élève de Serpentard ait également souffert de « l’ère sombre ».
Grâce à ce procès, qui est encore en cours, le débat n’ayant pas été tranché par le Ministre de la Magie, John a pu tout de même pu faire valoir publiquement ses droits et prouver sa bonne foi à la communauté sorcière. Son commerce a repris il y a deux ans et il a enfin pu fonder une famille. Ses voisins ne lui tiennent plus rigueur d’avoir été à Serpentard.

Cette plainte a permis d’ouvrir le débat sur la répartition au Royaume-Uni. Des parents se sont sentis concernés par l’histoire de John Fitzgerald Bennett, d’autres témoignages se sont succédés. Des spécialistes ont mené des enquêtes sur le destin des élèves, en prenant en compte les caractéristiques attribuées à chaque maison. Les résultats ont été assez controversés. Certains Serpentards n’ont pas souffert des idées préconçues et ont réussi leur carrière (Un des membres du Magenmagot, Mr Benedict Bowell, a émis l’hypothèse que les problèmes rencontrés par John seraient liés à son choix d’exercer une profession libérale. Toutefois, aucune expertise n’a pu confirmer ou réfuter ses propos). Les Poufsouffles ne sont pas tous des cancres sans intérêt. Les Serdaigles peuvent connaître l’échec. Des élèves de Gryffondor peuvent avoir manqué de noblesse et de courage. Comme dit le fameux proverbe : « il n’est pas donné à tout le monde d’être à la hauteur de sa maison ».

Forts de ce constat, certains parents se sont élevés contre les décisions du Choixpeau, allant jusqu’à retirer leur enfant de l’école après une « mauvaise répartition » (L’école a connu cinq désistements ces sept dernières années). C’est le cas du jeune Terry Poe, 13 ans : « Cela a été une vraie déception pour mes parents de voir que j’étais un Poufsouffle, alors ils m’ont envoyé aux États-Unis. Ça m’a fait bizarre au début, mais je ne regrette pas ce choix. Je m’amuse beaucoup ici, j’ai plein d’amis. Au moins, je ne dois pas subir la compétition entre les différentes maisons, comme mes anciens camarades de Poudlard. Enfin, c’est ce que disent mes parents en tout cas… ».

En 2007, le polémiste Andreios Andropos, affirme dans son ouvrage, Pour une meilleur pédagogie, pour un meilleur avenir, que « le Choixpeau est un instrument arbitraire et rétrograde qu’il faudrait mettre le plus vite possible à la retraite pour le bien des jeunes sorciers.
En 2008, trois tendances se dessinent parmi les spécialistes et les parents d’élèves : certains veulent supprimer définitivement la cérémonie, d’autres veulent la repousser à plus tard d’autres souhaitent simplement s’en tenir aux traditions. Dans la dernière catégorie, les membres de la CGTM proposent simplement qu’on supprime la case « Maison fréquentée à Poudlard » des CV et lettres de motivation.

Pour l’instant, le débat se fige et chacun campe sur ses positions. Plusieurs projets pédagogiques ont été soumis sans résultat. Il n’est cependant pas impossible que le Ministère se prononce dans les mois à venir pour répondre au mécontentement exprimé par les parents d’élèves au début du mois de janvier.

La polémique a été relancée hier matin, quand la secrétaire principale de la Fédération Centrale des Parents Enervés, Emily Whistle, s’est rendue au ministère de la magie pour faire entendre ses arguments :
« Il est inacceptable que nos enfants doivent subir si jeunes une telle pression. Est-il normal de les traumatiser en les rangeant si jeunes dans des cases, de leur imposer des étiquettes ? C’est une pratique archaïque. Le Choixpeau a fait son temps, il serait bien de passer à une autre méthode éducative, moins arbitraire. Plusieurs voix se sont pourtant levées cette dernière décennie pour exiger du Ministère l’ouverture d’un débat « officiel et national » et d’une commission d’enquête sur la répartition. Nous demandons à présent que Mr le ministre prenne enfin une décision. Nous avons deux propositions à faire à Mrs McGonagall : soit repousser la cérémonie à la cinquième année, quand les personnalités des adolescents se sont un peu plus affirmées, soit ranger le Choixpeau une bonne fois pour toute dans un placard scellé à double tour ! »

La directrice de Poudlard, qui depuis longtemps croule sous les pétitions et les lettres de menaces à cause de ce débat, s’est publiquement prononcée en faveur de la répartition et du respect des traditions : « Pourdlard a toujours fonctionné comme ça. La répartition a des points positifs, il ne faut pas l’oublier. Les élèves apprennent à vivre en équipe, à affronter leurs défauts, à cultiver leurs qualités. La compétition entre les maisons peut aussi être bénéfique. Un élève de Gryffondor a tout à apprendre des Serdaigles et le bon tempérament des Poufsouffles peut inspirer les élèves de Serpentard. Rien n’est exclu. Le Choixpeau les incite à se dépasser, à travailler pour atteindre des objectifs. Je ne vois vraiment pas où est le mal ! Je suis très affectée par ce débat, qui, selon moi, n’a pas lieu d’être. La répartition est un événement primordial des élèves, un rite de passage. Il est dommage de vouloir la supprimer tout simplement parce que les adultes n’arrivent pas à voir ce que le Choixpeau valorise chez leurs enfants. Au risque de me répéter, ce sont les préjugés qu’il faut incriminer, pas le Choixpeau. Et vous rendez-vous compte du problème d’organisation pour la Coupe de Quidditch ? Comment répartir les équipes s’il n’y a plus de maison ? ».

Le Choixpeau magique n’a quant à lui pas tenu à s’exprimer.


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