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Six plantes citées dans Harry Potter qui existent et auxquelles vous devriez vous intéresser

24 juin 2018

Il y a quelque temps souvenez-vous un article avait été publié pour montrer le lien étroit liant les potions et la chimie thérapeutique. Maintenant que c’est chose faite, nous pouvons aller plus loin, et faire le pont entre botanique, pharmacognosie et chimie médicinale. Voici quelques exemples de plantes citées dans la saga (que ce soit les livres, les films ou les jeux-vidéos) et qui sont utilisées dans la vraie vie !

Rencontrée pour la première fois dès le premier tome, ce qui n’est pas surprenant car elle est citée comme arôme des dragées surprises, étant aussi utilisée dans de nombreuses sucreries moldues à cette fin.

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Cependant il faut attendre le sixième tome pour qu’elle soit citée par le professeur Slughorn à propos de l’élixir d’euphorie concocté par Harry : "Hmmm... vous avez ajouté un brin de menthe poivrée, n’est ce pas ?". Dans le jeu tiré du film, c’est même un ingrédient récurrent, qui entre dans la composition de la potion volubilis, de l’antidote aux poisons courants et dudit élixir d’euphorie.

Membre notable de la très grande famille des menthes et des lamiacées en général, la menthe poivrée est la seule des menthes à être utilisée en thérapeutique (la menthe verte est excellente pour les tisanes ou un usage culinaire mais est moins active, quant à la menthe à feuille ronde par exemple elle a un goût désagréable).

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Elle possède un solide ensemble de molécules différentes qui lui confèrent ses propriétés, néanmoins la plus importante est le menthol, molécule très simple qui se trouve principalement dans les feuilles de la plante. Il n’est pas rare que dans la vraie vie des gens cultivent cette plante (très facile à entretenir par ailleurs) pour utiliser ses propriétés médicinales.

Elle peut être utilisée pour des problèmes digestifs, et aurait d’intéressantes vertus anti-inflammatoires, aussi bien pour un usage interne qu’externe. Mais bien sûr une utilisation plus évidente est celle de la propriété odoriférante du menthol. Que ce soit dans des dentifrices, dans des bonbons ou encore dans des liqueurs, c’est la molécule responsable du goût particulier de la menthe. En préparation pharmaceutique elle est prisée pour les formes à avaler car elle donne un côté très frais à la préparation.

Citée là aussi pour la première fois dans le sixième tome, deux parties différentes de la plante entrent dans la composition de potions différentes : les racines pour le philtre de Mort vivante, et les tiges pour la potion d’amnésie.

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Magnifique plante de la famille des ombellifères, aussi connue sous le nom d’apiacées, elle est cousine avec de très nombreuses autres plantes qui lui ressemblent, en premier lieu les ciguës et l’anis. Si elle n’a aucune utilité en tant que médicament, elle est néanmoins très prisée comme « remède naturel ».

Comme pour la menthe, elle est constituée d’un nombre important de molécules qui lui confèrent son activité, bien qu’ici il n’y ait pas de principe actif qui se détache particulièrement. Ses racines sont souvent utilisées dans des préparations pour calmer ou pour faciliter l’endormissement. Pas étonnant alors que cette plante entre dans la composition du philtre de Mort vivante, le puissant somnifère dans Harry Potter !

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Mais ces exemples sont moins intéressants car ces plantes ne présentent aucune dangerosité. Intéressons-nous maintenant à quelques exemples de plantes potentiellement mortelles que nous pouvons rencontrer dans la nature et qui sont citées dans l’univers de Harry Potter.

J’avoue que je triche un peu. Cet ingrédient est cité uniquement sur l’ancienne version de Pottermore, où il était possible d’en acheter chez l’apothicaire (deux gallions pour neuf têtes). Il n’en est fait mention nulle autre part, mais cette plante reste considérée comme ingrédient magique.

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Commençons doucement. Vous ne le saviez peut-être pas, mais le coquelicot est de la même famille que le pavot somnifère, plante très connue pour être la principale productrice… de morphine. Cultivé notamment en Inde, la récolte suit un procédé très particulier dont je vous épargnerai les détails. La morphine ainsi récupérée va servir de base à la fabrication de nombreuses molécules thérapeutiques, dont principalement des anti-douleur, mais aussi de façon détournée à faire des drogues de la famille de l’héroïne.

Ainsi le fruit de coquelicot que vous devriez voir d’ici quelque temps dans les champs contient de la morphine ainsi que plusieurs autres dérivés comme la non moins célèbre codéine, médicament contre la toux. Cependant, notez bien qu’il vous faudra une très, très grande quantité de fruits de coquelicot avant d’espérer avoir suffisamment de morphine pour ressentir quelque chose…

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Il ne serait donc pas surprenant que ces fruits de coquelicot entrent dans la composition de potions d’amnésie ou de sommeil. Cependant comme vous le savez peut-être la morphine est (ici aussi !) un puissant poison. Par un mécanisme dont je vous tairai la complexité, il va dérégler des voies neuronales, et entraîner différents effets. Les signes qui ne trompent pas sont une forte constipation, une nausée permanente et au bout d’un certain temps un déchaussement des dents pour certaines formes (notamment la codéine). La mort survient par blocage des centres respiratoires, et la victime meurt étouffée.

