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Interview de J.K. Rowling à l’occasion de la sortie néerlandaise

19 novembre 2007

Le tome 7 sortait samedi aux Pays-Bas. À cette occasion, J.K. Rowling a accordé une longue interview au journal nérlandais Volkskrant (voir l’original). Attention aux révélations sur le tome 7 !

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Qui préferiez-vous avoir comme fils, Harry ou Ron ?

Je prends les deux ! J’adore Ron. Ron est le plus immature des trois principaux personnages, mais il grandit dans le tome 7. Il n’a jamais été mis en avant : les gens le voient surtout comme l’ami de Harry ; sa mère aurait voulu une fille à la place, et dans le dernier tome, il doit enfin reconnaître ses faiblesses. Mais c’est exactement ça qui fait de Ron un homme. Les autres aussi ont un moment clef où ils grandissent : pour Harry, c’est quand il réagit si férocement face à Lupin qui choisit d’abandonner sa famille ; pour Hermione, c’est quand elle est obligée de choisir entre Harry et Ron. Hermione ne dévie jamais de son objectif ; elle reste toujours concentrée sur la tâche qu’ils ont à accomplir.

Les Weasley ont tous les cheveux roux, comme vous dans des vieilles photos. Pourquoi avez-vous teint vos cheveux en blond ?

J’adore les cheveux roux, mais ce n’est pas ma couleur naturelle. Je ne sais pas très bien comment s’appelle ma couleur naturelle. C’est quelque chose de vaguement indécis, très ennuyant et inintéressant.

Est-ce que vous aussi vous préférez les livres aux films ?

Quand on travaille avec un milieu aussi visuel, certaines nuances se perdent. Ça ne peut pas être autrement. Les personnages dans le film sont mieux que ce que j’aurais pu imaginer, sans aucune exception. Le dernier film est mon préféré, parce qu’ils ont vraiment réussi à capturer les aspects sombres du livre.

À quel personnage ressemblez-vous ?

Quand j’étais jeune, je ressemblais à Hermione, même si elle partage aussi des traits avec ma sœur. Mais je vois aussi beaucoup de Harry en moi. Une partie de la colère de Harry vient de moi, de même que sa frustration. Il a beaucoup de ça dans le tome 5. C’est le livre le plus sombre de la saga : il a tout perdu, personne ne le croit. Après mon premier mariage, j’ai moi aussi eu une période de ma vie où je trouvais que tout allait mal, où j’en voulais à tout le monde, où je me sentais impuissante et ne supportais pas de ne pas pouvoir reprendre le contrôle de la situation. Mais ça m’a aussi donné le pouvoir de me battre.

Ressemblez-vous à une des mères de la saga ? Vous n’êtes pas du type Molly Weasley.

Si, un peu, j’espère. Il y a quelques années, quelqu’un a dit que Molly Weasley est une mère qui ne fait que rester à la maison et s’occuper de ses enfants. J’étais meurtrie, parce que jusqu’à un an plus tôt, j’étais moi aussi une mère au foyer qui passait tout son temps à s’occuper de sa fille - du moins, c’est l’image que je donnais. Qu’y a-t-il de plus déconsidéré et de plus difficile que d’élever un enfant ? Et qu’y a-t-il de plus important ? Molly en a sept ! Molly est une femme géniale.

Elle commet un meurtre.

Oui. Dans le tome 7, elle tue Bellatrix. C’est la seule femme du côté des gentils qui tue quelqu’un. Cela faisait longtemps que j’avais un duel Molly-Bellatrix en tête ; deux personnages opposés, qui personnifient chacune un aspect très féminin de l’amour. L’amour pur et protecteur de Molly, et l’amour obsédé et pervers de Bellatrix. Deux énergies très féminines face à face. C’était très satisfaisant à écrire.

Pourquoi le Quidditch est-il aussi amusant ?

Parce que c’est un vrai sport de femmes : quatre balles, six buts ! Il faut savoir faire plusieurs tâches à la fois ; les femmes sont très bonnes à ça. Elles savent qu’il n’y a pas qu’une chose dans la vie.

Elle n’a pas vraiment été élevée comme ça, mais J.K. Rowling croit en Dieu. Cela l’a aidée à accepter la mort, mais aussi à écrire sept best-sellers. La traduction néerlandaise du dernier, Harry Potter et les Reliques de la Mort, sort ce soir. J.K. Rowling, qui vient de se teindre les cheveux en blond clair et porte des jeans et une veste en velours noir, nous retrouve dans un hôtel de sa ville natale, Édimbourg.

