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J.K. Rowling chez Pottercast : la traduction (1)

23 décembre 2007

J.K. Rowling était l’invitée de l’épisode 130 de Pottercast, le podcast (anglophone) du site The Leaky Cauldron. Vous pouvez écouter le fichier original ICI, ou lire notre traduction intégrale ci-dessous !

Pottercast comporte trois chroniqueurs réguliers : Melissa Anelli, Sue Upton et John Noe. Pour bien comprendre cette interview, il faut savoir que Sue Upton est fascinée par Poufsouffle, que John Noe est obsédé par l’Auror Dawlish et qu’il a longtemps pensé que le pluriel de "Horcruxe" est "Horcri" (ce que JKR a depuis démenti). Cette interview a été réalisée quelques heures après la vente aux enchères de Beedle le Barde, alors qu’on ne savait pas encore que l’acheteur était Amazon.

Attention ! Cette interview comprend de nombreuses révélations sur Harry Potter et les Reliques de la Mort.

[Sue et John commencent par une bagarre reprise de Pottercast 128 : lorsque Poufsouffle a embauché les elfes de maison pour Poudlard, leur a-t-elle accordé leur liberté ? Excédée par la longueur de cette dispute, Melissa décide d’appeler les elfes de Poudlard, qui auront la réponse ; elle finit par appeler la secrétaire de J.K. Rowling, qui les connecte à JKR en personne.]

JKR : Vous avez intérêt à ne pas me poser ENCORE une question sur les elfes de maison !

Melissa : Si, c’est ça... Désolée !

Sue : Jo ! Bonjour !

John : Salut Jo !

JKR : Bon, d’accord, les elfes de maison. Allez-y !

Melissa : Ils recommencent. Ils en parlent encore. Il faut vraiment que vous leur répondiez. J’en ai tellement marre !

John : Ce que je disais à Sue, c’est que si elle se souvenait de ce dont nous avions parlé à New York [lors de la lecture publique de JKR], elle saurait que Jo avait dit que Helfa Poufsouffle possédait une plantation...

Sue : Non ! Elle leur a donné refuge ! R-e-f-u-g-e. Ils n’étaient pas esclaves.

JKR : C’est compliqué. Poufsouffle a fait ce qui était le plus acceptable moralement à l’époque, il y a plus de mille ans : elle leur a donné des bonnes conditions de travail. À l’époque, il n’y avait pas d’activisme, personne ne proposait de les libérer ni de les payer. Elle leur a fourni un endroit où ils pouvaient travailler sans être maltraités.

Sue : Tu vois ! Elle n’était pas là avec un fouet à les forcer à travailler dans les cuisines !

JKR : Non. Certainement pas.

Sue : Tu vois ? Merci Jo !

Melissa : Passons aux choses sérieuses. Jo, nous sommes sur le point de commencer l’enregistrement. Nous pouvons continuer à en parler, vous voulez vous joindre à nous ?

JKR : Je n’ai rien de mieux à faire...

John : Vous l’avez entendue ! TLC et Pottercast sont très fiers de vous proposer une interview très spéciale avec la seule, l’unique : J.K. Rowling.

[Jingle d’intro]

JKR : Bienvenue sur Pottercast, votre source n°1 pour les actualités, les théories, les discussion et les interviews, avec des gens des livres et films Harry Potter. Moi-même, j’ai quelques connaissances sur le sujet, puisque j’ai écrit les livres. Mon nom est J.K. Rowling, et j’ai le plaisir de vous présenter les animateurs : Melissa, John et Sue.

Sue : Ouiii ! Jo !

[Rires]

Melissa : Jo, je ne peux pas vous dire combien de fois on a plaisanté en se disant qu’un jour, vous feriez l’introduction de Pottercast.

JKR : Mais vous savez ce que j’ai préféré ? C’est quand Melissa a publié un billet [sur TLC] qui finissait par "est-ce que quelqu’un a d’autres questions ?" et que la première réponse de lecteur du site a été "quelle question étrange, Melissa. À croire que vous aller avoir une invitée qui pourrait répondre à ces questions !

Melissa : Je suis heureuse que vous en ayez parlé. Je dois présenter mes excuses à un de nos lecteurs, nimbusxl, qui est celui qui a fait ce commentaire, et de toute mon histoire sur TLC, je n’ai jamais été aussi proche de mentir. "Calmez-vous, on vous préviendrait si c’était Jo !"

JKR : Melissa Anelli, vous êtes une fieffée menteuse. Webmastrice respectée jusqu’à aujourd’hui.

Melissa : C’est fini. Je démissionne. [pause] Mais nous voulions garder la surprise. J’espère que ça a marché, que c’est une bonne surprise pour tout le monde, juste avant Noël. Je suis particulièrement heureuse que John et Sue aient maintenant l’occasion de
participer [NDLR : Melissa a déjà interviewé JKR, en 2005].

John : Nous allons faire de notre mieux. Je n’arrivais pas à ouvrir la bouche, la dernière fois que j’ai vu Jo.

JKR : Tu étais adorable !

John : Je ne peux pas vraiment la voir, cette fois, alors...

JKR : Tu ne rates rien, j’ai mauvaise mine. Deux semaines de courses de Noël et une vie trépidante, ça m’a achevé.

Sue : Et vous avez de quoi être fatiguée, avec la vente aux enchères et tout. C’était extraordinaire, M. Beedle !

JKR : Je suis encore sous le choc. Nous venons de regarder les enchères en direct... (Je parle de Beedle le Barde, au cas où les auditeurs ne comprendraient rien à ce que je raconte.) Il s’est vendu 1.95 millions de livres sterling [2 700 000€], et je suis sans voix. C’est incroyable. Je suis stupéfaite, et je suis tellement... Ça va faire une différence énorme pour l’association caritative [La Voix des

Enfants], et ça a aussi permis de faire connaître l’association, ce qui est tout aussi important. Je suis tellement heureuse.

