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Londres : nous y étions

28 août 2011

Ah ! Quelle aventure que cette avant-première londonienne ! Entre moments de félicité, d’énervement et de pur stress, on a de nouveau vécu un bel ascenseur émotionnel grâce à la Warner. Ce fut une expérience tout à fait inédite, réellement intéressante d’un point de vue humain et . . . Mon dieu, qu’est-ce que ce fut épuisant !

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En gras, le retour de Pantalaemon ; en normal, le compte rendu de Allie.

Je suis arrivé à Londres le mercredi 6 juillet, vers 10h. Après avoir appris la veille qu’il faudrait récupérer des bracelets pour assister à l’avant-première sur Trafalgar, que ces bracelets seraient distribués dès 10h et que des personnes campaient déjà sur place pour les obtenir, mon heure d’arrivée me semblait bien tardive.

Vers midi, je me trouve dans une file interminable en compagnie d’Abraxan, file qui n’avance pas, car les bracelets ne sont toujours pas là. Puis, lentement, les choses se mettent en route, mais nombreux dépassent, s’incrustent, et la file n’avance donc toujours pas (avec 2 extrémités auxquelles les gens s’ajoutent, comment voulez-vous ?). La sécurité fait tout pour nous rassurer : "Là où vous êtes... mouais, vous avez bien peu de chances d’en obtenir un." Deux heures, une interview pour la radio belge et de multiples pics de stress plus tard, nous quittons la file avec les précieux sésames ; mais nous n’avons pas su en récupérer pour tous ceux qui nous rejoindraient dans la soirée, la file est encore longue, et nous avons appris que l’organisation ne nous faciliterait pas le séjour...

En fin d’après-midi, cependant, la file a disparu, mais il reste des bracelets qu’ils distribuent aux passants ! Nous récupérons donc les bracelets manquants et nous installons pour attendre les autres. Rejoins au compte goûte, nous nous plaçons dans une nouvelle "file" pour une place le lendemain que nous espérons bonne, et dormons là. Ou essayons... Disons qu’on y a passé la nuit.

J’ai rejoint les gazetteurs le 7 juillet vers 1h30 du matin, après quelques péripéties dans les transports en commun. J’ai ainsi récupéré le sésame, ce fameux petit bracelet rouge qui permettait d’entrer dans "l’enclos", et dont j’avais appris l’existence la veille. Je dis l’enclos, car c’est exactement l’impression que ça m’a donné. En arrivant sur Trafalgar, j’ai trouvé la place entourée de grilles. Décorées des symboles des quatre maisons certes, mais de grilles quand même. Certains y ont peut-être vu une sorte de discothèque VIP dont l’entrée était régie par des règles strictes, mais je vous avoue que j’ai plus eu l’impression d’être un animal dans un zoo. Vous allez comprendre. La nuit fut un peu rude, puisque nous étions situés non loin d’un arrêt de bus fréquenté, et que les londoniens plus ou moins alcoolisés au sortir des bars trouvaient hilarant le fait de nous prendre en photo (avec flash) et de chanter à tue-tête pendant que nous essayions de dormir. Notons également que les projecteurs pour l’avant-première elle-même restèrent allumés toute la nuit, afin que les ouvriers puissent continuer à travailler.

Si je me souviens bien, nous avons émergé bien malgré nous vers cinq ou six heure du matin, sous un ciel gris plus que menaçant. Évidemment ça n’a pas loupé, il a commencé à pleuvoir très tôt dans la matinée, et tout le reste de la journée n’a été qu’une alternance d’averses plus ou moins importantes et de moments de calme. J’ai donc passé de très agréables moments, debout, à essayer de protéger ma valise des ruissellements incessants et en tentant de ne pas la perdre lors des mouvements brusques.

Les gens se mettent debout dans la file à 6h, alors que la zone pour laquelle nous attendons n’ouvrira qu’à 11h, au plus tôt... Nous resterons donc debout de 6h à 21h.

