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Oscars : pourquoi leur travail pourrait être récompensé

26 février 2012

La nuit prochaine aura lieu la 84e Cérémonie des Oscars, à Los Angeles. Ce sera la dernière occasion pour l’Academy of Motion Picture Arts and Sciences de remettre un (ou plusieurs) prix à un film de la saga Harry Potter.

Harry Potter et les Reliques de la Mort : Partie 2 est nommé dans trois catégories techniques. Avant que le verdict ne tombe, les hommes de l’ombre qui espèrent recevoir une ultime récompense pour le travail qu’ils ont mené sur ce film racontent le tournage, hors des plateaux.

À l’occasion de la nomination du film pour l’Oscar du meilleur maquillage, le créateur du maquillage, Nick Dudman, et la créatrice des coiffures, Lisa Tomblin, reviennent sur les difficultés qu’a posé le tournage de l’épilogue...

Nick Dudman

« Si vous transformez quelqu’un en gobelin, c’est un personnage fantastique. Si je vous dis “C’est un gobelin” et que vous me répondez que ce n’est pas le cas, eh bien, c’est votre avis. Si vous dites “Ça ne ressemble pas à Daniel Radcliffe”, là, nous avons un problème. »

« Quatre-vingt-dix pour cent du temps, l’attention est attirée par l’effet appliqué », explique Dudman. Le processus de création de cette scène était vraiment très intense, car l’équipe a observé les parents des acteurs, ainsi que les parents des personnages qu’ils incarnaient à l’écran pour tenter de repérer des indices quant au processus de vieillissement. Initialement, les projets prévoyaient un maquillage assez abondant.

« Nous avions élargi hanches et poitrine des filles, avec un léger embonpoint. Nous avions prévu des prothèses pour les garçons, afin de pouvoir les dégarnir partiellement. Et nous avions préparé une série complète d’autres prothèses : pour les yeux, le nez, les joues, le menton et les oreilles. »

« Nous étions allés trop loin avec le maquillage [dans la première version de l’épilogue], et les costumes ne correspondaient pas, la performance des acteurs ne collait pas. » Le souci était tel qu’il fut même débattu du besoin de conserver l’épilogue dans la version finale du film. « La seule raison pour le faire était de satisfaire les fans. Ce n’était pas vraiment nécessaire à l’histoire. Le film s’achevait en beauté avec la bataille. »

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Lisa Tomblin

« Dan portait une perruque grisonnante. Rupert avait une perruque dégarnie avec quelques touches de gris. Emma avait une perruque courte. Mais ça ne marchait pas vraiment. C’est vraiment difficile de vieillir une personne de 20 ans. Ce n’est pas du tout pareil qu’avec quelqu’un de 30 ans qui commence à avoir quelques rides naissantes. »

« Nous avons simplement essayé d’en faire trop, au début. Puis nous avons simplifié. Harry Potter a toujours les cheveux qui retombent sur son visage. Hé bien enlevons-les de là ! Pas de gris, juste un changement de lunettes, et bingo ! il avait l’air plus vieux ! Il semblait plus mature. »

« C’est tellement simple, quand vous vieillissez des garçons, de tomber dans la caricature. Vous pouvez donnez l’air plus mature à une fille juste en changeant son sac à main. »


Tim Burke a passé les dix dernières années immergé dans le monde magique de Harry Potter, un monde qui n’aurait pas pu exister sans les effets visuels. Il est directeur des effets spéciaux sur tous les films de la saga depuis La Chambre des Secrets, ayant reçu une nomination aux Oscars pour Le Prisonnier d’Azkaban puis pour Les Reliques de la Mort : Partie 1. Il avait été récompensé il y a déjà quelques années d’un Oscar pour les meilleurs effets visuels après son travail dans Gladiator.

Tim Burke

Par quels aspects ce film a-t-il les meilleurs effets de la saga ?
C’était le plus spectaculaire. Et le chapitre final de la saga : la mort de Voldemort, les batailles... Nous n’avions jamais été amenés à créer des séquences de ce niveau auparavant. Nous étions restés passablement raisonnables pour les films précédents. Celui-ci nous emporte dans une épopée hors des murs de Poudlard, plutôt qu’à l’intérieur de ses limites.

Dans un sens, puisqu’ils prennent davantage place dans le monde réel, ils étaient plus proches de ce que l’on imagine communément des effets visuels, n’est-ce pas ?
Oui. Ils étaient traditionnels dans le sens où nous avons créé des mondes, des foules, des créatures. Les gens se focalisent sur les effets évidents – les géants, les araignées, le dragon. Mais en plus de cela, nous avons le monde et le paysage où se déroule la bataille. Nous avions des bonnes vieilles scènes d’action avec des personnages virtuels mais aussi des acteurs réels à placer dans un monde numérique, créé pour avoir l’air aussi photographiquement crédible que possible.

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Vous aviez toujours utilisé des miniatures pour les volets précédents. Était-ce encore le cas pour celui-là ?
Nous n’avons pas utilisé une seule miniature pour Poudlard. C’était la première fois que nous abandonnions la maquette à l’échelle 1/24. Nous avons utilisé un viaduc construit à une échelle 1/3 pour la séquence avec les géants. Nous avons mis à l’échelle les éléments d’architecture sur lesquels ils devaient courir pour faire paraître les acteurs plus grands. Mais nous n’avons pas utilisé de miniatures pour recréer Poudlard.

