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Conférence internationale sur Harry Potter à l’Université de St Andrews

Copie_de_photo_de_couv.png Ces 17 et 18 Mai 2011 était organisée la première conférence mondiale portant sur Harry Potter en tant qu’œuvre littéraire. Sur deux jours, plus de quarante intervenants se sont succédé sur des sujets allant du parallèle littéraire avec Shakespeare à ce que la saga peut enseigner aux moldus sur leur propre monde.

L’université de St Andrews qui organisait la conférence semblait l’endroit idéal pour tenir cette première mondiale. A une heure de route d’Édimbourg, ville de résidence de la biographe Rowling, l’institution fut également l’une des premières à décerner à l’auteur un diplôme honorifique. C’était d’ailleurs sous le regard d’une photo prise lors de la cérémonie de remise du diplôme que se tenaient les principales présentations de la conférence; quiconque connaît les propriétés magiques des tableaux sait à quel point sa présence se faisait ressentir au travers de ce simple portrait.

Copie_de_confHP_046.png L’auteur, logiquement conviée, ne s’est évidemment pas présentée, bien qu’elle ait fait savoir via son agent qu’elle était heureuse que cette conférence ait lieu mais qu’aucune des informations publiées à la suite de celle-ci n’était officiellement approuvée par elle ou la Warner. En effet, une anthologie de la conférence, composée d’une sélection des articles présentés, devrait paraître en 2013.

Il est intéressant de noter que l’évènement fut co-organisé par le Père Micah Snell de l’Institut pour la Théologie, l’Imagination et l’Art de la faculté. Qui a dit que les hommes de religion ne pouvaient pas apprécier le sorcier à la cicatrice ? Quant au conférencier principal, John Granger, également surnommé le Professeur de Poudlard et co-animateur du podcast Mugglenet Academia, sa présentation était emplie de références aux symboles chrétiens et à l’aspect mystique de la saga.

Une cinquantaine de participants venus de nombreux pays étaient au rendez-vous : du Canada, aux Philippines en passant par le Mexique, l’Espagne et le Royaume-Uni. Mais le plus grand nombre de conférenciers venait des États-Unis. Tous manifestement des fans, maîtrisant la saga sur le bout des doigts, riants à des blagues que seul un fan comprendrait, certains arborant des T-shirts aux armes de Serdaigle ou de Poudlard, voire une cravate Gryffondor lorsqu’ils portaient une chemise. L’ambiance était donc incroyable lors des quelques pauses café, vrombissante de discussions sur les films, les parcs d’attractions, les personnages préférés, la visite des studios, les anecdotes de lectures, de queue party et même de cosplays… En une phrase ; une réunion entre fans qui ont fait d’Harry Potter leur sujet d’études.

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Avant de fournir une liste de tous les articles présentés durant la conférence pour ceux qui le souhaitent, ainsi qu’un peu plus de détails sur certains d’entre eux, je laisserai à ceux qui ne veulent pas continuer deux informations vitales ; l’explication du discours le plus célèbre du grand Professeur Dumbledore et les derniers mots officiels de la conférence.

Si ce n’était pas le principal sujet de sa conférence, le professeur Granger (qu’il soit oui on non apparenté à Hermione Granger n’a pas encore été élucidé) a expliqué les quatre mots lancés par Dumbledore lors de sa plus célèbre annonce : “Nigaud ! Grasdouble ! Bizarre ! Pinçon !”. Chacun de ces mots correspondrait à la manière dont les quatre maisons perçoivent les trois autres.

Aux yeux de Serdaigle, les autres sont moins intelligents, ce sont des “nigauds” ; aux yeux des Gryffondor, les courageux et sportifs, les autres sont des “grasdoubles” ; pour les Seprentard, les autres sont “bizarres”, ils n’ont pas l’ambition ou les valeurs qui les rendraient complets (“Oddment”, en anglais, est un reste de tissu trop petit pour servir à quoi que ce soit) ; enfin, les Poufsouffle voient les autres comme égoïstes, des “grosses pinces” (notons qu’en Français, il ne parle pas des “pinsons”, les oiseaux, mais des “pinçons”, un mot dérivé de “pincer”) !

Le Professeur de Poudlard Voilà qui a illuminé à mes yeux ce qui semble être, rétrospectivement, le plus incroyable des discours du plus grand directeur qu’ait jamais connu Poudlard ! Après ça, difficile de conclure en beauté et, pourtant pour mettre fin à une discussion ouverte de plus d’une heure, l’organisateur s’est vu accorder le mot de la fin. Pris de cours, il déclara alors “500 points pour Gryffondor !”, déclenchant une salve d’applaudissement et un éclat de rire général, tant destinés à célébrer cette conclusion parfaite pour la conférence qu’à marquer l’enthousiasme évident des participants pour deux jours de discussions passionnantes.

