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Podcast Memento Vivere Ep.2 : Les fan fictions !

Bienvenue dans le deuxième épisode de Memento Vivere, un podcast consacré au monde magique et sa communauté de fan.

Dans ce nouvel épisode, nous avons choisi d’explorer le domaine des fan fictions, une forme de littérature souvent moquée en France. Pourtant, elle constitue un élément essentiel du fandom et a contribué à l’expansion de la saga Harry Potter à travers le monde, avec des millions de textes plus ou moins bien écrit. Mais qu’est-ce qu’une fan fiction exactement ? Pourquoi choisir d’écrire dans un univers déjà existant ? Et surtout, où peut-on les trouver et quels sont les droits des auteurs et autrices ?

Dans ce deuxième épisode, nous avons eu le plaisir d’accueillir Alixe, l’autrice de la fan fiction « Harry Potter 7 3/4 », une œuvre en trois volumes qui explore les 17 années d’histoire entre la bataille de Poudlard et l’épilogue du dernier tome. En plus de son travail d’écriture, Alixe est également engagée dans la promotion de l’univers des fan fictions en tant que fondatrice d’une association à but non lucratif appelée Créations de Fans. Pour suivre les dernières actualités d’Alixe et de son association, vous pouvez visiter leur site web, les suivre sur Facebook sous le nom « Alixe.fanfiction » ainsi que sur le compte « Créations de Fan », et les retrouver sur Instagram sous le nom « Créations de Fans ».

Vous pouvez écouter l’épisode ci-dessous directement. N’hésitez pas à aimer et à partager !

Animation : Olivarius et Moon
Invité : Alixe
Montage : Olivarius
Graphisme : Asahi

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A bientôt les non mages !

Olivarius : Salut les non-mages, bienvenue dans Memento Vivere, un podcast signé Studio Gazette dédié au monde magique et à sa communauté de fans. Je m’appelle Olivarius et bienvenue dans ce deuxième épisode. Dans cette émission, nous allons discuter de plusieurs domaines du fandom avec divers invités à chaque épisode, le tout sera agrémenté de mini-jeux afin de détendre un peu l’atmosphère. Pour présenter ce podcast, je suis accompagné de Moon.

Moon : Salut, moi aussi je suis rédactrice à la Gazette.

Olivarius : Et pour ce deuxième épisode, nous allons explorer le monde féerique des fanfictions et de la créativité littéraire autour de notre sorcière préférée. Pour nous accompagner dans ce périple, nous avons une invitée de marque, Alyx, autrice de fanfictions et surtout de la célèbre série Harry Potter 7 ¾.

Alix : Bonjour.

Olivarius : Hello !

Moon : Hello, merci d’être avec nous. Alors Alyx, je suis chargée de te présenter rapidement. En résumé, tu es principalement connue pour avoir écrit Harry Potter 7 ¾. C’est une fanfiction qui explore les événements entre les derniers chapitres des reliques de la mort et l’épilogue. Et tu y as consacré pas moins de dix ans de ta vie. Il y a en tout quatre volumes qui composent cette histoire, les survivants, les bâtisseurs, les réformateurs et les sorciers. Et tu as même été jusqu’à publier le dernier chapitre à l’heure précise à laquelle l’épilogue est censé se dérouler. Cette fanfiction est probablement l’une des plus connues en France, tout du moins dans l’univers Harry Potter. Et depuis, tu as fondé Création de Fans, c’est une association à but non lucratif qui a pour objectif de sensibiliser le grand public à l’univers des fanfictions. Et tu participes évidemment à des conventions, notamment celle de la Gazette, à travers la France, où les fans peuvent te rencontrer. Alors nous, on avait très envie de commencer cet épisode, évidemment, par notre passeport magique pour découvrir avant tout quel Potterhead es-tu à travers quelques questions. Alors, est-ce que tu es prête ?

Olivarius : Et donc, première question, tu rentres dans la grande salle, tu te mets ce choix peau Et à ton avis, dans quelle maison t’aurait-il réparti, selon toi ?

Alix : Alors moi, j’aurais pensé à la Poufsouffle, mais il paraît, en tout cas, tous ceux qui me connaissent me disent « Alix, tu es Gryffondor, il n’y a pas de doute ». Et cet été, à la Japan Expo, je suis passée sur votre stand, j’ai refait le test et la personne qui m’a fait faire le test a regardé et elle m’a dit « Mais enfin, tu es totalement Gryffondor ». Donc je pense qu’il m’aurait envoyé à Gryffondor. Olivarius : Ok, et du coup, quel est le trait de ta personnalité qui se rapproche le plus de cette maison Gryffondor ?

Alix : Alors, je pense que c’est le fait de m’engager dans des projets sans me rendre compte du tout de ce que ça va être comme engagement derrière et surtout de ne pas pouvoir être témoin d’injustice sans essayer de combattre, même si c’est cause perdue, même si un serpentard s’y prendrait sans doute un peu mieux.

Olivarius : Ok, un peu comme Hermione finalement, avec la S.A.L.E.

Alix : Un petit peu, oui, je crains, j’espère de toute façon un peu plus réfléchie.

Olivarius : Et donc, tu es une grande lectrice et quel est ton livre préféré dans la saga ?

Alix : Alors, peut-être le tome 5 qui n’est pas le préféré d’une grande partie, mais j’ai trouvé que sa manière de traduire l’adolescence et les difficultés d’être d’un adolescent étaient très, très bien. Et donc, j’ai beaucoup aimé celui-là.

Olivarius : Il y en a beaucoup qui ne l’aiment pas, ou en tout cas qui se plaignent du comportement de Harry dans ce tome-là.

Alix : Peut-être qu’ils l’ont découvert à l’adolescence, alors que moi, j’étais adulte, donc j’avais un peu plus de recul.

Olivarius : Et il y a ce thème qui est très bien abordé avec Phineas qui parle souvent qu’il dira les adolescents.

Alix : C’est vrai que maintenant, il y a peu de gens qui vont le découvrir adulte, parce qu’on l’offre très tôt aux enfants, parce qu’en fait, ce sont maintenant ceux qui l’ont découvert enfant, qui ont grandi avec Harry Potter, ils sont en âge de devenir parents et donc ils l’offrent à leurs enfants très tôt, voire même plus tôt que l’âge où on peut vraiment comprendre Harry Potter. Donc, je me demande si je ne suis pas la seule génération qui l’a découvert avec le recul de l’âge adulte.

Olivarius : C’est vrai, j’ai découvert vachement tôt.

Moon : Pareil.

Olivarius : Et du coup, on sait que tu n’es pas très film, mais si tu devais dire un film que tu aimes bien dans le Wizarding World, ça serait lequel ?

Alix : Le 1, je crois que j’étais quand même contente de voir un petit peu, de visualiser le livre, même si en règle générale, ça ne me manque pas du tout dans les livres de ne pas visualiser. Plutôt, je trouve que c’est une liberté extraordinaire de pouvoir voir les personnages comme on a envie. Mais bon, j’étais très curieuse des affiches. Je me rappelle quand j’étais dans le métro, je regardais des affiches qui préparaient le film et je me disais, ah oui, cette McGonagall, elle est quand même, je la trouve très, très bien. Et puis, Hagrid était bien, etc. Après, le film suivant, finalement, c’est les animaux fantastiques, parce que c’était drôle, parce que les animaux étaient très, très bien exploités. Et puis, les animaux, j’avais plus de mal à me les représenter moi-même. Donc, du coup, j’étais assez contente de les voir.

Olivarius : Ok, c’est assez surprenant.

Moon : C’est trop bien, on adore.

Olivarius : C’est intéressant. Et pour moi, la question qui est peut-être la plus intéressante, c’est comment as-tu découvert l’univers ? Comment es-tu plongée dans la magie qui est celle de Harry Potter ?

Alix : Alors, un peu à reculons, parce que j’avais lu beaucoup, beaucoup de livres de ce genre, en fait. Des livres plutôt pour adolescents, des livres anglo-saxons, parce que Rowling, elle arrive à la fin d’une longue lignée d’écrivains et d’écrivaines pour la jeunesse anglo-saxon. Donc, on a Lewis Carroll avec Alice au Pays des Merveilles, où il a d’ailleurs fait deux versions, une version adulte, une version enfant. On a Le Jardin secret, on a Le Vent dans les Saules, qu’on ne connaît pas tellement en France, mais qui sont très, très connus par les anglo-saxons. Et les Blythons, ça, tout le monde connaît. Et puis, Rowling est arrivé comme ça, après tout ça. Donc, j’avais lu beaucoup, et pas que des auteurs anglais d’ailleurs, parce qu’en France, on a Alexandre Dumas, on a Jules Verne. Donc, quand on m’a présentée comme étant le premier livre qu’on pouvait partager en famille, j’étais un petit peu dubitative sur… Pour moi, c’était une façon marketing de présenter les choses. Donc, je ne me suis pas précipitée. Et puis, finalement, j’ai vraiment eu l’occasion de l’emprunter. Et puis là, par contre, j’ai beaucoup aimé, j’ai lu les quatre qui étaient parus d’un coup. Et quand le cinq est paru, j’étais assez pressée de le lire. Puis finalement, quand on me l’a prêté en anglais, j’ai essayé, puis je me suis dit, finalement, c’est très lisible en anglais. Et c’est d’ailleurs comme ça, indirectement, que j’ai découvert la fanfiction.

Moon : On ne va pas tarder à en parler. Merci pour ta réponse. Et alors, nous, on a eu la chance de te rencontrer plusieurs fois grâce à la Gazette du Sorcier, en vrai et sur les ondes, comme ce soir. Donc, on aimerait te proposer un premier jeu. Mais avant tout, est-ce que tu peux nous rappeler ce que c’est que le Polynectar, s’il te plaît ?

Alix : Alors, c’est une potion qui permet de prendre l’apparence d’une personne dont on va mettre un petit morceau, souvent de cheveux, dans la potion à la dernière minute.

Moon : Bravo.

Olivarius : Parfait.

Moon : Donc, on va boire rapidement notre petite bouteille de Polynectar avec Olivier et tu vas devoir deviner quel personnage prononce la phrase que nous allons dire.

Jingle : Les mots sont, à mon avis, qui n’est pas si humble. Notre plus inépuisable source de magie.

Olivarius : Et du coup, pour commencer, « je veux Crockdur avec moi ».