Comme dans toute foule constituée de fans empressés, ça pousse très tôt, trop tôt. Alors que nous ne savions même pas quand nous allions bouger (une heure, deux heure, quatre heure plus tard ?), les gens étaient serrés les uns contre les autres, les parapluies dégoulinaient sur les sacs et les manteaux, et je peinais à maintenir ma valise, craignant par dessus tout un mouvement rapide qui me ferait trébucher. Lorsqu’enfin les vigiles se sont approchés, ce fut la cohue, comme prévu, chacun voulant la meilleure place. Mais comment leur en vouloir alors que j’étais dans le même état d’esprit ?
[...]
C’est faux, je leur en ai vraiment voulu !

Mais bon sang, pourquoi l’organisation a-t-elle lâchée les gens comme un troupeau, plutôt que de les faire accéder à la zone en rang et en ordre ?! On aurait pu se faire piétiner, et tomber dans les escaliers, je sais pas moi...
Je leur en ai voulu, moi aussi, tant aux fans qu’à ceux chargés de "notre sécurité". D’autant plus que bon nombre en profitent pour dépasser. Le groupe de gazetteurs est divisé en deux, certains placés face aux caméras le long du tapis rouge, d’autres dont moi face à un grillage, montrant mon profil à ces mêmes caméras, espérant que les acteurs tourneront l’angle et feront 5 mètres de plus pour venir nous voir.

Nous avons finalement été amenés face aux caméras du monde entier, un peu excentrés par rapport au tapis rouge principal. Je me suis retrouvée juste à côté d’adolescentes d’environ quatorze ans, qui ont décidé de pousser pour atteindre la barrière et se retrouver au premier rang. Il était alors midi, et les acteurs n’arrivaient qu’à seize heure (sans compter le retard). Emmitouflée dans cinq couches de vêtements pour me protéger du froid et de la pluie durant le matin, je commençais à étouffer et à me demander si ça valait réellement le coup de rester là. Le plus insupportable était probablement les filles au premier rang qui nous hurlaient dessus, alors qu’elles avaient les meilleurs places. En résumé, j’étais fatiguée, trempée, soit frigorifiée soit en train de fondre, et énervée par ces gens à cause de qui nous étions tous serrés les uns contre les autres alors que nous aurions pu nous poser au sol quelques heures et discuter. Niveau mise en condition, ça aurait difficilement pu être pire. Mais voyons le bon côté des choses : j’ai découvert que je savais très bien hurler sur les gens en anglais, et que c’est un réel plaisir d’insulter quelqu’un en français alors qu’il ne comprend rien. Finalement, à quinze heure trente, répondant à nos supplications, le ciel de Londres s’est éclairci pour rester bleu jusqu’à la fin !

De notre côté, les gens sont sympathiques. On discute avec des fans italiens et portugais (?). Étant au premier rang, nous acceptons de prendre leurs livres pour les faire signer, et en profitons pour parler des traductions de noms en différentes langues. Ca ne pousse pas trop, on nous laisse même aller et revenir le long de la barrière, mais nos places semblent si mal situées que ce n’est pas étonnant.

Alors que le soleil revient, malheur... l’organisation nous joue un nouveau mauvais tour. Cette grille à laquelle nous faisions face, à 5m de nous, ce sera l’entrée des invités. Et le flux commence et continuera durant toute la cérémonie, nous masquant les acteurs et les empêchant de venir nous voir en les apostrophant. Seuls 4 acteurs feront le déplacement jusqu’à nous, incluant les jumeaux Phelps, fidèles à leur réputation de grande générosité envers les fans.

Là où nous sommes, nous ne saurons même pas que certains acteurs sont présents car, faut-il le préciser, si nous ne voyons pas tout le tapis rouge, que les acteurs ne viennent pas jusqu’à nous, nous ne voyons pas non plus le podium avec les interviews, ni l’écran géant unique : ils nous sont masqués par une barrière ! Même le son ne parvient pas jusqu’à nous (il ne faut pas gêner les interviews). Être à l’intérieur, et avoir une barrière pour nous masquer la vue... merci la Warner.

L'entrée des invités

A seize heure, toujours pas d’acteurs, mais les écrans géants se sont allumés sous les hurlements pour projeter . . . la bande annonce et, pire, des extraits du film ! J’ai réussi à ne rien voir, et je n’ai pas entendu grand chose, tant les fans criaient à côté, ce qui était finalement assez amusant ! Nous avons également improvisé une petite chorale avec les gens autour de nous qui ont repris en meumeumant le thème des films. L’ambiance commençait à devenir électrique, l’impatience était à son paroxysme, et je me suis alors rendue compte que j’allais enfin apercevoir ceux avec qui j’ai grandi.

