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Interview TLC - MuggleNet II

5 octobre 2005

16 juillet 2005, le jour de la publication d’Harry Potter et le Prince de Sang-Mélé, Edimbourg, Ecosse

ES : Quand Sirius a été accusé à tort de la mort de Petigrow et des Moldus, a-t-il vraiment ri ou était-ce quelque chose pour le faire paraître encore plus fou ?

JKR : A-t-il vraiment ri ? Oui, je dirais qu’il l’a fait. Eh bien, il l’a fait parce que je l’ai créé. Pour moi, Sirius est un peu limite, vous n’avez pas ce sentiment au sujet de Sirius ? Il est un peu comme un chien fou. Je l’aime vraiment comme personnage et beaucoup de gens l’aimaient comme personnage et me demandent encore s’il va revenir. [Rires] Mais Sirius avait ses défauts - J’en ai déjà parlé auparavant- quelques défauts assez flagrants. Je vois Sirius comme quelqu’un qui est resté assez immature. Je pense que pouvez le voir dans sa relation avec Harry dans « Phoenix ». Il veut un peu faire de Harry un ami, et ce que Harry désire ardemment c’est un père. D’une certaine manière Harry est entrain de devenir trop grand pour cela maintenant. Sirius n’était pas préparé à lui donner cela.

Le plus drôle - il a été vraiment déboussolé par la mort de James. Harry et Sirius étaient très semblables sur le fait qu’ils tissaient tous les deux des liens familiaux avec leurs amis. Donc, Sirius était le frère que voulait James, et Harry a nominé Ron et Hermione comme sa famille. C’est ce que je trouvais intéressant - ce devait être dans les commentaires de MuggleNet, c’était il y a assez longtemps, quand je cherchais un « site du mois »- c’était à peu près quand je lisais les commentaires pour la première fois et il y a quelquechose que les enfants disaient, « Je ne comprends pourquoi il crie après Ron et Hermione, je veux dire, je crierais après mes parents, mais jamais après mes meilleurs amis. » Mais, il n’avait personne d’autre après qui crier. C’était intéressant de la part de jeunes enfants, parce que je ne pense pas qu’ils puissent faire ce saut dans leur imagination. Il est vraiment seul. Enfin bref je suis partie à des kilomètres de Sirius là.

Il était déboussolé. Oui il a ri. Il savait qu’il avait perdu. C’était un rire sans humour. Petigrow, qu’ils, enfin James et Sirius en tout cas, ont laissé flâner avec eux d’une manière légèrement condescendante, il s’est avéré qu’il était un meilleur sorcier qu’ils ne pensaient. Qu’il était plus doué pour cacher des secrets qu’ils ne le croyaient.

MA : Vous avez dit pendant l’écriture du tome 6 que vous aviez eu un plaisir diabolique à écrire quelque chose. Vous souvenez vous de ce que c’était ?

JKR : Oh mon dieu. [ Long silence pendant que Jo réfléchit] Qu’est ce que c’était ? Ce n’était pas vraiment vindicatif [rires] - c’était plus une figure de style. Je sais que j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire - vous savez le commentaire de Luna pendant le Match de Quidditch ? [rires] C’était ça. J’ai vraiment aimé écrire cela. Effectivement, j’ai vraiment aimé l’écrire.

Vous savez, c’était le dernier match de Quidditch. Je savais lorsque je l’écrivais que ça serait la dernière fois que je ferais un match de Quidditch. Pour être honnête avec vous, les matchs de Quidditch ont été un véritable fléau pour moi dans les livres d’Harry Potter. Ils sont nécessaires car les gens s’attendent à ce que Harry joue au Quidditch, mais il y a une limite au nombre de façons de les faire jouer et pour faire arriver quelque chose de nouveau. Et puis il y a eut ce moment d’inspiration brillante. J’ai pensé, Luna va commenter le match, et c’était tout simplement un don. C’est le genre de commentaire que je ferais lors d’un match sportif parce que je suis - [rires]. En tous cas, c’était ça.

MA : C’était très drôle. Elle est drôle.

JKR : J’aime Luna, J’aime vraiment Luna.

ES : Pourquoi Dumbledore autorise Peeves à rester au château ?

JKR : Il ne peut pas l’en faire partir.

ES : Mais c’est Dumbledore, il peut tout faire !

