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Analyse : Voldemort est-il vraiment raciste ?

31 mars 2019

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Par kazer renato

Tom Jedusor, alias Voldemort, est réputé être l’équivalent magique d’Hitler. Son règne de terreur aura vu mettre en place l’extermination ciblée de ceux qui lui résiste et de ceux ayant du sang moldu. Pourtant, cette réputation est-il justifiée ?
Sans aller jusqu’à présenter Voldemort sous un regard positif (qui le pourrait ?), il me semble judicieux de nous demander s’il représente véritablement l’incarnation de la haine raciale, ou si tout cela n’est qu’une façade. Mon postulat est que Tom Jedusor n’est pas animé par un racisme aussi puissant que celui d’un Lucius Malefoy ou d’une Dolores Ombrage. Postulat dont j’espère vous convaincre avec les six points suivants.

A noter que cette réflexion est personnelle et ne reflète pas l’avis de l’ensemble de la rédaction.

Voldemort est sociopathe

Cette affirmation peut sembler aussi pléonastique que de dire que Dumbledore est vieux. Mais elle a néanmoins ici son importance.

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Par Vincent Powell

Tom Jedusor n’accorde aucune importance à la vie des autres, quels qu’ils soient, et ne les voit que comme des jouets, des pions à utiliser pour atteindre ses propres fins. Il ne possède aucun sentiment d’empathie, mais surtout d’amitié ou d’appartenance à un groupe défini. Il ne se considère évidemment pas comme un Sang-Pur, et plus important encore, ne donne pas l’impression qu’il s’assimile à eux.
C’est un pervers narcissique qui ne se voit pas comme un anti-moldu, mais comme le leader des Mangemorts. Il est toujours dans une position de domination par rapport aux autres, et ne se reconnaît aucun égal ou personne digne de confiance.

Il serait possible de dire qu’il voit dans l’attitude anti-moldue qui pollue la société sorcière l’excuse idéale pour assouvir ses pulsions sociopathes en toute justification de cause : il peut tuer d’autres personnes qui s’opposent à lui sans avoir à donner d’autres explications que « son sang était impur ». Le fait qu’il puisse aussi tuer froidement des membres de son propre camp montre l’étendue de sa psychopathie et qu’il ne fait en réalité aucune distinction entre ses victimes : il tue ceux qui lui déplaisent, ni plus ni moins.

Voldemort n’est pas si regardant dans le choix de ses alliés

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Dans la continuité du point précédent, nous pouvons dire que Tom Jedusor n’accorde pas d’importance à l’origine de ceux qui sont de son côté, du moment qu’il peut se servir d’eux comme il l’entend. Les deux exemples les plus parlants sont ceux de Peter Pettigrow et Severus Rogue. Le premier est l’élément clé de sa résurrection. Voldemort n’aurait rien pu faire sans lui. Si évidemment Queudver ne sera jamais vraiment remercié de ce service (mis à part pour sa main en argent qui s’avérera un cadeau empoisonné), Tom Jedusor aurait très bien pu le rejeter complètement sous prétexte que c’est un sang-mêlé et qu’il a probablement un parent moldu. Mais il n’en fait rien.

Nous reparlerons de Rogue plus tard, mais le cas est similaire : alors que le maître des potions a une ascendance moldue, Voldemort fait preuve de beaucoup de considération à son égard. Quelqu’un de profondément raciste aurait du mal à faire de tels gestes, bien qu’on puisse objecter que Lucius Malefoy, sans doute un des pires extrémistes, apprécie visiblement aussi Rogue (ou peut-être craint-il en partie ses grandes compétences en magie noire, il est sous-entendu que même les élèves plus âgés que lui craignaient ses mauvais sorts).

Voldemort n’agit comme un raciste convaincu qu’en présence de ses fidèles

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Là encore ce point peut être sujet à débat, mais en y réfléchissant, les seuls moments où le Seigneur des Ténèbres se lance dans de grandes tirades sur la suprématie des sorciers, l’éradication des moldus et la pureté du sang, ce n’est que lorsque ses Mangemorts sont présents. Nous retiendrons particulièrement la scène d’ouverture du tome VII.

