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PotterAfter : Pushing Daisies

27 avril 2017

Pushing Daisies est une série douce-amère qui fête cette année les dix ans de sa première diffusion. Elle met en scène un jeune homme qui fait des tartes et résout des enquêtes, à l’aide d’un pouvoir particulier. Effectivement, il peut ramener à la vie ce qui ne l’est plus, au choix : des fruits, son chien, des cadavres à la morgue, ou encore son amour d’enfance..

Ned avait 11 ans, 4 mois, et 17 jours lorsqu’il a été abandonné par son père dans un pensionnat, où il était le seul à posséder un pouvoir exceptionnel et le poids de ce secret. Vous avez l’impression de lire le pitch d’un Harry Potter inversé ? Ce n’est peut-être pas qu’une impression. Comme Harry Potter, Pushing Daisies interroge à travers la magie et le fantastique le rapport à la mort, à l’amitié, mais aussi au passage à l’âge adulte, et au secret.

L’histoire : un mélange de genres

Ned, joué par Lee Pace, peut effectivement ramener les morts à la vie en les touchant. Un don soumis à des règles précises qu’il va découvrir enfant : s’il les touche encore une fois, ils meurent pour toujours. S’il ne le fait pas au bout d’une minute, montre en main, un autre être vivant meurt pour équilibrer la balance de l’univers. Devenu adulte, il possède sa propre « tarterie », et use de son pouvoir pour raviver des fruits pourris et les transformer en tartes, que sert sa coéquipière Olive (Kristin Chenoweth).

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Cependant Pushing Daisies n’a pas qu’une facette fantastique : c’est aussi une série policière d’investigation. Ned fait équipe avec le détective Emerson Code, alias Chi McBride, seul à connaître les talents surnaturels du pâtissier. La procédure est simple : il touche la victime, lui demande l’identité de son tueur, la touche à nouveau, l’affaire est bouclée, et Ned retourne à ses tartes. Évidement, dans les faits c’est souvent plus compliqué, et les affaires ne sont jamais résolues tout de suite.

Dès le premier épisode, un évènement va faire basculer cette routine bien huilée : le corps à interroger est Chuck, l’amie et amour d’enfance de Ned, interprétée par Anna Friel. Envoyant valser la raison, Ned choisit de ne pas retoucher la jeune femme après l’avoir ressuscitée, la laissant vivre. Tel le second des frères Peverell avec la pierre de résurrection, il ramène la femme qu’il aime à la vie, à un certain prix. Le gérant des pompes funèbres meurt à la place de Chuck, celle-ci doit se cacher de sa famille qui la croit morte, et les amoureux ne peuvent se toucher, si ce n’est à travers un film alimentaire.

Entre gravité et légèreté

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Vous l’aurez compris, la série oscille toujours entre ces deux pôles. Un humour noir l’accompagne, porté par le caractère cynique et anxieux de son personnage principal. La symétrie et la centralité des images qui rappellent les films de Wes Anderson font aussi écho au côté control freak de Ned qu’on entendra dire : "That’s not weird. That’s symmetrical." (ce n’est pas bizarre, c’est symétrique).

Pushing Daisies a tout d’un gros gâteau sucré : des décors qui nous évoquent l’iréel Big Fish ou la banlieue chic et pastel d’Edward aux mains d’argent (les deux films étant de Tim Burton), une bande-originale rappelant le générique de Desperate Housewives, des effets spéciaux volontairement kitsh, une garde-robe rétro et une voix-off de conte de fée. Et au travers de ces aspects fantaisistes et parfois enfantins, elle est tout de même une série très sérieuse sur la mort, au même titre que l’a été Six Feet Under.

Les thèmes de la perte, du deuil, et de l’absence, sont constamment abordés, et ce, d’une manière juste et réaliste, mais sans lourdeur. Cette crédibilité est renforcée par des personnages attachants, drôles, complexes, pleins de contradictions, et de défauts : comme de vraies personnes. Les quatre personnages principaux, Ned, Chuck, Emerson et Olive, sont des personnages très seuls au début, qui finiront par se créer un petit cercle, où être seuls ensemble est bien plus rassurant, à défaut d’être parfait. Un cercle familial dysfonctionnel et atypique, ce qui n’est pas forcément étonnant de la part du producteur exécutif et réalisateur : Barry Sonnenfeld, à qui on doit La Famille Addams.
Voyez plutôt :

En bref, je recommande Pushing Daisies à tous ceux qui aiment les séries traitant de sujets graves avec justesse, humour, et fantaisie. De plus, la production s’étant arrêtée à la deuxième saison, il n’y a que 22 épisodes à bingewatcher pour les intéressés : une bagatelle !

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