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5 Noises

Mathieu Hidalf

9 juillet 2012

Cette critique s’adresse surtout à nos jeunes lecteurs, mais nul doute que Mathieu Hidalf saura également séduire les plus âgés.

Car il est attachant Mathieu. Insupportable certes, mais attachant malgré tout. Il est né le même jour que le roi et il est connu dans tout le royaume pour lui gâcher son anniversaire tous les ans … et tous les ans les paris vont bon train. D’autant plus que Mathieu a promis que ses dix ans seraient spectaculaires.

Le premier tome commence d’ailleurs en ce jour si important. C’est son anniversaire, et pourtant Mathieu n’est pas satisfait : dix ans, c’est un an de moins que l’âge autorisé pour passer l’examen d’entrée de l’école de l’Elite, qui lui fait tellement envie. Mais son abattement fait rapidement place à une grande fébrilité : la bêtise qu’il a préparée pour célébrer l’anniversaire du roi promet d’être mémorable ! Cette tradition étrange est née en même temps Mathieu, alors que ses tous premiers hurlements retentissaient dans le château, gâchant la fête d’anniversaire du souverain astrien pour la première fois. Le jeune garçon n’a ensuite eu de cesse que de rester fidèle à sa réputation, fomentant des complots de plus en plus complexes. La question que tout le monde se pose : atteindra-t-il son maximum ce jour-là ? Ou la terrible nouvelle qui va bientôt secouer le royaume mettra-t-elle un terme à ses fantaisies ?

L’univers est loufoque et la magie y existe, mais outre les sorciers, les personnes les plus adulées du royaume sont les Elitiens. On ignore ce qu’ils sont exactement, mais on sait qu’ils sont les seuls à être au-dessus des lois. Il n’est donc pas étonnant que Mathieu, roi de la bêtise et du complot, rêve d’entrer dans l’école qui les forme. En trichant bien évidemment ! Permettez-moi de vous dire que cette école ne manquera pas de vous fasciner, notamment les dortoirs. Je ne vous en dis pas plus, ça sera à vous de le découvrir ! On trouve également entre les pages un arbre magique, une biche argentée, un chien à plusieurs têtes, autant de clins d’œil qui plairont aux fans d’Harry. Et outre cet aspect magique et scolaire, qui vous rappellera donc vaguement quelque chose, quelques références aux fables de la fontaine feront sourire les amateurs.
Série en cours, il est déjà possible de se procurer les deux premiers tomes, et le troisième ne devrait pas tarder à paraître à son tour. On peut en effet déjà en admirer la couverture sur le site de l’illustrateur.

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Pour compléter cet article, la Gazette a eu la chance de pouvoir poser quelques questions à Christophe Mauri, auteur de cette série.

Je suis moi-même un enfant de Harry Potter.

La Gazette - Les personnages de votre série signent souvent des contrats plus ou moins loufoques. Avez-vous étudié le droit avant de les rédiger ?

Christophe Mauri - Si loufoques, à vrai dire, que ce serait peut-être inquiétant si j’avais étudié le droit ! J’ai bien peur de n’être pas à la hauteur de maître Magimel et de Mathieu Hidalf pour ce qui est de signer des contrats ou d’affronter des tribunaux… Pour dire un mot sur le droit dans l’univers de cette série, il est effectivement très présent ; c’est grâce à lui que Mathieu, qui n’est qu’un enfant, va pouvoir empiéter sur le terrain des adultes… et triompher d’eux en ajoutant à sa connaissance des lois une bonne dose d’imagination !

G - Comment vous est venu le personnage de Mathieu ? Son côté horripilant (mais attachant) est-il apparu tout de suite ou s’est-il développé au fur et à mesure ?