Alix : Alors là, je pense que c’est Drago, dans le tome 1, quand on les envoie dans la Forêt Interdite par punition. Donc, Harry et lui.

Olivarius : Parfait.

Moon : 100%. Alors, deuxième réplique. « On n’aurait pas pu souhaiter un meilleur endroit. Le stade de Quidditch se trouve de l’autre côté du bois. Impossible d’être plus près. »

Alix : Donc, je pense que c’est le quatrième tome, le championnat du monde. Et il me semble que c’est Arthur Weasley qui présente ce stade à toute la jeune classe.

Moon : Bravo. Exactement.

Olivarius : En plus, elles ne sont pas faciles, celles-là. La prochaine, c’est… Les détraqueurs ne m’ont rien fait. Je n’ai rien ressenti.

Alix : Drago qui se vante. A priori, c’est le tome 3.

Olivarius : Oui, c’est le tome 3. Non, ce n’est pas Drago. C’est pendant le match contre les Serdaigles.

Alix : Ah !

Olivarius : Ou juste après le match contre les Serdaigles.

Alix : Quand Drago se déguise en détraqueurs avec ses comparses.

Olivarius : Oui, tout à fait.

Alix : Donc, ce serait Harry qui dit ça. Non.

Olivarius : C’est dit à Harry. La personne le dit à Harry. Ah si, c’est Harry qui dit ça. Oui, on est d’accord. Pas Lupin. Je me mélange. C’est Harry qui dit ça à Lupin.

Moon : On n’a pas la même question.

Olivarius : Je me suis transformé en Lupin au lieu de Harry. Déjà, je n’ai pas pris de poils de chat.

Alix : C’est bien.

Moon : Alors, attention, on monte d’un cran, je trouve. « Maître de la mort, Harry. Maître de la mort. Etais-je finalement meilleur que Voldemort ? »

Alix : C’est très profond, ça.

Moon : Oui.

Alix : Qui peux dire ça, à par Dumbledore. Donc, je ne sais pas, dans le tome 5 ?

Olivarius : Non.

Moon : Plus tard !

Olivarius : C’est beaucoup plus tard.

Moon : Mais, tu tiens une piste.

Alix : La fin du 7, alors ?

Olivarius : Oui, la toute fin du 7. On est d’accord.

Alix : D’accord. Et donc, c’est bien Dumbledore.

Olivarius : Oui, c’est bien Dumbledore.

Moon : Totalement Dumbledore, qui comme tu l’as si bien dit, qui d’autres que lui pour dire des trucs pareils.

Olivarius : Et c’est la scène où Harry vient de se faire tuer par Voldemort et où il se retrouve dans le King’s Cross et il le revoit pour la dernière fois.

Moon  et Alix : Eh oui.

Olivarius : Et que ça se passe dans sa tête. Et pourquoi ça ne serait pas réel.

Alix : Tout à fait.

Olivarius : Voilà. La prochaine est peut-être aussi difficile parce que le personnage est un peu moins connu. « Black était un des grands partisans de Tu sais qui ? »

Alix : Moi, je serais tentée de dire dans le tome 3 quand il entend parler de Black chez Madame Rosemerta, quand il est caché.

Olivarius : C’est bien dans le 3, mais c’est beaucoup plus tôt dans l’histoire. Et c’est un personnage que l’on voit dans ce tome-là et qu’on va revoir une seule fois plus tard, dans le dernier.

Alix : Je ne vois pas.

Olivarius : C’est Stan Rockad, quand Harry monte dans le Magicobus. Il va discuter un peu avec lui et Harry Voit la une à ce moment-là de la Gazette du Sorcier et se demande qui est Sirius Black. Et du coup, Stan lui explique qui il est. Enfin, Il pense savoir qui c’est.

Alix : Je ne me rappelais pas du tout de cette scène. On reconnaît aussi ce qu’on trouve dans ces livres de Rowling. C’est vrai qu’elle met des indices en début de livre sur les personnages, les sorts, les faits dont on aura besoin plus tard.

Olivarius : Il y a notamment le collier d’opale qu’on voit au début du 2 qu’on retrouve dans le 6. L’armoire à disparaître aussi, qu’on retrouve dans le 2. On la voit aussi dans le 5, celle qui va être utilisée à Poudlard, parce que c’est Montague qui est mis dedans par les jumeaux Weasley.

Alix : Oui, tout à fait. Je crois que la première fois, ça doit être dans le tome 5, quand il découvre la salle …

Olivarius : La salle sur demande ?

Alix : La salle sur demande, c’est ça. Il y a un moment où il veut cacher quelque chose et il décrit la salle et il décrit le diadème.

Olivarius : Oui, il y a le diadème aussi.

Alix : Oui, c’est dans le 5.

Olivarius : Quand il cache le livre.

Alix : Quand il cache son livre de potions. C’est dans le 6, parce que c’est le prince de sang mêlé.

Olivarius : Il cache le livre et il voit le diadème. En petit clin d’œil comme ça, il y a le médaillon de Serpentard qu’on voit dans le 5. La salle sur demande est évoquée dans le 4 aussi par Dumbledore. Il y a plein de clin d’œil comme ça.

Alix : Oui, effectivement. Quand il dit qu’il cherchait une salle, qu’il s’est retrouvé dans une salle qu’il ne connaissait pas.

Olivarius : Et qu’il n’a jamais retrouvé ensuite.

Alix : Voilà, tout à fait.

Olivarius :Et du coup, on va passer à la suite, Moon.

Moon : « Alors, approchez-vous, s’il vous plaît. Est-ce que tout le monde me voit ? Est-ce que tout le monde m’entend ? »

Alix : Guilderoy dans le tome 2.

Olivarius : Pas d’hésitation.

Alix : Non, là, c’est très caractéristique.

Moon : Très sympa, bravo.

Alix : Bah, Ce n’est pas Hagrid qui va dire ça, tout le monde le voit.

Olivarius : Je vois bien Rusard dire ça, moi.

Alix : Ce n’est pas assez méchant.

Olivarius : A non, Rusard il faudrait que ça parle de punition, de pendre les élèves par les pieds, de les fouetter.

Alix : Voilà.

Olivarius : Et pour terminer ce petit jeu, j’en ai une petite dernière, d’un personnage que j’aime bien. « Il y a une part de lumière et d’ombre en chacun de nous. Ce qui compte, c’est celle que l’on choisit de montrer dans nos actes. C’est ce que l’on est vraiment. »

Alix : Ça, c’est Dumbledore quand il lui dit ce qui nous représente, c’est nos choix.

Olivarius : Non, ce n’est pas Dumbledore.

Alix : Ah mince.

Olivarius : Dumbledore est mon personnage préféré, mais cette réplique ne vient pas de lui.

Alix : Alors, je ne sais pas.

Olivarius : C’est dans le 5. Tu veux chercher un peu des indices ou tu veux qu’on te donne la réponse tout de suite ?

Alix : Donnez-moi la réponse.

Olivarius : C’est Sirius Black, quand il parle à Harry à Noël.

Alix : Oui, il lui donne plein de sages conseils qu’il ne suit pas lui-même d’ailleurs. Moi, ça m’avait frappé.

Olivarius : Il vit un peu dans le passé, Sirius, surtout.

Alix : Je me rappelle que ça m’avait frappé quand il disait si c’était important la façon dont on jugeait quelqu’un de la manière dont il traitait ses inférieurs. Je trouve que c’est très vrai comme remarque. Et Sirius a tendance à l’oublier avec Kreattur.

Olivarius : Je pense que Kreattur représente tout ce qu’il n’aime pas dans cette maison et dans son passé, dans sa vie. Il a du mal à passer outre et c’est ce qui va faire en sorte qu’il va mourir au département des mystères. Parce que Kreattur va mentir à Harry en disant que Sirius n’est pas là. C’est même Kreattur qui va envoyer Sirius en haut soigner Buck pour qu’il soit absent.

Alix : Oui, il a été un peu rattrapé par son passé, on peut dire.

Moon : Mais, ça me fascine, Alix, parce qu’on ne sent rien qu’avec ce jeu que tu as décortiqué la saga.On ne dit rien.

Alix : Comme je l’ai dit, j’ai une découverte adulte. Il y a des choses que j’ai sans doute vues que les lecteurs n’ont pas vues à la première lecture mais qu’ils verront petit à petit au fur et à mesure quand ils reliront. Et puis, j’ai beaucoup écrit sur Harry Potter donc j’ai essayé de voir ce que je pouvais en tirer et c’est vrai que moi qui me fais des histoires sur tout et n’importe quoi dans ma tête, Harry Potter, c’est un monde particulièrement riche et on peut raconter beaucoup de choses. C’est d’ailleurs ce qui m’a totalement fascinée quand j’ai découvert la fan-fiction. C’était vraiment la créativité des auteurs et des autrices et le fait, on partait des 5 premiers livres et on arrivait à des genres différents avec des histoires différentes, des personnages principaux différents et des atmosphères totalement différentes. Et plus le livre, enfin plus l’univers dont on part est profond et intéressant et plus on peut arriver à ce genre de choses.

Moon : Bon bah, c’est une transition parfaite pour la suite.

Olivarius : Maintenant que nous avons testé tes connaissances, nous voulons te connaître un petit peu plus. Tu as une expérience riche en tant qu’autrice, comme tu viens de nous le dire, de fan-fiction depuis plus de 10 ans et nous avons quelques questions à te poser. Pour rappeler à nos éditeurs, tu es l’autrice de fan-fiction et notamment de Harry Potter 7 ¾, 4 volumes qui nous racontent les 17 années d’Ellipse entre la bataille de Poudlard et l’épilogue du dernier tome. Mais ce qui nous intéresse nous, c’est comment as-tu découvert les fan-fictions et pourquoi as-tu commencé à en écrire aussi parce que c’est bien de le découvrir et d’en lire mais qu’est-ce qui fait passer le cap à l’écriture ?