Tous les jours, je me réjouis que ce soit fini. Je ne sais pas exactement ce qui viendra ensuite. Je travaille sur un livre pour enfants et un livre pour adultes. L’un des deux mènera quelque part ; c’est comme ça que ça a commencé pour Harry. Mais pour l’instant, je profite de mon temps libre et de ma famille.

Un homme vient de passer dans l’hôtel ; il portait un kilt écossais. Est-ce que votre mari en porte aussi ?

Il possède deux ou trois kilts, oui. Il les porte de temps à autre, pour des occasions spéciales.

Avec rien en-dessous ?

Rien du tout. C’est tout l’intérêt des kilts !

Je vous ai apporté deux cadeaux. L’un vient d’Ien van Laanen, qui dessine les couvertures Harry Potter aux Pays-Bas ; elle vous envoie les originaux.

C’est très gentil ! L’édition néerlandaise est une de mes préférées, avec l’édition américaine.

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Tome 7 : couverture néerlandaise

Le second vient de votre éditeur néerlandais, Jaco Groot.

Jaco m’envoie souvent des cadeaux intéressants, il... Ah, une pierre ! Mais une pierre spéciale.

Cela faisait dix ans que vous n’aviez pas accordé d’interview à un journaliste néerlandais. Même en Angleterre, vous n’en donnez pas beaucoup. Est-ce que vous détestez les interviews ?

Non, pas du tout. Si je n’en donne pas beaucoup, c’est tout simplement parce que je n’ai pas grand chose à dire !

Avez-vous jamais envisagé devenir journaliste ? Vous avez toujours aimé écrire.

J’y ai pensé. Mais heureusement, je me suis rendu compte que je n’avais pas le bon caractère. On travaille toujours sous la pression du délai à respecter, il faut produire. Être écrivain, c’est une question de temps, de solitude. La compagnie des journalistes est beaucoup plus agréable que celle des écrivains. Certains de mes meilleurs amis sont journalistes.

Pourtant, vous n’êtes pas tendre avec les journalistes dans vos livres. Rita Skeeter, en particulier, est déstestable.

Mes amis sont normaux. Un de mes ex est un journaliste spécialiste de la musique ; les autres écrivent aussi sur des sujets sérieux. Rita Skeeter est un produit typiquement britannique. Nous en avons une floppée de comme elle, qui ont écrit tout et n’importe quoi à mon sujet.

Dans le premier tome, Dumbledore détruit la pierre philosophale, la pierre mnythique qui donne la vie éternelle. Dans le dernier tome, Harry fait quelque chose de similaire avec la Pierre de Résurrection, qui peut ramener les morts à la vie. Il la laisse tomber dans la forêt.

J’ai utilisé le symbolisme de la pierre pour montrer que Dumbledore acceptait d’être mortel. Une fois qu’il se rend compte que c’est parce qu’il est mortel que sa vie a un sens, la pierre philosophale ne l’intéresse plus. Harry va encore plus loin. Il rejette non pas une, mais deux de ses armes les plus puissantes. Des trois reliques qu’il possède dans le tome 7, il ne garde que la cape d’invisibilité. C’est lourd de sens, parce que, comme Dumbledore le dit à Harry, la vraie magie de la cape vient du fait qu’elle ne protège pas que celui qui la possède, mais aussi les autres. Harry ne veut pas de la Baguette de Sureau, il n’a jamais voulu le pouvoir. Et il jette la Pierre de Résurrection : comme Dumbledore, Harry accepte la mort.

Et vous ? Pensez-vous que la mort soit la fin de tout ?

Non. Je mène une vie spirituelle intense, et même si ce n’est ni très clair ni très structuré dans mon esprit, je pense que quand on meurt, une partie de nous survit d’une façon ou d’une autre. Je crois en l’indestructibilité de l’âme. Mais pour parler de ça, il nous faudrait six heures : je me pose beaucoup de questions à ce sujet.

À la fin du tome sept, Harry a une longue conversation avec Dumbledore. Il a l’air mort, mais est plus en forme et plus heureux que jamais. Il sont dans un endroit magnifique, très clair ; Harry trouve que ça ressemble à la gare de King’s Cross.

Il y a deux interprétations possibles de cette conversation. Soit Harry est inconscient, tout ce que Dumbledore lui dit, il le sait déjà au fond de lui. Dans cet état d’inconscience, son esprit voyage plus loin. En ce cas, Dumbledore est la personnification de la sagesse dans l’esprit de Harry ; il a besoin de voir Dumbledore dans sa tête pour aboutir à certaines conclusions. Ou alors, Harry se retrouve dans un endroit entre la vie et la mort. De là, Dumbledore et lui partiront dans des directions opposées. Harry y voit aussi ce que Voldemort devient. Il ne sait pas très bien ce qu’est ce tas qui agonise sur le sol, mais il ne veut pas le toucher ; il le voit comme une créature fondamentalement mauvaise et pervertie. C’est la seule fois où Harry, le héros des gens vulnérables, est en présence de quelqu’un qui souffre, et décide de ne pas l’aider.

