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Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald, l’avis de la rédac’ (Spoilers)

15 novembre 2018

Il a fallu attendre deux ans pour découvrir cette suite de la saga Animaux fantastiques et, comme vous le savez déjà si vous avez lu notre critique sans spoilers, l’avis de la rédaction est plutôt unanime malgré des débats animés : c’est une déception générale, avec quelques éléments intéressants ou positifs à souligner.

Vous pouvez retrouver tous nos autres articles sur le film en suivant ces liens :
- Les incohérences des Animaux fantastiques 2 décryptées (spoilers)
- La critique sans spoiler
- Les clins d’œil à Harry Potter (avec spoiler)
- Les questions en suspens (avec spoiler)
- L’identité de Credence en théories (spoilers)
- Les théories les plus loufoques de la Gazette (avec spoiler)
- EXCLUSIF : L’avant-première qui n’a jamais eu lieu (sans spoiler)

Arrêtez donc immédiatement votre lecture si vous ne voulez pas découvrir des éléments du film !

Après deux ans d’attente et un plutôt bon souvenir du premier volet des Animaux Fantastiques, nous avions quelques craintes au sujet de la suite. La peur de s’éloigner de la force de la saga, cette possibilité d’explorer le Monde Magique différemment, de découvrir les créatures qui y vivent et de s’attacher à son héros. La peur, aussi, de retomber dans un schéma plus classique, de la lutte entre un grand méchant et un jeune homme qui n’a rien demandé, mais que Dumbledore manipule car il n’est pas capable d’affronter ses propres peurs. La peur, enfin, d’être assommés de questions, qui ne trouveront jamais de réponses, plongés trop vite dans un univers trop grand, qui ne prend pas le temps de développer suffisamment son histoire pour l’ancrer dans une cohérence.

Cette critique se fonde donc principalement sur le scénario, puisqu’il y a peu de spoilers en matière de visuel... ce qui signifie aussi qu’elle paraîtra plus négative que la version “sans spoiler”, car une partie de nos craintes se sont avérées justifiées. Les questions ne trouvent pas de réponses, et une multitude d’autres viennent s’y ajouter ; les éléments sont sous-développés, sans possibilité ou raison d’y revenir plus tard ; les incohérences avec la saga originelle ne trouvent aucune justification.

L’ambiance et la Magie

La magie est bien présente dans ce deuxième volet, avec des sorts et des effets inédits, tantôt amusants, tantôt impressionnants. On adore par exemple l’idée de la baguette qui se métamorphose (celle de Newt devient un cornet acoustique, celle de Skender devient son bâton de M. Loyal) et ces petites touches d’émerveillement nous rappellent ce qu’on aiment le plus dans l’univers de J.K. Rowling.

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Les décors, réels ou reconstruits en studio, nous transportent immédiatement dans le monde magique... lorsqu’on leur accorde l’importance qu’ils méritent ! C’est toujours un plaisir de revoir le château de Poudlard, l’une des plus grandes réussites des films ; on rêverait de passer des mois à analyser la cave à créatures de Newt ; on découvre le Ministère de la Magie britannique sous un nouvel angle de caméra... mais de nombreux décors sont si peu explorés qu’on ne peut pas réellement en profiter.

Là où, par exemple, le chemin de Traverse avait droit à une vraie scène de présentation dans le premier film de Harry Potter, on ne bénéficie que de quelques plans à peine sur le Cirque Arcanus et ses créatures pour introduire la rue Claudel. Le Monde Magique français, qu’on aimerait tant découvrir, ne se dévoile pas à l’écran et l’action pourrait aussi bien se dérouler au Japon qu’elle ne serait pas différente. D’ailleurs, il est parfois difficile de savoir si les protagonistes sont installés en terrasse de café moldu ou sorcier, c’est dire !