Melissa : C’est merveilleux. Mais nous sommes tellement curieux... Y a-t-il des choses que vous pouvez nous dire ?

JKR : Vous voulez dire sur les contes de Beedle le Barde ? Je peux vous dire que... "Le Sorcier et la marmite sauteuse" est le plus moral. Il enseigne aux jeunes sorciers qu’ils doivent utiliser la magie de façon altruiste. "La Fontaine de bonne fortune" est mon préféré. Il parle des qualités qu’il faut avoir pour obtenir ce qu’on désire ; la morale, c’est que finalement, la magie n’est pas l’arme la plus importante. "Le Cœur poilu du sorcier" est assez gothique et sombre. Voldemort aurait mieux fait de le lire avant de commencer sa campagne de terreur. "Lapina la Babille et sa souche qui gloussait" est le titre le plus ridicule jamais écrit par qui que ce soit. Lorsque j’ai donné ce titre à Ron, je n’avais même pas envisagé écrire cette histoire. Il y a eu un bref espace de temps pendant lequel j’avais décidé d’écrire Beedle le Barde alors que le livre n’avait pas encore été publié, j’aurais encore pu changer les titres, mais j’ai vraiment eu envie de garder les titres et de découvrir les histoires qui se cachaient derrière. "Lapina la Babille", c’était un défi. Mais j’y suis arrivée. C’est une histoire de revanche. Une sorcière trouve une façon rusée de se venger de la persécution des Moldus. Et puis le conte des Trois Frères, vous le connaissez déjà. C’est le dernier du livre. Je vous les ai cités dans l’ordre chronologique d’apparition dans le livre. J’ai vraiment adoré les écrire. Mais je dois avouer qu’avant d’écrire ces livres pour dire merci à ces personnes clefs, je m’imaginais qu’il y avait une trentaine de contes de Beedle le Barde. Et puis quand j’ai eu l’idée de les écrire à la main, sept fois, il s’est trouvé que finalement, il n’y en avait que cinq.

John : Je ne vous remercierai jamais assez de m’en avoir offert un exemplaire, Jo. Je le lis aux filles au fil des semaines.

JKR : C’est l’exemplaire incrusté de diamants ?

John : La couverture est splendide.

JKR : Tu ne le trouves pas trop clinquant ?

John : Non, j’ai beaucoup d’objets comme ça sur mes murs, c’était tout à fait dans le ton.

JKR : Tout le plaisir était pour moi, John. Merci pour toute l’inspiration que tu m’as donnée.

John : C’était un bonheur de les lire. J’ai fait ce que j’ai pu.

JKR : Et est-ce que tu as aimé la dédicace ? "Tu avais raison depuis le début, on dit Horcri."

Sue : Non ! Pas ce mot !

John : Personne ne voulait me croire.

Melissa : Il ne va jamais laisser tomber.

JKR : Je lui ai vraiment écrit une lettre, dans laquelle je lui disais que "Horcri" aurait été grammaticalement plus correct, mais j’avais déjà "Inferi" et je ne voulais pas avoir trop d’armes des Forces du Mal dont le nom finirait par "ri". C’était un choix stylistique. J’aime bien le pluriel "Horcruxes". En tant que linguiste...

John : Je m’y suis fait.

JKR : Oh, merci John. [rires] Vous voyez, c’est pour ça que je lui ai offert un exemplaire de Beedle le Barde. C’est un homme généreux.

Melissa : Vous savez, Jo, il y a tellement de questions à poser sur les Horcuxes. On veut savoir : qui a créé le premier Horcruxe ? Grindelwald ? Salazar ? Qui ?

JKR : J’ai le sentiment que c’était Herpo. Herpo l’Infâme [un Fourchelang de la Grèce Antique qui a aussi créé le Basilic]. Mais ça faisait des années que des sorciers cherchaient à faire ce que Voldemort a fait. Certains avaient des expériences qui les ont tués. Il y a beaucoup de parallèles. La fission nucléaire est un bon parallèle dans notre monde. Les gens pensaient que c’était peut-être possible, mais n’y arrivaient pas, et puis certains ont réussi, avec des conséquences parfois catastrophiques. C’est comme ça que je vois les Horcruxes.

Sue : Tom Jedusor a dit, ou Dumbledore, enfin quelqu’un a dit que Slughorn était le seul...

JKR : Oui, mais j’imagine que d’autres avaient essayé. Ce serait naïf de ne pas penser que depuis longtemps, des gens essayaient, qu’ils pensaient à tort avoir réussi, ou que certains se sont blessés ou tués en essayant. C’est tellement dangereux.

Sue : Comment fait-on ? Il faut lancer un sort ? Qu’est-ce qu’il faut faire ?

JKR : Il faut faire plusieurs choses. Il faut lancer un sort. Mais il faut aussi... Je ne veux pas le dire à voix haute. Je connais tous les détails, mais il y a deux choses dont j’estime qu’elles sont trop horribles pour que j’en révèle les détails : ce que Pettigrow a fait pour
redonner un corps rudimentaire à Voldemort [entre le tome 3 et le tome 4] - j’ai expliqué ce qui se passait à mon éditrice et elle a eu l’air d’être sur le point de vomir - et l’autre est comment on fait un Horcruxe. Et je n’ai même pas... Je ne sais pas. Est-ce que je l’inclurai dans l’Encyclopédie ? Je ne sais pas.

Sue : Vous avez prononcé le mot en E !

JKR : Oui, c’est vrai. On devrait lui donner un nom de code, comme "le livre écossais".

Melissa : Nous mourons d’impatience. Nous espérons que vous commencerez à l’écrire dès que vous serez prête.

JKR : Si c’est dans dix ans, ça vous va ? [pause] Personne n’a ri. J’ai la ferme intention de l’écrire, mais je ne vais pas dire que je suis pressée pour le moment. Ce sera beaucoup de travail. Vous savez, j’ai tout gardé, je sais où tout se trouve. Un jour, je prendrai mon courage à deux mains et je m’y mettrai.