Alix : La découverte, c’est le tome 5 en anglais et donc des recherches sur Internet pour les néologismes que je n’arrivais pas à raccrocher aux termes en français. détraqueurs, tout ça, poudre de cheminette, ça me posait un peu problème parce que ce n’était pas un dictionnaire. Et du coup, quand on était sur les sites de fans Harry Potter, on tombait sur les fan-fictions. Au début, j’avais plutôt un préjugé négatif parce qu’en France, on nous apprend qu’il y a plein de niveaux, de littérature ce qui déjà n’est pas passé par l’édition ne vaut pas grand-chose. Et puis, j’ai quand même un petit peu regardé. Ma première fan-fiction était très bonne, c’était sur les Maraudeurs. C’était bien écrit, c’était intéressant et surtout, ce n’était pas du tout ce que j’attendais de Harry Potter parce que c’est vraiment ce qui se passe avant avec des personnages qu’on connaît très peu. Mais effectivement, il y a beaucoup à dire dessus. Du coup, ça m’a intéressée et c’est comme ça que je suis arrivée sur fanfiction.net où déjà à l’époque, il y avait 20 000 histoires enregistrées en français. Evidemment, beaucoup plus en anglais. Maintenant, on est dans les 50 000. J’ai découvert ça, j’ai fini par faire le lien avec ces histoires que j’avais dans ma tête qui étaient sur les films, les livres que je lisais. Je ne l’ai pas fait tout de suite parce que pour moi, c’était quelque chose dont j’avais un peu honte parce que j’estimais que ce n’était pas des choses très intéressantes que j’inventais. C’est sans doute vrai, mais peu importe. J’ai fini par faire le lien et donc, j’ai compris aussi pourquoi je me sentais bien dans ces types d’écrits. C’est le côté un peu sociologique qui m’intéressait, le phénomène en lui-même. J’ai très vite créé des sites pour aider les personnes à utiliser le site fanfiction.net dont l’interface est en anglais. Mon premier site, c’était ffnet mode d’emploi. Très vite, j’ai ajouté des articles de blog d’autrices qui expliquaient à leur entourage dans leur blog ce qu’était la fanfiction. Donc, j’ai commencé à avoir des textes d’autrices diverses qui expliquaient les divers points de la fanfiction, le lexique, les divers genres, etc. Après, j’ai ajouté des conseils d’écriture qui venaient de personnes différentes. Là, je commence à avancer beaucoup dans le temps et finalement, j’ai fini par m’intéresser vraiment à ce qu’on avait étudié ça à l’université, enfin des universitaires, et j’ai trouvé qu’effectivement, aux Etats-Unis, ça avait été étudié. La fanfiction, c’est quelque chose de passionnant. Tout de suite, je l’ai senti. J’en parlais à tout le monde autour de moi. Après, je lisais et j’ai fini par me proposer comme relectrice pour une histoire que j’aimais beaucoup, mais qui avait un certain nombre de maladresses dans l’expression. La personne que je relisais m’a dit « Pourquoi tu n’écris pas ? » parce qu’elle trouvait que la manière dont je remaniais ses phrases, c’était très bien. Moi, je ne me voyais pas du tout écrire. Je n’avais pas une très bonne shorted d’années d’études où je devais faire des dissertations en quatre heures et vraiment, c’était pas mon truc parce que si je n’ai pas un traitement de texte où je peux changer l’ordre des phrases, ça ne le fait pas. Donc, je ne me voyais pas du tout écrire et puis finalement, j’ai eu suite à une fanfiction, j’ai eu la suite de cette fanfiction qui s’est écrite dans ma tête. Et là, je me suis rappelée de ce que m’avait dit justement celle que je corrigeais. Je lui avais dit « Mais qu’est-ce qui t’a poussé à écrire ? » Et elle m’a répondu « C’est pour me débarrasser des histoires. » Et là, je me suis dit « Peut-être que cette histoire qui me trotte dans la tête, je n’arrive pas à m’en débarrasser, je vais l’écrire. » Et donc, je l’ai écrite. C’était une romance. Après, je me suis dit que c’était un peu léger, donc j’ai rajouté un peu plus de politique. Et puis là, je me suis dit « Finalement, ce n’est pas si mal. » Donc, je me suis dit « Pourquoi pas ? » Et donc, j’ai posté. J’ai demandé la permission de la personne dont j’avais repris l’histoire qui m’a dit « Pas de problème. » Et qui a même envoyé ses lectrices sur mon texte à moi. Et puis, j’ai eu de la chance. J’ai eu quand même pas mal de retours sur mon premier chapitre. Donc, ça m’a encouragée. Et quand je suis arrivée vers la fin de l’histoire, il y a plusieurs lecteurs et lectrices qui m’ont dit « Il y aura une suite. » Alors, j’ai dit « Je ne sais pas. » Et puis, finalement, il y a eu une suite. Puis, un troisième. Et puis, voilà.

Moon : Hum ok, bah Justement, tu as commencé à écrire. Et un de tes sujets de prédilection, ça a été Harry Potter. Alors, on l’a déjà dit plusieurs fois, mais tu as vraiment écrit et choisi une période très précise pour cette fanfiction très importante, je pense, dans ton parcours. Pourquoi, justement, cette période ?

Alix : Pour la série ?

Moon : Oui.

Alix : Quelque part, comme dit Fénis, qui est une autre autrice de fanfiction, avec qui, depuis ma première histoire, on s’est rencontrés comme ça. Elle m’avait dessiné un commentaire. Et on est devenus relectrices l’une de l’autre. Parce qu’elle écriait aussi très, très bien des choses différentes de moi. Et elle me dit qu’on est toujours trahis par ses obsessions. Et moi, apparemment, mon obsession, c’est le passage à l’âge adulte Ou l’évolution. Quelqu’un qui évolue.

Olivarius : Le sujet d’Harry Potter V, d’ailleurs.

Alix : Exactement. Et finalement, j’écris toujours sur des adolescents. Écrire sur des enfants, ça ne m’intéresse absolument pas. Il faut dire que les mères de famille, on se repérait très facilement par nos écrits. Ça se voyait vraiment qui était adulte et qui ne l’était pas dans nos écrits. Parce qu’on n’avait pas la même manière d’appréhender les jeunes et les enfants. Donc, j’ai beaucoup écrit sur Harry qui devient conscient de ses responsabilités, qui les accepte et qui fait face. Alors, pourquoi avoir écrit sur ce qui se passe avant l’épilogue ? C’est que, moi, quand j’ai fini le livre, j’étais plutôt satisfaite de voir que Harry, après tout ce qu’il avait vécu, il avait pu se faire une vie normale, surmonter toutes ses épreuves et il n’en était pas resté blessé et malheureux. Et quelque part, même si maintenant, avec le recul, je me dis qu’il n’est quand même pas très bon, cet épilogue. D’ailleurs, ce n’est pas celui qu’elle voulait écrire. On lui a fait réécrire et du coup, il est vraiment…

Olivarius : Moi, je ne l’aime pas du tout. Je ne le lis même plus quand je relis le 7.

Alix : Quand je l’ai repris, j’ai dit que c’est vrai qu’il n’est pas très bon. Mais… Moi, j’étais contente de ce qu’elle racontait dedans. Et du coup, je l’avais tendance à le défendre et quand on me disait que c’est incroyable le nom de ses enfants, je disais que dans les endroits, dans les mondes anglo-saxons, oui, c’est normal de donner le nom de personnes mortes et des ascendants dans les familles. Ça se fait beaucoup plus qu’en France, par exemple. Et ça veut dire qu’il a fait la paix avec son passé. Et à force de dire que ça, c’est mal écrit, mais ça veut dire ça, je me suis dit que je vais l’écrire, tant qu’à faire. J’avais déjà écrit un certain nombre d’histoires. Moi, je pensais faire un tome. Normalement, un tome, c’est un an d’écriture, à peu près une trentaine de chapitres. C’était un an d’écriture. Je me suis lancée là-dedans. Sauf que, finalement… Déjà, Rowling, elle a donné des interviews les mois suivants. Déjà, elle a donné une interview très tôt après la sortie du tome 7 en anglais où elle dit beaucoup de choses sur le futur. Elle, elle savait très bien pour beaucoup de personnages ce qui allait se passer pendant ses 19 ans. Elle a été très frustrée de ne pas pouvoir le mettre dans l’épilogue parce qu’apparemment, on lui avait dit que c’était trop catalogue. C’est pour ça qu’elle a dû le réécrire. Elle donnait énormément d’informations. Je me disais que c’était trop dommage. Il y a tellement de choses à raconter sur les petites bribes qu’elle a données. Et donc, du coup, je me suis emparée de toutes ces petites bribes. J’étais vraiment accro de la partie dixit Rowling de la gazette du sorcier qui traduisait toutes les interviews. C’était le tag pour retrouver toutes les interviews et reprendre dedans tout ce qu’elle disait sur ce que devenait Ginny, ce que devenait Ron, etc.

Olivarius : Elle en a mis un peu sur Pottermore au début, avant de les enlever, je crois.