JKR : Non, non non non non. Peeves est comme de la pourriture sèche. Vous pouvez essayer de l’éradiquer. Ça vient de l’immeuble. Vous êtes coincés. Si vous avez Peeves vous êtes bloqués.

ES : Mais Peeves répond à Dumbledore.

JKR : Prétendûment.

ES : Prétendûment ?

JKR : Oui. Je vois Peeves comme un sérieux problème de plomberie dans un très vieil immeuble, et Dumbledore et légèrement meilleur avec la clé plate que beaucoup de gens, donc il peut le faire mieux fonctionner pendant quelques semaines. Ensuite ça commence à fuir de nouveau. Vous voudriez que Peeves s’en aille, honnêtement ?

MA : Si j’étais Harry oui, mais en tant que lecteur je l’aime bien. Le moment où je l’ai plus aimé est quand il a commencé à obéir à Fred et George à la fin du livre 5.

JKR : Oui, c’était marrant. J’ai aimé cela. C’était satisfaisant. [rires]

ES : Quand je me suis inscrit sur MSN messenger après la sortie du livre, il y avait au moins 4 ou 5 personnes dont les pseudos disaient : « Fais lui en baver de notre part, Peeves. »

JKR : [Rires] ohhh. Bien Umbridge, c’est un personnage assez maléfique.

MA : Elle est toujours libre et... active ?

JKR : Elle est toujours au ministère.

MA : Va t’on encore la rencontrer ? [Jo fait un signe affirmatif de la tête] Vous dites cela avec un air malfaisant...

JKR : Oui, c’est tellement drôle de la torturer que je ne peux pas m’empêcher de le faire encore un peu avant de terminer.

ES : Asrial, gagnante du concours de MuggleNet « Ask Jo » [demandez à Jo], qui a 22 ans : « Si Voldemort voyait un épouvantard, quel serait-il ?

JKR : La peur de Voldemort est la mort, la mort ignominieuse. Je veux dire, il voit la mort en elle-même comme ignominieuse. Il pense que c’est une honteuse faiblesse de l’homme, comme vous le savez. Sa plus grande peur est la mort, mais maintenant comment son épouvantard le montrerait ? Je ne suis pas sure. J’avais réfléchi à cela parce que je savais que vous alliez me le demander.

ES : Un cadavre ?

JKR : C’était ma conclusion, qu’il allait se voir lui-même mort.

ES : Dès qu’il est devenu clair que cette question allait gagner, j’ai commencer à recevoir des dizaines de mails de personnes me demandant de ne pas poser cette question parce que la réponse était trop évidente - sauf qu’ils n’était absolument pas d’accord sur cette réponse évidente. Certains étaient sur que ce serait Dumbledore, d’autres que ce serait Harry et d’autres encore étaient surs que ce serait la mort.

ES : Quelques questions découlant de celle-ci, alors - que verrait-il s’il était devant le miroir du Rised ?

JKR : Lui-même, les pleins pouvoirs et éternel. C’est ce qu’il désire.

ES : Et que verrait Dumbledore ?

JKR : Je ne peux pas répondre à cette question.

ES : Quel serait l’épouvantard de Dumbledore ?

JKR : Je ne peux pas y répondre non plus, mais pour émettre des théories à ce sujet, vous devriez relire le tome 6. Voilà.

MA : Si Harry avait regardé dans le miroir du Rised à la fin du tome 6 que verrait-il ?

JKR : Il aurait vu Voldemort fini, mort, parti, non ? Parce qu’il sait maintenant qu’il n’aura pas de paix ni de repos jusqu’à ce que ce soit accompli.

ES : Le dernier mot du livre 7 est-il toujours « cicatrice » ?

JKR : Pour le moment. Mais, je me demande s’il va le rester.

MA : Avez-vous bidouillé pour que ce mot soit le dernier ?

JKR : Je n’ai pas vraiment physiquement bidouillé ce mot. Il y aura sans aucun doute quelques choses qui devront être modifiées. Ce ne sont pas des choses très importantes mais j’ai toujours su que je devrais le ré-écrire.

MA : Mais vous restez toujours sur cette même piste ?

JKR : Oh, absolument. Oui, oui.

MA : Comment ressentez-vous le fait que vous allez entamer le dernier livre ?

JKR : En fait, cela m’effraie. Cela fait 15 ans. Vous vous rendez compte ? Une des plus longues relations d’adulte de ma vie.