Face à Harry, il est moins venimeux et revendicateur. Bien sûr il vante sa toute-puissance, mais c’est toujours pour rabaisser Harry et se valoriser. Il ne dit pas « Je vais purifier la race des sorciers et tu ne pourras rien faire pour m’en empêcher ! » mais bien « Je vais te tuer parce que je suis plus puissant que toi ». Face à son ennemi juré, Voldemort est complètement obnubilé par ses pouvoirs, il ne pense qu’à prouver au monde qu’il a vaincu Harry Potter.

Nous pourrions penser qu’il est alors trop obsédé par l’idée de tuer Harry et que cela aveugle ses réelles motivations, mais il est aussi possible d’avancer que c’est justement dans ces moments-là qu’il révèle sa vraie nature. Devant son « destin », quand il n’y a plus personne à motiver ou impressionner, Tom Jedusor dévoile son unique but : vaincre la mort et être tout puissant. Ce qui nous amène au point suivant...

Voldemort recherche le pouvoir, pas l’extermination de masse

Posons nous la question : quelles sont les motivations de Voldemort ? Qu’est ce qui le fait avancer ? Que recherche t-il dans la vie ? Bien sûr l’immortalité, parce qu’il a peur de la mort. Mais après l’avoir obtenue, quoi ? Tout simplement explorer la magie dans ses plus sombres tréfonds.

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Rowling a un jour affirmé dans une interview que ce que verrait Voldemort dans le miroir du Risèd, si jamais il le trouvait un jour, serait tout simplement lui même, tout puissant. Pas sur une pile de cadavres de moldus, pas couronné empereur des sorciers ou que sais-je, non, juste lui.
Nous l’avons dit plus tôt : Tom Jedusor est sociopathe. Il ne se préoccupe que d’une seule chose : sa petite personne. Finalement, que d’autres gens meurent n’a pas d’importance pour lui. La seule chose qui lui importe, c’est que lui ne meure pas.

Voilà aussi pourquoi, à mon avis, il n’apparaît pas dans le futur sombre de Harry Potter et l’enfant maudit : diriger un empire totalitaire n’est que le cadet de ses soucis. Voldemort qui a gagné, c’est un Voldemort se consacrant tout entier à son but : être le sorcier le plus puissant qui ait jamais existé, celui qui est allé le plus loin dans la magie. Diriger Poudlard ou le ministère, très peu pour lui.

Voldemort et Rogue, une étrange relation

Mais ce qui semble être l’aspect le plus important est sa relation avec Severus Rogue, autre personnage clé de la saga. Nous pourrions aller jusqu’à dire que le maître des potions est la personne qui s’est le plus rapprochée d’un « ami » pour le Seigneur des Ténèbres (à mettre dans de nombreux guillemets), exception faite de Nagini. Toute la saga est parsemée d’éléments prouvant que Rogue bénéficie en permanence d’un traitement de faveur de la part de Jedusor. Ce serait long de tous les citer, mais en bref : Rogue arrive en retard à une réunion, mais tout le monde l’attend et il ne reçoit aucun châtiment ; Voldemort croit en absolument toutes les excuses de Rogue quant à sa loyauté et justifie son comportement depuis le premier tome ; le Maître des Ténèbres enseigne au Maître des potions la faculté de voler (que Rogue est le seul à pouvoir exécuter dans les livres, contrairement aux films).

