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Trois anniversaires et un enterrement

1er août 2011

Commençons par la joie, et fêtons avec peu de retard trois anniversaires qui ont chacun leur importance : Jo, Harry et la Gazette. Bon anniversaire à vous !!

Poursuivons maintenant avec l’enterrement.

Je me souviens l’avoir découvert un soir de décembre. Enfin, une nuit pour être exact.
Oui, c’est ça : il était tellement tard que la lune formait un sourire dans le ciel étoilé. Et il était là.

Oh, bien sûr, on s’était déjà rencontré avant. Mais pour un type comme moi, il faut du temps pour se rendre compte, vous comprenez. Il m’a fallu l’accepter, le découvrir pour de bon au creux d’une salle obscure.
Au début, on se cachait. Il faut dire que j’avais un peu honte.
Puis au fur et à mesure, on s’est rapprochés… Ou alors c’est lui qui est venu vers moi. J’ai presque cru que c’était par hasard.
On a eu de grands moments, d’une intensité comme je n’en ai jamais connu ailleurs. Il me faisait rêver, développait mon cœur en même temps que mon âme…

Puis tout a basculé.

Au début, je ne pouvais le croire, je ne pouvais le voir. Mais c’était bien là, et il ne me regardait déjà plus. Il avait changé, pleinement conscient de mon amour pour lui. Il me considérait comme acquis, et ne faisait plus me moindre effort pour me plaire, car il savait parfaitement que, quoi qu’il fasse, quoi qu’il décide, où qu’il aille, je serais toujours derrière lui.

Harry.

Ton monde a fini par ne plus ressembler à rien.
Tu t’es même moqué de moi, avec tes satanées histoires de bardes, où je ne sais quoi. Jamais lues, au passage. Il faut dire que durant un an, tu m’as fait languir, pour enfin te décider à dévoiler ce que tu gardais précieusement pour toi. J’ai tellement eu mal de te voir faire ça que j’ai presque regretté d’avoir eu ce fichu coup de cœur dans ce cinéma.

Plus le singe grimpe, plus il nous montre ses fesses, qu’on dit.

Et c’est particulièrement juste avec toi.

Je vais d’ailleurs te dire : mon amour pour toi ne me protège même plus de la médiocrité de tes aventures cinématographiques. Je ne peux plus les voir avec des yeux émerveillés : il n’y a plus rien à voir de merveilleux.

Le pire pour moi, c’est de me rendre que je suis toujours autant attaché. Il a suffit qu’on me parle de ta nouvelle aventure pour que je me précipite.

Mais voilà, ce que j’ai vu m’a conforté dans mon idée : mon amour pour toi, Potter, est mort. Ni plus ni moins. J’aime peut-être encore ton univers, mais toi, tu ne vaux plus rien, tu n’es plus rien pour moi. A peine un copyright. A mes yeux, tu personnifies cette façon dégueulasse de faire cracher le fan lambda. Ton sourire enfantin des débuts s’est transformé en une suite de sourires carnassiers d’avocats, de producteurs et d’une multitudes de monstres* sans foi ni loi, qui au nom du profit s’acharnent à te faire survivre. Tu n’es qu’une carotte, Harry, et nous, pauvres adorateurs que nous sommes, nous voilà transformés (sans la moindre magie) en une file de poules aux œufs d’or en batteries, pondant des liasses à ta demande.

Tu te justifieras sans doute en disant que c’est ainsi que tourne le monde, mais…

Pas pour moi. Tu m’as encouragé à rêver, et le business dans lequel tu es à présent enfermé ne fait pas partie du rêve.
Tu es comme ces artistes, ces stars de la musique qui après des débuts prometteurs stoppent net leurs évolutions, afin de rester sur une vague populaire et rassurante pour leur portefeuille.

Tout ça, en vérité, à cause de la mortalité du produit que tu es. Oui, un jour, tes fans disparaitront ; mais n’est-ce pas dans l’ordre des choses ? Voldemort n’avait-il pas tord de chercher l’immortalité à tout prix ? N’as-tu pas toi-même balancé deux reliques, t’exposant dans un futur proche ou lointain à (attention instant frisson)… la Mort ?

Voilà, Harry.
Grâce à toi, on apprend à ne plus croire aux contes de fées, on apprend à grandir, à détruire nos rêves, on apprend à tuer ce qui, enfants, nous a donné de l’espoir.

Et comme, fou que je suis, je rêve encore, je te suivrai, je te payerai, je t’achèterai.

Et pour tout ça, Harry, je te détesterai.

*Les mots italiques suivis d’une astérisque ont été censurés par la Rédaction.


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