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J.K. Rowling, le canon Harry Potter et la mort de l’auteur

26 mars 2018

Lors de conférences où lorsque l’occasion se présente dans un article, nous parlons souvent du canon et de “la mort de l’auteur” ; mais qu’est-ce qui se cache derrière ces idées ? Avec la multiplication des sources constitutives de l’univers d’Harry Potter et l’élargissement du Monde Magique, il paraît utile de mettre à plat ces concepts essentiels au discours entourant la naissance d’un univers étendu. D’autant plus que J.K. Rowling semble vouloir ouvrir cet univers à d’autres auteurs et créateurs.

Le concept de canon

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Par Slyis

Le canon est une idée religieuse qui définit l’ensemble des textes communément admis comme fondateurs et sur lesquels les études liturgiques peuvent se fonder.
Cet usage a évolué dans l’analyse de la littérature moderne pour englober “toute production littéraire, cinématographique, graphique, vidéoludique ou manga, qui est considérée comme authentique ou officielle, ainsi que tous les personnages, événements, lieux, dont l’existence dans un univers de fiction donné est indiscutable” (selon notre ami Wiki).

L’idée est, par exemple, de différencier la saga Harry Potter des nombreuses fanfictions qui en découlent et qui, parfois, comme dans le cas de la série James Potter, cherchent à se faire passer pour officielles.

Le fanon et le headcanon

De ce concept et du développement du fandom (avec les créations qui l’accompagnent telles que les fanfictions), sont nés différentes sous-catégories de canon. On parle ainsi :
- de fanon pour tout fait considéré comme établi par les fans mais qui ne figure pas dans le canon (ex : Albus Potter est à Serpentard - avant la parution de Cursed Child ; Remus et Sirius ont eu une relation ; etc...)
- de headcanon pour tout élément qu’un fan à en tête mais qui ne figure pas explicitement dans le canon (ex : l’apparence de certains personnages).

Notez qu’un fait peut appartenir à la fois au fanon et au headcanon.

À quoi sert le canon ?

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Pouvoir fixer le canon est un pré-requis essentiel à toute discussion entre fans, afin que chacun sache où s’arrêtent les faits et où commencent les spéculations. Dans le cas d’un univers étendu, comme Star Wars ou Dr Who, auquel de nombreux auteurs contribuent au travers de différents médias (podcast, romans, bande-dessinées, dessin animé, jeux vidéo), il est d’autant plus utile de savoir de quoi on parle exactement, et c’est là que le canon entre en jeu. Comme Harry Potter semble prendre une direction similaire, s’il ne l’a pas déjà prise, la question se fait pressante pour les fans.

C’est une notion qui permet également de consolider la liberté d’imaginer et d’interpréter : si rien dans le canon ne contredit une affirmation, elle n’est ni vraie ni fausse, et personne n’est en mesure de restreindre une telle interprétation sinon la source du canon. Ce dernier élément est très important pour certains fans, car c’est parfois la représentation de leur groupe culturel ou social qui est en jeu.

La limite du canon Harry Potter

Il existe plusieurs écoles en matière de ce qui constitue le canon Harry Potter. Tout comme le canon religieux, dont l’autorité découle de la parole divine, c’est de sa créatrice, J.K. Rowling, que découle l’authenticité d’un fait, d’un personnage ou d’un lieu de l’univers du Survivant.
Cependant, les déclarations de l’auteur sont nombreuses et parfois contradictoires, comme en atteste cette liste de sources d’informations et d’anecdotes sur l’univers auxquelles J.K. Rowling a contribué qui pourraient être considérées par les fans pour informer leur conception du Monde Magique :
- Les livres (tome 1 à 7)
- Les films (1 à 7.2)
- Les livres de la bibliothèque de Poudlard : Quidditch à travers les âges, Les Contes de Beedle le barde, Vie et habitat des animaux fantastiques (première édition moldue, Vie et habitat des animaux fantastiques (deuxième édition moldue)
- Les textes inédits de Pottermore
- Les brouillons de J.K. Rowling
- Les textes bonus de J.K. Rowling (Préquelle, Gazette du Sorcier pour le fan club officiel)
- Les informations des jeux vidéos (Cartes de chocogrenouilles, Flipendo)
- Les deux Wonderbook (Livre des potions et livre des sorts)
- L’ancien site de J.K. Rowling (notamment ses "sorciers du mois")
- Les parcs d’attractions (Horizont Alley, Shutterbutton...)
- Les produits dérivés (par exemple l’apparence des Fondants du Chaudron)
- Harry Potter et l’enfant maudit
- Les films Les Animaux fantastiques
- Les scénarios publiés des films Les Animaux fantastiques
- Le jeu d’enquêtes Les Animaux fantastiques (apparition de nouveaux personnages)
- Les déclarations de J.K Rowling lors d’interview
- Les tweets de J.K. Rowling

