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Potterafter : Mary et la fleur de la sorcière.

4 mai 2018

La Gazette est allée découvrir Mary et la fleur de la sorcière, le nouveau film d’ Hiromasa Yonebayashi, formé au studio Ghibli et réalisateur du génial Arrietty en 2010. Nous vous livrons nos impressions.

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La distribution du film, assez discrète, aurait pu nous faire passer à côté d’une belle expérience d’animation. C’est complètement par hasard, soumis aux sempiternelles publicités de notre salle parisienne, que nous avons découvert le film de Yonebayashi, qui intriguait dès la bande-annonce par sa proximité annoncée - mais pas revendiquée - avec Harry Potter. Une école de magie, des cours de métamorphose et de vol sur balai... Il n’en fallait pas plus pour éveiller notre curiosité.

L’académie Endor, un Poudlard bariolé.

Commençons par décrire l’école de magie dont il est question dans le film. Son architecture annonce la couleur, en affichant un mélange étrange de paysages bien connus : un peu d’Oxford, un peu de Bagdad... L’impression émerge qu’elle a été bâtie comme une synthèse assez grossière de tous les grands lieux d’érudition, comme si elle aspirait à l’exhaustivité en matière de savoirs magiques. Cette exhaustivité se retrouve d’ailleurs dans la très grande diversité des matières enseignées, qui vont du vol sur balai aux subtiles nuances de la chimie de la magie.
Les salles de classe constituent probablement le principal atout charme de ce Poudlard alternatif : elles sont en effet telles qu’on aurait pu les imaginer dans les films du sorcier à lunettes, beaucoup moins moldues que les murs froids d’Oxford, et comme animées par une magie qui leur est propre. De nombreux détails et objets, par ailleurs, dressent le parallèle entre Endor et Poudlard. Nous citerons seulement le miroir de communication, et vous laisserons découvrir les autres à votre tour.

Une ombre apparaît cependant bien vite à ce tableau, et ce temple de la magie semble presque faux : les élèves sont anonymes et interchangeables, à l’exception du personnage principal, et il semble que deux seuls adultes référents - et un garde-chasse excentrique - soient en charge de tous les enseignements.

La société de la magie autour d’Endor : des rêves et dérives familiers...

Il apparaît bien vite qu’aux yeux des deux enseignants, et autour d’eux de toute la société sorcière, la magie est puissance. Certains témoignages livrés dans l’histoire viendront alimenter la nostalgie du temps perdu de la magie simple, de la magie modeste, dénaturée par la quête de pouvoir de Madame Mumbletchuk et du Docteur Di. On retrouve, parmi leurs excès, certaines illusions empruntées par J.K. Rowling à l’imaginaire magique commun, telles que la pierre philosophale. On retrouve aussi d’autres thèmes, plus proches de l’imaginaire japonais, à l’instar d’un monde de chimères qui n’est pas sans faire penser à Full Metal Alchemist.

La magie est puissance, donc, et, comme à chaque fois qu’elle est prétexte à cet excès, la magie est également domination et exploitation. Endor, comme Poudlard, se base sur l’exploitation des inférieurs (les elfes de maison à Poudlard ; les animaux dans le cas d’Endor.)

La trajectoire de Mary, une initiation au relents potteriens.

Si les élites de la magie suivent un itinéraire qui rappelle ceux de Voldemort, Grindelwald ou Dumbledore, les parallèles entre Harry Potter et Mary et la fleur de la sorcière se retrouvent également dans les premiers pas vers la magie. On découvre Mary, au début de l’histoire, dans une situation assez similaire à celle de Harry : seule avec sa tante dans une maison où elle vient à peine d’emménager, Mary ressent un profond ennui, comme si elle se savait promise à des aventures plus vives. Par ailleurs, sa situation d’isolement vis-à-vis du reste de sa famille (dont on ne sait d’ailleurs rien) n’est pas sans rappeler l’enfance de Neville, les longues années scolaires de Ginny lorsque ses frères partent sans elle à Poudlard, ou à nouveau l’enfance de Harry.

Une ode à l’écologie, dans la tradition Ghibli

Reste enfin à mentionner un aspect non négligeable du film : la traditionnelle opposition entre nature et société humaine, mettant en conflit une humanité déracinée et une biodiversité investie d’un pouvoir incommensurable, dont la forêt se fait la gardienne. Espace de tous les secrets, mais aussi réserve d’une magie différente, elle n’est pas sans rappeler la forêt interdite de Poudlard, par ailleurs également liée aux rites initiatiques des jeunes sorciers.

Nous ne rentrerons pas plus dans le détail, afin de ne rien divulgâcher des surprises du film, mais retiendront toutefois un bémol, qui pourra en décevoir plus d’un : la fin du film est assez précipitée, l’intrigue assez décousue malgré les traces de fil blanc, et nous restons en surface de l’exploration de bien des personnages et lieux. De quoi rester sur sa faim, malgré de belles images et une atmosphère assez envoûtante. Assez décevant, sommes toutes, après le merveilleux Arietty.

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