Alix : La première version de Pottermore était vraiment très intéressante, très bien faite, très belle aussi. Les dessins étaient magnifiques et j’aimais bien le fait qu’on ne voit pas le visage des personnages. Ça nous laissait quand même beaucoup d’imagination. En tout cas, j’ai repris tout ça et puis j’avais envie de raconter cette histoire-là. J’ai commencé et le problème, c’est qu’au bout d’un an d’écriture et de 30 chapitres et de ce que j’estime faire un tome, j’avais traité que 4 ans et demi sur les 19. Donc, je me suis dit qu’il va falloir que je continue et que j’aille un peu plus vite. Je suis allée un peu plus vite sur le deuxième tome. Je crois que j’ai traité au moins 6 ans. Le compte n’y était pas. Je suis repartie sur une troisième année d’écriture et un troisième tome. Et là, je prenais ça au sérieux. Je m’étais mise, parce que en tant que lectrice, je savais ce qu’attendaient les lecteurs et les lectrices. C’est-à-dire que c’est bien quand on poste régulièrement, quand on sait que tous les mercredis ou toutes les deux semaines, le texte va arriver tel jour. Ça, en tant que lectrice, j’adorais. Et j’avais pris ce rythme pour mes écrits précédents. Donc là, j’essayais de tenir le rythme et donc de poster très régulièrement, semaine ou toutes les deux semaines. Par ailleurs, je faisais quand même des chapitres assez conséquents. Et donc, je m’étais mis à faire des défis chaque semaine d’écrire mes 5000 mots qui représentent un chapitre. Sachant que je n’écris pas dans l’ordre. De toute façon, je n’écris pas un chapitre de 5000 mots en une semaine. J’écris 1000 mots du chapitre qui était en cours plus 3000 mots sur une scène qui m’est venue et qu’il va falloir que je raccroche à l’histoire, mais je ne sais pas encore comment. De toute façon, il faut que j’écrive le début et la fin de la scène. Et j’avais un espèce de tableau, je suis un peu spécialiste Excel dans ma vraie vie, après ma vie de juriste. Et donc, j’avais des superbes graphiques Excel qui montraient l’évolution de l’écriture, de la correction et de la publication que je postais sur LiveJournal. LiveJournal, c’était une espèce de blog où se retrouvaient tous les gens de la fanfiction en anglais et français, enfin, de toutes les langues, je pense. Et donc, il y avait un certain nombre d’activités qui se faisaient sur LiveJournal. Et toutes les semaines, j’ai publié mon avancée, ce qui me faisait… Des fois, le dimanche soir, j’écrivais, j’écrivais, j’écrivais pour arriver à un quota acceptable en fin de semaine. Mais au bout de trois ans comme ça, j’étais quand même… J’avais un travail à 100 % et deux enfants en bas âge. J’étais un peu fatiguée et j’ai dit que je faisais une pause. Et c’est pour ça que j’ai mis beaucoup de temps pour écrire le troisième tome. Non, le quatrième tome. Là, j’y ai mis sept ans. Alors, tous les ans, j’ai posté. Mais j’ai posté une autre histoire, deux histoires de Cat’Eyes, dans l’univers Cat’Eyes,. Et puis, je me suis mis à lire. Enfin, je suis revenue à la lecture parce que quand j’écrivais, je n’avais plus le temps. Et là, en fait, j’ai redistribué mes temps de loisirs. Donc, j’ai mis sept ans pour le dernier. Et ce qui m’a décidé à le finir, c’est quand, en 2016, est arrivé L’Enfant maudit, qu’un certain nombre de lectrices sont revenues en disant, dans les commentaires, en disant, j’ai lu L’Enfant maudit, je ne l’ai pas aimé Du coup, j’ai relu les tiens parce que pour moi, c’est ça la suite. Et là, je me suis dit, ce n’est pas sympa de ne pas la finir. Parce qu’en tant que lectrice, je sais ce que c’est. On ne peut pas recommander une histoire qui n’est pas terminée. Et donc, j’ai décidé de le finir en 2017. Effectivement, comme vous l’avez dit, comme la bataille de Poulard est en 98, qu’on rajoute 19 ans, ça fait 2017. Et donc, l’épilogue est supposé se passer le 1er septembre 2017. Et c’est pour ça que je m’étais dit, tiens, côté Gryffondor, ce serait super si je postais le dernier chapitre en le 1er septembre 2017. Ce qui m’a donné un défi supplémentaire à relever.

Olivarius : Moi, j’ai bien aimé cette petite anecdote de dire, on poste le 1er septembre à 11 heures.

Alix : Je l’ai dit tout haut. Et là, ma fille, qui n’était plus en bas âge, avec tout le temps qui était passé et qui avait 15 ans, m’a dit, mais maman, bien sûr, il faut le faire. Quelle bonne idée. Et là, je me suis dit, bon, je suis un peu obligée maintenant. Donc, j’ai un petit peu cravaché. J’ai fait du rétro-planning en me disant, là, on compte le nombre de chapitres. Il va falloir aller vite. Sachant que je ne savais pas exactement le nombre de chapitres puisque tant que ce n’est pas écrit, je ne sais pas si je vais partir dans une envolée et inventer une nouvelle scène qui va me prendre trois chapitres. Aussi, le quatrième, c’était un peu plus compliqué. C’est que j’avais un certain nombre d’intrigue que j’avais commencé et pas fini parce que je n’arrivais pas à les finir. Du coup, je les avais repoussées. Elles sont toutes retrouvées dans le dernier. C’est pour ça aussi que ça m’avait un peu bloquée. Et finalement, je me suis dit, tant pis. Je ne les finis pas comme prévu. J’invente autre chose. Je raccourcis. Et puis finalement, ça s’est bien trouvé. Ce n’est pas si mal.

Moon : Trop bien. Non, mais incroyable. Écoute, justement, Alyx, on va en profiter pour élargir un petit peu parce que tu as écrit sur d’autres sujets que Harry Potter. Pour les gens qui ne savent pas, tu l’as dit rapidement, mais il y a plein d’autres… Enfin, il y a d’autres univers, du moins, qui t’ont inspiré. Et nous, en fait, on avait envie de savoir c’est quoi ton avis sur, justement, en tant qu’autrice, la légitimité des fanfictions. Parce qu’il y a toute une question, forcément, des questions qui viennent sur les droits que vous avez, etc. Donc, c’est quoi ton avis là-dessus ?

Alix : Alors, étudier la fanfiction en tant qu’objet sociologique, ça m’a fait beaucoup évoluer. Déjà en tant que lectrice, parce qu’au début, j’ai eu un moment où j’étais un petit peu dans… Il y a vraiment des mauvaises fanfictions, elles sont mal écrites, les gens ne les relisent même pas. Ils le disent, en plus, ils sont fiers. Quelque part, le respect du lecteur, on devrait quand même faire attention, etc. Et puis après, je me suis rendue compte que, justement, le fait que tout le monde puisse écrire, quel que soit son niveau, quelles que soient ses capacités, c’était quelque chose d’assez extraordinaire. C’était un endroit de liberté et d’acceptation. Parce qu’en fait, moi, plus qu’Harry Potter, ce que j’aime, c’est la communauté. Harry Potter, pour moi, c’est, parmi tous les livres que j’ai lus, de ce type-là, il fait partie de ceux que j’aime beaucoup, mais ce n’est pas le seul. Si j’écris sur Harry Potter, c’est qu’il y avait des gens pour lire. Parce que je n’ai besoin de personne pour créer des histoires, elles viennent toutes seules. Par contre, les taper, faire quelque chose qui est lisible, c’est un effort et je ne le ferai pas s’il n’y avait personne pour le lire. Donc, j’ai beaucoup écrit sur Harry Potter pour ça. Mais surtout, j’ai appris déjà à voir la littérature d’une autre manière, d’une manière plus tolérante. Et justement, comme je l’ai dit au début, l’avantage des mauvaises scènes de fiction, c’est que ça encourage tout le monde à se lancer. Ce n’est pas à l’école qu’on vous apprend que vous avez une utilité, même si vous êtes mauvais, que vous avez le droit de le faire même si vous êtes mauvais, parce qu’on est là pour essayer, pour voir ce que c’est. Après tout, qu’est-ce que c’est d’écrire ? Qu’est-ce que c’est de publier ? Et c’est bien qu’on ait ce lieu-là. Et quand on voit ça, on comprend que ce lieu-là, il ne peut exister qu’en dehors du monde de l’édition, en dehors du monde où il y a de l’argent. Et là, on arrive dans la fanfiction, justement. Qu’est-ce que c’est ? C’est une violation du droit d’auteur. Il n’y a pas de question, c’est sûr. Donc même publier gratuitement sur Internet, c’est une violation du droit d’auteur. En fait, on peut inventer ce qu’on veut, on peut écrire ce qu’on veut, mais on ne peut pas le partager au-delà de son cercle familial.

Moon : D’accord.

Olivarius : Déjà là, on est au-delà du cercle familial, avec FF.net, Wattpad maintenant.

Alix : Et au début, je trouvais ça normal, parce qu’on m’a toujours appris comme ça, et le droit moral français, où on peut dire, vous n’avez pas le droit de reprendre mon personnage pour en faire autre chose, je trouvais ça normal. Et d’un coup, je me suis rendu compte que non, ça ne l’était pas du tout. Et que ce droit était très récent. Et que le droit, c’est quand même le droit européen. Parce qu’au début, on bloquait 50 ans après la mort de l’auteur. Le droit européen, c’est 70 ans après la mort de l’auteur. C’est énorme. En fait, ça bloque une idée pendant 100 ans. Ça bloque quelque chose qui a été… Et là, on se dit, tout ce qu’on crée, tout ce qu’on vibre sur des personnages, on ne peut rien en faire pendant 100 ans. Et c’est tellement contraire à l’histoire de la littérature humaine. Parce que si vous réfléchissez, qu’est-ce que vous connaissez d’histoires qui ont plus de 500 ans, voire plus de 1000 ans ? Ce sont des épopées. C’est l’histoire arthurienne. C’est l’Iliade. C’est l’Iliade, c’est Gilgamesh. C’est des choses, c’est des mythes. Et tout ça, en fait, ça n’a pris sens. C’est la Bible aussi. Ça n’a pris sens que parce que ça a été raconté, re-raconté, modifié, réécrit.

Olivarius : Oui, il y a plusieurs versions de tous les mythes, etc.

Alix : Donc, le droit d’auteur s’est arrivé… Il y a des raisons, de bonnes raisons pour le droit d’auteur, mais c’est arrivé au 19e siècle. Mais Victor Hugo, lui, disait… Pour lui, la limite, c’était dix ans après la mort de l’auteur. Et du coup, pour lui, là, c’était équilibré. Parce qu’il faut bien que l’auteur puisse vivre de sa plume, parce que sinon, on n’a pas le temps d’écrire. Donc, ça, c’est tout à fait normal. Il faut bien que l’éditeur qui s’engage, il ait un certain temps où il n’y a que lui qui peut vendre le texte. C’est tout à fait normal. Le problème, c’est le temps, que ce soit aussi long. Voilà, donc on commence à prendre conscience de ça. Donc, déjà, on prend conscience que tous les écrits ont leur intérêt, même si on ne les trouve pas bons. On prend conscience qu’on a un droit qui est quand même très restrictif et qui ne voit que le côté commercial et l’argent, alors qu’on est dans la création et l’imagination. Qu’on ne peut pas se limiter à ça. Donc, j’ai fait un petit peu tout ça. Après, j’ai appris l’histoire de la fanfiction parce que j’ai commencé à regarder ce qu’on trouvait sur Internet. Puis, il y a eu pas mal de gens qui sont venus à moi parce que j’avais le seul site français qui parlait de fanfiction. Je n’avais pas de fanfiction sur mon site, mais ça en parlait. Et du coup, quand les journalistes ont commencé à s’y intéresser, ils tombaient sur mon site. Donc, j’ai eu des interviews. Après, des personnes qui avaient grandi avec la fanfiction, qui faisaient des mémoires, écrivaient sur la fanfiction, tombaient sur mon site. Et c’est comme ça que j’ai appris que ça avait été vraiment étudié aux États-Unis. Et c’est là, en lisant tout ça, que j’ai appris l’histoire du fandom qui est vraiment quelque chose qui est très féministe. D’abord, c’est 80% de femmes qui écrivent de la fanfiction et qui, au début, s’emparaient d’objets culturels qui étaient pour les hommes, notamment la science-fiction, et rajoutaient ce qui manquait parce que, comme c’était des garçons, on ne mettait pas de sentiments, on ne mettait pas d’introspection, on ne mettait pas de relations, on ne mettait pas de romances. Et donc, elles ont commencé à rajouter tout ça à ces écrits de science-fiction. Ça a beaucoup commencé avec Star Trek, donc les séries télé. Puis après, il y a eu Buffy. Et puis, quand il est arrivé Harry Potter, par contre, ça a explosé. Harry Potter a vraiment été une locomotive de la science-fiction, heu de la fanfiction.

