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Harry Potter, Cursed Child et les parcs d’attractions ; à quand en France ?

25 juin 2018

Quand on parle de la pièce de théâtre Harry Potter et l’Enfant maudit - actuellement installée à Londres, Broadway, bientôt à Melbourne et dans d’autres villes américaines - ou du Wizarding World of Harry Potter - installé à Orlando, Los Angeles, Osaka (Japon) et bientôt Universal Studio Beijing - la question qui revient souvent est “à quand en France / dans la ville à côté de chez moi / chez moi ?

La réponse apportée est souvent “jamais” ou “ce n’est pas à l’ordre du jour”... mais pourquoi ? Dans quelles conditions ces expériences potteriennes pourraient-elles débarquer en France ou sur le continent européen ? On se penche sur ces questions plus en détails.

Les lands Harry Potter

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La confusion qui règne autour du statut du Wizarding World of Harry Potter, parfois connu en français comme Le Monde magique de Harry Potter, est une des raisons pour lesquelles il est difficile de discuter de son arrivée en Europe.
En effet, beaucoup en parlent comme “le parc Harry Potter”, alors qu’il ne s’agit que d’un land, une sous-partie d’un parc Universal plus grand dans lequel on retrouve des attractions diverses et variées (Marvel, La Momie, Men In Black, Les Simpsons...).

Quand on veut imaginer la venue d’un Wizarding World en Europe, c’est donc de l’installation de tout un parc Universal dont il faut discuter.

Un projet de cette ampleur a des implications financières et logistiques très complexes. Il a fallu des années de négociations pour que Disney décide de s’implanter en France, en échange de nombreuses garanties : prolongement du RER pour desservir le complexe, allègements fiscaux...
Universal exigerait des avantages comparables en termes d’accès via des infrastructures publiques et de terrains mis à disposition.

Les lieux répondant à toutes les exigences ne sont pas légions, même lorsqu’on élargit le territoire envisagé à l’Europe entière. Sur 1200 emplacements potentiels pour Disneyland, seuls quatre avaient finalement été retenus, et deux ont été éliminés pour cause de météo défavorable (Alicante ; vents trop violents) ou de géologie (Toulon ; sous-sol trop dur).
Le dernier adversaire de Paris, Barcelone, a été écarté à cause de sa situation européenne trop excentrée et, à l’époque, des menaces terroristes de l’ETA.

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Avec la démocratisation du transport aérien (vols charter), le désarmement de l’ETA, on pourrait penser que les terrains proposés par Barcelone constituent un lieu idéal, à l’heure actuelle, afin d’y installer un parc Universal... mais ça a déjà été le cas ! Le parc Port Aventura, inauguré en 1995, avait été racheté 2 ans plus tard par Universal... qui l’a finalement revendu en 2004, avant d’avoir obtenu les droits pour la franchise Harry Potter.

Actuellement, Port Aventura est le troisième parc le plus fréquenté d’Europe (après Europa-Park et Disneyland Paris), ainsi que le lieu le plus visité d’Espagne et de tout le sud de l’Europe. Imaginez le potentiel que Universal a abandonné !
Vu le succès du parc et l’investissement récent de 100 millions d’euros pour y ouvrir un Ferrari Land, le gestionnaire américain n’est cependant pas près d’y faire son retour.

En considérant tous ces éléments, on se rend vite compte de l’improbabilité de voir un Wizarding World of Harry Potter débarquer en Europe dans un avenir proche. Le jour où on entendra parler de l’idée, il faudra encore attendre plusieurs années avant de voir le projet se concrétiser : le nouveau parc Universal de Beijing ouvrira en 2020, mais les discussions pour son développement ont été officialisées en 2012 ! Ceci représente déjà 8 ans d’attente entre l’introduction du projet et sa finalisation, plus encore si l’on considère que les négociations informelles auraient débuté lorsque le parc Disney de Hong Kong fût annoncé, en 2003 !

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Un retour d’Universal en Europe ne semble pas être à l’ordre du jour, d’autant plus que l’entreprise a abandonné le marché il n’y a pas si longtemps et que la concurrence serait rude sur un territoire bien plus réduit que la Chine ou les USA. Pour finir sur cette note, d’ailleurs, certains soulignent l’injustice de voir deux parcs installés aux États-Unis, mais aucun en Europe ; ils oublient souvent que, en terme de proportions, un vol Paris-Orlando n’est que très légèrement plus long qu’un vol Orlando-Seattle, et pas toujours beaucoup plus cher. Qu’il y ait deux parcs Universal aux USA ne veut pas dire qu’ils sont automatiquement plus accessibles.

Il ne faut jamais dire jamais, mais il faut rester réaliste.

La pièce de théâtre Harry Potter et l’Enfant maudit

Il ne doit pas être bien compliqué de faire venir une pièce de théâtre en France ! Ou ailleurs dans le monde... Le texte est traduit, boum on trouve un théâtre, des acteurs, et basta ! Non ?