MA : Avez-vous commencé ?

JKR : Oui. Mais je ne pense pas que je serai capable de vraiment travailler dessus avant l’année prochaine. Je vois l’année prochaine comme celle où je vais réellement écrire le tome 7. Mais j’ai commencé et je fais des petits morceaux par-ci par-là quand je le peux. Mais vous avez vu comme Mackenzie est encore jeune, et vous pouvez être témoins du fait que j’ai un très petit bébé, donc je vais essayer de donner à Mackenzie ce que j’ai donné à David, c’est à dire à peu près un an ininterrompu de mon temps, et ensuite je recommencerai à écrire sérieusement.

ES : Qu’est-ce qui a poussé les gens à appeler Voldemort « Vous savez qui » et « Celui dont on ne doit pas prononcer le nom » ?

JKR : Cela arrive très souvent dans l’histoire - et bien, vous, vous devez savoir cela, mais pour ceux qui ne le savent pas, mettre un tabou sur un nom est assez commun dans certaines civilisations. En Afrique il y a des tribus dans lesquelles on n’utilise jamais de nom. Votre nom est une partie sacrée de vous-même et on vous appelle « le fils d’untel », « le frère d’untel », et on vous donne ces pseudonymes, parce que votre nom est quelque chose qui peut être utilisé contre vous, grâce à la magie, s’il est connu. C’est comme une partie de votre âme. C’est un puissant tabou dans beaucoup de culture et à travers de nombreux folklores. Pour une note plus prosaïque, dans les années 50 à Londres il y avait une paire de gangsters appelée « les jumeaux Kray ». L’histoire raconte que les gens ne prononçaient pas le nom Kray. On ne le mentionnait tout simplement pas. On ne parlait pas d’eux, parce que le châtiment était tellement brutal et sanglant. Je pense que c’est une impressionnante preuve de force, de pouvoir convaincre les gens de ne pas utiliser votre nom. Impressionnante dans le sens que cela montre à quel point vous pouvez inspirer le peur. Ce n’est pas quelque chose que l’on admire.

ES : Je voulais dire, y a-t-il eu un événement spécial ?

JKR : Avec Voldemort ? ça a été progressif. Il tuait et faisait des choses assez mauvaises. Dans le chapitre « La requête de Lord Voldemort », quand il revient pour demander ce poste de professeur dans le tome 6, on comprend qu’il est déjà allé assez loin dans les forces du mal. C’est à ce moment là que beaucoup de monde a choisi de ne plus utiliser son nom. Pendant tout ce temps son nom n’a jamais été utilisé excepté par Dumbledore et ceux qui étaient au dessus de la superstition.

MA : Pour parler un peu des évènements du monde -

JKR : Chapitre 1 ?

MA : Oui, chapitre 1, et événement actuels dans le monde, en particulier durant les 4 dernières années. Terrorisme et tout ce qui s’y rapporte ; Cela a-t-il affecté, influencé votre écriture ?

JKR : Non, jamais consciemment, vu que je n’ai jamais pensé « c’est le moment de faire un Tome d’Harry Potter post 11 septembre », non. Mais ce que Voldemort fait, quelque part, c’est du terrorisme, et c’était déjà bien clair pour moi avant ce qui est arrivé le 11 septembre. La nuit dernière [lecture à minuit au château d’Edimbourg] j’avais prévu de lire le chapitre 1. C’était ce que j’avais prévu jusqu’au 7 juillet [attentats à Londres]. Après ces évènements il est devenu clair pour moi que ce serait grossièrement inapproprié de lire un passage dans lequel le premier ministre Moldu parle de catastrophes meurtrières. Ce n’était tout simplement pas approprié, vu qu’il y a des touches de légèreté dans ce chapitre. C’était totalement inapproprié, c’est pourquoi j’ai dû changer, et j’ai décidé de lire le passage du magasin des jumeaux Weasley qui est très symbolique parce que, bien sûr, Harry avait dit à Fred etGeorge, « J’ai l’impression que bientôt, on aura encore plus besoin que d’habitude [de rire]. » Cela liait bien tout. Donc non, pas consciemment, mais il y a des parallèles, évidemment. Je pense que j’ai ressenti une fois ces parallèles quand j’étais entrain d’écrire l’arrestation de Stan Shunpike, vous voyez ? J’avais toujours prévu que ce genre de choses arrive, mais tout cela a un retentissement très puissant, montrant comme je le crois, et comme beaucoup de gens le croient, que alors que l’on essayait de trouver les personnes qui avaient commis ces atrocités, des gens ont été persécutés alors qu’ils ne le méritaient pas. Ces choses arrivent, c’est la nature humaine. Il y a eu de très effrayants parallèles pendant que je l’écrivais.