Moon : Mais pourquoi, à ton avis ?

Alix : Alors, ça, c’est une bonne question. Parce que moi, je suis allée voir les chiffres. Moi, je ne sais pas pourquoi. Par contre, je suis allée voir les chiffres. Je suis allée voir Webhack Machine qui permet de voir les sites Internet à travers les âges. Et donc, j’ai fait… Parce que j’ai aussi beaucoup de statistiques. En 2010, j’ai analysé les histoires de fanfiction.net. Quelqu’un avait récupéré les données. Et après, j’ai lancé des requêtes pour avoir des renseignements. Donc, il faut aller sur mon site. La partie, la fanfiction par les universitaires. Je ne sais plus comment je l’ai appelée. Il y a toute une partie de statistiques que j’ai faite à partir, en fait, de la façon dont les gens taguent leurs histoires. Quel genre, quel personnage, etc. Et quel fandom, quelle langue et quelle date de publication. Enfin, bref. Là, je suis juste allée voir le volume des histoires. Et donc, en 1999, quand fanfiction.net a ouvert, il y avait zéro histoire à Harry Potter. En gros, sur les… Sur les 1300 histoires de l’époque, il y avait zéro histoire à Harry Potter. Alors, l’année d’après, on arrive quand même à 34 000 histoires. Et Harry Potter, c’est 6%. Donc, en un an…

Olivarius : Déjà, pas mal.

Moon : C’est énorme. Trop intéressant.

Alix : En 2001, 114 000 histoires. Harry Potter, c’est 10%.

Moon : Incroyable.

Alix : En 2002, toujours 10%. 2003, 13%. 2004, 15% de la totalité. Ça monte à 18% en 2005. Jusqu’en 2007. Ce qui est énorme, parce qu’à l’époque…

Olivarius : 2007, c’est la sortie du septième tome, en plus.

Alix : Voilà, mais ça a commencé en 2005. D’ailleurs, je pense que c’est le tome 5, les gens ont commencé à arriver. Moi, je suis arrivée en 2003-2004. O : Le 5 sort en 2003, vu que c’est les 20 ans cette année, en France.

Alix : Voilà, c’est ça. C’est là que je suis arrivée. Il y avait déjà 400 000 histoires en toute langue et tout fandom sur fanfiction.net. C’était 13%. Il y avait 60 000 de Harry Potter, toute langue confondue. Et on monte. En 2005, on arrive à 18%. On l’était toujours en 2007. Sur 1 600 000 histoires, c’était 300 000 histoires Harry Potter.

Olivarius : C’est énorme.

Alix : Beaucoup en anglais. Après, ça commence à descendre tranquillement. En 2010, on est à 15%. Aujourd’hui, en 2023, on est encore à 10%.

Olivarius : C’est énorme. 20 ans après les débuts, on est toujours…

Alix : Je pense qu’on va s’arrêter là parce que fanfiction.net, le grand site de fanfiction, est en train de mourir. Je ne sais pas comment faire les statistiques d’AO3, qui est quand même le site où tous les Anglais se sont réfugiés. Ça explose un petit peu. Je peux revenir dessus parce que je me suis posée la question. Harry Potter, oui, c’était une histoire qui était en cours d’écriture. Comme je l’ai dit, c’était une histoire qui avait des secrets. On avait des indices. On savait qu’on allait avoir un mystère au bout. Ça a mis 10 ans à s’écrire.

Olivarius : Il y a eu beaucoup de théories pendant l’écriture du livre. Peut-être que les gens ont voulu se dire ça donne quoi la suite avec mes propres théories ?

Alix : C’est ça. Surtout, s’il y avait des théories, c’est parce que les gens en parlaient. C’est parce qu’il y avait des blogs. Il y avait énormément de sites autour de Harry Potter qui n’étaient pas de la fanfiction. Ce qui est très bien raconté dans le livre de vos collègues de la Gazette « Harry Potter décrypté par ses fans ». J’ai trouvé ça très intéressant parce que ça explique le monde d’Harry Potter. C’est quelque chose d’assez énorme. C’est comme un best-seller. On ne sait pas pourquoi c’est un best-seller, mais c’est comme ça. Et donc, Harry Potter est arrivé au moment où Internet est arrivé et où les fanfictions qui étaient sur des magazines, qu’on échangeait aux conventions de l’univers en question. D’un coup, on a pu avoir, avec une personne qui faisait un peu le rôle d’éditrice, on a pu avoir ces sites d’archives où on crée son compte et paf, on poste. Personne ne vient vous dire que ce n’est pas assez bon. Personne ne vient vous dire qu’il y a trop de fautes. Et même quand ce n’est pas bon, même quand il y a beaucoup de fautes, vous trouvez votre public parce que vous donnez à ceux qui viennent lire, ce qu’ils sont venus chercher, c’est de continuer à vivre dans cet univers, voir les personnages confrontés à d’autres situations. Harry Potter, c’était le bon moment pour lui. Je pense que c’est plusieurs choses qui se sont rencontrées. Harry Potter reste encore assez vivant en fanfiction. J’ai eu 50 réponses. J’ai posé une question sur Facebook, sur quelques groupes pour savoir où vous lisez la fanfiction. C’est Wattpad maintenant où les jeunes vont. Il y en a beaucoup qui lisent sur fanfiction.net et Wattpad. Fanfiction.net est encore chez les Français, ceux qui l’ont connu dans ses heures de gloire. Je pense qu’il y a quelques nouveaux qui arrivent sur ce site parce qu’il y a des milliers d’histoires qui plaisent. Je vois sur les stands que je fais en convention, quand je parle de Wattpad, que la personne connaisse ou pas la fanfiction, les jeunes connaissent Wattpad. C’est deux sites que tout le monde connaît pour la jeune génération. Sur 50 personnes, j’en ai 23 lises sur Wattpad. On avait plusieurs réponses J’ai 23 qui lisaient sur Wattpad, 19 sur fanfiction.net et 12 sur Ao3. Après, il y a encore les sites fanfiction.fr, hpfanfiction, qui ont des personnes qui connaissent, mais le gros, c’est Wattpad. Ça lit plutôt en français, mais un peu en anglais. Sur les 53, il y en a 16 qui lisent aussi en anglais pour élargir l’offre. Et qui lise, Je trouve ça très intéressant. Ils lisent de l’ancien et du nouveau. La plupart, ils lisent les deux. On voit que ce qui a été écrit avant même qu’on ait la fin, qui n’est plus canon, on ne reprend plus tous les éléments. Les fins divergent de la fin officielle. C’est encore lu, parce que dans la masse, forcément, il y a vraiment des choses passionnantes à lire.

Moon : Trop bien. Ça semble logique, maintenant que tu le dis.

Alix : C’est difficile aussi. Je sais qu’au début, quand j’en parlais, on me disait qu’il y a des textes, c’est horrible, c’est mal écrit. C’est choquant aussi. C’est une écriture. C’est vraiment une écriture transgressive. On s’empare d’une histoire qui n’est pas à nous. On la triture. Des fois, on la casse volontairement.

Olivarius : C’est ça qui est intéressant, je trouve.

Alix : Tout à fait Je ne trouve pas mon histoire aussi passionnante. Je n’ai pris aucun risque. J’adore les histoires qui, justement, n’écrivent pas comme moi. J’espère vraiment que tous ceux qui rentrent dans la fanfiction par mon histoire, parce que c’est facile d’y rentrer, parce qu’on n’a plus qu’à remettre ses chaussons, on fait la suite. J’espère vraiment qu’elles vont s’ouvrir sur cette écriture et aller voir des écrits qui sont finalement plus intéressants et plus créatifs que ce que j’ai pu faire.

Olivarius : Pour moi, la fanfiction, ça permet de se réapproprier l’univers qu’on aime, de jouer avec les personnages qu’on a envie. On est assez libre en fanfiction, finalement. Il n’y a pas la contrainte de la publication si on a envie de… Il y a des gens qui écrivent à la Gazette qui disaient que eux, d’écrire de la fanfiction, ça permet de faire une pause dans leur projet un peu plus sérieux et des fois, de retrouver des idées, de pouvoir écrire un peu plus librement et de s’amuser.

Alix : C’est un moment, on avait créé un forum sur fanfiction.net et on avait demandé aux gens pourquoi vous écrivez de la fanfiction et là, on a eu des réponses tellement différentes. Vraiment, les gens viennent prendre ce qu’ils ont envie. Il y en a qui disent qu’ils veulent devenir écrivains et qu’ils s’entraînent. D’autres, comme tu dis, qui font des pauses sur leurs écrits plus sérieux et d’autres qui disent parce que j’aime ça et en fait, l’écriture, pour être publiée, ça ne m’intéresse pas du tout. Il y en a même qui disent j’écris et je n’ai même pas envie de m’améliorer. J’ai juste envie de m’amuser. C’est un champ de liberté et surtout, c’est une communauté qui s’entraide beaucoup. Il y a énormément d’entraide. J’ai toujours eu des gens pour me relire et beaucoup quand je suis passée à la demande des lecteurs. Je suis revenue au Fanzine parce qu’on m’a demandé d’imprimer l’histoire en me disant pour nous, c’est la vraie suite. Il a fallu que je relise parce que quand on imprime, on voit des fautes qu’on ne voit plus à l’écran. Mais comme on n’est pas des professionnels, même après cinq relecteurs, il reste des fautes. Il restait deux ou trois fautes par page. Du coup, à l’écrit, ça ne passait pas. J’ai eu beaucoup d’aide de personnes qui étaient volontaires pour relire. Je n’ai jamais manqué d’aide. J’ai eu des magnifiques couvertures qu’on m’a faites pour mes livres. On m’a même fait des marque-pages. Donc, je fais payer, je suis obligée parce que c’est le prix de l’impression. Mais au moins, j’offre autre chose que le texte qui, de toute façon, reste publié sur les sites qu’on peut télécharger sur mon site. C’est publié sur les sites de publication. Et c’est sur mon propre site. On peut le télécharger pour le lire sur plusieurs supports. Donc, effectivement, expliquez aux gens, oui, vous pouvez tomber sur un texte qui ne vous plaît pas du tout, mais c’est normal. C’est une écriture adolescente, transgressive. Et on a beaucoup parlé justement des clichés. On a beaucoup parlé de ce que sont ces scènes qui peuvent être très violentes, qui peuvent aussi être un peu l’apologie du viol. Oui, mais c’est représentatif de l’état adolescent et des choses qu’on a besoin de faire sortir. Je connais quelqu’un qui a parlé d’une élève harcelée et elle avait beaucoup de personnes qui lui écrivaient parce qu’elles étaient harcelées. Pour elle, c’était important d’avoir cette histoire qui racontait un harcèlement à Poudlard. C’est vraiment un outil pour les adolescents très, très puissant. Et les gens viennent vous lire parce que c’est du Harry Potter, en fait.

