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Wizards Unite : l’avis de la rédac’ !

3 juillet 2019

Samedi 22 juin dernier, Wizards Unite, le "Harry Potter Go" tant attendu, a débarqué, un peu par surprise, dans la plupart des pays d’Europe. Après un peu plus d’une semaine de jeu, quel bilan pour le deuxième jeu de Portkey Games ?
La Gazette vous donne son avis !

Héritier de Pokémon Go, ce “Harry Potter Go” était attendu au tournant par les fans de la saga du Survivant et par ceux qui avaient accroché au premier grand succès de Niantic.

Personnalisation

Première étape avant de jouer, créer son avatar ! Pour un jeu où le personnage en tant que tel a peu d’importance, nous avons été agréablement surpris par les nombreuses options proposées. C’est un détail accessoire, mais c’est une touche appréciable.

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La carte d’identité du Ministère permet d’indiquer, en plus du pseudo, sa baguette (personnalisée à loisir) et sa maison de Poudlard (qui influe sur la couleur de l’avatar sur la carte). Avec une image de profil personnalisable à l’infini ou presque grâce à la réalité augmentée (couvre-chef, cheveux, tenue de sorcier), mais aussi des cadres, des effets et autres stickers ; une banque d’images assez complète à base de tenues sorcières pour ceux qui ne souhaitent pas afficher leur photo ; et des titres et badges débloqués au fil des "exploits" réalisés, il y a de quoi faire !

Seul défaut, on ne peut pas - encore - téléverser une photo depuis la galerie du téléphone. Autre bug gênant, certains ne peuvent pas enregistrer leur carte, qui se remet à zéro automatiquement dès qu’ils quittent le jeu, voire l’interface ; mais comme cela n’a pas réellement d’impact sur le jeu, on va passer cette faille pour le moment.

Le principe

Comme annoncé et attendu, on est bien face à un Pokemon Go transposé à l’univers de Harry Potter, il fallait donc trouver un scénario qui justifierait la quête des joueurs. Niantic, Portey Games et Warner Bros ont fait fort, puisqu’ils ont trouvé une idée permettant de faire revenir des personnages et moment marquants de la saga, justifiant par La Calamité leur présence erratique à travers le temps et l’espace.

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Même si certains trouvent l’idée artificielle et tirée par les cheveux, elle a le mérite d’être originale et plus ou moins cohérente. L’idée d’une histoire et d’un mystère à résoudre qui se déroule en parallèle de la quête des retrouvables est clairement un plus, même si on regrette des dialogues parfois creux, l’impossibilité de relire ceux-ci lorsqu’on le souhaite, et l’attribution en apparence aléatoire de nouveaux éléments de l’enquête. Il reste à voir également comment celui-ci pourra se maintenir avec cohérence sur la durée.

L’apparition de personnages bien connus des fans (Harry et Hermione en tête), mais aussi de personnages moins connus (la plupart aperçus dans le jeu d’enquête Les Animaux fantastiques) trouve le juste milieu entre fans hardcore et casuals.

Les joueurs, nouvellement recrutés par le Ministère, doivent donc récupérer les Retrouvables en les débarrassant du sceau qui les protège. Il suffit de tracer le sort adéquat à l’écran, avec vitesse et précision pour augmenter les chances de succès, et de croiser les doigts. Bien entendu, plus le retrouvable est rare (indiqué par un rayon de lumière jaune, orange, ou rouge), moins on a de chances de le capturer avec un faible niveau et un sortilège raté.

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L’aspect vitesse et précision des sorts est très sympathique, mais on regrette parfois un système aléatoire qui nous fait échouer avec un sort Parfait, puis vaincre le sceau avec un sort tout juste passable. Ici encore, la présence de retrouvables reconnaissables de tous (Ron, Luna, Hagrid, un rapeltout) et de certains éléments que seuls les certains fans pourront identifier (bavboules, Peeves, Erklings, gnomes...) donne le sentiment qu’il y en a pour tous les goûts.

