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Avis de lecture : la bande dessinée Bloody Harry

C’est en 2016 que Bloody Harry, la BD dont il ne faut pas prononcer le nom ! débarque dans nos librairies. Je me souviens qu’à l’époque, je m’étais déjà arrêtée sur sa couverture haute en couleurs, attardée sur le résumé humoristique au dos, donnant déjà le ton de l’ensemble de l’œuvre. Ça annonçait une bonne dose d’humour, fraîche et sombre à la fois !

Aujourd’hui, trois autres tomes ont suivi : Abrada Kadavra (2017), Mon sorcier bien-aimé (2019), Méfaits accomplis (2021), tous signés par Alexandre Arlène. Si la publication aux éditions Jungle a commencé en 2016, le projet est né bien plus tôt, en 2013, sur ses réseaux sociaux.

Un mot sur le dessin

Le style graphique est coloré, simpliste, voire minimaliste : la BD n’offre pas moults décors détaillés et d’ailleurs, les planches sont dépourvues d’arrière-plan. Les personnages et même les scènes (leur côté « sanglant », en l’occurrence) sont délibérément caricaturés, pour faire rire, bien sûr, mais aussi pour que tout le monde soit facilement identifiable.

Sur ce point, je pense pouvoir en conclure que la bande dessinée est accessible aux moins fans d’entre nous. On sait combien l’univers Harry Potter s’est étendu, a marqué l’imaginaire collectif de plusieurs générations, et même les personnes les moins férues savent en général qui est Harry, à quoi il ressemble, où il va à l’école, etc. À partir de là, elles n’auront donc aucune difficulté à reconnaître la plupart des personnages mis en scène par Alexandre Arlène.

Vous pouvez donc toujours choisir de lire Bloody Harry même si vous ne connaissez pas Harry Potter par cœur ! Certains traits d’humour, aux mises en scène souvent trash, sauront vous faire rire dans tous les cas.

Âmes sensibles, s’abstenir !

Même s’il s’agit d’une BD humoristique sur l’univers de Harry Potter, il est évident que l’humour se destine plus à un public d’adultes, ou de jeunes adultes, qu’à des enfants ! Le “sanglant” n’est pas objectivement choquant, car il n’est évidemment pas dessiné dans ce but et n’est jamais pris au premier degré. Il n’en demeure pas moins au cœur d’un très grand nombre de blagues. Dans l’ensemble, les traits d’humour peuvent aussi s’avérer grivois.

Alexandre Arlène lui-même partage, à la fin du tome deux, l’une de ses anecdotes en festival (comme il le fera à chaque fois à partir de ce tome) à ce sujet. Toujours avec humour, il explique que sa bande dessinée ne se destine pas aux enfants et qu’il ne veut pas qu’ils lisent ça !

Qu’est-ce que ça raconte ?

La démarche n’est pas tant de réécrire l’histoire d’Harry Potter que de la tourner gentiment (ou pas) en ridicule, de la parodier, parfois en mettant en évidence ses incohérences, parfois en lui offrant un parallèle avec d’autres œuvres (Pokémon, Le Seigneur des Anneaux, Les Tortues Ninjas, etc.) ou d’autres références populaires. C’est une façon de faire qui m’a particulièrement plu car elle fait écho à notre culture, aux autres univers peuplant nos imaginaires, et cela crée une sorte de connivence avec l’auteur.

Ce qu’il faut donc savoir, c’est que la bande dessinée ne raconte pas d’histoire : elle ne suit aucune trame narrative, et les quatre volumes se consacrent indifféremment à tous les tomes, tous les films Harry Potter. Si le dessin est très accessible, l’humour l’est peut-être moins : si vous n’êtes pas fans ou connaisseurs de l’univers Harry Potter, vous risquez de passer à côté de pas mal de blagues, mais surtout vous pourrez même avoir du mal à vous repérer, à retrouver le contexte de la planche, la scène à laquelle elle fait référence.

Planche de Bloody Harry.