Olivarius : Et le côté fan fiction, il y a peut-être le côté où tu es plus proche des lecteurs qu’avec une publication réelle classique.

Alix : Voilà, il y a les deux. Les gens viennent parce que pour eux, ils n’ont pas l’effort de rentrer dans un nouveau monde. Ils savent qu’ils ont des chances d’aimer. Donc déjà, on a des gens qui viennent vous lire pour ça. Les gens qui achètent mes livres, ils achètent du Harry Potter, ils n’achètent pas du Alyx. Après, il y a effectivement… Moi, j’adore. Moi, la publication officielle ne m’attire pas spécialement. Publier et dans l’heure qui suit, avoir trois commentaires, je trouve ça super de pouvoir répondre. Et le côté horizontal, je suis autrice, mais moi, je suis lectrice qui admire la plume d’autres autrices et je suis leur lectrice et je leur laisse des commentaires. Et moi, j’aime bien ce côté un peu horizontal de la chose qu’il n’y a pas l’auteur qui aurait passé par les fourches codines de la publication et puis les lecteurs qui n’auront jamais cette chance. Tout le monde peut écrire de la fanfiction. Et dans le questionnaire que j’ai fait, il n’y a que 50 personnes qui ont répondu, mais j’en ai qui disent qu’ils écrivent. J’en ai 15, 16 qui disent, j’en ai une quinzaine qui disent qu’ils écrivent aussi. Ce qui est quand même beaucoup. Une fois qu’on est dedans, on est encouragé. C’est ce côté d’émulation que ne donne pas l’écriture de l’édition. Et puis l’édition, tous ceux qui ont essayé de faire rentrer la fanfiction dans l’édition, ce n’était plus de la fanfiction parce qu’il y a un filtre qui se fait et qui donne un public des personnes qui écrivent. Celles qui sont après le filtre, ce n’est pas du tout les mêmes que celles que vous avez à l’origine. Vous avez l’univers étant du Star Wars, on a demandé, George Lucas a demandé aux fans d’écrire sur Star Wars et au final, il a édité des écrits de fans et c’est 90% d’hommes alors que la fanfiction, c’est 90% de femmes qui écrivent. Et lui, il a fait un choix et ce n’est plus de la fanfiction.

Moon :  Justement, on est pile poil dans le thème. Dans notre podcast Memento Vivere, on a une carte blanche à offrir aux invités justement pour évoquer un sujet qui leur tient à cœur. Est-ce que tu aurais quelque chose à nous partager sur la fanfiction en général que tu aimerais faire découvrir ou un angle que tu aimerais traiter en particulier ?

Alix : Pour moi, je voudrais faire partager ma passion pour la fanfiction, mais surtout pour et les écrits mais aussi ceux qui écrivent sur des personnes qui sont de tout âge de tout milieu même si la grande partie c’est plutôt des adolescents. Généralement, c’est des personnes qui ont quand même un bon rapport à l’écrit mais pas toujours. Et puis, vraiment, il y a des… Moi, j’ai vu des personnages différemment après les avoir lus. J’ai vu Dumbledore différemment après avoir lu les fanfictions et quand je suis retournée au livre, je me suis dit mais oui, ils ont raison. Ça approfondit vraiment les personnages. Maintenant, je n’écris plus sur Harry Potter. Je suis arrivée sur un… En fait, je suis arrivée sur un univers que je n’aurais jamais découvert s’il n’y avait pas eu la fanfiction. D’abord, j’ai cherché ce qui était un peu populaire parce que sur mes stands, j’ai besoin d’arrêter les gens et de leur proposer des histoires sur des univers qu’ils connaissent et je ne fais pas que du Harry Potter en convention. Je fais des conventions plus larges avec du manga, etc. On m’a dit en ce moment un univers qui monte, c’est Miraculous qui paraît comme ça être un dessin animé pour enfants. J’ai commencé à regarder. Je me suis dit oui, c’est bien mais pas extraordinaire. Et, on m’a dit mais si, c’est vraiment bien. Du coup, je suis allée voir les fanfictions et là, d’un coup, j’ai découvert le potentiel de ce dessin animé. J’ai avancé et là, je suis arrivée à la saison 2 et là, vraiment, oui, c’est un dessin animé qui peut être aussi pour adultes qui aborde beaucoup de sujets qui est bourré de références. Et en fait, c’est la fanfiction qui m’a montré avant que ça apparaisse réellement que c’était quelque chose de très bien construit et du coup, maintenant, j’écris dessus.

Olivarius : C’est assez marrant ce rapport-là parce que le rapport habituel, c’est qu’on découvre une œuvre et après, on se met à découvrir la fanfiction et à vouloir écrire de la fanfiction sur un univers qu’on connaît. Mais là, le fait de découvrir un univers grâce à la fanfiction, c’est assez…

Alix : Oui, oui. Après, je ne sais pas, c’est aussi ma démarche parce que je suis partie dans l’impression de la fanfiction parce que j’ai vu que le meilleur moyen d’amener la fanfiction au grand public, c’est de l’imprimer. Et ça fait 10 ans.

Olivarius : C’est ce que font de plus en plus de personnes qui écrivent de la fanfiction maintenant, un peu comme l’auto-édition. Ils s’éditent eux-mêmes.

Alix : Il faut faire un peu attention parce qu’on va peut-être revenir sur le droit. C’est vraiment une violation du droit d’auteur mais finalement, qui est tolérée. Il y a vraiment une tolérance. Fanfiction.net était très connu des auteurs. Et donc, quelque part, c’est ce que je disais, quelque part, on ne peut pas empêcher à partir du moment où on commence à avoir des univers dont les gens se sont totalement emparés. On ne peut pas empêcher que ça revive, qu’il y ait de la parodie. De toute façon, la parodie, c’est légal. Il y a quand même des choses qui sont légales, des exceptions au droit d’auteur, c’est la parodie, la critique et la citation. Et donc, de façon totalement étrange, plus une fanfiction est parodique et ne respecte pas l’œuvre, plus elle est légale. Et plus elle respecte l’œuvre, plus elle rentre dans le droit d’auteur et la violation du droit d’auteur. La fanfiction vit sur une tolérance et c’est un peu ça qui m’effraie en me disant qu’elle peut s’arrêter du jour au lendemain. Tous les sites peuvent avoir une citation affermée avec des avocats. La Warner a déjà essayé avec les blogs Harry Potter dans les années 2000. Elle a perdu.

Olivarius : Oui, avec la Potter War.

Alix : Voilà. Et donc, je fais assez attention de bien rester pas du tout commercial, pas du tout professionnel. Et de toute façon, ce n’est pas mon métier. Je ne veux pas gagner d’argent avec ça. Donc, moi, tout passe par une association et vraiment, on utilise l’argent qui rentre des livres pour racheter d’autres livres. Enfin, c’est vraiment… Puis, j’ai aussi un peu de fanart, etc. Il y a un peu plus de tolérance là-dessus. Mais… Oui, je disais, sur le droit… Donc, si vous publiez… Enfin, on ne publie pas la fanfiction, on imprime des fanzines. Donc, le magazine de fans, c’est quelque chose qui existe légalement, qui n’est pas légal en France, mais qui est légal aux États-Unis. Mais pour ça, il faut… Normalement, ça se vend au prix du papier et de l’encre. Et c’est ce qu’on fait pour nos livres qui n’ont pas d’ISBN et qui sont juste des impressions de fanfiction. Mais je comprends que maintenant, c’est facile. Il suffit d’envoyer un texte sur du PDF sur un site. Souvent, on peut faire la couverture directement sur le site et puis, on commande son exemplaire et puis, on le reçoit à la maison. Et c’est bien parce qu’il y a plein de gens qui me disent « Je ne lirai pas sur écran. » Et j’adore la fanfiction, en fait, mais je ne peux pas lire sur écran.

Olivarius : C’est compliqué de lire sur écran. Pour moi, là, il y a un livre que j’arrive à lire sur écran parce que je lis le chapitre dès qu’il sort et je lis un seul chapitre et c’est des chapitres assez courts. Donc, j’ai 10 minutes de lecture, 20 minutes de lecture par semaine sur écran. C’est comme si je disais un article de presse J’arrive. Mais quand une histoire est complète et fait plus de 800 pages et qu’il faut lire les 800 pages sur écran, ça me décourage un peu au début et j’ai un peu du mal.

Alix : Moi, ce n’est pas le cas, mais j’imprime parce que j’entends bien ça. Mais c’est vrai qu’on a été toute une génération à lire pendant 10 ans sur écran parce qu’on n’imprimait pas. qui n’a pas imprimé « Les Portes » ou « Les Secrets d’Hermione » ? Mais ce sont vraiment des fanfictions que les gens adorent et que je n’imprime pas parce que je n’ai pas l’autorisation des autrices. Après, c’est une habitude à prendre et il y en a qui peuvent et puis d’autres qui ont besoin du papier, qui ont les yeux qui fatiguent trop. D’où notre volonté d’imprimer un peu une petite goutte dans les millions de fanfictions existantes. D’ailleurs, j’en profite pour passer un message, puisque c’est ma carte blanche. Si vous êtes autrice ou auteur de fanfictions que vous avez envie de passer le pas d’imprimer, je vous invite sur mon site creationsdefans.org, création au pluriel de fan au pluriel, en un seul mot, créationsdefans.org. Vous avez toute une partie sur l’impression. J’essaie de vous montrer comment vous pouvez imprimer tout seul, mais vous pouvez toujours me solliciter pour vous aider. J’aide régulièrement des personnes à mettre en page correctement pour un livre. Et si vous voulez faire partie de ma collection, celle que je présente sur les stands, bah avec plaisir. Et si vous ne voulez pas, c’est pareil, j’aide quand même. Faites-vous plaisir, soyez fiers de ce que vous avez écrit, et partagez-le.