John : Je voulais vous dire, juste au cas où vous auriez besoin d’aide sur ce chapitre en particulier, que j’ai beaucoup de photos de Dawlish bébé et d’anecdotes de quand il était enfant. Ça pourrait vous aider à remplir.

JKR : Je sais que je me répète, mais John, tu es toujours là quand j’ai besoin de toi.

Sue : Vous savez, Jo, il est obsédé par un Auror qui s’est fait écrabouiller par une vieille femme qui porte un oiseau mort sur la tête ! [Augusta Londubat, lorsqu’il a essayé de l’arrêter dans le tome 7].

John : Elles ne comprennent pas. Elles ne se rendent pas compte que... Elles appellent ça un duel, ce n’était pas un duel, du moins pas dans mon esprit. Il me paraît nécessaire d’expliquer comment quelqu’un d’aussi doué que Dawlish a pu se faire avoir comme ça.

JKR : Tu sais, je trouve ça adorable que tu aimes autant Dawlish. Et c’est pourquoi à partir de maintenant, son nom est John Dawlish, en ton honneur. Ce sera noté dans l’Encyclopédie - je veux dire le livre écossais. Dawlish était bon, forcément : il est devenu Auror. On ne peut pas le nier. Mais il avait des faiblesses, que Dumbledore a su exploiter. Et n’importe qui qui aurait tenté sa chance sur Dumbledore avant qu’il ne se blesse la main sur le Horcruxe aurait eu des ennuis. Même Voldemort ne voulait pas le faire. L’honneur de Dawlish est sauf.

John : Est-ce que Dumbledore a eu un rôle ? Je croyais que c’était Mrs Londubat.

JKR : Ça, c’est plus tard. Lorsque Augusta Londubat s’en est prise à lui, plusieurs personnes avaient déjà attaqué Dawlish, il devait être un peu groggy. Il était devenu le souffre-douleur de l’Ordre du Phénix. Il ne marchait pas à pleins gaz. Et puis j’ai toujours pensé que Mrs Londubat était une sorcière puissante. Tu sais, John, j’ai été à Leicester il y a peu et j’ai vu Michael Gambon [Albus Dumbledore] avec sa main ratatinée...

Melissa : Il y a eu des commentaires drôles il y a peu au sujet de Michael Gambon. Nous pensons qu’il plaisantait. Il disait qu’il était scandalisé qu’une de ses phrases dans le film avait été complètement copiée depuis le livre et qu’il se promenait en jurant... "Comment osent-ils réutiliser vos mots, Jo ?"

JKR : Michael a un excellent sens de l’humour, c’est un pince-sans-rire. Il faut s’en souvenir et ne pas prendre les choses au premier degré.

Sue : Puisque nous sommes sur le sujet de Dumbledore...

Melissa : Nous mourrons d’envie de parler de Dumbledore. Vous avez fait la une dans le monde entier en révélant qu’il était gay. Je voulais vous poser une questions sur l’homosexualité en général dans le monde sorcier. Est-ce que c’est tabou pour eux ?

JKR : Je ne me suis jamais posé la question. Je pense que ce serait comme dans le monde moldu. Mais le tabou principal chez les sorciers, enfin pour certains sorciers... Si on parle des préjugés dans le monde sorcier, ce qui est le plus important, c’est la pureté de votre sang. Quelqu’un pourrait être gay, de sang pur, et échapper à toute critique provenant des Lucius Malefoy de ce monde. Il n’en aurait que faire. Mais ce n’est sans doute pas vrai de tous les sorciers. Pour les affaires de cœur, ce serait strictement parallèle à notre monde.

Sue : La réaction des gens a été... astronomique.

JKR : Je crois que je t’ai déjà dit, Melissa, que je trouve ça mal de ne pas répondre honnêtement à une question. C’est immoral. Et une jeune femme m’a posé cette question à Carnegie Hall. Juste avant de la poser, elle a dit que ces livres l’avaient aidée à être plus elle-même, ce qui est une des plus belle choses qu’on m’ait jamais dites sur les livres. Et puis elle m’a demandé si Dumbledore avait jamais été amoureux. J’ai été parfaitement honnête sur ma vision du personnage. J’ai toujours pensé que Dumbledore était gay. Est-ce pertinent pour les livres ? Ce n’est pertinent que si on considère que ses sentiments envers Grindelwald, tels qu’ils ont été révélés dans le tome 7, étaient de l’amour et non de l’amitié. Je pense que... Non, je sais que certains lecteurs adultes sensibles s’en étaient déjà rendus compte. Certains lecteurs adultes n’ont pas été surpris. Un enfant verrait une amitié dévouée. Mais c’est possible aussi. Est-ce que c’est pertinent ? Pour moi, ce n’est pertinent que parce que Dumbledore, le grand défenseur de l’amour, qui pensait sincèrement que l’amour est la force la plus puissante de l’univers, a lui-même été dupé par l’amour, ce qui est intéressant. Dans sa jeunesse, il était obédé par un homme qui était presque son mauvais jumeau : c’était un génie, il était dépourvu de moralité, et Dumbledore a perdu sa boussole morale. Il voulait croire que Grindelwald était ce qu’il voulait qu’il soit, ce qui est souvent le cas dans les amours de jeunesse. On remplit les trous dans la personnalité de l’autre avec les vertus qu’on aimerait qu’il ait. Dumbledore avait tort. Il manquait de discernement à l’époque. Et puis bien sûr, il n’était pas juste amoureux : Grindelwald semblait lui offrir la solution à son horrible dilemme. À sa grande honte, Dumbledore n’avait pas la carrure de quelqu’un qui s’occupe d’un proche dépendant ; il avait la carrure d’aller sur la scène internationale et être un homme brillant. Il sait qu’il est comme ça et il en a honte. C’est un problème compliqué. Mais c’est comme ça que je l’ai toujours vu. Ce n’était pas particulièrement important pour moi. Et jusqu’alors, on ne m’avait jamais rien demandé sur la vie amoureuse de Dumbledore. On m’avait posé quelques questions sur lui, mais je dois dire qu’avant la sortie des Reliques, les gens s’intéressaient surtout au futur du trio, alors que le passé de Dumbledore... En fait, je me souviens, Melissa, quand toi et Emerson m’avez interviewée le jour de la sortie du Prince de Sang-Mêlé, nous avons parlé des questions que les fans devraient poser. Et j’ai répondu "la famille de Dumbledore". Je ne voulais pas dire "le passé de Dumbledore", mais poser des questions sur la famille de Dumbledore aurait été fructueuses, parce que j’ai toujours su qu’il y avait cette tragédie dans son adolescence. Voilà. C’était une longue réponse. Mais c’était une réponse complète.