Il y a bien quelques belles images du Ministère des Affaires Magiques et de son entrée Art Nouveau (littéralement formée de racines), mais cette saga, qui devrait nous permettre de découvrir l’univers au-delà du Royaume-Uni n’a pas de temps à lui accorder : il faut se tourner vers les livres dérivés et les interviews pour ce faire. Une intrigue moins chargée permettrait à l’univers de mieux respirer.

Les créatures magiques

Le film a réussi à conserver l’humour présent dans le premier volet des Animaux fantastiques, notamment grâce aux créatures espiègles ou comiques qui apparaissent à l’écran.

On est ravi de retrouver des créatures du premier opus et qu’elles aient un véritable rôle à jouer dans cette nouvelle aventure. Pickett libère nos héros des égouts de Yusuf Kama en moins de temps qu’il ne faut pour le dire (même si du coup, cette scène paraît quelque peu inutile), et le niffleur, qui n’a toujours pas de nom, subtilise le Pacte de Sang de Grindelwald dans le cimetière, élément capital pour la suite de l’histoire, en plus de pister les traces dorées révélées par la magie de Newt.

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Plusieurs nouvelles créatures sont également introduites pour notre plus grand plaisir !
Le Zouwu est bien développé : des explications claires sont données sur l’animal et sa présence sert l’intrigue. Après avoir assisté à une scène aussi touchante et amusante que la danse de l’éruptif avec son petit hochet, la créature n’est pas abandonnée à son sort dans la valise : elle est ré-exploitée plus tard pour sa capacité de déplacement hors norme et pour s’échapper du Ministère français. Une scène qui rappelle à certains l’évasion de Gringotts.

D’autres créatures sont présentes juste comme il faut, pour une scène qui sert plus l’univers que l’intrigue sans pour autant s’imposer lourdement. Les bébés niffleurs, par exemple, sont adorables, drôles et permettent d’introduire à merveille la maison magique de Newt ! Le Kelpy a aussi droit à ses quelques secondes de gloire, dans une scène magnifique et des décors époustouflants, avant qu’on n’en entende plus parler du tout.

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Les Matagots complètent le tableau. Ces chats noirs au regard vitreux gardent les archives du Ministère français aux côtés de Mélusine. Visuellement parlant, ce sont sans doute les créatures les moins réussies du film, avec une texture d’images numériques beaucoup plus visible dans leurs traits lisses. Malgré tout, ils apportent l’action nécessaire à la scène du Ministère et leur transformation en chaton à l’extérieur est inattendue et très amusante.

En revanche, augurey, leucrotta et firedrakes apparaissent trop peu à l’écran, sans même être identifiés. On ne saurait pas de quoi il s’agit sans les visites de tournage ou les interviews avant la sortie du film. Le Kappa, est mentionné à deux reprises du film mais n’a pas plus de rôle à jouer ; toutes ces créatures semblent remplir le quota de présence pour coller à l’intitulé de la saga.

Pire encore, un certain nombre de créatures sont introduites de manière complètement artificielle, comme beaucoup d’autres éléments du film, par manque de temps pour les développer.
La chupacabra, sert lors de l’évasion de Grindelwald pour... une raison ? Un crachat en direction de Grindelwald qui semble le métamorphoser, pour changer de l’usage du polynectar, et HOP ! Antonio est balancée à la mer. Si une figurine Funko POP n’était pas sortie à son effigie, on n’aurait jamais su qu’une chupacabra était de la partie ! #JeSuisAntonio. On peut d’ailleurs se demander pourquoi une créature avec de telles capacités et un attachement visible à Grindelwald n’est pas intéressante à conserver pour la suite de ses projets (et des films).

Les personnages et leur développement

Du côté des personnages, on découvre un Dumbledore plutôt convaincant dans sa jeunesse et dont les tendances à la manipulation sont déjà bien mises en évidence, même s’il a peu de temps à l’écran. Grindelwald, lui, semble plus posé qu’à la fin du premier film et se trouve confronté à un Newt toujours aussi attachant.

