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Critique - Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban illustré par Jim Kay

12 octobre 2017

C’est aujourd’hui que sort l’édition française de Harry Potter et le Prisonnier d’Azkaban illustrée par Jim Kay mais, parmi les rédacteurs, plusieurs d’entre nous n’ont pas pu résister à l’appel de la version originale et sont donc en mesure de vous proposer une petite critique.

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Comme à chaque fois, Jim Kay nous propose des illustrations aux styles nombreux et réalisées à l’aide de techniques diverses pour donner vie à des ambiances variées au fil de la lecture. L’artiste trouve ainsi l’équilibre entre les scènes terrifiantes (Marge gonflée comme un ballon, les détraqueurs, Sirius dans la cabane hurlante) et les moments plus légers et comiques telles que Dumbledore avec son chapeau de Noël ou le chevalier du Catogan partant en quête de la tour nord.

Cette dernière représentation, plutôt inattendue, résume à elle seule tout l’intérêt de ces éditions illustrées : elle rappelle l’humour des livres dans une scène très anecdotique et absente des films. Dans la même veine, les trolls comparant la taille de leurs massues alors qu’ils gardent les couloirs de l’école est un détail que plus d’un fan aura oublié. L’artiste marque, de manière générale, sa volonté de se démarquer de l’univers des films avec ses représentations de chocogrenouilles ou du Monstrueux Livres des Monstres qui marche sur ses pattes-lanières.

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Cependant, la présence de ces nombreux éléments anecdotiques souligne de grosses lacunes : pas de représentation de la Grosse Dame ; le retourneur de temps, la cabane hurlante et le saule cogneur apparaissent à peine ; fini le temps du chemin de Traverse dont on explore les détails, mais Pré-au-lard et Honeydukes ne prennent pas le relais pour autant. Même la carte du maraudeur n’a pas droit à une double page ! C’est regrettable, car la version de Jim Kay regorge de détails sur lesquels nous reviendrons plus tard.

Jim Kay nous propose plusieurs nouveaux portraits de Rogue et trois représentations de Molaire, le chien de la tante Marge, aux dépens d’autres personnages qu’on aurait aimé revoir ou découvrir (ne cherchez pas Drago, Neville, Dean ou Cédric)... Nous n’irons cependant pas jusqu’à dire que les nouveaux visages sont absents du livre : tante Marge, Trelawney, Lupin, Sirius, Peter, même Ginny (enfin) grâce à la coupure de journal de la Gazette du Sorcier, et les jumeaux Weasley font désormais partie de la galerie ! Mais certains ne sont mis en avant que fort tardivement au vu de leur rôle dans ce tome (Lupin), ou de manière très discrète... au contraire de Croûtard et Pattenrond, ou Sirius sous sa forme d’animagus, qui sont omniprésents.
Poudlard quant à lui, est toujours bien présent dans les illustrations, avec cette fois la grille surmontée de sangliers ailés, la serre de botanique numéro 3, ainsi que de nouvelles représentations de la cabane de Hagrid ou des cours du château.

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D’autres choix étranges ont émaillés notre lecture. Lorsque Hermione gifle Drago, l’illustrateur a opté pour une représentation de dos, alors qu’elle cherche à contourner Ron qui lui fait barrage ; Ron semble plus mis en avant qu’elle ! Il s’agit pourtant véritablement d’un moment libérateur pour Hermione, sur qui l’attention devrait se focaliser.

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Notons un bon point avec le portrait de Cho Chang en médaillon, qui établit le personnage à la première occasion et se distingue comme l’un des rares éléments de préfiguration de ce tome. On apprécie également le fait d’avoir fait d’Hermione le ressort comique dans la ménagerie magique, tandis que Ron paraît parfaitement normal : une nouvelle fois, Jim Kay fait fi des films de manière subtile mais appréciable.

Une autre des particularités à souligner de ce tome, c’est l’évolution des traits des personnages récurrents ; si l’on relevait peu de différence entre les visages de Harry, Ron, et Hermione entre les tomes 1 et 2, on fait face, dans ce troisième tome, à des visages moins enfantins, marquant l’entrée dans l’adolescence. Une évolution subtile qui nous rappelle que Jim Kay s’inspire de personnes réelles pour dessiner les jeunes héros ; on est curieux de voir à quel point ils auront grandi dans le prochain opus !

Dans sa globalité, ce nouvel opus paraît plus précipité que les autres. Il y a moins de clin d’œil ou de symboles à décrypter ; les illustrations sont moins nombreuses, surtout les dessins en pleine page, plus anecdotiques et moins travaillées. On tourne de nombreuses pages sans autre illustration qu’un motif répétitif pas toujours adéquat. Un bilan plus doux-amer, moins enthousiaste et immodérément positif, que pour les deux tomes précédents, donc.

Afin de ne pas nous quitter sur une note négative, on vous propose néanmoins une liste des représentations qui nous ont particulièrement marquées :

- L’introduction du livre se fait en plusieurs plans sur la prison d’Azkaban qui, dans leur ensemble et par leur découpage, rappelleront aux amateurs de cinéma un travelling avant. L’effet produit est impressionnant.
- Jim Kay propose une nouvelle planche de bestiaire, à l’image de celles consacrées aux trolls (tome 1) et au phénix (tome 2). Cette fois, c’est le strangulot qui s’étale sur une double page, entouré de nombreuses anecdotes inédites ! Dans une moindre mesure, la planche consacrée au loup-garou ravira certains fans.

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- La carte du maraudeur, qui s’affranchit véritablement de l’esthétique des films, avec ses nombreuses annotations en pattes de mouches. On se ruinera les yeux en cherchant à déchiffrer les mots qui s’étalent sur le parchemin : Endroit préféré de Miss Teigne, Ces portes vous ramènent dans la même pièce, Fenêtre hivernale enchantée qui montre un paysage enneigé en permanence, Accès pour elfes de maisons... impossible de tous vous les citer. Notons la présence d’une certaine “Josephine (?) Kay” et de plusieurs noms qui ne sont pas issus de l’univers des livres.
- On apprécie de voir Fudge, Hagrid, McGonagall et Flitwick dans la salle des Trois Balais.
- La représentation de Parvati Patil lors du cours sur les épouvantards, avec un effet de sortilège comme seul Jim Kay en a le secret.
- Les diverses représentations d’hippogriffes, dont celle avec Harry et Hermione s’envolant sur le dos de Buck qui rappellera la couverture originale de ce tome.

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- Les détraqueurs... terrifiants juste comme il faut...
- Et le sortilège du patronus, même s’il paraît plus beau qu’impressionnant (par comparaison avec le riddikulus de Parvati, par exemple).

Et maintenant, plus qu’un an avant de découvrir la suite ! On a hâte, même si on espère que Bloomsbury trouvera une astuce pour permettre à la magie de Jim Kay d’opérer plus largement.

Bonne lecture !

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En anglais

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