Sue : Nous adorons les réponses complètes !

John : Vous savez, je pense... On va me hurler dessus.

JKR : Comme si ça te faisait quelque chose !

John : OK, j’y vais. Je sais que beaucoup de gens se demandent si Mme Bibine a déjà été amoureuse.

JKR : Tu sais, je n’ai jamais cherché à inventer le passé amoureux de Mme Bibine. Il faudrait aller voir les potterfictions pour ça.

Melissa : Je suis sûre qu’on en trouverait.

JKR : Oui, sûrement.

John : Je crois qu’il y en a plusieurs catégories.

Sue : Puisque nous parlons des relations amoureuses, est-ce qu’on peut vous poser des questions sur d’autres couples ?

JKR : D’accord, parlons des couples.

Melissa : La dernière fois que nous avons fait ça, ça a fini en sacré tohu-bohu. [rires]

John : Mais on s’amuse bien ! J’aime bien ce tohu-bohu !

Melissa : Mais avant de parler des couples, il y a un point que je voudrais éclaircir. En revenant de Carnegie Hall, nous avons répété ce que vous aviez dit : que Harry n’est pas vraiment un Horcruxe. Je ne veux pas passer trop de temps sur les Horcruxes, mais j’adorerais vous entendre expliquer en quoi il est ou n’est pas ou n’était pas un Horcruxe.

JKR : Je vais vous dire... Vous savez, ce que je vais dire ne va pas mettre un terme aux débats. Je le sais, vous le savez. Mais voilà ce qu’il en est : c’était plus simple de faire dire à Dumbledore "tu étais le Horcruxe qu’il n’avait pas prévu de faire". Mais par définition, un Horcruxe doit être fait intentionnellement. Ce soir-là, Voldemort n’est pas passé par toutes les étapes grotesques que j’imagine nécessaires pour créer un Horcruxe. C’est juste que son âme était tellement instable qu’elle s’est coupée en deux lorsqu’il a été touché par le rebond du sort. Une moitié s’est attachée au seul être vivant présent dans la pièce et l’autre moitié s’est enfuie dans cet état très proche de la mort, ces limbes dans lesquelles Voldemort a alors été exister. C’est très proche d’un Horcruxe. Mais Harry n’est pas devenu un objet malfaisant, il n’avait pas de sortilèges sur lui, contrairement aux autres Horcruxes. Il n’a pas été contaminé par ce bout d’âme parasite. La seule période où il a senti ce bout d’âme remuer et bouger, c’est dans l’Ordre du Phénix, alors que lui-même traverse une période très difficile. À un moment, il regarde Dumbledore et il ressent quelque chose en lui, comme un serpent. C’est parce que le bout d’âme qui est en lui se nourrit de ses émotions. Il traverse une période difficile et ce bout d’âme en profite et sa présence se fait ressentir. Mais lui ne sait pas ce qu’il ressent, bien sûr. D’autre part, j’ai toujours pensé que le Choixpeau avait détecté la présence de ce bout d’âme, la première fois que Harry l’a essayé. Il était très tenté de le mettre chez Serpentard. C’est comme ça que je vois les choses. Je sais que ça ne mettra pas un terme aux débats mais je pense que quand j’écrirai le livre écossais, je vais devoir donner la définition stricte d’un Horcruxe. La définition en serait qu’un récipient est préparé par Magie Noire pour accueillir un fragment d’âme et que ce fragment d’âme a été délibérément séparé de l’âme d’origine afin d’être dans le futur une protection, une ancre dans la vie et une protection contre la mort. Ça ne clarifie pas grand chose. C’est ce que je pense, mais je ne pense pas que ça convaincra ceux qui ont une forte conviction d’un côté ou de l’autre. Mais c’est comme ça pour la plupart des choses dans Harry Potter. Je donne une explication et tout ce que ça fait, c’est générer de nouveaux débats.

John : Pendant que vous en parliez, j’ai relu un passage de l’École des Sorciers, le chapitre dans lequel Harry s’endort pour la première fois [à Poudlard], il est dans son dortoir et il fait un rêve dont il ne se souvient pas le lendemain, dans lequel il est tenté d’aller à Serpentard, et je me disais que c’était peut-être ce petit bout de Voldemort en lui, envahissant ses rêves dès le début.

JKR : La souffrance qu’il ressent à chaque fois que Voldemort est particulièrement actif, c’est à cause de ce bout d’âme qui cherche à rejoindre son âme d’origine. Quand sa cicatrice lui fait mal, ce n’est pas le tissu de cicatrice qui lui fait mal, c’est ce bout d’âme qui veut ressortir par là où il est entré. Il a pénétré le corps de ce garçon par une blessure et il veut retourner dans son âme d’origine. Quand Voldemort est près de lui ou quand il est très actif, cette connexion... Elle a toujours été là, c’est ce que j’ai toujours imaginé comme étant à l’origine de cette souffrance. À un moment, Dumbledore lance un sort et on voit un serpent se couper en deux, avec deux têtes. Vous vous en souvenez ?