Ce genre de réunion est-il un risque pour le monde sorcier ? Aviez-vous compris le discours de Dumbledore ainsi ? Vous pouvez nous dire ce que vous pensez d’une telle initiative sur notre forum ICI sans nécessité d’inscription.

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Suivent les 39 sujets présentés lors des deux jours de conférence, afin de vous donner une idée de ce qui peut être discuté selon les moldus dans Harry Potter comme une œuvre de littérature. Ce n’est évidemment pas exhaustif ; de nombreuses portes restent ouvertes aux futurs analystes.

D’ailleurs, si vous voulez rédiger une courte réflexion sur n’importe quel sujet, comme l’ont déjà fait pour la Gazette Hawaii et Wendy par le passé, vous pouvez nous envoyer votre article par hiboux ou par mail ! Par exemple, si vous avez une autre vision des quatre mots de Dumbledore. N’hésitez pas et amenez l’analyse potterienne dans le fandom francophone !

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  • Prof Gregory Bassham ; L’éducation morale à Poudlard: le rôle de l’empathie dans la vie morale.
  • Clementine Beauvais ; Éduquer le roi-philosophe : l’héritage platonicien dans la série Harry Potter.
  • Dr Maria Nilson ; Du jeune ringard au mâle affirmé: le développement de Harry Potter au travers de la série.
  • Alix Shield ; Traverser : seuils et ‘points de passages’ dans la série Harry Potter par JK Rowling. > aborde la question du ‘double lectorat’ de la saga, qui attire tant les jeunes adultes que les adultes confirmés.
  • Rebecca McLean ; Qu’en est-il des Dursley ? Une relecture des intrusions fantastiques dans Harry Potter.
  • Carol Eshleman ; Cœurs jumeaux : une étude du jumelage dans le monde magique.
  • Amanda Stephenson ; La construction d’une résonance et empathie imaginées avec Harry, Ron et Hermione dans ‘Harry Potter à l’École des Sorciers’.
  • Dr Christine Hitchcock ; ‘Qu’en est-il de mon âme ?’ : empathie et responsabilité morale chez Severus Rogue.
  • Amie Vaughan ; Harry Potter et le grain de moutarde ou Comment lire Harry Potter peut aider à mieux grandir.
  • John Dunne ; La mort de la Mort par la mort du Survivant : la moralité de la mort dans ‘Harry Potter’.
  • Ana Isabel Towns ; L’âme platonicienne contre le Seigneur des Ténèbres : les protagonistes et leurs missions.
  • Dr Joel Hunter ; La structure de conte folklorique comme clé du succès pour la série ‘Harry Potter’.
  • Christine Chettle ; Harry Potter et les textes orphelins : empathie fragmentée et tradition de lecture dans ‘Harry Potter et les Reliques de la Mort’.
  • Danica Contor ; Loués soient Ron et Hermione : mise en question d’histoires d’enfance. > Contes de Beedle le Barde et contes de Grimm, les idéologies distinctes qui servent de base aux personnages.
  • Hayley Rushing ; Amuser plutôt qu’instruire ; Beedle le Barde comme mythopoeïa dans la lignée de Chaucer.
  • Dr James Thomas ; Les influences littéraires de Rowling dans la série : créer une empathie de l’imaginaire par des allusions et des échos.
  • Mia Sasaki ; C.S. Lewis, J.R.R. Tolkien et Joseph Campbell : la mise en perspective de ‘Harry Potter et les Reliques de la Mort’ comme mythe.
  • Anna Blanch ; La grande tante littéraire de J.K. Rowling : E. Nesbit.
  • Melanie Babenhauserheide ; La fin en deux temps de la série Harry Potter : aspects utopiques et de consolidation. > La fin en deux temps minimise-t-elle l’importance du changement après la victoire sur Voldemort ?
  • Sarah Cocita ; Une pont vers la contre-utopie : lire Harry Potter comme une Utopie sur le déclin.
  • Corin Porter ; L’effet panoptique de Vous-Savez-Qui. > Se concentre sur la peur irrationnelle du nom alors même que la menace est inexistante et considère l’enfermement mental de la société magique.
  • Dr Jessica Tiffin ; Apprentissage, compréhension, expérimentation : Harry Potter et la pédagogie > S’intéresse à la pédagogie inexistante à Poudlard, le niveau calamiteux du corps professoral, l’impossibilité de garder les bons professeurs pour diverses raisons (loup-garou, mangemort…) et s’intéresse à ce qu’on peut en conclure quant au monde scolaire actuel. La base étant que, si les jeunes s’identifient avec ce monde, c’est qu’il perçoivent une réalité dans cette pédagogie inappropriée.