Pendant leur quête, Ron, Hermione et Harry parlent de Dumbledore comme s’il était Dieu. Ils pensaient que derrière ses mots et ses actes, il y avait un grand plan ; ils sont déçus quand ils se rendent compte que ce n’est pas le cas.

C’est un personnage complexe. Je ne le vois pas comme un dieu. Je voulais que le lecteur remette en cause le rôle Dumbledore dans toute l’histoire. Nous pensions tous qu’il était un figure paternelle au bon cœur. Et dans une certaine mesure, c’est vrai. Mais en même temps, il traite les gens comme des marionettes ; il porte un secret sombre de son passé, et il ne dit jamais toute la vérité à Harry. J’espère que les lecteurs l’aimeront toujours à la fin. Mais qu’ils l’aimeront tel qu’il est, avec ses défauts. Dumbledore est-il divin ? Non. Mais il a certaines qualités divines. Il est plein de pitié, et au final il est juste.

Mais Harry est une figure christique. Il doit mourir pour débarasser l’humanité du Mal. Vous en avez fait un messie.

Oui, il a certains aspects d’un messie. C’était fait exprès. Il est un homme exceptionnel - et je dis "homme" parce que c’est différent pour les femmes - un homme qui est capable de s’opposer au pouvoir en place, sans pour autant vouloir le pouvoir pour lui. C’est ça qui fait qu’il est plus sage que tous les autres.

Comment peut-il être comme ça ?

C’est le héros. Il est tout simplement bon. Dumbledore lui dit "tu es meilleur que moi". En vieillissant, il sera toujours un grand homme. Parce qu’il a appris à rester humble.

Avez-vous été élevée dans une famille religieuse ?

Officiellement, j’ai reçu une éducation anglicane, mais en fait, j’étais à part dans ma famille. Nous ne parlions pas religion à la maison. Mon père ne croyait en rien, et ma sœur non plus. À partir de 13 ou 14 ans, j’allais à l’église toute seule. Je trouvais ça très intéressant, et j’y croyais. Quand je suis allée à l’université, j’ai pris plus de distances. Le snobisme des gens religieux m’énervait, et je suis allée de moins en moins à l’église. Maintenant, je suis de retour au point de départ : oui, je suis croyante. Oui, je vais à l’église. Une église protestante, à Édimbourg. Mon mari aussi vient d’une famille protestante, mais d’un groupe écossais très strict, dans lequel ils ne pouvaient pas chanter ni parler.

Le fait que vous êtes croyante rend d’autant plus étrange les critiques de votre œuvre émises par certains fanatiques religieux.

Ces dix dernières années, il y a toujours eu des fanatiques qui ont eu un problème avec mes livres. Il leur suffit de savoir qu’ils contiennent de la magie et de la sorcellerie pour les mépriser. Je n’ai rien à voir avec le fanatisme ; cela me fait peur. Les fanatiques chrétiens sont particulièrement actifs aux États-Unis. Une fois, j’ai été face à quelqu’un comme ça. J’étais dans un magasin de jouets avec mes enfants et une petite fille m’a reconnue, elle était tout excitée. Puis un homme est venu vers moi et m’ a dit "vous ne seriez pas la femme qui a écrit Potter ?" Après quoi, il a approché son visage tout près de moi et m’a dit d’un ton très agressif "je prie pour vous tous les soirs". J’aurais dû lui dire qu’il ferait mieux de prier pour lui-même, mais j’étais abasourdie. Ça m’a fait très peur.

Vos livres sont sur le combat entre le Bien et le Mal. Harry est bon. Mais Voldemort est-il purement mauvais ? Il est aussi une victime.

Oui, c’est une victime. Une victime qui a fait des choix. Il a été conçu par la force, sous l’influence d’une amourette idiote. Harry, lui, a été conçu par amour ; je pense que les conditions à la naissance sont fondamentales dans l’existence. Mais Voldemort a choisi le Mal. J’ai essayé de montrer ça dans les livres : il avait le choix.

C’est un thème récurrent : le destin est-il écrit, ou a-t-on le choix ?

Je crois au libre arbitre. Du moins pour ceux qui, comme nous, sont dans une situation privilégiée. Pour vous, pour moi ; pour ceux qui vivent dans une société occidentale, qui ne sont pas réprimés, qui sont libres. Nous avons le choix. Beaucoup de choses iront dans la direction que nous aurons choisie. Nous contrôlons nos vies. Le libre arbitre est très puissant. Ce que j’écris sur le professeur Trelawney, qui enseigne si mal la Divination, montre ce que je pense du destin. J’ai fait beaucoup de recherches sur l’astrologie pour ce personnage. C’était très drôle, mais je n’y crois pas du tout.

