PotterAfter – Daevabad de S. A. Chakraborty
Pour ce nouveau PotterAfter, nous vous proposons de découvrir la quadrilogie Daevabad de S. A. Chakraborty. Auteure américaine, elle aime dire qu’elle écrit des « fan fictions historiques ».
L’histoire
Au cœur du Caire du XVIIIe siècle, Nahri, une jeune escroc aux dons étranges, invoque malgré elle un redoutable guerrier djinn. Ce simple « coup » ouvre la porte à un monde ancien et dangereux, où les légendes prennent vie. Fuyant la ville, elle entame un périple à travers des terres oubliées, peuplées de créatures de feu et de secrets enfouis. Leur destination, Daevabad, la mythique Cité de Laiton, où pouvoir et trahison s’entrelacent.
« Les meilleurs contes recèlent toujours un fond de vérité. »
S. A. Chakraborty, Daevabad, tome 1, La Cité de Laiton
Pourquoi vous proposer ce livre ?
Parce qu’on y découvre une fantasy riche, mature, qui puise dans des mythes souvent ignorés. Ici, pas de baguettes magiques, ni de dragons, la magie de Daevabad s’enracine dans le folklore du Moyen-Orient, un univers de djinns, de marids, d’ifrits et de sortilèges hérités d’une mémoire millénaire. Cette magie n’est pas un simple décor, elle est politique, sociale, spirituelle. Elle façonne les identités, justifie les conflits, structure les castes. Chaque invocation, chaque relique, chaque pouvoir est chargé d’histoire, de douleur et de responsabilité. Dès les premières pages, on est plongé dans le Caire du XVIIIe siècle, un monde vivant, avec ses ruelles bruyantes, ses échoppes et ses croyances populaires. Nahri, qui vit de petits larcins et de faux exorcismes, nous guide dans cette ville entre misère et magie de rue. Puis, l’irruption du surnaturel nous propulse dans un tout autre monde. La Cité de Laiton, est à la fois un paradis d’architecture et un nid de serpents politiques. Sa beauté visuelle est constamment entachée par les tensions qui y règnent, entre ségrégation ethnique, mémoire des massacres et rancunes ancestrales.
La magie est présente, mais elle n’envahit pas le récit. Elle imprègne le quotidien, les rituels, les traditions, comme un fil rouge discret mais indestructible. Elle n’a rien de spectaculaire au premier abord, elle agit en profondeur, dans les alliances, les silences, les cicatrices. Elle est transmise par les histoires qu’on se raconte, par les chants, par les objets anciens qu’on manipule avec crainte. On suit également des personnages confrontés à des guerres de pouvoir, à des dilemmes moraux, mais tout passe par leurs failles personnelles, leurs doutes, leurs pertes. Il y a des batailles, oui, des trahisons et des révélations, mais ce sont les décisions intimes. Aimer, trahir ou se taire ?
Les personnages

Ce n’est pas une quête héroïque portée par un élu, mais une aventure vécue par des personnages écartelés entre ce qu’ils sont, ce qu’on attend d’eux et ce qu’ils refusent de devenir. Loin des archétypes manichéens, Daevabad préfère explorer des figures grises, vulnérables, prises dans les contradictions d’un monde en ruines. Nahri, l’héroïne, n’est ni élue par les dieux, ni promise à un trône. Elle n’a que son intelligence, son instinct de survie et un don qu’elle comprend à peine. Elle vient d’un monde sans magie, où mentir est une stratégie de survie et elle est brusquement projetée au cœur d’un jeu politique millénaire qui la dépasse. Ce qui la rend si attachante, ce n’est pas une destinée grandiose, mais son humanité. Ses colères, ses doutes, sa capacité à aimer sans se trahir. Elle résiste, toujours, sans héroïsme flamboyant, mais avec une ténacité bouleversante.
Dara, quant à lui, n’a rien du mentor bienveillant ou du bad boy romantisé. Il est dangereux, instable. Derrière ses pouvoirs titanesques se cache un être brisé, rongé par la culpabilité. Il incarne la tragédie des vaincus, la violence des souvenirs trop lourds à porter. Sa relation avec Nahri est faite de tensions, de non-dits, de blessures irréconciliables. Il ne la sauve pas. Elle ne le répare pas. Et c’est précisément cette dualité qui les rend profondément crédibles. Ali, enfin, est peut-être le personnage le plus déconcertant. Prince pieux, loyal jusqu’à l’obsession, il se veut juste dans un monde qui ne l’est pas. Il croit en des idéaux… qui vacillent dès qu’ils entrent en contact avec la réalité. Il veut bien faire, mais chaque choix qu’il fait semble empirer les choses. Il est souvent tiraillé entre son devoir envers son père, roi autoritaire et stratège impitoyable, et sa compassion pour les opprimés ; entre sa foi sincère et les injustices qu’elle ne peut pas toujours expliquer. Il incarne cette forme d’héroïsme maladroit et douloureux, où l’on se bat sans être sûr d’avoir raison.
Si vous cherchez une nouvelle saga pour raviver la flamme, la trilogie Daevabad de S. A. Chakraborty pourrait bien être votre prochaine obsession. À chaque page, on se demande non pas ce que les personnages vont faire… mais jusqu’où ils seront prêts à aller pour rester eux-mêmes.
Commander ce livre
S. A. Chakraborty, Daevabad – La Cité de Laiton. De Saxus. 626 pages, 24,90 €.
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