Evoquée pour sa part dans le quatrième tome, où Molly Weasley achète des fournitures de potion manquantes à Harry, dont de l’essence de belladone (et des épines de poisson diable).

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Difficile de ne pas aborder cette superbe plante, dont le nom signifie littéralement belle femme en italien. Elle se nommerait ainsi car les romaines auraient eu pour coutume de se faire des collyres à base de cette plante. Cependant il ne faut surtout pas se fier à ses fleurs innocentes et à ses fruits appétissants. Il suffirait de trois baies pour tuer un enfant, et un peu plus du double pour un adulte.

Après ingestion, la malheureuse victime va d’abord sentir sa bouche s’assécher et le cœur s’accélérer. La vision se trouble car l’iris va se dilater (mydriase). C’est d’ailleurs pour cette propriété qu’il était prisé des femmes de l’antiquité, car elle leur donnait de grands yeux. Il s’ensuit une rétention urinaire, une constipation, la sueur ne se produit plus, et sans antidote la mort peut survenir assez rapidement par dépression respiratoire ou défaillance cardiaque.

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Quel est son poison ? Il s’agit d’une petite molécule très simple qui s’appelle atropine (d’où le nom latin de la plante : Atropa belladona). Produite par plusieurs plantes de la même famille, elle est cependant particulièrement concentrée dans la belladone et son lointain cousin le datura. Elle est néanmoins beaucoup utilisée en médecine et particulièrement en ophtalmologie, au point d’être classée par l’OMS sur la liste des médicaments essentiels !

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Introduit dès le premier cours de Severus Rogue, ce dernier nous apprend aussi un deuxième élément important auquel on ne penserait pas forcément : une même plante (ou champignon) peut avoir plusieurs noms différents. Lors de son "interro-surprise" de Harry Potter en guise d’introduction aux potions, il demande : "Quelle est la différence entre le napel et le tue-loup ?" avant de lui expliquer qu’il s’agissait d’une question piège car ce sont deux noms différents pour désigner l’aconit (même si techniquement ce sont deux formes différentes d’aconit, les deux sont néanmoins tout autant toxiques).

Aussi appelé Casque de Jupiter en raison de la forme de ses fleurs, il s’agit en fait ni plus ni moins d’une des plantes les plus dangereuses d’Europe ! Sa toxicité est telle qu’il suffit d’un contact un peu prolongé avec ses feuilles pour avoir des cloques sur les mains et d’avoir des premiers signes d’alerte car les principes actifs ont été absorbés par la peau. Très vite des signes neurologiques (fourmillement dans les doigts) apparaissent, puis une violente colique et un ralentissement du cœur. La mort est provoquée par un arrêt des centres respiratoires et du cœur.

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Son poison est un cocktail de plusieurs molécules, mais la plus importante est l’aconitine, qui tire donc son nom de la plante dont elle est issue. Elle est mortelle à plus de 1mg/kg (ce qui est vraiment peu, moins d’un gramme suffit donc à provoquer la mort d’une personne). Détail curieux s’il en est, son antidote est précisément l’atropine, le poison de la belladone (à noter que l’inverse n’est pas vrai, l’aconitine est trop dangereux pour être utilisé à des fins thérapeutiques). Il ne faut plus qu’espérer que les sorciers utilisent des gants pour la manipuler !

En dernier exemple, je vais prendre une plante uniquement présente dans les jeux vidéos LEGO Harry Potter : année 1 à 4. Si elle est visible et utilisée dans toutes les versions du jeu, ce n’est que dans les formats DS et PSP que son nom et son utilité sont clairement donnés. Elle serait un élément de la potion Potiron, dont l’effet est de transformer la tête du buveur en une citrouille (un peu comme un maléfice rencontré dans le jeu vidéo issu du troisième tome).

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Dernière plante mortelle, elle rejoint donc la belladone et l’aconit dans le palmarès des plantes vénéneuses communes. Elle tire son nom de la forme de ses fleurs, en doigts de gant. Si on la trouve surtout dans les pays balkaniques, il n’est pas impossible d’en trouver dans les pays plus à l’ouest, voire en Angleterre (pour l’anecdote la conteuse britannique Beatrix Potter dessine souvent des digitales dans le repère de renard de ses récits, car son nom anglais est foxgloves, littéralement gants de renard !).

Moins toxique que l’aconit, il est cependant admis qu’il suffit d’une poignée de baies pour voir apparaître les troubles et mettre la vie en danger. Les symptômes classiques sont des vomissements importants et un fort ralentissement du cœur. Le décès est causé par défaillance cardiaque (à force de ralentir le cœur va faire ce qu’on appelle une fibrillation ventriculaire, en gros il n’aura plus assez de punch pour s’auto-alimenter et va se désamorcer).

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Le poison de la digitale est comme pour l’aconit un cocktail de molécules, mais une des principales est la digoxine. Cette dernier est utilisée en médecine humaine à petite dose chez les insuffisants cardiaques afin de calmer leur rythme. Comme on pourrait s’en douter elle est d’un usage très délicat car un surdosage peut avoir de graves conséquences.
À noter que le muguet possède des molécules analogues et est par conséquent très toxique (bien qu’on en vende pour une fête censée symboliser la paix).

En savoir plus

Le sujet des plantes médicinales en lien avec Harry Potter est également abordé dans les deux livres sur l’exposition Harry Potter de la British Library.

Adulte Familiale
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