Melissa : Oui ! "Mais séparés dans leur essence" ? C’est dans le bureau de Dumbledore.

JKR : Oui. Il fait de la magie étrange, il regarde des images. Et le serpent qui se sépare en deux, c’est sa façon de voir l’âme de Voldemort qui se divise. Il joue avec sa propre théorie sur les événements. Et bien sûr, sa théorie est la bonne. Que Voldemort, représenté par le serpent, est divisé. Harry n’a jamais compris le sens de ce serpent à deux têtes, mais c’était ça.

Sue : Vous savez que vous venez de répondre à une question que beaucoup de gens se posaient, sur le sens de "séparés dans leur essence".

JKR : L’essence, c’est l’âme. Dumbledore a toujours su... Enfin il se doutait, jusqu’à la Chambre des Secrets. Et lorsqu’il a vu le journal, qui était clairement ce qui restait d’un Horcruxe, il était convaincu. Il s’est dit "non seulement Voldemort l’a fait, mais il en a fait plus d’un, parce qu’il a traité celui-ci avec beaucoup de légèreté.

Sue : Je peux vous poser une question ? Si Harry avait ce Horcruxe en lui, ou plus ou moins, est-ce qu’il aurait pu mourir ? Tué par un dragon par exemple, ou après une mauvaise chute au Quidditch ?

JKR : Si son corps avait été détruit de façon irréparable... Il faut qu’il meure pour se débarrasser de ce bout d’âme. Son corps doit être détruit de façon irréparable. Beaucoup de gens m’ont demandé - et je crois avoir répondu depuis - beaucoup de gens ont dit "Oh ! mais ça veut dire que la Chambre des Secrets, quand le Basilic l’a mordu... [sous-entendu : le fragment d’âme aurait dû être détruit]". Mais non ! Il n’est pas mort ! C’est dit dès le début : pour détruire un Horcruxe, le récipient doit être détruit. Son corps n’a pas été détruit ! Il s’est un peu fait empoisonner et a reçu l’antidote immédiatement. Ce n’est pas suffisant pour éjecter ce bout d’âme. Je suis désolée si j’ai l’air frustrée. Mais parfois, c’est frustrant, parce qu’on a envie de dire "allez les gens, s’il vous plaît, lisez les livres ! C’est écrit ! Posez-moi une question à laquelle la réponse ne figure pas dans les livres !" Ne me méprenez pas : beaucoup de gens me posent des bonnes questions. Mais pour ça, je me sens... lassée.

John : Mon Dieu... Maintenant, j’ai peur.

JKR : Mais non, n’aie pas peur ! C’est juste que... J’ai fait très attention à ces choses-là. Je ne sais pas si vous avez vu mon site, j’ai fait quelques petites mises à jour. Et l’une de ces mises à jour concerne la fin, et pourquoi Harry a survécu, quand il ne se bat pas et que Voldemort lui lance un Avada Kedavra. Je trouvais important de préciser sur le site que je n’ai jamais considéré que ce moment - le dénouement, Harry face à Voldemort, prêt à mourir, qui ne meurt pas - ce n’est pas une équation scientifique. Il n’y avait aucune garantie. Il fallait une marge de manœuvre pour que Harry soit vraiment un héros, pour le libre arbitre, il fallait que ce soit son choix. Toute la scène est son choix : il choisit de se sacrifier, de même que Lily avait choisi de se sacrifier, il choisit de se ramener à la vie, et c’est sa propre volonté, son propre courage. Au final, toutes ces choses étaient plus importantes que la Magie.

John : Mon esprit part dans tous les sens, j’ai des milliers de questions !

Melissa : Je m’en mords la langue.

Sue : Je veux vous poser des questions sur votre site, et sur l’amour...

JKR : Oui, nous étions sur le point de parler des couples et puis nous avons dévié.

Sue : Je suis loin d’être une Serdaigle. Je lis ces livres parce que je les aime et que je suis folle du monde que vous avez créé. Le personnage que je reconnais en moi s’appelle Neville Londubat.

JKR : J’adore Neville. Je l’aime tellement. J’ai toujours eu des grands projets pour Neville, vous savez. Il était vraiment "le garçon qui aurait pu être". Comme vous le savez, je l’ai écrit noir sur blanc, il est né quelques heures avant Harry, le 30 juillet, Voldemort le voyait comme étant l’autre possibilité, mais ce qui est merveilleux dans l’histoire de Neville, selon moi, c’est qu’il prouve que lui aussi, il aurait pu le faire. Harry avait la cicatrice, et on pourrait dire que Harry avait un peu plus de talent, parce que Harry a un instinct extraordinaire - c’est qui a fait de lui un excellent Auror par la suite - mais Neville a été incroyable dans la bataille finale et a prouvé cent fois qu’il était digne d’être à Gryffondor, le vrai fils de ses parents, malgré l’enfance très difficile qu’il a eu avec sa grand-mère, qui était très exigeante avec lui. Elle l’aime beaucoup et il l’aime aussi mais ce n’est pas facile d’être élevé par quelqu’un comme ça. Pour moi, c’était ça l’aspect important de Neville : superficiellement, il n’est pas cool - enfin Harry a réussi à devenir cool alors qu’il était un maigrichon à lunettes mais devient celui que tout le monde veut rencontrer.

Sue : Vous avez écrit tellement de scènes fantastiques mais personnellement, je crois qu’une de vos scènes les plus puissantes est celle où Neville va à Sainte-Mangouste et en écoutant cette scène, j’ai compris que Neville n’avait sans doute jamais connu l’amour de sa mère, qu’il n’avait jamais reçu de câlins.