Très vite, il apparaît que certains éléments ne peuvent pas être constitutifs du canon : la mise en scène de Harry Potter et l’enfant maudit, par exemple, évolue en permanence et les acteurs changent sans cesse, elle ne peut donc intégralement être considérée comme suffisamment stable pour être ajoutée au canon.
Les brouillons de J.K. Rowling, eux, s’ils nous en apprennent plus sur le processus créatif et les pistes explorées, n’ont finalement pas aboutis ; ils ne peuvent donc pas figurer dans le canon au même titre que les livres... et pourtant, c’est par ce biais qu’on a appris les prénoms de certains professeurs !

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D’autres items listés ne peuvent pas non plus appartenir au même canon : les livres et les films se contredisent régulièrement ; les films et la pièce L’Enfant maudit ne peuvent pas être constitutifs du même univers puisque l’apparence d’Hermione change drastiquement, mais le texte de la pièce ne contredit pas l’univers des films sur ce point ; la première édition moldue de Vie et habitat des animaux fantastiques (par la suite AFBestiaire) contredit le film Les Animaux fantastiques, en ce que Norbert Dragonneau n’y est présenté que comme un pseudonyme français pour Newt Scamander, notamment... une mention complètement supprimée de la réédition ayant suivit l’arrivée du dit film au cinéma.

La mise en place de filtres

Il est facile d’opérer une première distinction entre “le canon des films” et “le canon des livres” ; soit en estimant que les films Harry Potter sont une interprétation des livres (antécédence), un statut de dérivé qui nullifie leur caractère de source canonique, soit en se fondant sur une idée de dilution de la canonicité : les personnes qui contribuent à la création d’un film sont si nombreuses qu’il est impossible d’identifier une véritable autorité.

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C’est notamment sur ce dernier critère que certains se reposent pour exclure de nombreuses sources potentielles de l’univers étendu : Cursed Child, les jeux vidéos... même si on sait que J.K. Rowling y a contribué, on ne pourrait pas évaluer dans quel mesure et quels éléments précis sont de son cru.

Cependant, si on estime que les films constituent un canon à part, la question se pose alors : à quel canon appartiennent les textes de Pottermore rédigés par l’auteur, Les Contes de Beedle le barde, les Wonderbook ? Où classer Pottermore, qui cherche à ménager la chèvre et le chou, et contredit ainsi inévitablement des éléments des films comme des livres ? Si pour Pottermore la robe de bal de Hermione est bleue, le site ne peut appartenir au canon des films ; cependant, le texte de Pottermore sur les retourneurs de temps contredit les livres...

On atteint une impasse, car il est impossible d’écarter certaines sources problématiques sans avoir déjà établi ce qui est canon ou pas. Quelle édition de AFBestiaire privilégier ? Sur quels critères ?

Le statut d’interprétation d’une œuvre, par exemple, peut également l’exclure du canon : ainsi, la mise en scène de Cursed Child, mais aussi les visuels des films, peuvent être écartés, car ils ne sont qu’une vision subjective... mais de quoi sont-ils des “interprétations” si le canon n’est pas déjà identifié ?

Certains ajoutent un critère d’accessibilité : si l’information n’est pas accessible et largement répandue (Horizont Alley, les Wonderbook disponibles uniquement sur PlayStation), elle ne peut pas être constitutive du canon. À l’heure de l’internet, c’est un filtre à la valeur très discutable ; l’ignorance de certains en matière de pluralité des sources ne devrait pas servir à fonder la définition du canon et nous écarterons donc cette idée.