ES :Est-ce que le Choixpeau Magique s’est déjà trompé ?

JKR : Non.

ES : Vraiment ?

JKR : Hummm. Avez vous une théorie ?

ES : J’ai entendu des tas de théories.

JKR : [rires] Bien sûr. Non. [rires] Désolée.

MA : C’est intéressant, parce que cela voudrait dire que la voix vient plus de la tête d’une personne que du chapeau lui-même-

JKR : [fait un bruit mystérieux]

MA : Et peut-être que quand il parle lui-même cela vient de -

JKR : Les fondateurs eux-mêmes.

MA : Oui. Intéressant. A quel point le rôle des fondateurs va-t-il être important dans le tome 7 ?

JKR : Un peu, comme vous vous en êtes sûrement douté à la fin du tome 6. Il y a tant de choses que j’aimerais vous demander, mais c’est vous qui devez m’interviewer, alors continuons. [rires]

ES : Je sais qu’on vous demande cela dans toutes les interviews, mais la longueur du tome 7 a-t-elle changé ?

JKR : Le tome 7 ? Plus petit que « Phoenix » vous voulez dire, « Phoenix » a toujours été une référence en tant que livre qui frôle vraiment vraiment les limites à ne pas dépasser ? Je pense toujours qu’il sera plus court que « Phoenix ».

ES : Significativement ?

JKR : Je ne sais pas. C’est la vérité, je ne sais vraiment pas. Le plan que j’ai actuellement pour le tome 7 n’est pas encore assez détaillé pour que je puisse honnêtement évaluer la longueur. Je sais ce qui va arriver, je connais l’histoire, mais je n’ai pas travaillé dessus autant que vous le pensez, « Nous pensons vraiment qu’il y aura 42 chapitres, » ou « il y aura 31 chapitres. » Je ne le sais pas encore.

MA : R.A.B.

JKR : Oh, mon dieu.

[tous rient]

JKR : Non, je suis contente ! Oui ?

MA : Peut-on trouver de qui il s’agit, à partir de ce que l’on sait pour l’instant ?

[Note : JKR a adopté un regard légèrement mauvais à ce moment]

JKR : Vous avez une théorie ?

MA : Nous avons pensé à Regulus Black.

JKR : Vous y avez pensé, là, déjà ?

MA : uh-oh.

[rires]

JKR : Bien, je pense que ce serait, hum, une bonne idée.

MA : Et peut-être, vu qu’il est le frère de Sirius, qu’il a un autre miroir -

JKR : [tapote des doigts sa boite de soda]

MA : A-t-il l’autre miroir, ou le miroir de Sirius -

JKR : Je ne ferai aucun commentaire sur ce miroir. Ce miroir n’est pas à l’ordre du jour. [rires de tous ; celui de Jo est maniaque.]

MA : Notons qu’elle tapote des doigts sa boite de soda exactement comme Mr Burns. [NDT : Mr Burns dans les Simpson]

[rires]

JKR : Oh, j’adore Mr Burns.

ES : Si vous aviez l’opportunité de réécrire une partie de la série, laquelle serait-ce et pourquoi ?

JKR : il y a des morceaux des 6 tomes pour lesquels je voudrais retourner en arrière afin de les resserrer. J’ai le sentiment que « Phoenix » est trop long, mais je défie quiconque de trouver une partie à couper. Il y a des parties que je pourrais raccourcir, maintenant, en regardant en arrière, mais réduire énormément le livre ne l’améliorerait pas, parce je pense que vous avez besoin de ce qui y est écrit. Vous avez besoin de ce qui y est écrit si je veux jouer franc jeu avec le lecteur dans la perspective du tome 7. Une des raisons pour lesquelles « Phoenix » est si long et que j’ai dû beaucoup faire bouger Harry, physiquement. Il y a des endroits où il devait aller et où il n’était jamais allé avant, et ça prenait du temps - de l’y faire aller, de l’en faire sortir. C’était la plus longue période ne se déroulant pas à Poudlard de tous les tomes, et c’est vraiment ce qui fait augmenter le longueur. J’essaie de trouver des parties précises, c’est dur.

