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5 Noises

18 Novembre 2005

21 novembre 2005

Depuis deux semaines, de nombreux critiques décrivent Harry Potter et la Coupe de Feu comme le meilleur film Harry Potter. C’est un mensonge : c’est le meilleur film tout court. Mieux que le Parrain, Casablanca, Star Wars et Citizen Kane mis ensemble.

Bien entendu, c’est un film. Donc ce n’est pas le livre. Certains hurleront de douleur en voyant que Ludo Verpey et Winky ont disparu, que Barty Croupton Jr. apparaît dès la première scène, qu’il n’y a que des filles à Beauxbâtons (et que des filles magnifiques même, Fleur n’est pas la seule) et que la robe d’Hermione est rose et pas bleue. Mais la plupart adoreront.

Le film avance à une vitesse extraordinaire. Le livre est nettement plus épais que les trois précédents, alors forcément, toutes les informations sont beaucoup plus compactes. Tout tourne autour des trois tâches, le reste étant légèrement laissé en arrière-plan. Mais quelles tâches ! Impressionnantes tant au niveau des effets spéciaux que de la performance de Daniel Radcliffe, qui est devenu un véritable acteur, et dont le talent se déploie entièrement.

C’est d’ailleurs loin d’être le seul : Rupert Grint, qui dans le second film exaspérait certains avec son unique expression (celle où il a peur, qu’il appréciait particulièrement, mais qui devenait lassante) a également appris beaucoup, et son personnage est particulièrement vivant. Quant à Emma Watson, elle est resplendissante. Beaucoup regretteront qu’elle ne veuille pas encore vivre d’histoire d’amour...

Les acteurs secondaires sont encore meilleurs. Michael Gambon (Dumbledore) crie certes un peu trop dans la bande-annonce, mais dans le film, il est tout aussi bon que dans le film 3. Robert Pattinson (Cedric Diggory) est le Prince Charmant idéal. Quand à David Tennant (Barty Croupton Jr.), il n’apparaît que cinq minutes, mais laisse une impression mémorable. Sa langue fait de lui un véritable serpent, parfait pour un serviteur de Vous-Savez-Qui.

Vous-Savez-Qui est sans doute ma seule vraie déception : physiquement, la ressemblance avec la description de JKR est parfaite. Mais Ralph Fiennes parle avec sa voix normale. Une petite modification par ordinateur pour la rendre plus haut perchée et plus sifflante aurait été bienvenue. C’est le seul reproche que je ferais, avec la transformation du Pr. Flitwick : il ne ressemble plus du tout à un gobelin, mais plutôt à un petit professeur rangé à la moustache droite.

Les émotions sont vraiment là elles aussi. La moitié de la salle a pleuré lors de la mort de Cedric (certes, c’étaient des fans venus à une séance à minuit, et déguisés - voir la photo plus bas, et on ne se moque pas). On en veut à Ron d’agir comme ça avec Hermione, et toutes les histoires de cœur sont hilarantes, de Cho et Harry à Hagrid et l’imense Mme Maxime.

L’histoire de la mère de Hagrid, et de la dispute avec Mme Maxime, est passée à la trappe, mais sans doute au montage seulement, pas dans le script. On peut donc espérer la voir comme scène coupée sur le DVD, de même que l’histoire de l’évasion de Barty Croupton Jr. et peut-être la réaction de Fudge à l’annonce du retour de Voldemort.

Tout le reste du livre est là, même si ce n’est parfois qu’en passant. Le passé de Mangemort de Rogue est évoqué, de façon à préparer le terrain, mais soulève moins de questions que dans le livre. Par contre, Karkaroff est censé être le méchant. Le spectateur est apparemment censé penser pendant un moment que c’est lui qui a mis le nom de Harry dans la Coupe, mais aucun de nos lecteurs ne sera dupe ! D’autres passages ont été augmentés, pour que ceux qui n’ont pas lu le livre comprennent mieux. D’où plusieurs références au Polynectar, ou une insistance sur la flasque de Maugrey Fol’Œil. Rien d’insistant, juste ce qu’il faut pour que tout le monde s’y retrouve.

C’est ça qui est appréciable : le film sera bon pour tous, peu importe d’être fan, peu importe d’avoir lu le livre. Le film regorge de citations toutes plus drôles les unes que les autres, les décors sont splendides, la musique de Jarvis Cocker et de Patrick Doyle se fond dans l’action, et on retient son souffle du début à la fin. On entend même l’hymne de Poudlard (Poudlard, Poudlard, Pou du Lard du Poudlard...) pendant un bref instant.

J’y retourne dès demain. Mais sans balai cette fois.


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