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Forteresses, professions et multijoueurs

Outre les rencontres aléatoires sur la carte, les joueurs peuvent s’allier pour partir à l’attaque de forteresses, gardées par des mages noirs et des créatures maléfiques. C’est l’une des grandes différences avec Pokemon Go : ici, pas question d’affronter les autres joueurs, on se ligue contre le jeu pour acquérir de l’expérience au fur et à mesure qu’on progresse dans le donjon tous ensemble.

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Les combats sont simples mais efficaces, toujours à coup de sortilèges tracés à l’écran. Ce qui leur confère plus de stratégie, c’est le système de profession. A partir du niveau 6, chaque joueur peut se spécialiser comme Auror, Professeur ou Magizoologiste, ce qui lui donne des avantages face à certains types d’adversaires et des malus face à d’autres ; il faut donc bien choisir qui affrontera quel ennemi, pour venir à bout le plus rapidement possible de la forteresse et y consacrer le moins d’énergie possible.

On peut cependant regretter un certain manque d’explications sur certains aspects des défis et quelques défauts pratiques qui entachent l’expérience ; le fait notamment que la jauge d’énergie ne soit pas visible dans le donjon (ni sur la carte) mais seulement une fois le combat engagé peut vite mener à des duels voués à l’échec.
Par ailleurs, la façon dont il faut "lancer un sort", n’est pas du tout instinctive au premier abord : le peu d’explications proposées indique qu’il faut "bouger sa baguette", sans préciser qu’il faut aller chercher le curseur hors champ, le maintenir appuyé, etc. Cela peut paraître évident une fois les premiers duels passés, ou pour ceux qui ont déjà joué à des jeux similaires auparavant, mais pour des néophytes, la frustration peut vite prendre le dessus.

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Enfin, le fonctionnement des différents sortilèges et des points de focalisation reste assez peu clair lui aussi ; on comprend en tâtonnant, mais là encore, ces différentes fonctionnalités mériteraient des explications plus détaillées et qui peuvent être consultées sans que le chronomètre du défi soit enclenché - puisque vous avez 5 minutes pour terminer votre défi, temps de chargement compris.

T’aurais pas un peu d’énergie ?

Pour capturer des retrouvables et combattre des ennemis dans les forteresses, il vous faudra de l’énergie. Ici, pas de jauge qui se remplit toute seule au fil du temps, il vous faut obligatoirement aller dans des auberges pour en récupérer.

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C’est un système qui a ses avantages (si vous avez une auberge à proximité, pas besoin d’attendre plusieurs heures avant de pouvoir jouer à nouveau) mais aussi ses inconvénients : dans certaines zones géographiques, notamment à la campagne et dans certaines banlieues, les bâtiments accessibles aux joueurs sont rares ! Il devient donc difficile de faire le plein, alors que les environnements urbains pullulent.

Les joueurs de Pokemon Go avaient déjà été confrontés au problème avec les PokeStops et les Arènes ; il est donc regrettable que la leçon n’ait pas été retenue.
Niantic et Warner Bros. ont, semble-t-il, cherché à compenser cette faille par la création de différents types d’auberges : les auberges vertes, plus présentes en zones moins densément peuplées, offrent plus régulièrement des plats rapportant plus d’énergie (6 à 10), tandis que les auberges en ville (roses, violettes) rapportent en général 3 à 5 énergies lors de chaque visite. Ce n’est malheureusement pas suffisant quand l’auberge la plus proche est à 15min en voiture.

Graines, ingrédients, potions... où ranger tout ça ?

Après les auberges et les forteresses, le troisième type de bâtiment que l’on rencontre sur la carte est la serre, qui permet à la fois de récolter des ingrédients (et parfois, de l’énergie) et d’en faire pousser grâce aux graines que vous récolterez sur la carte.
Les ingrédients permettent ensuite de préparer des potions que l’on peut ensuite utiliser dans les défis et traces pour améliorer les sorts, se soigner, maximiser ses points d’expérience et récompenses...

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Les potions s’intègrent parfaitement à la thématique potterienne du jeu et feraient presque office de mini-jeu, avec les "notes du maître" à identifier afin d’en accélérer la préparation. On peut regretter cependant qu’il faille identifier trois fois les notes du maître pour qu’elles soient enregistrées de manière permanente ; il est un peu frustrant de devoir retrouver la formule alors qu’on l’a déjà fait une première fois.

