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Fanattitude, Shadoks & Weasley

2 novembre 2011

Réveil, crapule. Un aller et retour pour la lune, des bulles pétillantes plein le scaphandre. Au dehors un oiseau, guettant l’aurore.

Je souris parce qu’il est bon d’entendre un oiseau gazouiller au matin.

Je souris moins quand je pose un pied au sol et que la gravité reprend ses droits sur mon corps.

Et vache, elle est traître.

Une tasse de goudron plus tard, me voilà fin près pour mon article.

La fanattitude. De fan, Admirateur enthousiaste, et attitude, Comportement que l’on adopte en fonction des circonstances. La combinaison des deux nous offre ce néologisme pas encore validé dans mon dico papier, qui pourrait se définir ainsi : Comportement d’un admirateur en fonction de son enthousiasme.

Oui, je m’essaie à la langue française.

La fanattitude, c’est le truc qui va te faire te manucurer les ongles, non pas pour rivaliser avec d’autres filles, mais simplement pour que ça aille avec le reste de ton cosplay. D’ailleurs, la fanattitude, ça te fait te cosplayer. Ça te fait tenter des expériences culinaires peu banales, ça te fait prendre un ou plusieurs trains pour aller partager ton cœur, ta passion, avec d’autres fans. Ça te fait te dandiner devant un groupe de Wrock, même s’il est bien mais pas top, ça te fait squatter youtube pour mater toutes les vidéos de The Potter Puppet Pals, et chantonner ensuite dans la rue « Snape Snape, Severus Snape… ». Ça te fait assumer la Potterdance, même si t’es bien content que l’on ne te reconnaisse pas trop sur les vidéos. Ça te fait poireauter parfois plusieurs jours pour un événement, et ce, même si la météo a décidé de t’en faire baver. Ça te fait demander à ta grand-mère si elle peut te tricoter une écharpe Poufsouffle, quand ça ne te fait pas tricoter toi-même une écharpe Poufsouffle ! Ça te fait boire ton goudron matinal dans une tasse Harry Potter, ça te fait sortir ta baguette lorsque le vendeur de la librairie ricane mauvais en voyant que tu te payes une cravate de Poudlard, ça te fait inventer des formules pour menacer ce même vendeur, et même s’il n’a pas peur, la baguette pourrait très bien, malancontreusement, venir se fourrer dans son nez de vilain troll ! Ça te fait capter la référence de la phrase précédente, et ça te fait suivre cet article jusqu’ici, parce que tu t’es reconnu à travers une ou deux choses déjà. J’espère. Ça te fait également suivre la Gazette, ici, ou sur Facebook, sur Twitter, ça te fait savourer, ne serait-ce qu’un peu, le boulot formidable que fournissent les autres rédacteurs (oui, parce que je n’y suis pour rien, huhu), pour trouver des infos sur les acteurs, les films, les livres, bref, ta passion, ou devrais-je dire, plus largement, vos passions, à tous.

La fanattitude, ça te te fait rire, sourire, pleurer, communiquer, ça t’explose les neurones aussi sûrement qu’un Gargle Blaster Pan-galactique, et ça te fait même en redemander, et tu as bien raison.

Mais pour tout cela, parce que tu es prêt(e) à tant te dépenser pour elle, ta fanattitude est fragile. Elle est fragile car le monde peut être froid et vicieux comme la tourmente, et si l’on oublie de mettre une écharpe HP à sa fanattitude, elle peut se gripper.

Dans un précédent article, j’ai déjà craché mon venin contre le marchandising effréné que subissait Harry, donc je vais tâcher de ne pas me répéter. Surtout qu’on a de la chance, encore, sur ce point : on pourrait être fans de Star Wars.