Moon : Trop bien. D’ailleurs, on ne manquera pas d’indiquer tout ça sur l’article qui reliera le podcast.

Alix : Si vous voulez savoir des choses sur la fanfiction, j’ai beaucoup de choses sur mon site, et des liens qui vont vous amener sur des articles universitaires ou d’autres personnes qui en parlent.

Moon : Trop bien !

Olivarius : Ok. Et donc, pour rebondir un peu sur ce que tu as dit, sur le fait que les gens écrivent beaucoup de fanfictions, ils s’engagent dans un univers qu’ils connaissent, etc. On a pensé un petit jeu là-dessus, sur les fanfictions. On va dire, qu’il y a beaucoup de romance dans les fanfictions. On est parti là-dessus. Tu connais l’armortencia, je pense, et le filtre d’amour. Et donc, on va essayer de te faire découvrir, avec les noms qui ont été donnés, qui sont les chips qui viennent de relationships, les couples qu’ont fait les fans. Tu vas essayer de retrouver via le nom.Quel est le couple derrière ? Quelle est l’histoire d’amour qu’a voulu créer le fan ? Il en existe des centaines autour d’Harry Potter, plus de 500, je pense.

Alix : Je pense que tout a été fait, mais tout n’a pas un nom.

Olivarius : Non, tout n’a pas un nom, mais il y en a beaucoup, beaucoup. Il y a un Wiki qui est spécialisé et qui retrace tout. Il y a des trucs horribles dedans.

Alix : Oui, on fait tout, on fait du twin sets. On fait beaucoup de choses horribles. Et puis après, il y a la guerre des Dramione contre les Drarry.

Olivarius : : Oui, voilà.

Alix : Si vous voulez, pourcentage de Dramione, de Drarry et autres, c’est une page de mon site qui analyse les couples en fonction des langues, parce qu’il y a plus ou moins d’homosexuels en fonction des langues, des pays latins moins que les pays anglo-saxons.

Jingle : Ça, c’est de l’amortencia, le plus puissant filtre d’amour au monde. Il a une odeur différente pour chacun selon ce qui l’attire. Moi, je sens une odeur d’herbe coupée, et de parchemin neuf et de dentifrice à la menthe.

Olivarius : Bon, on va commencer. Le premier, je pense que tu vas le trouver, vu que tu l’as déjà dit, le Dramione, pour toi, c’est qui derrière ?

Alix : Donc, c’est Hermione et Drago Malefoy.

Olivarius : Oui, tout à fait.

Moon : Evidement !

Olivarius : C’est peut-être le couple où il y a le plus de fanfiction qui a été écrit dessus, je pense.

Alix : Oui, il y a vraiment une très très grosse communauté.

Moon : Alors, deuxième couple, un peu facile, Romione. C’est Ron et Hermione, et il y a vraiment beaucoup de détracteurs de ce couple. Mais Ron est très mal traité, je trouve, par les autrices de fanfiction. Moi, j’ai essayé de lui rendre justice, mais c’est dur. Ce n’est pas dur parce que c’est un personnage qui est super intéressant, et j’ai adoré le mettre en scène. En fait, c’est un personnage qui a de l’humour, donc si on veut faire passer de l’humour, c’est génial. Mais c’est dur de convaincre que c’est un personnage qui n’est pas si mauvais, et qu’on peut quand même mettre Hermione avec Drago. Sans forcément rabaisser Ron.

Olivarius : Mais c’est un personnage qui est mal aimé, Ron, je trouve. Enfin, qui était très aimé au début, avant que les films sortent.

Alix : Enfin, Il a eu une adolescence un peu difficile, quoi. Mais en même temps, il faut se mettre à sa place. Il est le dernier de la fratrie, il est toujours dans l’ombre du héros. Et en plus, il passe son temps à être en danger à cause de ce héros, et personne ne le remercie jamais. Moi, je trouve que je le comprends. Après, il faut qu’il grandisse.

Olivarius : Oui, il râle beaucoup.

Alix : Mais il grandit dans le tome 7. C’est pour ça qu’il est à Hermione.

Olivarius : L’épreuve qui le fait grandir, c’est le fait qu’il part, et que grâce au Déluminateur, il se rend compte de toutes les erreurs qu’il a faites, et que Harry et Hermione sont importants pour lui.

Alix : Alors, il y a Phénix qui a écrit sur cette période-là. Ça s’appelle Trois délicieux repas par jour, et c’est une super fan-fiction. Comment Ron devient un homme.

Olivarius : Sur la période où il quitte, où il rencontre Ferrafleur, etc.

Alix : Pourquoi il choisit d’aller chez Bill. C’est très, très chouette.

Moon : À noter, alors, oui. Carrément.

Olivarius :: Et du coup, le prochain couple un peu plus difficile, je pense, c’est Nuna.

Alix : Alors, ça doit être Luna.

Olivarius : Oui, c’est Luna.

Alix : Ah, Neville et Luna.

Olivarius : Oui, Neville et Luna, tout à fait.

Alix : Beaucoup les ont mis ensemble, parce que c’est les deux outsiders, c’est les deux qui sont un peu sur le côté, parce qu’ils ne sont pas tout à fait comme les autres. C’est bien vu.

Olivarius : En vrai, il y a la fin du film qui fait penser qu’ils vont être ensemble, parce que Neville va dire qu’il va déclarer sa flamme à Luna, dans le film.

Alix : Oui, mais c’est le film.

Olivarius : Voilà, c’est le film.

Alix : Je l’ai pas vu celui-là ?

Olivarius : C’est le 7 partie 2. Et dans les livres, je l’ai relu, il n’y a pas du tout ce passage-là. Ça, on ne parle jamais. Et les infos qu’a données J.K. sur le futur de Luna, c’est que Luna se met avec le petit-fils de Norbert Dragoneau. Neville, je ne sais plus avec qui il est.

Alix : Avec Hannah Abbott. Il devient professeur de botanique et elle, elle reprend la suite du chaudron baveur.

Olivarius : Oui, c’est ça. Donc, il n’y a aucun lien qui fait entre les deux à la fin des bouquins. Mais cette fin du film, le fait que, comme tu as dit, c’était les deux outsiders, les deux personnages qui se révèlent, qui ont, pour moi, la plus belle évolution dans la saga. Tu as envie de les mettre ensemble.

Alix : Voilà. Mais en fait, on peut aussi dire… Moi, je faisais un peu le chantre. Vous ne savez pas où j’ai de faire des romances. Vous pouvez simplement raconter des amitiés. Moi, j’aime bien raconter des amitiés. Et je pense qu’ils peuvent faire de très bons amis.

Olivarius : Ils font partie un peu, comme on l’appelle, du silver trio avec Luna, Neville et Ginny.

Alix : Oui, tout à fait. J’adore les noms anglais. Le trio d’or, le trio d’argent, etc.

Moon : Bah justement, tu aimes bien les noms anglais. Donc là, c’est un ship anglo-saxon que l’on te propose. Wolfstar.

Alix : Alors, Wolf, ça doit être… Ah ben oui, bien sûr. Wolf, c’est Remus. Et Star, c’est Sirius. C’est Slash, Remus, Sirius. Effectivement, très courant dans toutes les langues. La romance homosexuelle existe beaucoup en fanfiction. Il n’y a pas que ça, mais elle existe un peu plus que dans d’autres formes de littérature. C’est parce qu’au début, quand les femmes se sont emparées d’objets littéraires et de films, d’univers faits pour les garçons, il n’y avait pas de personnages féminins. Dans Star Trek, les femmes, il faut les chercher. Du coup, elles se sont dites, tant pis, on va mettre ce qu’on a sous la main ensemble. Et donc, ça donne une écriture, un style littéraire très spécifique qui est de la romance homosexuelle écrite par des femmes hétérosexuelles. Ce n’est pas de la littérature LGBT. Après, dedans, il y a aussi la littérature LGBT. Du coup, ça fait une communauté qui est très inclusive et où, bien sûr, beaucoup de personnes LGBT sont venues écrire, parce qu’elles se sentaient acceptées et parce que ça passait normalement, comme n’importe quelle romance. Ce n’était pas pointé du doigt spécifiquement. Ça avait un nom, c’est le Slash.

Olivarius : Il y a beaucoup de fans de ce chip-là en plus.

Alix : Oui, oui, tout à fait.

Olivarius : Et donc, le prochain, on en a déjà parlé tout à l’heure en concurrence avec le Dramion, mais le Harmony, du coup.

Alix : Oui, donc c’est le Harmony. On ne lit pas comme ça en français, je crois. Donc, c’est Hermione et Harry.

Olivarius : Oui, c’est ça. J’ai pris uniquement les noms en anglais.

Alix : Je ne sais plus comment on dit en français. Je ne sais plus si j’ai un autre terme en français. Harry et Hermione, oui. Oui, parce qu’on se dit, tant qu’à faire, on va mettre le héros. La fille intelligente va choisir le héros et pas celui qui est en train de se débattre avec tous ses complexes. C’est une façon de voir les choses. Il faut dire que Ginny est tellement ratée. Déjà qu’elle n’est pas super réussie dans le livre, mais qu’elle est tellement ratée dans le film qu’il y a beaucoup de personnes qui n’aiment pas Ginny non plus.

Olivarius : En vrai, Ginny, je trouve que son développement est intéressant à partir du 5 dans les bouquins.

Alix : J’adore quand elle dit qu’elle ne la voit pas, qu’elle sort avec d’autres garçons et qu’elle ne supporte pas les garçons qui veulent trop la surprotéger. Je trouve que c’est très intéressant comme personnage, effectivement. Elle raconte qu’on sait qu’elle s’entraîne pour le Quidditch, contre l’avis de sa famille. Et puis, elle aide toujours Harry. Elle lui trouve des solutions. C’est une chouette fille, en fait. L

Olivarius : ‘évolution dans le film est complètement catastrophique. Peut-être que dans le livre, elle est un poil rapide. On passe du 4 où on ne la voit pratiquement pas au 5 où elle s’affirme d’un coup.