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Quoi qu’on pense de la présence de Johnny Depp au casting, nous avons été agréablement surpris de le voir composer un personnage beaucoup plus mesuré, subtil, et calculateur que ce à quoi on était habitué ces dernières années.

Théseus Scamander parvient à tirer son épingle du jeu et ressort plus nuancé et intéressant que Percy Weasley, dont il aurait facilement pu être un clone. Jacob reste un ressort comique efficace, à l’humour physique bien dosé, rejoint par Bunty, l’assistante de Newt, dont la présence est trop anecdotique pour véritablement juger de son apport sur la durée. Plus décevant, Nicolas Flamel sert également d’apport comique, même si son implication dans l’Ordre du Phénix 0.5 aux côtés de Eulalie Hicks, professeur d’Ilvermony qui apparaît une fraction de seconde dans son livre photo, laisse présager d’une présence plus développée à l’avenir.

Cependant, combien de personnages ce film maltraite-t-il ? Les sœurs Goldstein, en premier lieu, perdent toutes deux en profondeur, car le film n’a pas de temps à leur consacrer. Si Tina mérite mieux que ça, que dire de Queenie ? Dans le premier volet, elle apparaissait comme une femme forte et réfléchie ; ici, elle passe le film à errer et se détourne de Jacob en un claquement de doigt (initialement, elle cherche quand même à rejoindre Grindelwald pour pouvoir vivre son amour avec Jacob...). Bien que sa “trahison” soit prévisible, la façon dont elle est amenée est moins que convaincante : l’idée est là, mais ça pêche dans l’exécution.

Nagini est parachutée de nulle part et n’a aucune personnalité. Elle est effacée, pratiquement dépourvue de dialogue ; littéralement inutile. Elle n’est pas la seule a souffrir du manque de temps que peu lui accorder le film.

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Le pire cas est sans doute Leta Lestrange, qui aurait pu être intéressante avec son caractère tourmenté et son déchirement manifeste entre les frères Scamander, mais elle finit par mourir dans une scène qui n’affecte aucunement le public tant il est impossible de s’attacher à elle. [1] On ressort plus déçu d’un potentiel gâché que triste de la voir se sacrifier (inutilement, faut-il le préciser).

Il en va de même pour Krall, dont la seule utilité est de mourir pour montrer ce que tout le monde avait compris : traverser les flammes bleues de Grindelwald n’est possible que si on croit en lui. Irma Dugard, elle, meurt comme elle a débarqué ; en deux secondes et demi, juste le temps de nous signaler qu’elle était une fausse piste présente pour offrir un rebondissement dont on aurait pu se passer.

Skender, comme son cirque, prend ses cliques et ses claques en moins de temps qu’il ne faut pour le dire ; à moins qu’il ne revienne dans les prochains films, il sert véritablement d’excuse à la présence de créatures en ville étant donné que, pour ce qu’on sait de son voyage New-York-Paris, Credence aurait aussi bien pu être dans la ville lumière et rencontrer Nagini sans l’aide des cages du cirque Arcanus.

Yusuf Kama, lui, se trouve coincé dans un registre tragi-comique nous donnant droit à des scène stupéfiantes, mais dans le mauvais sens du terme. Son évanouissement soudain (et ridicule [2]) étant la parfaite illustration de ce que le personnage apporte au film : un élément de plus qui “apparaît et disparait” de manière particulièrement pratique.

Sans parler de Mélusine, dont l’utilité reste un mystère. Si Newt et Tina doivent passer par son bureau pour entrer dans les archives, pourquoi Leta peut-elle passer par le balcon et réclamer un document pour son bon plaisir, évitant toute la sécurité mise en place par la gardienne ? Ce regard vitreux qu’elle porte tout au long de la scène a d’ailleurs quelque chose de risible, faisant retomber la tension comme un vieux ballon de baudruche dégonflé.