Cinq solutions pour (presque) tout simplifier

La seule façon de s’en sortir, c’est d’ériger une limite arbitraire. Même si nous admettons que les films puissent être considérés comme un canon distinct, la suite de l’argument se concentre sur le canon livresque et exclut toute interprétation quelque soit sa forme, en ce compris théâtrale. Nous éliminons les options auto-destructrices telles que “Tout ce que dit et valide J.K Rowling est canon, sans restriction”, car elles invalident l’idée même de canon en obligeant à y faire cohabiter des informations contradictoires, et celles qui confondent canon et headcanon telles que “pour moi, le canon c’est ça ça et ça, mais pas ça et ça” sur seule base de l’humeur individuelle.

Nous avons identifié cinq solutions cohérentes qui semblent être privilégiées par les fans :

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-  L’auteur-déesse  : Toutes les déclarations et contributions de J.K Rowling constituent le canon. Si elle ajoute une nouvelle information qui contredit une information précédente, la nouvelle information prévaut. Parcs d’attractions, jeux vidéos et Cursed Child sont constitutifs du canon, tandis que certaines sources deviennent partiellement canon.
Exemple : même si l’auteur affirme sur Pottermore que Harry a une cicatrice sur la joue en 2014 lors de la Coupe du Monde de Quidditch, il ne l’acquière en fait qu’en 2022, lors d’une perquisition chez Théodore Nott relatée dans Cursed Child ; le reste des textes de Pottermore demeurent canon.
De même, AFBestiaire 1 est en partie canon par son contenu concernant les créatures fantastiques, mais le fait que “Norbert Dragonneau” ne soit qu’un nom de plume, qu’il ait fini ses études à Poudlard et qu’il s’agisse de la 52ème édition du bestiaire sont effacés par AFBestiaire 2. AFBestiaire 1 n’est cependant pas intégralement éliminé du canon, puisque AFBestiaire 2 mentionne l’existence de cette première édition pour moldus.

Le canon est évolutif et peut “se cannibaliser”.

-  L’auteur-reine  : Toutes les déclarations et contributions de J.K Rowling constituent le canon, dans la mesure où la nouvelle information ne contredit pas une information précédente. Comme dans le cas précédent, certaines sources deviennent partiellement canon. Exemple : Hermione devient bien Ministre de la Magie dans le canon, mais l’histoire de L’Enfant maudit n’a pas pu avoir lieu car le retourneur de temps ne fonctionne pas comme établi précédemment par l’auteur.
Harry a déjà la cicatrice sus-mentionnée en 2014 et ne l’acquière pas lors d’une perquisition en 2022.
AFBestiaire 2 contribue au canon par les créatures américaines ajoutées au bestiaire, mais la nouvelle préface de Newt est en grande partie invalidée par AFBestiaire 1.

Le canon est évolutif car il s’étend mais ne peut pas revenir en arrière.

-  L’auteur-unique  : Tous les éléments constitutifs du Monde Magique clairement attribuables à J.K Rowling, et à elle seule, constituent le canon avec des règles d’exceptions chronologiques empruntées soit à l’auteur-déesse, soit à l’auteur-reine afin d’éviter les contradictions. Pour qu’un élément soit intégré au canon, il faut qu’il n’y ait aucun doute quant au fait qu’il a été créé par Rowling. Il n’est pas question ici de se contenter d’une déclaration de l’auteur validant ceci ou cela comme canon, comme elle l’a fait avec Cursed Child, mais bien d’identifier ses contributions exactes.
Cette idée permet d’éliminer Cursed Child, car on ne sait pas exactement quelle scène ou idée J.K. Rowling a imaginé, mais ouvre le débat de ce qui est “clairement attribuable” à l’auteur : à quel point sommes-nous certains que les textes de Pottermore sont intégralement rédigés par Rowling (et qu’elle ne se contente pas de confier ses brouillons à une équipe éditoriale) ? À quel point, lorsqu’un communiqué affirme son implication, a-t-elle réellement contribué ?