ES : Il n’y a pas quelques intrigues secondaires que vous auriez pu laisser tomber, rétrospectivement ?

JKR : Je trouve cela très difficile d’en situer précisément une parce que je pense qu’elles étaient nécessaires. Comment peut-on juger ? Même moi, jusqu’à ce que le tome 7 soit terminé, je ne serai pas capable de regarder en arrière vraiment précisément et de dire « C’était inutile ». Et peut-être qu’à la fin du tome 7 je regarderai en arrière et dirai, en y réfléchissant, « je n’avais pas vraiment besoin d’aller si loin dans cette partie. » Jusqu’à ce qu’il soit écrit, c’est difficile d’être précis à ce sujet. Mais, il y a bien sur des tournures de phrases qui m’agacent avec du recul. Il y a des répétitions qui me rendent folles avec du recul.

MA : Maintenant que Dumbledore est parti, allons nous jamais savoir quel sort il a essayé de lancer à Voldemort au ministère ?

JKR : Hummmmmmmm.... [fait un bruit avec sa langue]

ES : Notons qu’elle fait un drôle de bruit avec sa bouche.

[Tous rient, Jo je façon maniaque.]

JKR : C’est possible, c’est possible que vous appreniez ça. Vous allez - [pause] - vous allez en apprendre plus au sujet de Dumbledore. Je dois faire teeeellement attention à ce sujet.

MA : Peut-on avoir un livre seulement sur Dumbledore ? Comme une biographie ?

ES : S’il vous plait ?

JKR : Bon, d’accord.

[Tous rient]

ES et MA, se tapant dans les mains : OUAIS !

JKR : Ce n’est pas un contrat ! [rires]

MA : Non, c’est un accord oral - où est Neil [son avocat, pas son mari] ?

[rires]

ES : Combien y a t’il de sorciers ?

JKR : Dans le monde ? Oh Emerson, je suis si mauvaise en maths.

ES : Y a-t-il un ratio Moldus/Sorciers -

MA : Ou à Poudlard.

JKR : Bien, à Poudlard. D’accord. Voyons voir pour Poudlard. Bien avant que je finisse « L’école des sorciers », quand j’étais seulement entrain d’amasser des choses pour sept années, après avoir eu l’idée et avant avoir publié le livre, je me suis assise et j’ai créé 40 enfants qui entraient à Poudlard en même temps que Harry. Je suis très heureuse de l’avoir fait, [parce que] c’est tellement utile. J’avais 40 personnages assez étoffés. Je n’ai jamais eu besoin de m’arrêter pour inventer quelqu’un. Je sais qui est dans son année, je sais qui est dans quelle maison, je sais quels sont leurs lien de parenté, et j’ai quelques détails personnels sur chacun d’eux. Donc ils étaient 40. Je n’ai jamais vraiment pensé, « c’est ça, ce sont tous les élèves de son année, » mais c’est à peu près comme cela que je l’ai calculé. Ensuite on m’a demandé plusieurs fois combien il y avait d’élèves et parce que les nombres ne sont pas mon point fort, une partie de mon cerveau savait que c’était 40, et l’autre partie a dit, « Oh, environ 600, ça sonne bien. » Alors les gens ont commencé à calculer et à dire « Où dorment les autres enfants ? » [rires] Nous avions un petit dilemme là. Je veux dire, la magie est évidemment rare. Je ne voudrais pas donner un ratio précis. Mais si on admet que tous les enfants sorciers vont à Poudlard, alors cela fait une très faible population sorcière par rapport aux moldus, non ? Il y aura quelques enfants dont les parents ne voudront pas qu’ils aillent à Poudlard, mais 600 pour toute la Grande-Bretagne c’est minuscule.

Disons 3000 [en Grande-Bretagne], en effet, en y pensant, et puis pensez à toutes les créatures magiques, certaines d’entre elles ont une apparence humaine. Donc vous avez des créatures telles que les harpies, les trolls, les ogres etc... donc ça augmente le nombre. Et puis vous avez toutes les tristes personnes comme Rusard et Figg qui font un peu partie du monde sorcier mais qui n’y sont pas totalement. Cela va augmenter encore un peu le nombre, donc nous avons une communauté magique assez considérable, qui a besoin d’être cachée, dissimulée, mais ne vous en tenez pas au chiffres, parce que je ne pense pas de cette manière.