JKR : Tout ce à quoi il a eu droit, c’étaient ces personnes âgées qui voulaient qu’il soit à la hauteur. "Pourquoi n’es-tu pas à la hauteur ?" Le problème, c’est que c’est le genre de personnes qui ont oublié ce que c’est d’être jeune et s’imaginent qu’ils étaient des prodiges à son âge et exigent de lui d’être à la hauteur de leurs standards impossibles à atteindre. J’étais vraiment triste pour Neville, dès le début. Mais je savais que son voyage serait semblable à celui de Harry. Et c’est le cas. Et bizarrement, Matthew Lewis, qui interprète Neville, a plus changé physiquement que n’importe quelle autre personne qui travaille sur ces films. Au point que quand je suis allée à la lecture du scénario du Prince de Sang-Mêlé, nous étions tous assis en carré, ils avaient mis toutes les tables de la Grande Salle en carré pour que tout le monde puisse se voir pour la lecture et face à moi, j’avais Dan [Radcliffe - Harry], Emma [Watson - Hermione], Rupert [Grint - Ron], Evanna [Lynch - Luna], Bonnie [Wright - Ginny], vous savez, tous les acteurs principaux et puis il y avait ce grand mec vraiment cool, avec une barbichette, un chapeau de laine et une veste en cuir et je ne l’ai pas reconnu. Je me suis dit "ça doit être l’acteur qu’ils ont trouvé pour jouer McLaggen". Et puis je me suis demandée "mais où est Matthew ?" J’ai regardé de nouveau et - "mon Dieu ! Qu’est-ce qui s’est passé ?" Il est vraiment cool. Lui, Devon [Murray - Seamus], Evanna et Bonnie sont venus à ma soirée pour Beedle le Barde, lundi dernier, ça m’a fait plaisir de les voir.

Sue : Est-ce que je peux poser une question triste ? Qu’avaient fait les Londubat, qu’est-ce qui leur a valu la haine de Bellatrix ? Leurs trois fois, comme les Potter.

JKR : Ils étaient efficaces ! C’est tout ce qu’il fallait pour que Bellatrix les haïsse. Ils avaient arrêté des Mangemorts, c’étaient d’excellents Aurors, ils savaient ce qu’ils faisaient, ils étaient responsables de beaucoup de captures, d’arrestations, d’emprisonnements.

Melissa : Quelles étaient les trois fois ? Ils avaient "par trois fois défié" Voldemort.

JKR : Les trois fois de James et Lily ?

Melissa : Des parents de Neville. Enfin James et Lily aussi, d’ailleurs.

JKR : Tout dépend de ce qu’on appelle "défier". Si on compte, comme moi, toutes les fois où ils ont arrêté un de ses hommes de confiance, toutes les fois où ils lui ont échappé, toutes les fois où ils l’ont moqué, c’est ça qu’il cherche. C’était le cas des deux couples, parce qu’ils le combattaient. Et puis James et Lily ont refusé de rejoindre ses rangs, c’est dit dans l’École des Sorciers. Il les voulait et ils ont refusé. Ça jouait contre eux, alors qu’ils étaient encore adolescents.

Sue : J’ai été contente d’en apprendre plus sur la nuit de leur mort, dans les Reliques de la Mort, mais il y a encore des zones d’ombre dans ces 24 heures. Comment Dumbledore a-t-il su ce qui s’était passé à Godric’s Hollow ?

Melissa : Cela fait des années que les gens se posent des questions sur ces 24 heures [entre la mort des Potter et l’arrivée chez les Dursley ; beaucoup de fans se demandent pourquoi il s’est passé autant de temps entre les deux événements].

JKR : Oui, je sais ! Moi aussi, ça me pose problème. À chaque fois que je crois que c’est clair dans mon esprit, je retourne voir les théories des fans, et je me dis "oui... ça se tient, ce qu’ils disent". Comment Dumbledore était au courant, c’est facile : vous pouvez - enfin il peut, on peut, désolée si je parle comme si tout ça était réel.

Melissa : Comment ça ? Ce n’est pas réel ?

JKR : Je sais, c’est aussi ce que je ressens. Donc Dumbledore pouvait lancer un sort sur une habitation qui le préviendrait si quelque chose lui arrivait. Il pouvait savoir immédiatement. Ce n’est pas un problème. Et puis il a envoyé Hagrid, et ainsi de suite. Le livre écossais devra répondre à cette question. Je vais vraiment devoir relire toutes mes notes et soit admettre que j’ai perdu 24 heures, soit inventer une histoire pour les remplir. Donc soit vous aurez eu raison, soit vous aurez plus d’histoire, vous ne pouvez pas vous plaindre ! [NDLR : à notre connaissance, c’est la première fois que JKR reconnaît avoir fait une erreur dans un de ses livres.]

John : Il faut que je demande. Je suppose que vous n’avez même pas encore pris votre décision, mais quand vous écrirez le livre écossais, dans dix ans s’il le faut, est-ce que vous allez plutôt raconter les événements ou plutôt mettre beaucoup de petites histoires ?

JKR : Honnêtement, pour le moment - mais ça pourrait changer - je pense qu’une moitié - peut-être en mettant les pages l’une face à l’autre, mais ce sera peut-être difficile à faire. L’idéal, ce serait que la page de gauche donne le passé, tous les détails sur un personnage, ou une liste des baguettes de tous les personnages et tout ça, et que la page de droite contienne des informations sur le processus d’écriture, les idées que j’ai abandonnées. Donc d’un côté, je ferais comme si ce monde était réel, avec des informations supplémentaires sur ce monde réel, et de l’autre, j’admettrais que c’est fictif et je vous montrerais les intrigues abandonnées, les personnages supprimés, les problèmes que j’ai eus avec l’intrigue. Les deux types d’information sont intéressants. Ce serait bien de les unir.

John : Absolument. On dirait un livre de cours d’étudiant. Dans les marges, des tableaux et des petits bouts de phrases qu’ils ont récupérés.

JKR : Si je l’écris, il faut que tout y soit. Un guide dans lequel je donne toutes les informations. Enfin toutes. Est-ce que je pourrai jamais tout donner ? Tout ce que j’ai, disons. C’est ce vers quoi j’aspire pour le moment. Ce ne sera peut-être pas possible, pour des raisons pratiques, de présenter l’information de cette façon-là, mais j’aimerais bien. Ce serait idéal.