Le canon est évolutif au fil des confirmations concernant ce que l’auteur a directement créé ou non. Certaines sources peuvent être partiellement canon.

-  La date butoir  : Toutes les déclarations et contributions de J.K. Rowling jusqu’à une date D sont canon dans la mesure où la nouvelle information ne contredit pas une information précédente, ce qui vient après est du domaine du headcanon et du fanon. Cette date est généralement fixée à la sortie des Contes de Beedle le Barde et englobe ainsi les interviews post-tome 7 de l’auteur, mais pas Pottermore, Cursed Child ou les parcs d’attractions. L’idée est que, à l’époque, l’auteur n’avait pas un recul suffisant pour chercher à consciemment modifier son œuvre ; ses déclarations se basaient donc sur des réflexions instinctives menées en cours d’écriture. Ses prises de position depuis, comme l’idée que toutes les religions sont représentées à Poudlard, sont, au contraire, le fruit d’une envie de peaufiner, modifier voire corriger a posteriori, qu’on ressent particulièrement dans certains textes de Pottermore, et sont donc exclues.
Exemple : L’homosexualité de Dumbledore est un fait, car annoncé avant la date butoir ; l’idée de Merlin à Serpentard n’est pas canon car elle est postérieure à la date butoir.
Les brouillons de l’auteur sont canons dans les nouvelles informations qu’ils apportent, comme le prénom de certains professeurs

Le canon est figé.

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-  Scripta manent  : Le canon est strictement constitué des sept tomes de la saga ainsi que des trois livres originaux de la bibliothèque de Poudlard. Ce qui vient après ou se greffe autour, comme les interviews de l’auteur, est du domaine du headcanon et du fanon. Chacun est libre d’y “faire sa cueillette” d’histoires périphériques et de s’en servir pour informer sa vision du Monde Magique personnelle, mais il s’agit d’idées débattables. Exemple : L’homosexualité de Dumbledore n’est pas canon, car elle n’est pas mentionnée clairement dans les livres.

Le canon est figé.

La mort de l’auteur

Ces deux dernières définitions du canon impliquent l’acceptation d’un concept auquel la Gazette fait souvent référence : la mort de l’auteur. Cette mort est, bien entendu, symbolique, et peut s’opérer sans que la personne (en l’occurrence J.K. Rowling) ne décède réellement. [1]

Le concept de la mort de l’auteur a été théorisé par Roland Barthes et est largement appliqué en littérature. Pour résumer en empruntant les mots du philosophe Paul Valery : “il n’y a pas de vrai sens d’un texte. Pas d’autorité de l’auteur. Quoi qu’il ait voulu dire, il a écrit ce qu’il a écrit. Une fois publié, un texte est comme un appareil dont chacun se peut servir à sa guise et selon ses moyens : il n’est pas sûr que le constructeur en use mieux qu’un autre”.

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C’est un postulat qui met toute interprétation de l’auteur externe à l’œuvre sur le même pied que les interprétations des lecteurs. Une fois que J.K. Rowling a fini de rédiger son œuvre et l’a soumise aux fans, elle ne dicte plus le vrai du faux ou ce qui se cache derrière les non-dits ; l’auteur n’existe plus, seul le texte compte, et il n’y a pas de vérité absolue autre que celle des mots figurant sur le papier.

Bien entendu, l’auteur reste libre de donner son avis, d’expliciter ses intentions, d’ajouter des informations, mais ces compléments ne sont pas supérieurs aux interprétations de lecteurs et d’académiques. Ils peuvent avoir un intérêt, soulignant certains aspects de l’œuvre, leur donnant une nouvelle dimension, ouvrant de nouvelles pistes à explorer ou les exposant sous un nouveau jour, mais ils n’altèrent aucunement le canon ; exactement comme lorsqu’un lecteur suggère que Drago pourrait avoir été un loup-garou.
Certains auteurs, comme John Green (Nos étoiles contraires, Où es-tu Alaska ?,...) défendent également cette idée.