Alix : En même temps, on a le regard de Harry. Harry ne voit pas la petite sœur de son frère. Et moi qui suis une petite sœur, je sais à quel point on ne voit pas les amis de son frère et de ses sœurs qui n’ont pas le même âge. Ça, c’est très réel. Il ne la voit que quand… Il commence à être dans l’intérêt romantique. Il a un peu le temps de faire ça parce qu’il passe beaucoup de temps à ne pas mourir. Et donc, dans son regard, il ne la voit qu’à ce moment-là. En fait, je dirais que c’est très vraisemblable, même si d’un point de vue littéraire, c’est moyen. Ça pose un problème en construction littéraire, mais pas en réalisme.

Moon : Justement, tant qu’on parle de Ginny, il y a un ship qui s’appelle Linny.

Alix : La Luna Ginny ? Exactement. Oui, c’est en même classe.

Olivarius : Là, en fait, moi ce site, ce n’est pas qu’il me dérange, mais si je les vois vraiment comme des amis, pour moi, c’est une autre relation qu’elles ont. Je ne les vois pas ensemble.

Alix : Comme moi, je pense que Neville et Luna sont beaucoup mieux en amis.

Olivarius : Hermione et Harry aussi.

Alix : Hermione et Harry aussi, oui. Très belle amitié.

Olivarius : C’est même plus profond, Hermione et Harry. Pour moi, c’est une relation de frères et de sœurs. Même s’ils ne sont pas réellement frères et sœurs, mais ils ont la même relation qu’un frère et une sœur.

Alix : Pour moi, c’est un peu comme ça que je les raconte. Les trois, justement, ils ont des relations très fortes, fraternelles, où ils savent qu’ils peuvent compter sur l’autre. Il vont se voir entre eux quand ils ne vont pas bien, quand ils se posent des questions, quand ils se font dépasser. Ce sont des relations d’amitié. Ce n’est pas forcément comme ça. On ne veut pas forcément montrer ses faiblesses à la personne dont on est amoureux parce qu’on peut avoir peur de casser la relation ou parce que la personne va avoir une mauvaise vision de vous. Mais ça, on peut le faire avec ses frères et sœurs et ses meilleurs amis.

Olivarius : Pour terminer, j’en ai un, un peu plus loufoque. C’est le Drapple.

Alix : Drarry ? Ce n’est pas avec Miss Marple, mais…

Olivarius : Non, c’est vraiment plus what the fuck.

Alix : C’est Drago, c’est ça ?

Olivarius : Déjà, c’est Drago.

Alix : Le Hull, ça me dit quelque chose.

Moon : Il faut le voir en anglais.

Alix : Oui, justement. Avec une Muggles ?

Olivarius : Non.

Moon : Non, c’est plus tordu.

Olivarius : C’est plus tordu et, il  y a énormément de fans de Drago qui adorent… On peut aussi appeler ça un ship, mais qui adorent cette petite histoire.

Alix : Ce n’est pas avec une créature magique ?

Olivarius : Non, ce n’est pas avec une créature magique.

Alix : Parce que ça existe.

Olivarius :  C’est ça qui est drôle. Oui, ça existe. J’ai lu du Rogue avec le filet du diable, des trucs comme ça, mais non, c’est autre chose.

Alix : Redis-moi le terme.

Moon : Drapple.

Alix : La consonne au milieu, c’est un G ? Draggle.

Moon : Drapple.

Olivarius : Non, c’est deux P.

Alix : Je vois plus ce que c’est. En fait, je connais assez mal les mots en anglais.Même si j’ai lu les trois derniers en anglais, j’ai oublié un peu.

Moon : Je te donne un dernier indice. Il s’agit d’un fruit.

Alix : Avec une pomme ?

Moon :Oui !

Olivarius : Oui, avec la fameuse pomme où il croque dedans.

Alix : Mais c’est dans le film.

Olivarius : C’est plus dans le film.

Alix : Ah ben voilà, mais tu me poses des questions sur le film.

Olivarius : Non, mais celle-là, je l’avais trouvée drôle. C’est pour ça que je l’ai mise. Vraiment, les fans de Drago sont à fond sur cette pomme. Je ne comprends pas trop, mais c’est marrant.

Alix : Merci de me l’apprendre. C’est rigolo.

Olivarius : Il y a l’histoire de Drago et sa fameuse pomme qui met dans l’armoire à disparaître.

Alix : Ça, c’est une référence que je n’ai pas. En fanfiction aussi, vous avez des choses qui arrivent et que tout le monde pense être un fondement de l’histoire. Par exemple, le fait que Remus, notamment à l’approche de la Lune, a un flair particulièrement développé et des yeux mordorés. On le retrouve dans plein de fanfictions. J’en ai discuté avec d’autres autrices qui me disent que c’est canon. Non, ce n’est pas dans les livres. C’est dans les fanfictions. C’est tellement répété qu’on croit que c’est dans les livres. Comme tout le monde me dit, on s’étonne de voir Lavande toujours vivante dans mon histoire, mais dans le livre, elle ne meurt pas, elle est blessée. J’avais le choix entre la faire mourir et la faire vivre. Je lui ai trouvé une utilité, donc elle a survécu.

Olivarius : Concernant Lavande, Ce qui pose question c’est le film. Dans le film, on la voit dans un tel état qu’on a l’impression qu’elle est morte. Le film laisse penser qu’elle est morte.

Alix : Je sais bien que ça vient de là. Les gens me disent qu’elle est morte. Dans le film, oui, mais je ne l’ai pas pris dans mon canon.

Olivarius : Dans le film, on ne sait même pas si elle est morte. On suppose qu’elle est morte parce qu’elle est dans un état épouvantable.

Alix : Il y en a qui l’ont fait survivre, mais elle est à moitié loup-garou où elle devient loup-garou. Ce qui s’entend bien aussi puisqu’elle est blessée par Greyback. C’est bien avec la fanfiction, on fait ce qu’on veut. On peut même faire un truc qui n’a aucun sens par rapport au canon, mais si l’histoire est bonne… Je n’aime pas dire une bonne histoire parce que ça ne veut rien dire. Si on aime l’histoire, ça ne pose pas de problème. De toute façon, dans n’importe quelle histoire que vous lisez, vous avez la crédulité du lecteur. Il y a un espèce de contrat entre l’auteur et le lecteur où le lecteur accepte un minimum de crédulité pour rentrer dans l’histoire et l’accepter telle qu’elle est. En fantaisy, il faut y aller parce que vous avez de la magie. Mais il y a quand même des limites. C’est un peu entre chaque couple auteur-lecteur à mener la personne. Dans la fanfiction, on va très loin dans cette histoire de crédulité puisqu’on casse volontairement l’histoire, mais on peut vraiment traîner les lecteurs très loin si on sait leur parler. Ce n’est pas une question d’être bon ou mauvais, c’est d’être en phase avec ce que l’autre est capable de ressentir et attend de sa lecture.

Olivarius : Puis après, quand on voit ce qu’ils ont fait avec L’Enfant maudit, on peut se dire que les fans peuvent écrire ce qu’ils veulent en fanfiction. Pour moi, L’Enfant maudit, c’est une fanfiction.

Alix : C’est tout à fait une fanfiction. C’est comme 50 nuances de grey qui vient d’une fanfiction Twilight qui a permis de faire connaître le terme de fanfiction au grand public. Ce n’est pas celle-là qu’on aurait choisie pour se faire connaître. Et L’Enfant maudit non plus, je dirais, parce qu’il y a quand même beaucoup de choses qu’on peut dire, ce n’est pas très bien construit. Mais bon, c’est comme ça. On prend. C’est ça qui a été édité.

Olivarius : Super intéressant, super complet comme discussion avec toi. Je pense qu’il y a peut-être même moyen de faire d’autres épisodes sur les fanfictions.

Alix :: Sur des thèmes plus précis, l’historique par exemple.

Olivarius : C’était très intéressant de t’avoir.

Alix : Je vous remercie, c’était très agréable aussi pour moi. Merci de m’avoir donné cette opportunité. J’espère effectivement que ce serait très sympathique de refaire d’autres émissions sur des thèmes plus précis. On pourra aller plus loin.

Olivarius : Merci à toi d’avoir accepté de venir. C’est un peu le but ici de parler de tous les domaines du fandom et du coup la fanfiction, on n’en parle pas beaucoup. Et, c’est un moyen de mettre en avant ce qu’est la fanfiction.

Moon : Oui, on a eu un petit aperçu de tes connaissances. Ce que je retiens, c’est que tu as étudié théoriquement la fanfiction et on sent qu’en fait ce n’est pas seulement écrire ou lire, c’est même la fanfiction en tant que telle qui est un objet d’étude pour toi. Ça donne envie d’en savoir plus.

Alix : C’est parfait, c’était le but.

Olivarius : Merci à tous d’avoir écouté cet épisode. En espérant que le séjour vous aura captivé, que vous êtes maintenant un spécialiste des fanfictions et que vous allez de ce pas vous rendre sur Wattpad ou en lire quelques-unes.

Moon : Et si les thèmes abordés dans ce podcast vous intriguent, n’hésitez pas à vous rendre sur les sites de la Gazette du Sorcier. On se fera un plaisir de vous en dire plus.

Olivarius : Nous sommes aussi présents sur les réseaux sociaux. Retrouvez-nous sur Instagram sous le nom de Gazette du Sorcier, sur Facebook en cherchant La Gazette du Sorcier ou encore sur Twitter via hashtag Gazette du Sorcier.

Moon : Si vous souhaitez rester informé des dernières nouvelles d’Alix et de son association, n’hésitez pas à visiter le site web de Création de Fan. Vous pouvez également la suivre sur Facebook sous le nom de alix.fanfiction ainsi que sur le compte Création de Fan et bien sûr sur Instagram sous le nom Création de Fan également.

Olivarius : N’hésitez pas à aller écouter nos autres émissions telles que Aspik, Le Rappel Tout et bien sûr Salut les Sorciers. On se retrouve bientôt dans un prochain épisode pour vous parler d’une autre facette du fandom. En attendant, profitez bien de vos futures lectures et à bientôt les nommages. Tchuss !

Alix : A bientôt !

Moon : Salut !

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