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Mais l’élément le plus édifiant est sans conteste la promesse de Voldemort de ne pas tuer Lily, à la demande de Severus ! Si si, souvenez-vous que ce dernier a insisté auprès de son maître pour qu’il épargne la vie de la mère d’Harry, et que le Seigneur du Mal a essayé de tenir parole : en relisant le passage de la mort de sa mère dans le tome III, il apparaît clair que Voldemort a l’intention de l’épargner, il ne vient que pour tuer Harry et James. Lily, la Sang-de-bourbe comme il l’appellera, est morte parce qu’elle s’est montrée trop insistante. Voldemort la tue parce qu’elle a atteint les limites de sa patience et l’a énervé, pas parce que c’est une née moldue ou parce que c’était une résistante.

Cet élément va dans le sens de ma proposition pour deux raisons : premièrement parce que Voldemort ne se lance pas dans un assassinat gratuit comme il en a l’habitude (alors que s’il était profondément raciste et anti-moldu il ne se serait pas privé de le faire), et ensuite parce qu’il montre la considération qu’il a pour Rogue, sang-mêlé comme lui.

Enfin, l’assassinat de Severus est un des rares moments où Voldemort semble regretter une de ses actions, comme s’il agissait à contre-cœur. Il n’y a bien sûr qu’un pas pour dire que Tom Jedusor se voit un peu en Severus : enfant mixte, grand potentiel et attirance pour les forces obscures, solitaire, considère Poudlard comme sa maison...

Mais alors pourquoi les Mangemorts ? Pourquoi ce règne tyrannique ?

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C’est une interrogation légitime après ce pavé : si Voldemort ne pense qu’à lui et n’est finalement pas raciste, pourquoi s’est-il rendu maître d’un culte voué au sang pur, et pas, par exemple, d’une ligue de révolution des gobelins ? La réponse est contenue dans les différents points évoqués !
Tout d’abord, nous l’avons dit, Voldemort est narcissique. C’est là tout le dilemme : il veut que toute l’attention soit tournée vers lui, mais répugne à en accorder aux autres. La solution de Voldemort : impressionner une frange de la population particulièrement attirée vers l’idéal du leader tout puissant (à l’image des extrémistes du monde moldu).

Les sorciers racistes se sentent opprimés par une société qui favorise la diversité, encourage le mélange et confie même des postes importants à des individus « impurs ». Là dessus arrive quelqu’un qui partage leurs idéaux, mais qui possède le charisme, la puissance magique, les ressources intellectuelles pour mettre ses projets en œuvre. Que croyez-vous qu’ils vont faire ? Ils vont s’attrouper autour de leur leader, avant de déchanter en se rendant compte que c’est un fou dangereux (comme le verra Lucius Malefoy). Sauf qu’hélas à ce moment là, il sera trop tard...

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Voldemort possède donc ce charisme, cette présence qui attire les autres autour de lui. Il ne veut pas être respecté, il veut inspirer la peur, comme l’aurait dit Caligula « Qu’ils me haïssent, pourvu qu’ils me craignent ! ».
Atteindre l’immortalité, il y est arrivé tout seul. Mais laisser une empreinte dans l’Histoire, être reconnu comme le sorcier le plus puissant du monde, il n’y arrivera pas en restant discret et seul. Le paradoxe de Tom Jedusor, c’est qu’il n’a jamais aimé les autres, mais a toujours voulu être entouré et au centre de l’attention.

S’il a pu être fasciné par la pureté du sang dans sa jeunesse, comme l’attestera son horcruxe journal, il a probablement abandonné ses idéaux en se rendant compte de son ascendance. Et surtout ,de plus en plus terrifié à l’idée de mourir, il a perdu toute haine ciblée au profit d’une seule ambition : le pouvoir, la magie, et dominer tous ses semblables, peu importe leurs idées ou leur sang.

Ainsi, je considère que Voldemort n’est pas un raciste convaincu, un purificateur de la race sorcière. Voldemort n’est pas Hitler, Voldemort c’est Faust qui a mal tourné. C’est celui qui a vendu son âme au diable pour la vie éternelle, et qui l’utilise à ses propres intérêts. Mis face à Grindelwald, c’est le sorcier à la moustache qui semble être le plus proche d’un équivalent d’Hitler.

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