La définition du canon “Scripta manent” est une application stricte de ce concept de mort de l’auteur, tandis que la “Date butoir” est une vision plus ouverte qui considère l’intégralité de la saga comme une seule œuvre, qui n’était pas achevée par l’auteur avant la parution des Contes de Beedle le Barde. L’auteur n’était donc pas “morte” avant cette date.

Le statut de J.K. Rowling

Bien qu’elle semble vouloir se présenter comme un auteur “bien vivant” lorsqu’elle donne son opinion sur des théories de fans, J.K. Rowling s’est déjà réfugiée derrière le concept de la mort de l’auteur, notamment lors du débat sur le casting de Cursed Child.

En affirmant que le canon est bien dans les livres, qui laissent place à l’interprétation car ils sont imprécis en la matière, J.K. Rowling rejette l’autorité d’un “auteur vivant”, qui détiendrait la vérité absolue en matière de faits dans son œuvre. Si l’auteur n’est pas “mort”, il ne peut y avoir plusieurs interprétations ; par ce seul tweet, J.K. Rowling a ainsi réduit son “auteurité” à néant. Elle affirme que sa vision personnelle d’une Hermione blanche (confirmée par ses dessins) ne prévaut pas sur une interprétation qui n’est pas contredite par les romans.

De même, lorsque Pottermore, site qui se doit normalement d’établir le canon de la saga par son rôle encyclopédique, déclare que Lavande est “présumée morte”. Ceci indique que le canon est bien à trouver dans les livres qui, si ils ne donnent pas la réponse, laissent les interprétations ouvertes ; pas auprès de l’auteur.

Les conséquences en matière de théories et d’interprétations

Cette mort de l’auteur, reconnue indirectement (et sans doute involontairement, admettons-le) par J.K. Rowling elle-même, a un impact direct sur tout ce qui entoure le canon.

Aucune théorie ou interprétation n’est “vraie” ou “fausse”, à moins d’être confirmée/contredite par un élément des livres ou une déclaration de l’auteur antérieure à la date butoir. C’est donc tout le vocabulaire entourant celles-ci qui est à revoir ; leur valeur est à juger en terme d’intérêt, d’enrichissement du canon. Le rapport aux théories devient entièrement subjectif (“j’aime / j’aime pas” ; “j’adhère / je n’adhère pas”) et ne peut pas être imposé au fandom par une “autorité supérieure” autre que le canon.

L’opinion de J.K. Rowling, que les fans s’empressent souvent de demander, permettra simplement à ceux qui souhaitent suivre son exemple de les intégrer ou les exclure de leur headcanon. Quel que soit son verdict, le canon demeure inchangé, de même que la valeur ajoutée de la théorie ou de l’analyse.

Cela signifie que “Hermione de couleur” n’est pas canon en soit, mais c’est “un headcanon cohérent, qui ne contredit pas le canon”. L’idée ne peut pas être contredite et ne peut être évaluée qu’en terme d’intérêt. Et il en va de même pour “Hermione blanche” !
Il est à noter également que les explications quant à des éléments du canon, comme le fonctionnement du retourneur de temps, ne sont pas des théories ; ce sont des clarifications ou démonstrations d’un fait canonique.

Conclusion

Établir une définition de canon est un processus complexe, d’autant plus lorsqu’on réalise la pluralité des sources potentielles. S’il est facile de s’accorder sur le fait que l’autorité du canon découle de l’auteur, il est bien plus difficile de fixer l’étendue exacte de cette autorité ; une limite pourtant nécessaire afin d’éliminer autant que possible les incohérences.

Plusieurs types de “règles” semblent prévaloir au sein du fandom, selon que l’autorité est attribuée à l’auteur ou à l’œuvre, avec divers filtres “anti-contradictions” mis en place, notamment celui de la chronologie des éléments constitutifs du canon.

Le débat paraît futile à certain, d’autres préfèrent simplement ne pas s’y consacrer, mais sa résultante a des implications bien réelles pour de nombreux fans. Elle a également des conséquences sur la manière d’évaluer et le vocabulaire associés aux contributions de fans et d’analystes ; les faisant osciller entre un système binaire absolu et une échelle de valeurs subjective.

Au final, l’important, c’est que les fans s’y retrouvent.

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