De plus, il faut caser tous ces objets dans un inventaire très rapidement limité, et très cher à élargir ! Chaque type d’objet a son propre coffre ; il n’est donc pas possible de se débarrasser de toutes ses graines (par exemple) pour faire plus de place aux potions. Bien entendu, il faut payer pour augmenter la taille de chaque inventaire individuellement (d’une trentaine d’emplacements), impossible d’augment tout son coffre-fort d’un coup, et les pièces d’or sont loin d’être faciles à obtenir.

Portoloins

Pour accumuler XP et objets, le jeu nous invite également à débloquer des portoloins, qui permettent de visiter certains lieux emblématiques du monde magique en réalité virtuelle. Après avoir marché une distance donnée (2, 5 ou 10 km), ils permettent véritablement de prolonger l’immersion dans l’univers que l’on connait. Plus la distance parcourue est élevée, plus le lieux débloqué est censé être rare.

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Jusqu’à présent, cependant, nous n’avons jamais visité d’autre lieu que la cabane de Hagrid ou Barjow et Beurk. Sur la trentaine de portoloins que nous avons débloquée, nous avons eu la chance, une fois, de pouvoir nous aventurer chez Ollivanders. Il est logique évidemment de ne pas avoir accès à tous les lieux trop vite, mais on aimerait bien voir autre chose de temps à autre dans les portoloins de 10 et 5 km.

Un univers qui s’étend vraiment, techniquement correct

Visuellement, le jeu est globalement réussi pour un jeu portable. La mini-map est plus détaillée que son équivalent sur Pokemon Go, les animations sont généralement fluides et l’univers graphique du jeu est très plaisant, comme nous l’avions déjà dit lors de notre premier aperçu.

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L’aspect des retrouvables s’inspire des visuels des films Harry Potter et Animaux fantastiques, mais l’apparition de certains objets ou personnages invisibles ou anecdotiques dans les films apporte un renouveau.
Une des plus grandes réussites à nos yeux, ce sont sans doute tous les petits détails, références et extensions du monde magique. Certains retrouvables sont des objets, plantes ou créatures brièvement mentionnés dans les livres qu’il est fort agréable de retrouver ici, mis en avant, avec un visuel inédit ; qu’il s’agisse de Peeves, des fléreurs, des prunes dirigeables, de la glace à l’ennemi ou encore des bavboules.

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De même, l’ajout de certains objets, comme le heaume de géant, jamais vraiment mentionné dans la saga, mais s’intégrant parfaitement à l’univers, donne une profondeur supplémentaire au jeu. Les animations avec les sceaux sont elles aussi très bien pensées ; mention spéciale à Arthur Weasley qui se transforme en canard en plastique, et au troll qui se regarde dans le miroir du Risèd !
On notera aussi les plats qui changent dans chaque auberge, tous typiquement anglais, parfois tirés de la saga (bièraubeurre, jus de citrouille, gâteau à la violette de Pétunia)

On note cependant des visages aux traits souvent identiques ou presque, des expressions inexistantes, au point que certains personnages sont difficilement reconnaissables, et des ombres fortement pixelisées.

Amis

Si le jeu propose d’ajouter ses proches à sa liste d’amis, son utilité est pour le moment plutôt limitée. A l’heure actuelle, sa seule fonction est de donner davantage de récompenses lors des défis de sorciers dans les forteresses. On espère que les options évolueront avec le temps, avec la possibilité d’échanger des objets de sa chambre forte par exemple.

CONCLUSION

Pour le moment, Wizards Unite semble tenir ses promesses ; un jeu globalement réussi, bien pensé, immersif, rempli de clins d’œil et qui encourage les fans à se rassembler et à jouer ensemble. Un certain nombre de bugs sont à recenser, mais on peut espérer qu’ils seront corrigés au fur et à mesure. Reste à savoir si le concept tiendra l’épreuve du temps, avec un fil narratif solide et des nouveaux retrouvables à libérer.

Le jeu lance son premier événement spécial aujourd’hui, 3 juillet, "faune et flore fantastique" ; l’occasion de voir s’il peut se renouveler sur la durée.

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