À une époque, vous travailliez pour Amnesty. Est-ce que cela a influencé votre conception du Bien et du Mal ?

C’est plutôt dans l’autre sens que ça s’est passé. J’avais mes idées sur le Bien et le Mal et c’est pour ça que je suis allée travailler chez Amnesty. J’étais assistante de recherches, je travaillais surtout sur l’Afrique. Jusqu’à ce que je sois assez bête pour abandonner mon travail pour suivre mon petit ami. Voldemort est bien sûr une sorte d’Hitler. Quand on lit des livres sur les mégalomanes comme Hitler ou Staline, il est intéressant de voir à quel point ils étaient superstitieux, malgré tous leurs pouvoirs. Ça fait partie de leur paranoïa, de leur désir d’être plus que ce qu’ils ne sont vraiment ; ils adorent parler de destinée. Je voulais que Voldemort soit paranoïaque lui aussi. La prophétie du tome 5 devient vraie à la fin uniquement parce que Harry et Voldemort choisissent de la faire devenir vraie. Pas parce que c’est leur destin. C’est l’idée de Macbeth : les sorcières disent à Macbeth ce qui va se passer, puis c’est à cause de lui que ça devient vrai.

Quand avez-vous pris la décision de faire un parallèle avec les nazis ? Voldemort, qui veut que les "sang pur" l’emportent ; Drago Malefoy, le jeune soldat qui est juste au fond de lui.

Dès le début, je crois. Je ne suis pas sûre. La Seconde Guerre Mondiale est ancrée dans tous nos esprits, non ? Drago Malefoy représente en effet ce type de garçons. Il n’aurait pas tué Dumbledore, il n’aurait pas pu. Tant que c’est imaginaire, OK, mais quand ça devient réel, c’est plus difficile. Si je lui ai donné des cheveux blond clair, ce n’est pas parce que je voulais qu’il ait l’air d’un Nazi. On donne une apparence qu’on aime à ses personnages : c’est pour ça que mon héros a les cheveux noirs, les yeux verts et porte des lunettes. Mon mari est comme ça.

Le Harry des films, Daniel Radcliffe, a les yeux bleus.

Ils auraient pu lui mettre des lentilles vertes, ce qui est très inconfortable pour un garçon de son âge, ou lui changer les yeux par ordinateur, ou les laisser tels quels. Je suis contente qu’ils aient opté pour la dernière possibilité.

La famille Weasley est une famille parfaite. Ressemble-t-elle a la famille de votre enfance ?

Non. Pas du tout. Toute ma vie, c’est ce dont j’ai rêvé, une famille comme ça. Maintenant, j’en ai enfin une, avec moins d’enfants. Je trouve les dynamiques d’une grande famille très spéciales ; j’adore les livres sur les Kennedy ou les dynasties comme ça. Je sais qu’en réalité, c’est beaucoup moins romantique que ce qu’on croit. Un de mes amis est l’aîné de douze enfants.

Votre mère est morte à 45 ans. Votre père est encore en vie ; le voyez-vous souvent ?

Non, pas beaucoup. Je vois ma sœur beaucoup plus, même si elle m’en veut encore d’avoir tué Dobby. Elle m’a toujours dit qu’elle ne me pardonnerait jamais si je tuais Dobby ou Hagrid. Mais la vie de Hagrid n’a jamais été en danger. Avant même de commencer à écrire, je savais qu’il ne mourrait pas. J’ai toujours eu dans ma tête cette image du géant Hagrid marchant dans la forêt, en pleurs, avec Harry dans ses bras. Le père de Ron était censé mourir dans le tome 5. J’ai changé d’avis parce que je trouvais que Arthur Weasley était la meilleure figure paternelle dans les livres. Je ne pouvais pas le tuer. Il est le père dont tout le monde rêve. Oui, même moi.

Il n’y a pas de parents divorcés dans les livres. Avez-vous envisagé inclure une mère seule ? Vous étiez dans cette position quand vous avez commencé Harry Potter.

À l’origine, les parents d’Hermione allaient être divorcés. Mais ça faisait bizarre, ça ne collait pas avec l’histoire. C’était une histoire secondaire qui n’aboutissait nulle part. Mais Dean Thomas vient d’une famille recomposée. J’ai fait beaucoup de coupures dans son histoire. J’ai créé un monde énorme ; je connais le passé de tous les personanges, mais je ne pouvais pas tout mettre. Même moi, j’ai dû faire des choix. Et au final, c’est un monde pour enfants.

Merci TLC.

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