John : Je crois que les fans seraient prêts à attendre dix ans pour quelque chose comme ça.

JKR : Si tel est le cas, je suis ravie. Parce que... Enfin je n’ai pas envie de parler de détails légaux à Noël, c’est déprimant. Mais ça ne sert à rien que je l’écrive s’il n’est pas extraordinaire. Il faut qu’il y ait tout. La dernière chose que je veux, c’est avoir l’impression qu’il faut que je dépêche d’écrire quelque chose parce que... vous voyez ce que je veux dire. Parce qu’on me forcerait la main, ou parce qu’il y a une demande et que d’autres gens vont le faire avant moi. Je veux le faire bien ou ne pas le faire du tout. Et je veux le faire bien.

Sue : Je veux bien attendre dix ans à condition que vous me donniez un peu de l’histoire de Poufsouffle. Après, je serai heureuse.

JKR : Oui, je la mettrai. En entier !

John : Il nous a fallu 130 semaines pour arriver à vous faire participer à notre podcast, alors dix ans, qu’importe !

JKR : Voilà le bon esprit !

Melissa : Je ne sais pas. Je vous trouve très permissifs avec cette histoire de dix ans. [rires] On ne va pas non plus l’allonger encore plus ! Je plaisante. Mais puisque vous avez mentionné Poufsouffle, je voudrais vous poser une question sur Hannah Abbott. À un moment, dans les Reliques de la Mort, Harry voit quelqu’un et se dit que ça pourrait être un parent éloigné de Hannah Abbott. Est-ce qu’elle est née de parents moldus, est-ce qu’elle a perdu sa famille ?

JKR : Tu veux dire la tombe ? Non, elle n’est pas née de parents moldus. Je suis presque sûre que Hannah est sang-pur. Je sais que sa mère est morte.

Melissa : Dans un vieux documentaire, vous aviez montré un tableau avec tous les élèves et Hannah semblait être née de parents moldus.

JKR : Ah bon ? J’ai ce carnet avec le tableau, c’est un de mes carnets les plus importants, et en ce cas je me souvenais mal, parce que je croyais qu’elle était sang-pur. Intéressant... Cela fait des années que je pense à elle et que j’écris sur elle comme si elle était sang-pur. C’est intéressant. On n’a qu’à couper la poire en deux et dire qu’elle est sang-mêlé. [rires] C’est comme ça qu’on prend des décisions dans le monde bizarre de J.K. Rowling !

Sue : Moi, peu m’importait, parce que Hannah devient tenancière du Chaudron Baveur, mon pub préféré.

JKR : Exactement. Et je trouve que c’est une carrière très cool, et ça fait que Neville, qui l’a épousée, est très cool.

Melissa : Oh oui ! Merci Jo ! Vous savez, j’adore votre site. Quand vous avez mis les fondateurs en sorciers du mois, nous étions vraiment heureux d’apprendre tout ce que vous révélé.

JKR : Je sais que mon site a été très calme récemment. Je viens d’ajouter ça à mon journal : les gens pensent tous que ma vie est très calme maintenant, mais ils n’ont pas idée ! La deuxième moitié de 2007 a été folle. Et plein de choses que j’aurais préféré éviter. Et je suis désolée de dire que le site est une des choses que j’ai négligées. Quand j’ai commencé le site - que j’adore avoir, c’est une façon géniale de communiquer directement avec les fans, et certainement la manière la plus efficace - on me mettait la pression, enfin on me demandait beaucoup d’ouvrir un fan club. Il y a des gens qui voulaient s’en occuper, d’autres qui voulaient être membres. Et je n’avais vraiment pas envie parce que je sais que les fans clubs ne sont presque jamais aussi bien qu’ils ont l’air. Ils ne sont jamais gratuits, il faut payer, et puis il faut créer beaucoup de nouvelles choses. Je me suis dit qu’au moins, avec le site, ce serait gratuit, et les gens auraient le sentiment d’avoir quelque chose. S’il y a une période calme, elle ne dure pas trop longtemps. Il faut que je mette à jour, je vais le faire.

Sue : Oui, parce qu’on veut un nouvel EMEU !

JKR : Oh mon Dieu ! Il faut que je te dise : les EMEU, c’est fini, désolée. Il n’y en aura pas d’autres. Désolée. J’ai travaillé vraiment dur sur les EMEU.

Sue : À quoi ils servent ? C’était juste pour vous amuser ? Nous étions tous très excités !

JKR : Je vais vous expliquer ce qui s’est passé. C’est un peu triste. On m’a dit que ce ne serait pas malin de ma part de mettre des indices sur les Reliques de la Mort sur mon site, parce que pour le Prince de Sang-Mêlé, on a eu beaucoup d’ennuis parce que j’avais mis des indices, et il y a des gens qui ont dit au tribunal, des gens qui voulaient publier le livre en entier sur Internet, ou des journalistes qui avaient réussi à se le procurer à l’avance et voulaient faire des révélations dessus, et un de leurs arguments étaient "vous l’avez fait sur votre site, alors nous avons le droit de le faire aussi". On m’a dit qu’il serait stupide de mettre en ligne les titres des chapitres et ainsi de suite, et que j’affaiblirais ma position face aux gens qui voulaient publier des révélations. Alors j’ai cherché quelque chose que je pourrais donner aux fans qui ne donnerait pas pour autant des indications sur le tome 7 - même si j’espère que vous avez remarqué qu’en fait, si vous faisiez attention, les EMEU niveau 3 étaient bourrés de choses tirées du tome 7. Ha ha. Personne ne s’en est rendu compte. Dans les dents, les avocats ! Je gagne. [rires et cris de joie] Il y avait beaucoup de choses dans les EMEU 3 prises du tome 7 et les gens ont remarqué certaines choses. Il y avait des choses sur l’épée de Gryffondor et quelques autres choses.