C’est véritablement là qu’est le problème avec ce film : les éléments mis en place sont tellement superficiels qu’on perçoit rapidement à quel point ils sont artificiels. On frôle à plusieurs reprises le Deus Ex Machina, quand on ne saute pas à pieds joints dedans ; pour reprendre l’exemple ci-dessus de l’évanouissement de Yusuf Kama, il est bien pratique qu’il s’effondre précisément à ce moment là... à cause d’un parasite qui sera extrait en deux temps trois mouvements et passons à autre chose parce que le film n’a pas le temps !

Une écriture qui pèche

Les différentes informations sur le monde magique sont très mal amenées dans les dialogues, qui paraissent peu naturels et ne donnent même pas toujours toutes les clés nécessaires. Rowling oublie trop souvent l’importance du “Show, don’t tell” : il vaut parfois mieux faire comprendre par un élément visuel plutôt que d’intégrer l’explication dans un dialogue. Ainsi, lorsque Grindelwald appelle ses fidèles via des voiles noirs tombant sur Paris, Tina déclare :“C’est Grindelwald, il rassemble ses fidèles”. Plutôt que de nous le dire, montrez-nous le logo de Grindelwald sur les bannières ! Cette ligne de dialogue paraît complètement artificielle : comment Tina le sait-elle, et pas Newt ? [3] Si Newt le savait aussi, pourquoi Tina ressentirait-elle le besoin d’exprimer cette évidence à voix haute ?

De même, la survie de Credence à la fin du 1er film et son voyage vers l’Europe sont complètement passés sous silence. On se contente de nous signaler qu’il a survécu et qu’il est à Paris, mais personne ne s’en étonne réellement. Comment ? Pourquoi est-il arrivé là ? Dans quelles circonstances a-t-il rejoint le Cirque Arcanus ? Pourquoi n’est-il qu’un homme à tout faire et pas une attraction ? Le film s’en fiche, et vous ne devriez donc même pas vous poser la question ! Ces situations sont si nombreuses que notre liste de questions en suspens, commencée après le premier film, s’est considérablement rallongée.

C’est un exemple parmi d’autres qui ont clairement été coupés au montage : par exemple, Newt déclare que Queenie a servi d’appât à Grindelwald lorsqu’il arrive dans la crypte... mais comment sait-il qu’elle est là ? D’ailleurs, combien de temps Jacob a-t-il attendu seul sans se manifester en haut des escaliers de la crypte ?

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Et comment le premier réflexe de l’Auror peut-il être Avada Kedavra ; n’a-t-il pas un autre sort comme Stupéfix, Petrificus Totalus, Expelliarmus,... dans son arsenal ?
Personne ne songe à effacer la mémoire des moldus, qui sont tout de même témoins dans ce film de la capture d’un Zouwu, d’une plume volante sous un globe où il ne devrait y voir aucun courant d’air et d’une explosion quasi nucléaire dans le cimetière du Père Lachaise ? Ce sont autant d’éléments qui nuisent à la cohérence du film, à la crédibilité du monde magique, et qui donnent le sentiment que la série Everything Wrong With n’aura aucun effort à faire pour s’attaquer à ce nouvel opus. Les questions du genre ont également rejoint notre liste de questions en suspens.

Le scénario

Les Animaux fantastiques n’arrivent pas à se détacher suffisamment de la saga originelle tout en maintenant sa place dans un univers cohérent. Pourtant, plusieurs éléments sont sur la bonne piste ! La présence des chouettes au Ministère de la Magie britannique, et du travail supplémentaire de nettoyage lié à leurs déjections, est un petit clin d’œil aux fans qui se souviendront de l’explication d’Arthur Weasley dans le tome 5 d’Harry Potter très agréable.

Ce sont de simples notes de service qu’on s’envoie d’un bureau à l’autre. Avant on utilisait des hiboux, mais ils étaient d’une saleté incroyable... Il y avait des fientes partout...