Les acteurs sont finalement arrivés, une demi heure plus tard environ, alors que la foule était dans l’euphorie la plus totale. Évidemment, ça a poussé plus fort que jamais à ce moment là. Mais quelle émotion ! Devant moi, enfin, Jason Isaacs, Emma Watson, Rupert Grint, Tom Felton, Alan Rickman, Helena Bonham Carter . . . Il m’était impossible de réaliser que c’était vraiment eux. Et comme je ne lis pas d’articles sur les acteurs, ce fut parfois amusant de les découvrir sans maquillage. Ralph Fiennes par exemple. Quel surprise de découvrir un homme qui, pourvu de son nez, est plutôt séduisant ! Les tenues alternaient entre le sublime et le très excentrique. Jessie Cave portait une robe digne de Luna Lovegood, à mi-chemin entre le collier de perles et une soucoupe volante. Mais même si j’ai pu avoir pas mal d’autographes et de photos, je n’ai pu m’empêcher d’être un peu déçue. En effet, ils sont nombreux à nous être passé devant rapidement pour aller parler aux journalistes, disant "I’ll come back" et ne repassant finalement pas devant nous. Jo’ par exemple (ou Emma...). En plus, tous les VIP qui avaient une place pour la séance entraient par ce côté ; le tapis était surchargé de gens plus ou moins connus, ce qui n’a pas facilité les choses pour nous. Les acteurs secondaires ne sont pas passés par cet endroit, et c’est en regardant les photos aujourd’hui que j’ai vu qui était présent (Tim Burton était là !).

De mon côté, j’abandonne ma place. Je vais me placer à quelques mètres des barrières, derrière Allie et l’autre partie du groupe qui l’accompagnait. Je tends mon livre, et demande qu’on le fasse signer pour moi ; je n’aurai même pas le plaisir de remercier les acteurs. Au moins, de là, je vois les gens passer, je peux prendre des photos en passant mon appareil au dessus de la foule (heureusement que je suis grand), et je peux me retourner pour regarder l’écran géant...

Mais je râle, je râle . . . C’était vraiment extraordinaire ! J’ai pu voir des acteurs que je n’aurais probablement jamais vu sinon, et j’ai vu Jo’, que je rêvais de voir depuis dix ans ! Alors certes, je n’ai pas eu ma photo avec elle, mais quelle joie de la "rencontrer" enfin ! J’ai passé quinze minutes à pleurer après son petit speech avec Daniel, Rupert, Emma et le réalisateur, j’ai eu le droit à un sourire de Tom Felton, ce fut une journée très très riche en émotions, tout était grandiose, j’ai rencontré des fans vraiment sympa avec qui j’ai pu discuter . . .

Le speech de Rowling et des acteurs... La fatigue aidait peut-être, mais rares sont ceux qui, sur cette place, n’ont pas eu la larme à l’œil. On sentait que c’était la fin, la dernière fois qu’on serait tous là, comme ça ; cette masse criant "’till the end"... j’en frissonne encore.

Je n’ai pas eu de photo avec un acteur, je n’ai pu adresser la parole qu’aux jumeaux Phelps, je n’ai vu que le dos de nombreux membres du cast, aucun de nous n’a pu voir le décor du tapis rouge réservé aux invités qui reconstituait la forêt interdite et le chemin de traverse... mais j’ai vu des acteurs que d’autres n’ont pas vu (ils entraient avec les invités pour être "incognito"), comme Maggie Smith ou Jessie Cave, j’ai récupéré un panneau promotionnel qui décorait les barrières, et puis... je les ai simplement vu. De loin, mais quand même.

J’étais une partie de tout ça, un dix-millionième de foule en larme, de foule rugissante, de foule fatiguée et détrempée, mais un dix-millionième de foule heureuse d’être là, et qui s’en souviendra longtemps.

C’était un des derniers évènements HP, et j’y étais !


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