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Ce n’est bien entendu pas aussi simple que ça, surtout pour Cursed Child. La pièce a été imaginée comme une expérience complète, une immersion qui se doit de commencer dès l’entrée dans le théâtre ; la décoration doit donc être refaite, pour correspondre à la pièce qui se joue : lanterneaux dragons, affichage sur mesure, papier-peint... c’est une des raisons pour lesquelles nous pensons que diffuser Cursed Child sur écran gâcherait la magie.

Ceci représente un investissement conséquent qui n’est pas possible dans n’importe quel théâtre. Si le bâtiment est classé, par exemple, certaines restrictions pourraient empêcher de placer le nid ou l’aile emblématique de la pièce en façade.

Par ailleurs, le lieu doit correspondre à un certain style. Le Lyric Theatre, qui accueille la pièce à Broadway, était un théâtre très moderne ; l’espace ne répondant pas aux attentes, il leur a fallu investir plusieurs millions de dollars pour construire des loges et donner à la salle un aspect adéquat. (Ci-dessous, avant et après transformation).

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On se trouve donc face à une situation compliquée : il faut un théâtre suffisamment ancien pour avoir un style jugé approprié, mais suffisamment moderne et ouvert pour permettre la mise en place d’un nouveau papier-peint, de décorations sur mesures pour la pièce... et disposant de toute la mécanique nécessaire à la mise en scène (plateau rotatif, bassin aquatique, etc).

On pourrait se dire "à Broadway, ils l’ont bien fait, pourquoi personne ne fait pareil en France/Belgique/Suisse" ?
C’est à cause de la culture théâtrale. Dans le monde anglo-saxon, il n’est pas rare qu’une production s’installe pour plusieurs années dans un même théâtre ; l’investissement en matière de décors en vaut donc le coup. Dans le monde francophone, en revanche, une pièce restera rarement plus de quelques mois d’affilés à l’affiche. L’investissement en amont, pour se mettre aux normes de la pièce, doit donc être moindre, puisque les revenus s’étaleront sur un temps plus limité.

Il n’y a donc aucun espoir ?

Certaines déclarations récentes de Sonia Friedman, productrice de la pièce, laissent cependant entrevoir une option intéressante. En effet, l’équipe a laissé entendre que la pièce pourrait se déplacer dans d’autres villes des États-Unis, sous un format sans doute plus léger, pour des durées de temps réduites. Exactement ce qui pourrait correspondre à la France !

Mais quel lieu pourrait s’y prêter ? Navré de décevoir d’avance de nombreux francophones, mais si la pièce devait être jouée dans une ville française, ce serait à Paris, l’adresse du site internet est d’ailleurs déjà réservée ! Et ce ne sont pas les théâtres qui manquent : théâtre de l’Odéon (800 places), théâtre de Paris (1100 places), théâtre de la Porte-Saint-Martin (1800 places), théâtre du Châtelet (2010 places)...

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Ces deux derniers sont les candidats les plus crédibles, d’autant que le théâtre du Châtelet est habituée à accueillir des superproductions du West End et qu’il est actuellement en rénovation pour faire évoluer ses capacités techniques !

C’est donc plus une question de temps et de timing ; trouver les solutions techniques et les compromis qui permettront à une pièce, créée pour des théâtres spécifiques ou fortement malléables, de s’adapter à un environnement moins flexible.

Que la pièce soit jouée en français, ou en anglais avec des sur-titres, elle rencontrera un succès immanquable. Certains préfèreront des acteurs francophones, pour plus d’accessibilité, d’autres trouveront qu’un Harry qui ne parle pas anglais paraîtrait moins authentique, mais c’est un autre débat que nous aurons le jour où la pièce débarque officiellement dans l’hexagone. D’ici-là, on se contentera de se réjouir à l’idée que cette venue se produira un jour, même si ce n’est que pour une poignée de représentations.

Conclusion

Pourrait-on voir un parc d’attraction Universal, avec un land Harry Potter, en Europe ? Probablement pas, et certainement pas dans un futur proche.
Verra-t-on Cursed Child au théâtre dans l’hexagone, ça paraît de plus en plus probable.

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En attendant, les fans francophones européens ne doivent pas oublier qu’ils sont loin d’être les moins bien lotis : le Studio Tour est à 1h de vol au maximum ; il y a des vols aller/retour directs pour Orlando à moins de 350€, ce qui est raisonnable ; l’exposition itinérante est venue à Paris, Bruxelles, Madrid et Milan, quatre villes facilement accessibles depuis l’hexagone ; il y a des festivals et conventions Harry Potter régulièrement ; Paris vivra une avant-première mondiale avec le prochain film Les Animaux Fantastiques : Les Crimes de Grindelwald... apprécions ce qu’on a déjà !


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