CM - Mathieu est un personnage avec lequel je « vis » depuis trois ans. Bien sûr, au cœur de ces années d’écriture, il a changé, il a pris forme, il s’est affiné. Mais dès le commencement, je crois qu’il ressemblait beaucoup à celui qu’il est encore aujourd’hui. S’il n’avait que son côté horripilant ou attachant, dès le départ, Mathieu m’aurait ennuyé. Cette dualité qui est en lui porte le récit. Mathieu Hidalf est un anti-héros, mais un anti-héros qui, sur le plan affectif, a bel et bien dix ans. Et j’espère que c’est parce qu’il est avant tout un enfant, justement, qu’il finit par être attachant.

G - D’après vous, des fans de Poudlard, en perdition depuis la fin de la saga Harry Potter, pourraient-ils trouver du réconfort dans la découverte de l’école des Elitiens ?

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CM - Je suis moi-même un enfant de Harry Potter. J’ai grandi avec ce héros. Lorsque j’ouvre un des sept romans, la seule odeur des pages me transporte à Poudlard, à Pré-au-Lard ou dans le Chemin de Traverse… L’école de l’Élite est une toile de fond dans le tome 1 de Mathieu Hidalf. Elle est plus présente dans le second. Mais ce n’est que dans le troisième tome, je crois, qu’elle se révèle vraiment et devient presque « le personnage le plus important de l’histoire. »
L’école de l’Élite n’est pas seulement un bâtiment ; elle abrite un arbre légendaire, l’Arbre doré, qui la protège et qui protège ses élèves. Si cet arbre meurt, tous les Élitiens disparaitront avec lui.
Pour répondre à votre question, tout ce que je souhaite, c’est qu’un jour un lecteur me dise : « J’aimerais devenir un Élitien ! » comme je disais, enfant, que je donnerais tout pour étudier à Poudlard.

Je n’ai jamais [...] été très à l’aise avec ce mot de « bêtise ».

G - Qu’est-ce qui vous a poussé vers l’écriture fantastique ?

CM - Mes lectures, un amour profond du conte, le phénomène de Harry Potter et du Seigneur des Anneaux (qui ont marqué une partie de ma génération) m’ont poussé vers le genre fantastique. Au lycée, lorsque les films du Seigneur des Anneaux sont sortis sur les écrans, ils étaient pour beaucoup une préoccupation plus importante que le passage du bac !
Outre les influences, le bonheur de me couper des réalités du monde m’a aussi poussé, tous les jours depuis mon adolescence, à rêver un peu à des univers fantastiques, pour m’évader… m’évader un moment au retour du collège, puis au retour du lycée, puis au retour du travail. Ce sentiment n’est pas très éloigné de celui que l’on ressent, justement, en ouvrant un livre.

G - Quelle est votre plus grosse bêtise ?

CM - Je n’ose pas vous la révéler ; Mathieu Hidalf me renierait tant elle paraitrait faible au regard des siennes. Je n’ai jamais, d’ailleurs, été très à l’aise avec ce mot de « bêtise » que j’emploie pourtant si souvent au sujet de Mathieu. Il ne fait pas des « bêtises » ; tout est prémédité, organisé, machiavélique ; il s’agit de véritables complots mis en œuvre par Mathieu Hidalf, bien plus que de bêtises au sens enfantin du terme.

G - Quelle est la question que vous aimeriez bien qu’on vous pose mais à laquelle personne ne pense ?

CM - Cette question pourrait être : le capitaine des Élitien, Louis Serra, et la comtesse Dacourt, directrice de l’école, s’aiment-ils ? C’est une question qui me plait, parce que je me la pose souvent, sans réussir à formuler une réponse précise. C’est le moment magique où j’observe certains de mes personnages en constatant qu’ils ont désormais des secrets pour moi !

Un grand merci à Christophe Mauri qui a accepté de répondre à nos questions, et merci à Frederique Cuissot, chez Gallimard, pour sa disponibilité et son aide.

PS :

Voici les liens d’achat pour Le Premier Defi de Mathieu Hidalf (Tome 1) et Mathieu Hidalf et la foudre fantôme (Tome 2)


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