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"Little Dorrit" (BBC, 2008) d’après Charles Dickens

30 août 2013

Little Dorrit (BBC, 2008), une mini-série produite par Andrew Davies de 14 épisodes de 29 minutes, d’après le roman de Charles Dickens. Avec Claire Foy (Amy Dorrit), Matthew MacFadyen (Arthur Clennam), Tom Courtenay (William Dorrit), Judith Parfitt (Mrs Clennam), Russell Tovey (John Chivery), Freema Agyeman (Tattycoram), Eve Myles (Maggy), Arthur Darvill (Edward "Tip" Dorrit) et Andy Serkis (Rigaud/Blandois).

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"Little Dorrit", voilà comment on surnomme Amy Dorrit, une jeune femme de 21 ans menue mais grande par son courage qui est née et continue à vivre à la Maréchaussée, la prison pour dettes de Londres, prenant soin de son père captif, connu pour être "le Père de la Maréchaussée" tant sa détention fut longue. Libre de sortir pour subvenir aux besoins de sa famille, orpheline de mère, Amy est recommandée aux Clennam, une famille de riches négociants où elle est employée pour des travaux de couture par Mrs Clennam, une vieille femme solitaire, acariâtre et paralysée des jambes qui, malgré son tempérament autoritaire, la traite avec tendresse. Son fils Arthur revient au pays après quinze ans d’absence pendant lesquelles il a servi de bras droit à son père dans ses affaires en Chine. Sur son lit de mort, son père lui confie une montre à gousset à remettre à sa mère, visiblement torturé par l’idée de "réparer" quelque chose… Obsédé par les dernières paroles de son père, Arthur devine qu’un lourd secret entoure sa famille et il s’apprête à tout mettre en oeuvre pour le découvrir. Pourquoi n’est-ce pas un hasard si Mrs Clennam emploie Amy, elle si peu habituée aux œuvres de charité ? Amy serait-elle impliquée dans ce lourd secret qui pourrait ruiner à jamais la réputation de la maison Clennam ? Arthur se lie rapidement d’amitié avec la jeune femme, devient un bienfaiteur pour son père et pourrait bien être sur le point de changer leur vie à jamais.

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L’héroïne de cette série, Amy, interprétée par Claire Foy (connue pour son rôle de Julia dans la version 2008 de Being Human), a été pour moi une vraie découverte et son personnage est touchant sans être larmoyant, courageuse sans être héroïque et amoureuse sans être niaise. Grâce à l’interprétation de son actrice qui passe très bien de l’humilité et de la discrétion, de la tristesse à l’indignation, c’est un personnage tout en nuance et profondément unique qui va vous toucher, vous attendrir et même vous faire un peu pleurer. Je me suis beaucoup identifiée à elle et je trouve que dans ce genre de period drama où l’on rencontre beaucoup de personnages pauvres, elle se distingue par sa force de caractère et son stoïcisme qui lui permet d’être heureuse même dans sa condition de fille-infirmière pour son père. Elle ne se plains jamais de son sort et c’est peut-être ce qui fait qu’elle mérite d’autant plus d’être aidée par Arthur. Captive malgré elle dans cette prison pour dettes, elle partage presque le même destin d’Harry Potter qui est réduit à jouer les domestiques face au caprices de sa famille saufqu’elle a un coin pourelle au lien d’être coincée dans un placard sous l’escalier !

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En tant qu’héroïne, elle a bien sûr droit à de très jolies scènes, parfois tendres, parfois poignantes, comme celle où elle jette à l’eau le bouton de manchette d’Arthur qu’elle a conservé, comme une façon de renoncer définitivement à en être aimée puisque sa famille vit à son crochet. Il y a aussi cette scène splendide et très poétique où elle raconte une histoire à son amie Maggy (Eve Myles) qui est une sorte de métaphore de sa relation avec Arthur Clennam, qui est le premier à prendre pitié du sort de sa famille.

"Il était une fois une princesse qui avait tout ce que l’on peut désirer, et bien plus encore. Mais, à coté de son palais, il y avait une maisonnette où vivait une petite femme pauvre et misérable. Toute seule. Mais assez jeune. Et, un beau jour, la princesse alla jusqu’à la maisonnette et demanda à cette toute petite femme : "Montrez-moi ce que vous avez là." Et la toute petite femme l’introduisit dans son intimité et montra à la princesse une ombre. C’était l’ombre de quelqu’un qui était parti depuis bien longtemps. "Et, vous ne cessez toute la journée de l’admirer ?" demanda la princesse. "Oui, car personne d’autre d’aussi bon ou généreux n’a plus jamais franchi ce seuil depuis." Elle réalisa que, malgré tous son or, son argent, malgré ses diamants et ses rubis, elle n’avait rien d’aussi précieux pour elle seule que cette ombre pour cette toute petite femme."

Si vous avez adoré ce passage dans Les Reliques de la Mort où Hermione lit "Le conte des Trois frères" de Beedle le Barde alors ce passage vous charmera tout autant par sa poésie !