Là où l’article bascule.
Parce qu’il existe des gens mal intentionnés parmi nous. Des nice face, sourire brice, sympathique figurine à collectionner dans ton réseau social mais qui pompent ta fanattitude sans que tu t’en rendes compte, chère lectrice/cher lecteur. En vérité, ce n’est parfois pas consciemment : ces Shadoks se posent en exemple, en orateur phare, et offrent un confort dans ton univers, invitent à partager davantage. Dans bien des cas, c’est absolument sans conséquence, tu peux en prendre au dessert sans trop t’en faire. Car l’on parle ici de fanattitude, de vivre une passion pour un monde de fiction, que l’on soit d’accord ; je pourrais faire un parallèle avec les Shadoks de type politique, ou bien les Shadoks « Pomme croquée », qui s’attaquent à un monde bien réel, eux, mais il y aurait trop à dire, et ça n’est pas le sujet.

Si l’on ne fait pas gaffe, donc, on se retrouve à suivre une personne qui n’est peut-être même pas fan du tout. Car si ce n’est souvent pas bien méchant, ça peut aussi être intentionnel, et nuisible à ta fanattitude. Ça exprime un besoin de briller, de valorisation auprès d’autrui, d’avoir un cercle autour de soi, toujours rassurant, toujours fidèle, toujours aimant. Ces gens sont des produits, des chewing-gums menthol, des bouteilles de lait, des jeux vidéos, des savons, des télévisions, etc. Pourquoi des produits ? Car ils ont une image de marque, qu’ils entretiennent comme un publicitaire façonne une identité commerciale. Et ces produits veulent se vendre, créer le besoin chez le consommateur. Le meilleur produit qui soit ? Celui dont personne ne peut se passer. Et notre fanattitude finit par dépendre de cette personne, de ce produit leader que l’on partage entre nous. Et si au sein d’un groupe, ce produit fait des adeptes, il ne reste plus que trois solutions : accepter et entrer dans le cercle, ou accepter d’être mis en marge. La troisième, je vous laisse la deviner, mais sachez que j’ai foi en vous, et je pense que vous n’êtes pas loin de la comprendre.

Au final, il y a des fois où l’on succombe, où l’on entre en possession du produit. Dans ces moment-là, c’est comme une mode : on se retrouve au collège, dans les couloirs de Poudlard, où chacun se trimballe avec un nouveau sac caquetant à plume Boursouffle. Nous y compris. Mais il y a des fois où l’on n’a pas cette possibilité, où l’on est un Weasley. Et ce n’est pas si mal, car un Weasley peut voir les choses : un Weasley, s’il décide d’économiser et de se payer un sac Boursouffle, aura conscience de la raison pour laquelle il fait cet achat. Il devient décisionnaire, et même s’il suit, il peut espérer se regarder le matin et dire « Ouais, j’ai un sac de gonzesse, mais j’assume ». Suivre un produit, rester fan, sans pour autant perdre le recul que l’on possédait lorsque l’on économisait… C’est là où je veux en venir. Suivre un Shadok qui veut uniquement se faire mousser ? Fâcheux ! Les contraintes t’explosent et tu ne te reconnais plus dans cette fanattitude qui en découle ? Fâcheux ! C’est pourquoi il faut savoir doser les choses, et obtenir un rythme agréable de vie, et si on décide de succomber, que ce soit avec conscience sur le sujet ! Et pis c’est bon pour la communauté des fans, ça !

Voilà, on arrive à la fin de l’article. Je vous laisse, j’ai besoin d’une bonne douche et d’un gueuleton, ou l’inverse. Mais n’oubliez pas, c’est un sujet léger, mais qui peut vite devenir lourd. J’ai essayé de vous éviter les conseils du style « sois toi-même », parce que c’est franchement bidon, mais si vous voulez l’interprétez comme ça, alors allez-y. N’oubliez juste pas l’image du Weasley, de ce principe qui guide la fanattitude : Pas de réflexion, pas de détermination. Be Weasley !!

PS :

L’image avec Darth Vader, c’était parce que je l’aimais bien et que j’avais envie de la placer quelque part. Allez, à bientôt et n’oubliez pas : Protégez votre fanattitude !


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