  • Gary McKenzie ; Les racine et la rhétorique de la forêt interdite.
  • Joshua Richards ; Le rôle de Rogue : l’esquisse d’une acceptation paternelle. > Se concentre sur la relation Harry-Rogue pour démontrer que Rogue est une figure paternelle pour Harry, au même titre que Lupin, Sirius ou Dumbledore.
  • Dr Mary Villeponteaux ; ‘Tel une vieille histoire’ : les romans Harry Potter et la romance Shakespearienne. > Se penche sur la relation étroite entre ‘Harry Potter’ et ‘Le Conte d’hiver’ dont l’héroïne, Hermione, se voit momentanément changée en statue à la suite de la jalousie de son mari (non, il ne s’appelle pas Ron). L’importance de la confiance et de la foi en l’autre ainsi que de leurs récits.
  • Pilar Alderete-Diez ; Les enfants et ‘la grande aventure de plus’ : la mort et comment la gérer dans la série Harry Potter.
  • Cole Matson ; ‘Ce sont nos choix, Harry, qui montrent qui nous sommes réellement’ : le développement moral au travers de Harry Potter dans un monde post-11 septembre.
  • Dalicia Fennell ; La magie médiévale comme fondement du monde magique de Rowling. > La manière dont Jo modernise d’anciens mythes ou images liées au médiéval (cape de protection, plumes et parchemin), mais aussi la relation entre les inconsistances de la magie médiévale et celles du monde potterien tel que décrit par Rowling (NdR : elle ne pouvait pas être consistante, sinon l’infraction au code du secret n’aurait pas été tolérée). L’importance des valeurs morale pour l’utilisation des sortilèges.
  • Siddarth Pandey ; La sensibilité de l’imagination : ressentir la magie dans la série Harry Potter de J.K. Rowling.
  • Jessica Seymour ; Balais, voile et Touffu le chien : paganisme et développement spirituel dans Harry Potter. > Parallèle entre l’évolution du monde magique et l’évolution morale, les deux s’imprégnant graduellement de nuances et de la question d’intention.
  • Jennifer Trieu ; Fondants du Chaudron, Patacitrouilles et Dragées surprises : l’alimentation et l’identité nationale britannique dans la série Harry Potter.
  • Anne Frances Sangil ; Le héros en question : Harry Potter et la stratification sociale aux Philippines.
  • Nathanael Warne ; Harry Potter et la désobéissance civile telle que conceptualisée par Locke
  • Dr Anne Kustritz ; Les esclaves de Harry Potter : éthique, empathie et différences raciales dans ‘Harry Potter’. > Les elfes de maison comme rappels du colonialisme mais aussi du mouvement féministe. Approche la question de l’échec inévitable de la S.A.L.E. et de la leçon de morale ambiguë que semble donner Rowling : “tu peux avoir un esclave si tu le traites bien”.
  • Tsung-Han Tsai ; Naïve ou nuancée ? La politique des races dans ‘Harry Potter’ par l’exemple des gobelins. > Les stéréotypes juifs utilisés pour les gobelins, particulièrement renforcés par l’image des films, ont créé maints débats. Rowling base son œuvre sur de nombreux stéréotypes qu’elle ne déconstruit jamais.
  • Timothy Bartel ; La canonisation de Neville Longdubat.
  • Anushree Dasgupta ; ‘Harry Potter’ et le ‘Rāmāyaṇa‘ : comparaison du réel, de la magie et de l’héroïsme.
  • John Granger ; Le monde retourné et redressé : ce que ‘Harry Potter’ nous apprend sur la lecture, l’écriture et la critique littéraire. > Bien que la conclusion ait finalement répondu à l’intitulé, le développement sembla énormément dévier, adressant des problématiques telles que l’aspect religieux dans Harry Potter, (le trio comme incarnation physique des trois aspects de l’humain, âme, corps et esprit ; la protection par sacrifice ; l’importance du Verbe ; la prédominance de la croix, du croisement, notamment avec King’s Cross, la croix du roi) ; l’alchimie comme structure, de la construction en miroir, en carapace de tortue ou en anneaux et, liée à cette construction en anneaux ; la prédominance du cercle, de l’œil désincarné, unique et divin (signe des reliques, lunettes de Harry, œil de Maugrey, œil unique d’Abelforth dans le miroir à double sens…).

En espérant que tout ceci vous a fait réfléchir. Vous pouvez vous exprimer sur notre forum ICI sans nécessité d’inscription ou explorer la Faculté de Magicologie ICI qui regorge de réflexions parfois très poussées.

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