Pourquoi avoir toujours fait de Poudlard un environnement numérique, cette fois ?
C’était un changement important, une importante décision que nous avons prise avant de commencer le film. Nous étions encore en train de travailler sur le sixième film, Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé, et de discuter avec le réalisateur et les producteurs. Tous ce que nous avions était le livre. Pas de script. Nous avons réalisé combien l’école était devenue une part importante du film et de l’histoire. David [Yates] voulait avoir la liberté de faire voler la caméra autour de l’école, à travers les fenêtres, d’explorer l’école au fil de la bataille.

Pour avoir travaillé avec des miniatures par le passé – une grande de 1/24 et d’autres sur mesure à des échelles différentes pour des lieux clés – nous savions que ce serait un travail de titans de construire toutes ces miniatures et de les intégrer dans des plans plus larges. Double Negative possédait la technologie que nous avions utilisée avec succès dans Le Prince de Sang-Mêlé pour reconstruire l’ensemble de Londres. Il était temps d’abandonner la maquette.

Nous pouvions prévisualiser, concevoir ce que nous devions bâtir à la bonne résolution, puis déterminer et mettre sur plan les bâtiments de l’école à différentes résolutions pour faire tout ce que David [Yates] voulait. Il pouvait déplacer sa caméra depuis les montagnes jusqu’à une caméra sur un plateau de tournage en passant par la fenêtre. Nous avions toute cette architecture.

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Quels sont vos plans favoris dans le film ?
Curieusement, je pense à la scène du bouclier en train de se former, puis de sa destruction. Bien qu’elles n’aient pas été les plus compliquées, elles font partie des plus belles. Comme Voldemort arrivait avec son armée sur le flanc de la colline, les professeurs se rendirent dans la cour d’entrée et créèrent un bouclier magique qui enveloppa et protègea l’école. Nous avons créé ces plans à Double Negative et ils sont élégants.

Cela prit un temps important de créer ce bouclier magique. Puis Voldemort bombarda l’école et détruisit le bouclier. Nous voulions donner une dimension épique à cela. Nous nous sommes référés à l’accident du zeppelin Hindeburg, lorsqu’il s’enflamma, pour déterminer la taille des flammes et des matériaux en feu. C’était la référence pour les flammes semblables à des morceaux de tissus qui tombèrent sur l’école. C’était magique – pas dans le sens de Harry Potter. C’était beau et terrible à la fois. Ces plans ayant été complètement créés par ordinateur et énormément travaillés, le résultat obtenu est à la hauteur de nos espoirs.

Bien sûr, toutes les scènes de combats étaient excellentes. Parvenir à faire fonctionner les géants en utilisant de véritables acteurs et en transformant leur visage par ordinateur nous a permis de ne pas avoir à les créer entièrement en images de synthèse. MPC a modifié leur visage pour qu’ils n’aient plus l’air humain.

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Et je n’oublie pas le dragon créé par Double Negative. Nous devions provoquer de la compassion pour cet animal gigantesque à travers une pure performance. Nous avons pris pour référence de réels animaux maltraités et avons traduit leur langage corporel dans notre personnage. Il était pris au piège. Incapable de voler. À moitié aveugle. Et il avait été gardé ici-bas durant toute sa vie. Il était important de mettre cela en valeur de telle sorte que vous vouliez qu’il s’évade et quand il l’a fait, il vole avec fierté et majesté. C’était une adorable histoire pour créer le personnage du dragon.

Aviez-vous d’autres personnages virtuels dans le film ?
Nous avions à nouveau les détraqueurs – créés par Rising Sun. Framestor a fait les araignées géantes. Il y a d’ailleurs une anecdote touchante. Andy Kind, le créateur des araignées, était celui qui avait travaillé avec moi à Mill Film sur celles du deuxième film, neuf ans auparavant. Mill Film ayant fermé, les araignées n’existaient plus. Il les a reconstruites en se référant à des séquences de ce film.

Framestore a fait la même chose pour la Chambre des Secrets qui apparaissait aussi dans le second film mais avait été détruite depuis longtemps. Nous l’avons complètement construite par ordinateur.

Quelle tendances percevez-vous dans les effets visuels, aujourd’hui ?
Cette année est vraiment intéressante. Il y a eu de nombreux films de super-héros dans beaucoup de styles, certains meilleurs que d’autres, ce qui est souvent dû au script. Mais cette année, il y a un très large éventail de films, plus qu’avant. Nous avons davantage d’effet visuels artistiques qu’auparavant. Pas simplement de gros effets – c’est l’usage subtile d’effets invisible dans la trame de l’histoire. Aussi bons que le sont les films de robots, c’est agréable de voir plus de diversité. Le travail sur The Tree Of Life est superbe, fantastique. Très original. Nous avons le travail extraordinaire avec la capture de mouvement de la Planète des Singes : Les Origines, sans laquelle il aurait été impossible de tourner ce film, dont les principaux personnages ne pouvaient être que des créatures virtuelles. Les singes sont les acteurs. Hugo Cabret est magnifiquement conçu sur le plan artistique, et du design, et les effets visuels font partie de la trame de l’histoire au même titre que dans Harry Potter. Ces films ouvrent la compétition en même temps qu’ils ouvrent davantage notre monde. J’espère que cela continuera. Nous pouvons faire la plupart des choses que l’on nous demande, mais il nous faut de bons scripts et de bonnes idées. Je pense que c’est ce qui a été bien cette année : davantage de scripts intéressants faisant appel aux effets visuels avec plus de diversité.

(Merci SnitchSeeker.)
(Article original de Barbara Robertson, pour Studio Daily.)

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