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Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald, l’avis de la rédac’ (Sans spoilers)

13 novembre 2018

Ce 8 novembre, nous étions présents à l’avant-première des Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald. Entrés dans la salle la tête remplie de questions, nous en sommes sortis avec quelques réponses... mais surtout d’autant plus d’interrogations. Il est temps de passer à la critique, certifiée sans spoiler !

Cet article est une critique qui, même si elle ne dévoile aucun élément, peut altérer le ressenti lorsque vous irez vous-même voir le film. Elle reflète également la vision d’une partie de la rédaction, et reste donc subjective.

Vous pouvez retrouver tous nos autres articles sur le film en suivant ces liens :
- La critique avec spoiler
- Les incohérences des Animaux fantastiques 2 décryptées (spoilers)
- Les clins d’œil à Harry Potter (avec spoiler)
- Les questions en suspens (avec spoiler)
- L’identité de Credence en théories (spoilers)
- Les théories les plus loufoques de la Gazette (avec spoiler)
- EXCLUSIF : L’avant-première qui n’a jamais eu lieu (sans spoiler)

Critique sans spoiler

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Après deux ans d’attente, le voilà enfin !
La crainte, l’excitation, le doute, le bonheur,... de nombreuses émotions nous ont traversés au cours des deux années écoulées. C’est la tête remplie de questions que nous sommes entrés dans la salle pour découvrir cette suite que nous attendions avec impatience, quoi qu’il en soit.

À la sortie du cinéma, l’enthousiasme est quelque peu retombé. Les débats sont très animés, mais l’avis de la rédaction est plutôt unanime : c’est une déception générale, avec quelques éléments intéressants ou positifs à souligner.

Le film est magnifique visuellement. J.K. Rowling écrit le scénario en imaginant le rendu à l’écran, contrairement à l’adaptation des livres Harry Potter, et ça se ressent. Chaque scène a une identité visuelle qui lui est propre, jouant sur les couleurs et les ambiances : les scènes de Grindelwald sont sombres et froides, dans les tons bleus pour la plupart, alors que Dumbledore est souvent présenté dans des scènes assez lumineuses par exemple.

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La magie est bien présente à l’écran, avec des sorts et des effets inédits, tantôt amusants, tantôt impressionnants. Plusieurs fois nous avons pensé “c’est une idée sympa d’avoir fait ça ainsi”, et ces petites touches d’émerveillement nous rappellent ce qu’on aiment le plus dans l’univers de J.K. Rowling.

Les décors, réels ou reconstruits en studio, nous transportent immédiatement dans le monde magique lorsqu’on leur accorde l’importance qu’ils méritent. Ils regorgent de détails impossibles à saisir en un seul visionnage et, malgré l’anachronisme dans son architecture, revoir le château de Poudlard est toujours un plaisir.

Du côté des acteurs, on découvre un Dumbledore plutôt convaincant dans sa jeunesse, même s’il a trop peu de temps à l’écran pour réellement confirmer la performance. La très bonne surprise du film, c’est également Johnny Depp, toute problématique que soit sa présence, qui sort enfin de son personnage de Jack Sparrow.

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Si le film était vendu comme beaucoup plus sombre que le premier opus, ce n’est qu’en partie vrai ; les thèmes abordés sont plus sérieux et les enjeux plus importants, mais le film a réussi à conserver l’humour présent dans le premier volet des Animaux fantastiques. On retrouve un Jacob Kowalski en pleine forme, et des créatures espiègles ou comiques à foison ! Les touches humoristiques permettant d’aérer l’histoire, c’est une franche réussite.

À plusieurs reprises, le cadrage en très gros plan produit un ressenti oppressant et anxiogène ou plonge le spectateur efficacement dans le point de vue d’un personnages. Nous découvrons ainsi plusieurs scènes à travers les yeux d’un protagoniste (souvent Newt) grâce aux effets de caméra.