Melissa : Est-ce que vous publierez les réponses, pour que les gens puissent voir ce qu’il en était ?

JKR : Je pourrais. Vous aimeriez ?

Melissa : OUI, s’il vous plaît !

JKR : OK. Ce serait cool. Ça m’a fait rire, parce qu’un site a publié un guide sur les réponses qu’ils pensaient qu’il fallait donner, et les gens qui suivaient leurs conseils n’obtenaient pas la meilleure note.

John : J’ai eu un O à tous les miens.

JKR : C’est vrai ? Ce qui est gênant, c’est que mon mari a seulement obtenu un Acceptable, alors qu’il était dans la pièce quand j’écrivais les questions. Et il m’écoutait lui dire les réponses. [rires] Ça montre à quel point il m’écoute...

John : On dirait la relation Ron-Hermione.

JKR : Oui. Nous avons nos moments, croyez-moi. Il a eu Acceptable, s’est découragé et n’en a pas refait.

Sue : Oui, on dirait Ron ! Oh ! Puisqu’on parle de Ron et Hermione...

JKR : Oui ? Tu veux savoir s’ils ont reçu leur diplôme de Poudlard ?

Sue : Oui ! Alors ?

JKR : Harry et Ron n’y sont pas retournés, mais Hermione si. C’est ce que vous aviez parié ? C’était évident qu’Hermione allait y retourner. Il faut qu’elle ait ses A.S.P.I.C.. Ron, qui était - qui n’était pas très bon à l’école, aurait pu vouloir y retourner juste pour faire le mariole pendant un an, faire une pause. Mais il va au département des Aurors, on a besoin de lui. Tous ceux qui ont pris part à cette bataille du bon côté, et qui étaient majeurs, Kingsley les voulait pour faire le ménage. Kingsley aurait voulu Ron, Neville, Harry... Ils y sont tous allés. Et c’était positif pour eux, parce que si après cette bataille, ils avaient été relégués aux bas-côtés, ils auraient ressenti le besoin de continuer, de finir le boulot, à savoir trouver tous les corrompus, qui se la jouaient à la Lucius Malefoy, qui faisaient semblant qu’ils n’avaient pas vraiment pris part.

John : Nous imaginions tous une histoire compliquée... Nous avons tendance à rendre les choses plus compliquées qu’elles ne sont vraiment. On pensait qu’ils faisaient de l’enseignement à distance .

JKR : Vitmagic !

John : Oui, exactement.

Melissa : On s’imaginait Hermione sur le dos du dragon de l’édition americaine deluxe, préparant ses A.S.P.I.C..

JKR : Il n’y a pas de doute à avoir, elle aurait voulu y retourner, obtenir son diplôme. Elle était... J’aime beaucoup Hermione. Elle a accompagné Ron et Harry parce qu’elle du cœur. Ce n’est pas une question d’intelligence. Elle avait plus de cœur que d’intelligence, et ce n’est pas peu dire. Mais naturellement, elle n’était pas attirée par le combat. Elle n’est pas une Bellatrix. Ce n’est pas une femme qui veut faire mal, se battre, tuer. Elle était heureuse de retourner à l’école, de reprendre les études, puis elle les a rejoints au Ministère.

John : Vous savez ce que je me demande maintenant ? Une des meilleures traditions à Poudlard, c’est la cérémonie d’arrivée, entre la traversée en bateau et la cérémonie de répartition. Qu’y a-t-il comme traditions pour la remise des diplômes et le départ de Poudlard ?

JKR : Tu sais, John, je suis vraiment contente que tu m’aies posé cette question. J’étais très triste de ne pas écrire une scène de remise de diplômes. Assez tôt, j’ai su que nous ne verrions pas de remise de diplômes, qu’il ne... enfin qu’ils, tous les trois, qu’on ne les verrait pas à l’école pendant ce qui aurait dû être leur dernière année d’études. Mais quand j’écrivais le dernier livre, j’étais triste de ne pas avoir un festin de remise de diplôme à la fin. Mais ce n’était tout simplement pas possible. Ç’aurait été trop banal. Beaucoup de gens ont trouvé que l’épilogue est trop sentimental ; une remise des diplômes en plus de tout ce qui venait de se passer aurait été une chute un peu trop rude.

John : Vous aviez une idée des traditions qu’ils ont pour l’occasion ? Une nouvelle traversée en bateau en quittant Poudlard, je ne sais pas, j’invente.

JKR : Oui, je pense qu’une traversée en bateau aurait été la façon la plus poétique et la plus belle de partir. Et ce serait symbolique, puisque Harry n’aurait de nouveau pas vu les Sombrals, vous voyez ce que je veux dire ? Une sorte de retour à l’innocence. Et un passage dans l’eau est un symbole fort, dans l’histoire de la magie, alors oui, ç’aurait été génial.

Melissa : Jo, vous venez de mettre le doigt sur quelque chose qui arrive tout le temps sur Pottercast : John lance une idée loufoque qu’il vient d’avoir comme ça, et au final, c’est parfait, ça colle exactement. Je ne peux pas vous dire tout ce qu’il avait deviné sur les Reliques de la Mort..

JKR : Je trouve ça très intéressant, parce que ce sont souvent les idées qu’on a comme ça qui sont les bonnes. Parfois, il faut travailler très dur pour que finalement, quelque chose change dans votre tête, et qu’on se dise "oui ! bien sûr, c’est ça !" C’est un sentiment génial, quand ça sort de nulle part, j’adore ça, quand on se dit "ah, parfait, merci".

La deuxième moitié de l’interview sera diffusée mardi prochain, dans l’épisode 131 de Pottercast ; comme d’habitude, nous en publierons une traduction ! [MAJ : la deuxième moitié est disponible ICI.]

Commentaires

PS :

Certains se sont posé la question : JKR n’a pas vraiment offert un exemplaire de Beedle le Barde à John, c’était une plaisanterie.


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