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Paranormale Antiquité

Fantômes et démons dans l’Antiquité

10 novembre 2012

Vous n’avez pas eu votre dose de frissons pendant la fête d’Halloween ? Qu’à cela ne tienne ! Aujourd’hui, la Gazette du Sorcier vous propose de découvrir certaines histoires de fantômes, de zombies ou de vampires qui apparaissent dans le recueil de textes antiques réunis et présentés par Catherine Schneider, Paranormale Antiquité.

En parcourant ce recueil, on peut rapidement constater que les fantômes peuplent l’imaginaire des auteurs antiques. Il n’est pas rare que dans les œuvres de fiction, les pièces, des fantômes prennent la parole et s’adressent à des personnages, au public. Par exemple, il n’est pas rare, dans les épopées d’Homère, que les héros reçoivent les conseils de leurs esprits de leurs anciens compagnons. De même, dans une pièce d’Euripide, Hécube, un jeune Troyen, fils de Priam, apparaît pour raconter son histoire tragique aux spectateurs.

Les Romains sont particulièrement inquiets à l’idée de rencontrer les « mal morts » (je reprends ici l’expression utilisée par Catherine Schneider dans le recueil pour désigner ceux qui n’ont pas reçu de sépulture, qui sont décédés prématurément ou encore qui ont été victimes de mort violente). Suétone nous apprend notamment que le terrible Néron avouait souvent être poursuivi par le fantôme de sa mère, qu’il avait fait assassiner.

On apprend par ailleurs, dans ce recueil, que, pour les Grecs et les Romains, quand les morts se rendent visibles, ils apparaissent tels qu’ils étaient au moment de leur décès (D’une certaine façon, ces esprits se rapprochent des fantômes de Poudlard comme Nick Quasi Sans Tête et le Baron Sanglant), avec leurs blessures. Ce sont en général des êtres immatériels, des ombres, mais il peut aussi arriver que les morts reviennent sur terre avec un corps fait de chair et de sang. Les esprits des morts ne sont pas que des images : ils éprouvent la faim et la soif ; les vivants doivent veiller à les sustenter en leur réservant les détritus tombés par terre dans la salle-à-manger par exemple, ou en représentant des mets sur des mosaïques.

Néanmoins, la communication n’est pas toujours facile entre les vivants et les morts. En effet, selon certaines superstitions antiques, la parole articulée pouvait être refusée aux morts. Pour se faire entendre des vivants, ils devaient alors crier, pleurer, ou donner des coups. Ainsi, comme le raconte Pline le Jeune, le philosophe Athénodore, qui s’est, par curiosité, installé pour une nuit dans une maison hantée, se retrouve brusquement face à un vieillard décharné, aux cheveux hérissés et traînant de lourdes chaînes derrière lui. Cette apparition lui fait signe de le suivre et disparait dans la cour de la demeure. Le philosophe comprend rapidement que l’esprit cherchait à lui indiquer l’endroit où se trouvait son corps pour qu’il lui offre une sépulture décente.

Toutefois, les fantômes ne sont pas les seuls à nourrir les légendes des Grecs et des Romains : les histoires antiques ont aussi leur lot de monstres assoiffés de sang. Les loups garous peuvent faire leur apparition pour épouvanter les Romains, comme en témoigne un extrait du Satiricon de Pétrone, où le narrateur rencontre un soldat qui, à la lumière de la lune, se transforme en loup, s’enfuit dans les bois et saigne tous les animaux d’une ferme. Des créatures moins connues aujourd’hui peuvent également s’attaquer aux voyageurs, telles les onoskèles, femmes de la mer qui ont des sabots d’ânesse à la place des pieds et séduisent les hommes pour les massacrer dans leur sommeil ou les empuses, les « mangeuses d’hommes ».

Avez-vous, comme les hommes de l’Antiquité, peur d’être entouré de fantômes et de créatures effrayantes ? Les ténèbres vous angoissent-t-elles ? Peut-être devriez-vous suivre les conseils de Pline l’Ancien pour vous rassurer…mais il vous faudra pour cela vous procurer des dents d’hyène, qui selon lui, préservent des terreurs nocturnes et de la peur des ombres ! Et si vous êtes hanté par des « divinités nocturnes », la solution sera de vous frictionner avec « la langue, les yeux, le fiel et les entrailles du serpent dragon, bouillis dans du vin et de l’huile, puis refroidis en plein air, pendant la nuit » !

Rien de tel pour passer une bonne nuit !

PS :

Si vous voulez en savoir plus, vous pouvez vous procurer le livre Paranormale Antiquité dans la collection signets belles lettres (Ici.). Vous trouverez aussi dans la même édition, Les monstres antiques, et Hocus Pocus.


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