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Discours de J.K Rowling à la représentation de gala de Harry Potter and the Cursed Child : traduction intégrale

22 septembre 2016

Le 18 septembre dernier avait lieu à Londres une représentation de gala de la pièce Harry Potter and the Cursed Child, en faveur de l’association Lumos, créée par J.K Rowling afin de venir en aide aux enfants institutionnalisés.
Cette représentation marquait, avec une interview live réalisée la veille (à revoir ICI), le lancement de la campagne We Are Lumos Worldwide.

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L’auteur était présente pour l’occasion, et a introduit la pièce avec un discours dont nous vous proposons une traduction ci-dessous (version originale à lire ICI ) :

“Bonjour à tous, et bienvenue à cette représentation très spéciale de Harry Potter and the Cursed Child  ! Je ne vais pas vous retenir bien longtemps, et je ne vous spoilerai pas. Je ne pourrais être plus fière de ce que vous êtes sur le point de voir, et j’espère que vous l’apprécierez au moins autant que je l’apprécie à chaque fois que j’y assiste.

Ça a été une expérience émotionnelle incroyable pour moi que de revisiter le personnage d’Harry Potter devenu un adulte et un père. L’histoire que vous êtes sur le point de découvrir parle avant tout de famille, de ce que cela signifie pour nous, même lorsqu’elle est imparfaite... ce qu’elle est forcément, puisque nous sommes tous imparfaits. Les sept tomes d’Harry Potter parlaient d’amour, de son absence, de sa nécessité : un jeune garçon, dont l’enfance a été marquée par le deuil, qui a longtemps peiné à accéder à ce qu’il y a de plus vrai, de plus important au monde, sans parents pour le guider.

Le fait qu’Harry Potter soit inspiré de ma propre expérience du deuil n’a rien d’un secret, mais j’avais vingt-cinq ans lorsque j’ai perdu ma mère, et j’ai eu la chance de l’avoir auprès de moi durant toute mon enfance et mon adolescence. À travers tout le travail que j’ai pu accomplir avec Lumos ces dix dernières années, j’en suis venue à mieux comprendre pourquoi ceux aux familles imparfaites ont bien plus de chances de survivre dans ce monde difficile que ceux qui n’en ont pas.

Lumos, que beaucoup d’entre vous connaissent comme étant le sort permettant d’obtenir de la lumière dans Harry Potter, est une association caritative que j’ai créée dans le but d’aider les huit millions d’enfants dans le monde qui grandissent dans des institutions. C’est un chiffre sidérant. Huit millions d’enfants. C’est un nombre si important, qu’il en parait insondable.

Dans les pays développés, où la pratique du placement en institution tend à disparaître, on entend souvent parler de ces "orphelinats", qui existent dans des pays plus pauvres. Cela produit une certaine image mentale d’enfants orphelins, qui se retrouveraient à la rue sans ces institutions. Nous sommes encouragés à verser de l’argent à ces orphelinats et même à y faire du bénévolat pendant quelques semaines, pour nourrir et cajoler des enfants qui ont appris à prendre l’affection là où ils peuvent la trouver.

Et maintenant, voilà la véritable tragédie de ces huit millions d’enfants. On estime que 80% d’entre eux ont au moins un de leurs parents en vie.
Comment est-ce possible ? Pourquoi seraient-ils placés dans des institutions s’ils ont encore leurs parents ? Un occidental aura tendance à penser que, si un enfant a pu être placé dans une institution sans être orphelin pour autant, c’est qu’il ne recevait pas l’affection dont il avait besoin.

Mais la voilà, la vérité : la raison numéro un pour laquelle les enfants sont placés en institution, c’est la pauvreté. Dans la grande majorité des cas, les enfants sont séparés de leurs parents parce que le système dans leur pays - un système soutenu par des donateurs bien intentionnés - fournit nourriture et enseignement aux enfants les plus pauvres si, et seulement si, ils intègrent une de ces institutions.

Et ces institutions, comme l’ont montré de nombreuses études, blessent considérablement leurs pensionnaires, parfois de manière irréparable. Quatre-vingt années de recherches s’accordent à dire que les enfants élevés dans des institutions souffrent physiquement, intellectuellement, et émotionnellement. Une étude récente suggère qu’un enfant sur sept est susceptible d’être impliqué dans la prostitution en quittant l’institution ; un enfant sur cinq aura un casier judiciaire, et un sur dix - UN SUR DIX - se suicidera.

Les défis sont nombreux quand il s’agit de modifier un système si dangereux pour un si grand nombre d’enfants, mais c’est un problème qui peut être résolu. Lumos est convaincu que, d’ici à 2050, nous pourrions mettre fin à l’institutionnalisation des enfants.

Nous travaillons avec des gouvernements, et pour montrer que tout cela est réalisable, nous travaillons en partenariat avec des experts sur le terrains qui souhaitent changer les choses tout autant que nous. Nous défendons les enfants dans les plus hautes sphères internationales ; nous aidons à faire en sorte que l’argent soit envoyé au bon endroit pour créer des services communautaires qui soutiennent les familles ; et nous travaillons individuellement avec les enfants pour les aider à rentrer chez eux, comme il se doit.

Au cours des six dernières années, Lumos a :
- Libéré plus de 17 000 enfants de dangereuses institutions, pour les ramener dans leur famille, des familles d’accueil, ou des foyers.
- Empêché près de 15 000 enfants d’être placés dans des institutions.
- Formé plus de 27 000 assistantes sociales, professionnels de santé, professeurs, auxiliaires de vie, fonctionnaires, décisionnaires.
- Est intervenu 1418 fois pour aider à sauver la vie d’enfants souffrant de malnutrition, négligence grave, ou de manque d’accès à des traitements médicaux.

En étant ici aujourd’hui, vous soutenez notre travail. Je couvre personnellement tous les frais de fonctionnement de l’association, pour que 100% de l’argent que vous versez soit consacré aux actions de Lumos.

Les enfants méritent une famille, en ont besoin, et y ont droit.
Merci, de la part de toute l’équipe de Lumos, de nous aider à réaliser notre objectif de ramener huit millions d’enfants à la lumière. Pour paraphraser Albus Dumbledore, ce n’est pas facile, mais c’est ce qui est juste.”

Dans le cadre de cette représentation de gala, plusieurs alumni potteriens étaient présents, tels que David Yates, David Heyman, Eddie Redmayne, Robbie Jarvis, mais aussi et surtout Jason Isaacs, Evanna Lynch, et Warwick Davis qui, en tant qu’ambassadeurs de Lumos, ont participé à une conférence le dimanche matin pour partager leur experience, à revoir ci-dessous :

Pour plus d’informations sur Lumos, rendez-vous sur leur site wearelumos.org.
Vous pouvez soutenir l’association en achetant le tee-shirt spécialement créé pour la campagne, arborant une citation de Very Good Lives, de J.K Rowling.


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