C’est par des références subtiles, telle que la mention de MacLaggen dans les élèves de Poudlard ou la présence de la pierre philosophale chez Nicolas Flamel, que le film arrivera à trouver sa place... pas avec un fan-service poussé à l’extrême au point qu’il en devient incohérent : McGonagall n’a rien à faire à Poudlard en 1927, alors qu’elle rejoint le corps enseignant 29 ans plus tard ! Le Miroir de Risèd est caché dans la Salle-Sur-Demande à cette époque, pas dans une salle de classe... et il ne sert pas à revoir le passé, ce n’est pas une pensine ! Vous pouvez retrouver les plus grosses incohérences du film avec la saga Harry Potter dans notre article dédié.

On peut également souligner de grosses facilités scénaristiques, souvent combinées à des procédés déjà utilisés précédemment. Du Polynectar pour infiltrer le ministère ? Du jamais vu ! [4] Comment allons-nous motiver l’intrigue ? Avec une prophétie [5] ! Au passage, on note que le poème de Tycho Dodonus [6], - que, tout comme les Contes de Beedle, tout sorcier qui se respecte a lu mais passe tout de même son temps à en expliciter le contenu - concerne l’histoire des Lestrange ; une intrigue qui se révèle complètement inutile puisqu’il s’agit d’une fausse piste de bout en bout.

Outre les nombreux points déjà mis en évidence, on peut également noter la facilité avec laquelle Newt retrouve la trace de Tina et Yusuf.

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Il est très amusant de penser qu’un magizoologiste possède cette poudre dorée qui lui permet de retrouver des traces des créatures passées par-là, mais comment agit-elle sur les humains (et précisément ceux qu’on recherche) ? Si c’était en milieu moldu, on aurait pu penser que la poudre détectait la magie des êtres vivants, créatures comme humains ; mais des milliers de sorciers passent chaque jour dans la rue Claudel !
Beaucoup de petits éléments qui servent à l’histoire débarquent de nulle part et sont aussitôt oubliés : virus de dragon d’eau dans l’œil de Yusuf, boule de cristal de Nicolas Flamel [7], les archives des Lestrange (dont personne ne se soucie à la fin du combat du cimetière),...

Tout le film sert de prétexte à la réunion des personnages au cimetière. La vision de la Seconde Guerre mondiale de Grindelwald appuie un propos déjà fortement sous-entendu (avec le duel contre Dumbledore et la défaite du mage noir en 1945), mais permet de le développer pour ceux qui n’y auraient pas prêté attention. Quant au discours de Grindelwald, il semble plutôt survendu par ses partisans et ne nous a pas particulièrement défrisé - mais cela pourrait être vu comme une analogie avec les discours souvent creux des politiciens moldus, qui sont pourtant reçus comme la parole divine par leurs admirateurs crédules.

Le combat final part avec de bonnes intentions, les flammes qui entourent Grindelwald et qui ne peuvent être traversées que par ceux qui croient en lui sont une mécanique intéressante. Mais, très vite, de nouvelles questions surgissent. Pourquoi Leta se sacrifie-t-elle dans le feu si Newt et Théseus arrivent à en repousser les attaques ? N’auraient-ils pas été plus efficaces à 3 ? Qu’est-ce que ce sort exactement : un feudeymon amélioré ? Pourquoi se transforme-t-il en dragon bleu ? Comment les protagonistes arrivent-ils à faire tout le tour de la crypte à 8 avec un mètre d’écart entre chacun ? Le conseil de Nicolas Flamel de planter les baguettes dans la terre pour protéger Paris... c’est comme ça qu’on lançait un charme du bouclier au XIVè siècle ?