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L’une des perles de cette mini-série, c’est aussi le thème musical composé par John Lunn qui revient à chaque moment charnier et dramatique, à la fois triste et intense, lent et rapide ce qui symbolise assez bien les hauts et les bas de l’histoire d’Amy Dorrit. C’est une mélodie qui vous restera en tête, preuve que c’est une très bonne mélodie. Elle me rappelle un peu la musique de la série Downton Abbey, ce qui n’est pas si idiot puisque John Clunn a aussi composé pour cette série

Little Dorrit est aussi très beau esthétiquement avec une photographie à la fois très sombre dans la partie londonienne, et très colorée et lumineuse dans les moments passés en Italie par la famille Dorrit et particulièrement à Venise, un lieu vraiment emblématique pour moi que je retrouve toujours avec tendresse à l’écran. Les scènes à Venise ont toutes un coté très intimistes et poétiques et c’est un moment pour Amy de grand émerveillement qu’on partage avec elle très facilement.

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Le grand intérêt de cette série, c’est bien sûr le mystère qui entoure la famille d’Arthur Clennam et qui implique Amy Dorrit derrière les dernières volontés de son père : "Arthur… Ta mère... Répare-le..." et l’énigmatique inscription cachée dans la montre à gousset de son père "N’oublie pas". Réparer quoi ? Ne pas oublier quoi ? Que les Clennam ont-il lésé ? Pourquoi cela déshonorerait-il autant les Clennam ? Mrs Clennam (Judith Parfitt) et son domestique Mr Flintwinch semblent être mieux renseignés que les autres mais restent plus silencieux qu’une tombe sur le sujet. Mais Blandois, un meurtrier français notoire (Andy Serkis), qui fait plus froid dans le dos que Gollum va rapidement découvrir leur secret et, bien sûr, leur faire payer son silence…

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Comme beaucoup de period drama, Little Dorrit brille par ses personnages secondaires. Tom Courternay, qui joue le père d’Amy, William Dorrit, joue avec beaucoup de justesse ce personnage, à demi-fou, bouffi de fierté mais aussi souffrant de sa captivité qui n’en finit pas. Je pense à une scène très poignante en particulier à l’épisode 4 qui est peut-être le climax de sa détresse. Vraiment heart-breaking :

"Qu’importe si je mange ou meurs de faim ? Qu’importe si une vie désolante comme la mienne prennait fin maintenant, la semaine prochaine ou l’an prochain ? Qui se soucie de moi ? Oh, Amy ! Si tu avais pu me voir comme ta chère mère m’a vu ! J’étais jeune, accompli, beau de ma personne et les gens recherchaient ma compagnie et ils m’enviaient ! Ils m’enviaient ! Mais, maintenant, malgré tout, je suis assez respecté ici, on ne me marche pas sur les pieds. Demande leur au dehors qui est le chef ici ? Ils te diront : "c’est William Dorrit !" Va leur demander qui n’est jamais traité à la légère, et ils te diront :"c’est William Dorrit !" Va leur demander quelles funérailles ici feront parler le plus d’elles, oui et peut-être même le plus de peine que celles de quiconque qui a déjà passé cette porte, ils te diront "C’est William Dorrit !" William Dorrit.!William Dorrit ! William Dorrit !

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Il y a aussi John Chivery, le fils du gardien de la Maréchaussée, qui est très touchant en amoureux transi et qui a plusieurs scènes vraiment privilégiées pour un personnage si secondaire. Je ne connaissais pas Russell Tovey, encore un revenant venu de Being Human mais j’ai hâte de le revoir dans d’autres productions. Plus que tout, j’ai été très touchée par le personnage de Maggy, l’amie d’Amy, qui est retardée mentalement n’ayant pas évolué depuis ses dix ans à cause d’une fièvre. Elle est vraiment touchante et très bien jouée par Eve Myles qui a beaucoup de talent et qui joue son rôle avec beaucoup de justesse.

Et, petit clin d’œil aux fans de Doctor Who, dont la franchise partage beaucoup d’acteurs avec Harry Potter, vous y retrouvez deux des anciens compagnons du Docteur : Freema Agyeman et Arthur Darvill qui jouent respectivement Martha Jones avec le 10e Docteur (David Tennant alias Barthy Croupton Jr) et Rory Williams avec le 11e Docteur(Matt Smith) dont le père dans la série n’est autre que Mark Williams (Arthur Weasley) !

En bref, autant pour son casting que pour Matthew MacFadyen, pour la BBC ou pour Dickens, ne ratez pas Little Dorrit si vous avez occasion de vous le procurer. Vous vous offrirez un moment bien divertissant plein de mystère, de tendresse, d’amitié et un peu d’amour…

Si cette critique de l’adaptation du roman de Dickens vous a plu, vous pouvez vous procurer votre propre exemplaire sur Amazon et participer par la même occasion à financer la Gazette !


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