MA :A quel point vous êtes vous amusée avec les histoires d’amours dans ce tome ?

JKR : Oh énormément. ça ne se voit pas ?

MA : Si.

JKR : Il y a une théorie - ça s’applique aux romans policiers, et donc Harry, qui n’est pas vraiment un roman policier, mais qui y ressemble parfois - que vous ne devez par mettre d’intrigues amoureuses dans une roman policier. Dorothy L. Sayers, qui est la reine du genre a dit - et en même temps casse sa propre règle, mais a dit - qu’il n’y a pas de place pour les histoires d’amour dans un roman policier sauf s’il peut être utile pour camoufler les mobiles d’autres personnages. C’est vrai ; c’est un piège très efficace. Je l’ai utilisé sur Percy et je l’ai utilisé jusqu’à un certain degré avec Tonks dans ce tome, comme une diversion. Cependant, malgré ce que je viens de dire, je ne suis pas d’accord vu que l’intrigue de mes livres est menée par les personnages., et il est tellement important de voir que les personnages tombent amoureux, parce que c’est une partie de la vie essentielle. Qu’avez-vous pensé des histoires d’amour ?

[Melissa lève ses pouces et sourit jusqu’aux oreilles]

ES : On a passé notre temps à se taper dans les mains.

JKR : [en riant] Génial ! C’est bien. Ça me fait tellement plaisir.

MA : On courait d’une chambre à l’autre en hurlant.

ES : Nous pensions qu’il était plus clair que jamais que Harry et Ginny sont une chose et Ron et Hermione - même si nous pensons que vous l’avez rendu péniblement évident dans les 5 premiers tomes -

JKR : [se montre du doigt et murmure] C’est moi qui l’ai fait !

ES : Qu’est qu’il y a ?

JKR : [Plus fort] Eh bien c’est moi qui l’ai fait ! C’est moi qui l’ai fait !

[Tous rient ; Melissa pliée en deux, hystérique a failli en mourir]

ES : Les Pro-Harry/Hermione - ils hallucinent !

JKR : Euh non, je ne vais pas - Emerson, je ne vais pas dire qu’ils hallucinent ! Ils sont toujours de précieux membres de mon lectorat ! Je n’utiliserai pas le mot halluciner. Cependant je vais dire - maintenant je vous fait confiance pour révéler ce spoiler quand vous écrirez tout cela -

[ils rient de plus belle]

JKR : Je dirais que, oui, j’ai personnellement ressenti - eh bien cela va devenir clair quand tout le monde aura lu le tome 6. Je veux dire, c’est comme ça. C’est fait, non ? Nous savons. Oui, nous savons maintenant que c’est Ron et Hermione. Je pense que j’avais laissé échapper de gros -

[Ils s’écroulent tous de rire]

JKR : indices. En fait, d’énormes indices, au préalable. Je pense que même si les indices subtils n’ont pas été relevés à la fin de « Azkaban », à partir du moment où on rencontre Krum dans « La coupe de feu »...

Mais Ron - Je me suis beaucoup amusée avec cela dans ce tome. J’ai vraiment aimé écrire l’histoire de Ron et Lavande, et la raison pour laquelle c’était réjouissant c’est que Ron jusqu’alors était assez immature par rapport aux deux autres et il avait en quelque sorte besoin de devenir digne d’Hermione. Maintenant, cela ne demandait pas forcement une expérience physique mais il devait grandir émotionnellement et maintenant il a franchi une grande marche. Parce qu’il a eu une expérience physique dénuée de sens - voyons les choses comme elles sont, ses sentiments pour Lavande n’ont jamais été très profonds -

[Grand éclat de rire pendant lequel Melissa sort un « Ron-Ron »

JKR : - et il a réalisé que ce n’est absolument pas ce qu’il voulait, ce qui lui fait faire un énorme bond en avant d’un point de vue émotionnel.

ES : Alors il a un peu plus qu’une cuillère à café, maintenant c’est une cuillère à soupe ?

JKR : Oui, je pense. [Rires]

Le texte original de cette interview est disponible en entier sur TLC et MuggleNet.

PS :

Cette traduction est essentiellement l’oeuvre de la merveilleuse Skara.


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