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Numéro Deux sur les planches : l’avis de la rédaction

Mardi 19 février, une partie de l’équipe de la Gazette s’est réunie pour se rendre au théâtre Tristan Bernard à Paris, afin d’aller voir Numéro Deux. La pièce, qui adapte le roman éponyme de David Foenkinos, est écrite par Léonard Prain et mise en scène par Sophie Accard.

Un livre sur les planches

C’était un joli pari d’adapter sur scène un roman à la première personne et de donner vie à Martin Hill, ce garçon tourmenté, éternel « numéro deux » qui lutte avec un échec « monumental » : avoir manqué de très peu le rôle de Harry Potter dans les films. Si le personnage a été créé de toute pièce par l’auteur français, David Foenkinos, la pièce s’inspire de faits réels et cherche à ancrer son récit dans ceux-ci.

Les acteurs incarnent ainsi, tour à tour, des personnages réels (David Heyman, producteur des films ; J.K. Rowling, dans le cadre d’une interview qui contextualise les événements) et une galerie de personnages fictifs : les parents de Martin, son psy, ses amis, ses amours, un journaliste… Pierre Bénézit, Serge Da Silva et Valentine Revel-Mourioz se métamorphosent ainsi de façon impressionnante. Ces changements nécessitent quelques accessoires, parfois comiques, et contribuent au dynamisme de la pièce. Axel Auriant, lui, campe Martin Hill de bout en bout de manière si convaincante qu’on croirait parfois voir Daniel Radcliffe sur scène.

Côté décor, celui-ci est principalement suggéré par de nombreux accessoires (divans, bureau) réarrangés au fur et à mesure. Une vielle télévision cathodique diffuse également des archives de reportages liés à la saga. Certains éléments scéniques, comme les tableaux « flottants » ou les vieux fauteuils rouges, rappellent à la fois Poudlard et les lieux de l’action, contribuant ainsi au sentiment de deux univers qui s’entremêlent. Martin se comporte parfois comme si il était véritablement Harry, et ces accessoires tissent habilement le parallèle entre sa vie et l’histoire du Survivant.

Une pièce ensorcelante ?

Nous avons évidemment chacun notre avis sur la pièce, mais globalement nous avons tous passé un bon moment. Nous avons souvent ri, malgré le drame qui se jouait sous nos yeux, et le talent des comédiens est indéniable. Si vous voulez vous divertir, vous ne dépenserez pas mal votre argent en choisissant cette pièce.

Néanmoins, l’adaptation scénique souffre des même défauts que le roman. La remise en contexte est longue, et parfois un peu inutile : la vie de J.K. Rowling, rappelée à travers une interview, même humoristique, n’apporte rien au propos selon nous. De même, la pièce ne trace pas toujours clairement la limite entre la réalité et la fiction, s’accordant des libertés parfois problématiques avec les faits. En effet, autant tourner des personnages fictifs en ridicule ou en caricature n’est pas un souci, autant faire de l’assistante de David Heyman un ressort comique à ses dépends semble inadéquat, et loin de la réalité.

Une personne ne connaissant pas du tout Harry Potter et ce qui a gravité autour du phénomène pourrait repartir en pensant que les événements historiques sont fidèlement retranscrits, étant donné l’usage d’archives, même quand ce n’est pas le cas. Nisha Parti, la véritable assistante de David Heyman, n’a rien à voir avec le portrait qui est fait d’elle. De même, quand la pièce évoque un jeu de rôles Grandeur Nature dans un château en Pologne en le présentant presque comme un parc à thème « avec une réplique du Chemin de Traverse », elle déforme inutilement la réalité.

Tout semble être fait pour brouiller les pistes et créer le doute quand à l’authenticité de l’histoire ou, en tout cas, peu est fait pour clarifier sa nature fictive. C’est ce que confirment les murmures dans la salle, et le doute qui semble subsister chez de nombreux spectateurs.

Pour vous faire votre propre avis, rendez-vous avant le 2 mai au théâtre Tristan Bernard ! Tous les détails pratiques sont à retrouver ici !

Ce que nous avons aimé :

  • Le casting de cette pièce. Plusieurs personnages sont hilarants, et les acteurs qui les portent ont beaucoup de mérite !
  • Les jeux de lumière, les effets sonores et de fumée, qui rappellent le monde magique de Harry Potter.
  • Des réflexions intéressantes, sur le nombre de « fils de » qui évoluent et réussissent dans le milieu du cinéma et, bien sûr, sur notre perception de l’échec.
  • Les petits détails de la mise en scène et les clins d’œil, présents dès le début avec l’habituel « coupez vos téléphones » revisité.

Ce que nous avons moins aimé :

  • Les choix de représentation des personnages féminins, souvent caricaturaux voire misogynes aux yeux de certains d’entre nous, en particulier dans le cas de Nisha Parti.
  • La re-contextualisation complète de la saga, alors que nous venons pour entendre l’histoire de Martin Hill.
  • Le ton par moments « hystérique » de la pièce. Le volume monte très vite, les joues s’empourprent, au point de rendre certaines scènes ridicules alors qu’elles n’ont pas de raison de l’être.
  • La frontière inutilement floue entre la réalité et la fiction.
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