Une fois le combat de Pokémon entre Sulfura et Artikodin terminé, on retourne à Poudlard, pour apprendre que, si Dumbledore ne peut affronter Grindelwald, c’est à cause d’un pacte de sang : pour cela, ils ont mis des gouttes de leur sang dans une fiole en forme de cœur que Grindelwald trimballe autour de son cou depuis 20 ans. [8]
Cela permet d’expliquer pourquoi Dumbledore choisit de ne pas s’impliquer dans la lutte contre Grindelwald et le sous-texte homoérotique est bienvenu mais, dans un contexte de redites avec Harry Potter, l’histoire nous paraît réchauffée ; ça rappelle fortement un serment inviolable ; le quota était simplement déjà atteint avec Yusuf Kama et son père et il fallait donc trouver autre chose. On attend surtout de voir pourquoi Dumbledore mettra encore 18 ans avant d’affronter Grindelwald s’il a la fiole en sa possession dès maintenant.

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Arrive finalement le plot twist final qui fera longtemps parler de lui. Grindelwald annonce à Credence qu’il est Aurélius Dumbledore. Est-ce un stratagème mis en place par Grindelwald pour pousser Credence à attaquer Dumbledore, comme il le souhaitait plus tôt dans le film, ou la vérité ?
Dans le second cas, cette révélation est problématique avec tout ce qu’on connait de l’univers. Il n’y a jamais eu de troisième frère Dumbledore, Ariana est une femme, le père de Dumbledore est envoyé à Azkaban et ne peut pas avoir d’autres enfants [9] ; si c’est le fils de Kendra il ne porterait pas le nom de Dumbledore et doit avoir au minimum 28 ans... Et il est difficile de croire que le scandale n’aurait pas été dévoilé par Rita Skeeter dans Vie et Mensonges d’Albus Dumbledore si un nouveau frère était découvert. Nous reviendrons là-dessus plus en détails très prochainement dans notre article consacré aux théories ! Ariana a-t-elle survécu au célèbre duel et repris forme humaine, comme Credence entre le premier film et le deuxième, mais en changeant de sexe au passage [10] ?

Il reste donc à découvrir l’explication de J.K. Rowling à ce sujet. Si c’est une nouvelle fausse piste dans l’identité de Credence, l’intrigue risque de se répéter vis-à-vis de sa recherche de la famille Lestrange : “Tu es un Lestrange - en fait non ! Tu es un Dumbledore - en fait non !”...

Notons au passage dans cette scène que Grindelwald offre une baguette à Credence. Depuis quand la baguette ne choisit-elle plus son sorcier ?

Conclusion

Les Crimes de Grindelwald est un bon divertissement, mais pas un bon film. Rowling a voulu introduire trop d’éléments et de nouveaux personnages, et n’a pas pu les développer suffisamment.

Tout n’est pas à jeter, notamment du côté technique (visuel, effets spéciaux, musique, que nous abordons plus en détail dans notre critique sans spoilers), et dans l’apport de plusieurs éléments qui nécessiteront d’être étoffés dans la suite, tel que le pacte de sang entre Grindelwald et Dumbledore.

Cependant de nombreux défauts de scénario, qu’ils soient de l’ordre du détail ou plus importants, s’accumulent et laisseront difficilement indifférents les fans des livres originaux ou les spectateurs neutres, tant le film pèche dans la construction de ses personnages et manque de cohérence. Jusqu’au titre du film, Les Crimes de Grindelwald, quand aucun crime de grande ampleur n’est commis durant l’intrigue.

PS :

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[1Et comme toujours avec David Yates, pas de cadavre, elle explose dans un nuage de cendres.

[2Peut-être un pari avec Marion Cotillard

[3Ils n’ont pas reçu le même catalogue Ikea avec le modèle "Draps noirs Grindelwald" ?

[4C’est une blague, il y avait ça dans Les Reliques de la Mort. Et dans Harry Potter et l’Enfant Maudit. Jamais deux sans trois ?

[5Comme dans Harry Potter et dans l’Enfant Maudit

[6ou la blague de Toto sur le petit garçon qui se noie

[7qui a dit Palantir ?

[8Et dire qu’on se moquait de Voldemort avec son journal intime et sa tiare...

[9sauf si la mère de Credence est un Détraqueur ?

[10Dr Who style


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