Ce que j’ai particulièrement aimé pour ma part, c’est la façon dont Alexandre Arlène joue avec ses lecteurs, les intègre pleinement à son œuvre. Il sait la transformer en espace de dialogue, d’échange, de connivence. Il propose à de nombreuses reprises quelques petits jeux : des bricolages (faire un “Crumbledore” en carton, avant et après sa chute du haut de la tour d’astronomie), un jeu du labyrinthe (faites-en sortir Harry, sans oublier de récupérer le trophée et Cédric, pour qu’il meurt à sa place), l’horoscope de “Dibylle Trelooney” (spoiler alert : tous les signes courent un grave danger !), des fake stickers à intégrer vous-même dans les planches, etc. Le tout est toujours dans la veine de son humour noir, bien évidemment !

La façon dont Alexandre Arlène prend à parti le lecteur, joue avec lui, via certaines blagues qui lui sont directement adressées, fonctionne à merveille. Il peut aussi vous inviter à la réflexion sans que vous ne le voyiez venir en abordant subtilement l’une ou l’autre de nos réalités à nous, moldus. Quand on lit Bloody Harry, on a l’impression de plaisanter avec un ami ! Je trouve sa façon d’utiliser l’objet livre, que ce soit pour entrer en relation avec son lecteur ou pour servir son propos humoristique, très pertinente et très intéressante.

Pour des raisons évidentes, tous les noms sont évidemment modifiés : “Harry Potteleur”, “Hermine Granger”, les “Grofondor” et les “Serpentins”, etc.). L’exercice est fait intelligemment et participe aussi à l’humour de la bande dessinée. Les planches se lisent avec légèreté et facilité, tant et si bien qu’on arrive à la fin du tome avant même de s’en rendre compte, et qu’on peut vite se retrouver frustré de ne pas en avoir plus à lire !

Une solide communauté !

Heureusement, l’imagination d’Alexandre Arlène semble infinie. Il puise ses idées dans les films et les livres Harry Potter, exploitant les failles et les incohérences souvent bien connues des fans, ce qui permet d’induire une certaine complicité entre lui et son lectorat.

Plus encore que cela, Alexandre Arlène réunit autour de lui et de sa bande dessinée une communauté très active sur les réseaux. Il les invite à participer eux-mêmes à l’écriture de ses BD, en lançant des concours de scénarios par exemple. Dans les différents tomes de Bloody Harry, vous pouvez ainsi tomber sur des planches proposées par les lecteurs et les fans de l’œuvre.

Planche de Bloody Harry, gagnante de l’un des concours de scénarios organisé par Alexandre Arlène.

Cette démarche, cet échange constant entre l’auteur et ses lecteurs, offre un espace dynamique, convivial, relationnel. C’est à mon sens un parfait usage des réseaux sociaux, omniprésents aujourd’hui, une bonne façon de promouvoir son travail mais aussi de connaître son public et de l’impliquer dans son art.

En conclusion…

Lisez Bloody Harry ! C’est une façon très agréable de prendre du recul sur l’œuvre dont on est fan, de pouvoir rire de ses incohérences mais aussi de la mettre en parallèle avec d’autres références tout aussi populaires.

Vous pouvez commander les différents tomes sur le site des éditions Jungle : le tome 1, le tome 2, le tome 3 et le tome 4, ou directement l’édition collector !

Même ceux et celles qui ne sont pas féru.e.s de lecture passeront un bon moment, car tous les tomes se lisent vite et que l’absence de trame narrative vous permet une lecture décousue, que vous pourrez facilement reprendre plus tard.

Malheureusement, le quatrième tome sera le dernier ! N’hésitez toutefois pas à suivre Alexandre Arlène sur ses réseaux sociaux (Facebook et Instagram). Que vous soyez curieux de ses nouveaux projets ou fans de Bloody Harry, vous y trouverez votre bonheur !

Merci à Steinkis Groupe de nous avoir envoyé des exemplaires de la bande-dessinée.

Pour d’autres suggestions de lecture, consultez notre rubrique PotterAfter !

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