Enfin, les musiques sont extraordinaires et viennent compléter le tableau pour plonger le spectateur pleinement dans l’ambiance du film. Une bonne musique est une musique qui ne se remarque pas, s’intègre au film à la perfection, mais qui nous reste pourtant en tête à la fin. Et nous sommes plusieurs à être sortis de la salle en sifflotant les thèmes principaux, nouvelle preuve, s’il en fallait une, du talent de James Newton Howard. Certains regrettent cependant la reprise de nombreux thèmes sans véritable innovation par rapport au premier film.

Mais si tout ça était si bien, pourquoi cette déception à la sortie ?

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Ah bon ?

Si le film reprend les éléments qui ont fait le succès du premier volet (humour, magie, créatures attachantes) à l’identique, il en amplifie grandement les défauts. Un film peut être magnifique, mais si l’histoire proposée n’est pas à la hauteur, les belles images ne font pas illusion longtemps.

Le film a voulu introduire trop d’éléments et de nouveaux personnages, et n’a pas pu les développer suffisamment, ce qui donne un film au rythme intense (on ne voit pas les 2h14 passer), mais globalement décousu. La performance de plusieurs acteurs en souffre d’ailleurs fortement. On se retrouve vite avec un sentiment d’inachevé et de surplus d’information. Certaines scènes vont trop vite et manquent grandement d’explications, tandis que d’autres n’apportent strictement rien à l’intrigue.

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Pour pallier à ces manquement scénaristique, Warner Bros a apporté de nombreux éléments de réponse à travers sa campagne promotionnelle. Inutile d’expliquer dans le film ce qui a déjà été annoncé via une interview ou une courte vidéo explicative, pas vrai ? Résultat, ceux qui n’ont pas suivi les annonces avant le film risquent de se retrouver perdus.

On regrette également de grosses facilités scénaristiques, l’absence de véritables liens entre les différents arcs narratifs, et un manque d’originalité qui se fait sentir à plusieurs reprises avec des redites de Harry Potter.

Toute cette précipitation nuit à l’univers magique, qu’on n’a pas le temps de véritablement explorer : les scènes d’ambiance sont particulièrement courtes, quand elles sont présentes, car le film n’a pas de temps à consacrer au monde magique en lui-même.

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Nous ne sommes pas dans un roman, et il n’est pas réellement possible de s’attarder longtemps sur des personnages secondaires, ce qui fait qu’ils n’ont pas la substance nécessaire pour nous intéresser, et qu’on finit par se demander ce qu’ils font là. Même parmi les personnages principaux, le manque d’évolution de certains frustrera plus d’un spectateur.

Finalement, les défauts du film peuvent se résumer à un problème d’écriture ; contrairement à Harry Potter, Les Animaux fantastiques ne sont pas une série de romans, et il est évident que Rowling est moins à l’aise avec l’écriture de scénario. Les différentes informations sur le monde magique et même le contexte sont très mal amenées dans les dialogues, qui paraissent peu naturels et ne donnent même pas toujours toutes les clés nécessaires.
La scénariste semble ainsi, à plusieurs reprises, oublier l’importance du “Show, don’t tell”, principe qui veut que, au cinéma, il vaut parfois mieux faire comprendre par un élément visuel plutôt que d’intégrer l’explication dans un dialogue.

Conclusion

Tout n’est pas à jeter, mais tous ces petits (et gros) défauts s’accumulent et laisseront difficilement indifférent les fans des livres originaux ou les spectateurs neutres, tant le film pèche dans la construction de ses personnages et manque de cohérence.

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Le public acquis à la franchise sortira potentiellement satisfaits d’une aventure dépourvue de temps morts... ou complètement perdus devant tant de pièces de puzzle manquantes, ou indistinctes et apparemment sans lien les unes avec les autres. Il ne faudra, en tout cas, surtout pas s’attarder sur les détails pour profiter du voyage dans son ensemble.

Un produit fini qu’on pourrait comparer à Harry Potter et l’Enfant Maudit par la division qu’il génèrera immanquablement dans le fandom, entre ceux qui estimeront que la forme rattrape ou efface le fond, et ceux qui seront capables de dissocier les deux afin d’exposer les nombreuses failles du film.

Pour un avis plus approfondi, vous pourrez bientôt lire notre critique détaillée (avec spoiler) ICI.

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